Bienvenue !

« Venez et laissez votre Âme à l'entrée. »

Liens utiles

A noter...

La lisière Elfique est en place à la frontière du 27 octobre au 27 novembre . L'entrée ou la sortie du Royaume Elfique sont donc compliquées entre ces deux dates.
Nous jouons actuellement en Octobre-Novembre-Décembre de l'an 7 de l'ère d'Obsidienne (équivalent de l'an 1760 d'Argent).



 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

Au cœur des choses (PV Crissolorio)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Ilyanth Neolenn
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Maître mage
Expérience:
8/10  (8/10)
Xp disponibles: 1

Baptistrel Chantefeu

MessageSujet: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Dim 1 Jan 2017 - 16:23

Le 14 Mars de l’an 7

Le printemps approchait et les journées se faisaient de plus en plus chaudes, bien que l’air limpide conserve une certaine fraîcheur dans les cimes Elfiques. Ilyanth aimait le printemps, cette saison pleine de douceur qui succédait à la froidure hiémale et précédait la canicule estivale. A ses yeux, il s’agissait d’une période de renaissance et de renouveau où la Nature sortait de sa torpeur glacée et s’éveillait à la vie. Les bourgeons de fleurs écloraient et les branches des arbres se garnissaient d’une parure d’émeraude. Tel était le phénomène immuable de la succession des saisons qui lui rappelait le cycle de l’existence.

Les êtres naissaient et s’épanouissaient, semblables à des jeunes pousses au printemps de leur vie qui se transformaient progressivement en fleurs aux couleurs éclatantes. De même, une graine de chêne devenait un arbrisseau avant de se métamorphoser en un arbre majestueux. Les papillons aussi passaient du stade de chenille, de chrysalide avant de devenir de splendides insectes, à l’existence parfois très éphémères ; certains d’entre eux ne vivaient que l’espace de quelques jours. Tout comme les plus belles roses finissaient par se flétrir et à se transformer en poussière. Mais n’était-ce pas la fragilité et l’éphémère de l’existence qui en faisait toute la beauté ?

Ilyanth songea qu’à présent il se trouvait à l’été de sa vie, encore jeune, mais déjà adulte et à l’apogée de son existence. Un jour, ce dernier entrerait dans l’automne, qui peu-être tempérerait les fougues de sa jeunesses, avant d’en connaitre la sagesse de l'hiver et de disparaître. Peut-être pour renaître sous une forme nouvelle ; en papillon ou rose voire en poussière d’étoiles ?

Aujourd’hui, le cawr se sentait d’humeur poétique et rêveuse et ses pas le menèrent jusqu’au puits flamboyant, le sanctuaire du feu gravé à partir d’une fissure rocheuse, d’où s’échappaient un torrent de flammes sauvages, ce qui rendait la caverne étouffante.
Le chantefeu, lié à cet élément, ne craignait guère la brûlure du brasier, bien au contraire, il en tirait sa puissance et s’y ressourçait. Neolenn aimait fermer les yeux et méditer, sentant intensément les vibrations du monde et le cœur des flammes. Celui-ci aimait s’imprégner de cette passion, de cette violence vertueuse, où se mélangeait les émotions les plus intenses, telles l’amour, la colère, la joie et la tristesse de la terre. Elles emplissaient son âme de leur kaléidoscope de couleurs bigarrées, comme un arc-en-ciel de sensibilité.

Mais si le feu pouvait se révéler terriblement destructeur, ce dernier était également source de vie et Ilyanth utilisait cette magie flamboyante à des fins de guérison et de purification. Une paix immense l’envahit pendant qu’il méditait, sentant plus intensément le lien infrangible qui l’unissait à son élément, laissant jaillir en son sein les sentiments la passion et les sentiments de force et de détermination.

Une fois que celui-ci se sentit revigoré et apaisé par cette connexion à l’âme du feu, le jeune baptistrel ouvrit ses yeux étincelants et contempla un long moment les magnifiques gravures de scènes draconiques et de magie flamboyantes qui ornaient les parois du puits. Elles étaient d’une grande beauté et charmaient son être, le laissait méditatif. Parfois, l’elfe s’interrogeait sur celui ou ceux qui avaient eu l’audace de les graver.
Puis d’un mouvement souple et gracieux, le cawr se dirigea vers la sortie du sanctuaire du feu.



HRP: désolée du retard, j'ai eu un imprévu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crissolorio Ostiz
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Mage puissant
Expérience:
6/10  (6/10)
Xp disponibles: 7

Modérateur
Régent de Gloria

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Lun 2 Jan 2017 - 19:25

Le domaine de la rhapsodie était un endroit tout à fait splendide, et surtout très harmonieux. Le calme qu'il y régnait y avait quelque chose de fascinant, comme si à sa manière ce lieu était ancrée dans une autre réalité que celle du continent. Bien loin des ambitions politiques de certains, et des velléités belliqueuses d'autres. D'une certaine manière le domaine baptistrel correspondait dans les faits très bien à l'ordre qu'il accueille. Un ordre de mages guérisseurs, pacifistes et bénéfiques se consacrant à des idéaux tout à fait nobles et altruistes. Un ordre qui à sa manière était un des piliers de la paix actuelle régnant sur le continent.

Et Crissolorio savait apprécier ceci, cela lui permettait aussi à sa manière de s'éloigner un peu des préoccupations politiques, économiques, sociales et familiales qui agitaient sa vie de politicien exercé. Après tout il restait un homme et pouvait avoir besoin de temps en temps de prendre ses distances pendant un peu de temps avant de poursuivre sa route toujours aussi déterminé.

Ainsi il était un homme d'un âge assez avancé qui continuait malgré tout à avancer et à faire vivre ses ambitions. Si la vieillesse lui avait apporté beaucoup de choses, notamment sa légendaire tempérance qu'il avait fait l'effort de cultiver toute sa vie. Il restait qu'il avait le désir de bâtir quelque chose, de laisser sa marque sur le monde, il était ambitieux et cela était évident. Il serait faux après tout de dire qu'il ne l'était pas avec tout ce qu'il avait obtenu grâce à ses compétences en politique. Et surtout ses efforts pour maintenir sa place.

Pourquoi être toujours aussi ambitieux ? Pourquoi désirait-il à ce point le pouvoir ? Mais pour le pouvoir en soit bien entendu, pour cette capacité qu'il aurait à marquer l'histoire et changer le cours des choses. Crissolorio avait de grand projets, il avait de grandes aspirations qu'il désirait donc appliquer… Et pour cela, il lui fallait bien entendu le pouvoir. Car sans ce pouvoir l'on ne peut changer les choses durablement, et encore moins beaucoup de choses.

Ainsi était la politique, un art qui pouvait être aussi vertueux que vile. Aussi prompt à être utilisé pour accomplir de grandes choses que pour ses intérêts personnels. Et pourtant, c'était bien la politique qui déterminerait le destin du continent en grande partie, c'était dans les palais et dans les conseils royaux ou des régents que se détermineraient au final le destin d'Armanda. Que ce soit en période de guerre, ou de paix. Cela était bien un fait qui ne pourrait pas être remit en doute, une vérité qui restait pleinement d'actualité, et c'est au final auprès de ce pouvoir pouvant pourtant vous brûler les mains par la tentation qu'il inspire naturellement que l'on pouvait au mieux agir dans sa globalité sur l'avenir des peuples.

Une réalité qu'il pouvait mettre au moins un temps de côté maintenant qu'il se trouvait ici, et faisait un tour des sanctuaires rhapsodiens. Ayant décidé finalement d'aller visiter celui du feu qui était réputé pour être d'une chaleur légèrement étouffante mais avoir ses vertus lui aussi. Certes ce n'était point un élément dont Ostiz se sentait proche par nature, lui qui était homme de raison et non de passion. Mais c'était tout de même un élément ayant une influence majeur en ce monde…

Et c'est au moment où il entra dans le sanctuaire du feu qu'Ostiz vit un elfe aux airs assez juvéniles en sortir. Un elfe à la très grande beauté, mais comme toujours Ostiz était plus homme à se préoccuper du caractère de la personne en face pour la juger que sa beauté, ne serait-ce que parce que cette dernière pouvait être trompeuse. Même si le risque était moindre en un tel lieu. Le vieil homme regarde donc l'elfe aux airs très jeunes (ce qui n'est pas si étonnant que cela pour un elfe), et finit par dire calmement de sa voix tempérée et polie.

« Veuillez m'excuser du possiblement dérangement mon brave, mais seriez-vous par hasard le cawr chargé de la protection de ce sanctuaire ? » Une déduction qui aurait pu sembler étrange à certains qui auraient plutôt déduits à première vue que l'elfe était probablement un enwr, et non un cawr mais l'intuition d'Ostiz dû en partie à son totem lui faisait se dire que l'hypothèse que ce soit un cawr qui se tienne devant lui était tout à fait probable. De plus si c'était bien lui le chantefeu chargé de surveiller de sanctuaire, cela arrangerait Ostiz qui aurait sans doute certaines questions à poser au sujet de cet endroit. Après tout qui de mieux qu'un baptistrel pouvait connaître le sens, et la définition profonde des sanctuaires élémentaires ? Surtout un baptistrel familier d'un certain sanctuaire au sujet de ce dit sanctuaire...




[Hrp : C'est bien ton perso le gardien de ce sanctuaire étant donné que c'est le seul chantefeu officiel.]






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ilyanth Neolenn
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Maître mage
Expérience:
8/10  (8/10)
Xp disponibles: 1

Baptistrel Chantefeu

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Sam 7 Jan 2017 - 21:03

L’elfe aurait pu s’abîmer des heures durant dans la contemplation méditative des gravures qui ornaient les parois du puits flamboyant. Il régnait en ce lieu une telle paix, une telle harmonie et une telle ferveur que chaque fois que le Baptistrel s’y rendait, il se laissait happer par son atmosphère envoûtante. C’est ici que le cœur du feu battait avec le plus d’intensité et Neolenn en ressentait l’élan passionné dans la moindre parcelle de son être. Contrairement à d’autres individus, le chantefeu n’était guère indisposé par la chaleur qui imprégnait cet endroit, bien au contraire, il s’en délectait avec le même plaisir que celui que lui procurait la caresse du soleil sur sa peau veloutée.

Lorsqu’il se trouvait dans ce sanctuaire, le jeune Cawr se remémorait la fournaise du désert qui entourait la cité rebelle de Sandur. Cet écrin ardent lui permettait de s’évader et d’oublier l’espace de quelques instant ces multiples préoccupations, tout comme s’il se trouvait en dehors du temps.

Toutefois, ces moments d’évasions ne pouvaient durer éternellement et Ilyanth s’apprêter à vaquer à ces activités habituelles. Sa matinée s’annonçait plutôt calme et l’elfe du soleil pensait consacrer les prochaines heures à la lecture de plusieurs ouvrages. Après tout, le domaine Baptistral représentait un immense temple dédié au savoir et les innombrables livres qui trônaient dans les bibliothèques permettaient à quiconque le désirait de profiter des bienfaits de l’instruction.

Le jeune Baptistrel aimait réfléchir à la myriade de questions existentielles qui troublait son esprit : Pourquoi la souffrance et la maladie existaient-elles ? Est-ce que les plantes avaient une âme ? A quels signes reconnaissait-on le véritable Amour ? L’existence possédait-elle un sens déterminé dès la naissance ? Tant de réflexions se bousculaient dans sa tête et celui-ci pouvait consacrer de longues heures à méditer à ces mystérieuses questions, assis au pied d’un arbre ou perdu dans les allées des bibliothèques.

La lecture et l’accumulation de connaissances l’enrichissaient et le stimulaient intellectuellement ; cependant, Neolenn était convaincu que la réponse à tous ses questionnements ne se trouvait pas dans les livres, du moins pas uniquement.
Il existait certains savoirs qui ne dépendaient pas du savoir livresque et demeuraient inaccessibles à la logique froide et rationnelle. Parfois le chantefeu se demandait s’il n’existait pas deux manières de voir et comprendre les choses, l’une avec sa raison et ses yeux, l’autre avec son intuition et son cœur.

Tout comme certaines vérités étaient tangibles, matérielles et communicables à autrui, tandis que d’autres se révélaient immatérielles, intuitives et incommunicables ; pourtant, toutes deux étaient aussi réelles et importantes l’une que l’autre.

Alors qu’il s’apprêtait à franchir la porte du sanctuaire, le Cawr tomba nez-à-nez avec un humain, probablement un visiteur, comme le domaine en accueillait des dizaines chaque jour. En effet, nombreux étaient les curieux, les érudits et les Hommes de paix et de sciences, désireux d’assouvir leur soif de savoir et d’idéaux dans ce Haut-lieu de connaissances et d’harmonie.

L’individu qui lui faisait face semblait d’âge mûr, du moins selon les standards humains, et pour autant qu’Ilyanth puisse en juger, car celui-ci n’était pas très au fait avec les critères de l’apparence humaine.

L’homme portait une tenue d’une grande sobriété, non dénuée d’une certaine élégance, et ses yeux sombres luisaient d’intelligence et de vivacité. Une aura de charisme émanait de lui ainsi qu’une force tranquille. Il doit certainement s’agir d’un dirigeant ou d’un diplomate, pensa l’elfe.

Avec un ton courtois et empreint d’aménité, le gentilhomme s’adressa au baptistrel et lui demanda s’il était le gardien chargé de la protection du sanctuaire du feu.
Les lipes rosées de Neolenn s’étirèrent en un sourire amical et il répondit d’un ton posé et chaleureux :

- Ne vous inquiétez pas messire, vous ne me causez aucun dérangement. Je suis bel et bien le gardien de ce sanctuaire et un chantefeu. Je me nomme Ilyanth Neolenn. Est-ce que vous désirez en savoir davantage sur ce lieu, me poser certaines questions ou le visiter ? Si tel est le cas, alors je me ferai un plaisir de vous renseigner et de vous guider dans son sein.


Empli d’une grande gentillesse et de sollicitude, le Cawr appréciait particulièrement de servir de guide aux visiteurs, de répondre à leurs questions ainsi que transmettre sa connaissance et sa passion pour l’art des Rhapsodiens.

Ce dernier ressentait une immense joie de voir des sourires ravis s’épanouirent sur leurs visages et des lueurs d’intérêt s’allumer dans leurs regards.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crissolorio Ostiz
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Mage puissant
Expérience:
6/10  (6/10)
Xp disponibles: 7

Modérateur
Régent de Gloria

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Mar 10 Jan 2017 - 12:41

Cet elfe avait l'air tout à fait amène et aimable à première vue pensa Ostiz, que ce soit au vu de l'attitude chaleureuse de l'autre, et ses paroles tout aussi aimables. Quand à son attitude, sa sincérité ne faisait aucun doute comme c'était un baptistrel, et que ces derniers n'étaient point prompts à l'hypocrisie. Soit, Ostiz appréciait de savoir être tombé sur un elfe au tempérament appréciable, et visiblement fort agréable.

« Pour ma part je nomme Crissolorio Ostiz messire Ilyanth. » Reprit donc le vieil homme, est-ce que l'elfe avait entendu parler du grand trésorier de l'empire glorien ? Peut-être, Ostiz n'était pas un anonyme après tout, que ce soit pour sa position de bras droit de l'empereur Fabius Kohan ou son impressionnante ascension sociale. D'ailleurs sur ce Ostiz décida de reprendre en elfique, une langue qu'il maîtrisait assez bien et avec laquelle il arrivait à reproduire assez honorablement l'accent elfique.

« Je ne serai point contre en effet de visiter le sanctuaire du feu si cela ne vous dérange point messire Noelenn. Quand aux questions, si cela ne vous importune point je désirerai en effet vous en poser. Par exemple pour commencer, pourriez vous me donner la signification symbolique du sanctuaire que je comptai visiter ? Et de ce que représente l'élément du feu dans la conscience baptistrelle ? »

Cela Ostiz le disait d'un air cordial. Il ne laissait pas dans les faits parler autant ses émotions et son expression que le chantefeu, pas que le vieil homme paraissait froid. Mais il était évident en y réfléchissant un peu que c'était quelqu'un ayant une grand maîtrise de lui-même, et qu'il n'était point du genre à être très expressif. Néanmoins les questions qu'ils posaient étaient animés d'un intérêt sincère, et au final surtout intellectuel. Le politicien étant aussi un érudit à sa manière.

Le vieil homme s'inclina d'ailleurs légèrement comme le voulait la coutume elfique pour un salut standard pour remercier l'elfe de lui rendre ce service. Tout en démontrant qu'il avait pour sa part une bonne maîtrise de la culture elfique visiblement, ce qui n'était pas forcément courant.

« Je vous remercie dans tout les cas de vôtre sollicitude messire. » Conclut-il de son ton cordial, en laissant ensuite l'elfe faire débuter la visite s'il le désirait.






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ilyanth Neolenn
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Maître mage
Expérience:
8/10  (8/10)
Xp disponibles: 1

Baptistrel Chantefeu

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Mar 17 Jan 2017 - 17:01

L’homme qui se tenait en face de lui semblait fort sympathique malgré son visage impassible où peu d’émotions apparaissaient et l’austérité qui émanait de sa digne personne. Sans plus attendre, l’inconnu se présenta et son nom parut familier au jeune Baptistrel. Il s’agissait du grand trésorier Glorien et sa réputation était parvenu jusqu’au domaine des Rhapsodiens. Certes, l’endroit était un lieu de paix, retiré dans les cimes Elfiques et plongé dans une attitude méditative, mais les nouvelles du monde extérieur parvenaient jusqu’aux oreilles des Baptistrels.

- Je suis très honoré de faire votre connaissance messire Ostiz, répondit l’elfe d’un ton empli d’aménité. Je connais votre réputation et le travail que vous effectuez pour l’empire Glorien, notamment votre fonction de grand trésorier. Est-ce que cette tâche n’est pas trop ardue ? En vérité pour être tout à fait honnête, je ne suis guère très à l’aise avec les chiffres en général, ajouta le chantefeu avec spontanéité, tout en rougissant légèrement. Par ailleurs, je ne suis guère très instruit de la politique et des affaires humaines malgré toute la curiosité que j’éprouve pour votre peuple. Et je serai ravi d’en apprendre davantage à ce sujet.

Crissolorio Ostiz décida de poursuivre la conversation en elfique et Neolenn ne put s’empêcher d’ouvrir grand ses yeux scintillants, étonné d’entendre un humain s’exprimer dans la langue du beau peuple. Puis, celui-ci lui adressa un sourire lumineux et reprit avec douceur, en utilisant également l’Elfique :

- Je suis un peu étonné d’entendre un humain utiliser la langue de mon peuple, rares sont ceux qui la maîtrise. Comment avez-vous eu l’occasion de l’apprendre ? Je trouve que vous débrouillez très bien.

Ensuite le grand trésorier Glorien fit part de son désir de visiter le sanctuaire et d’en apprendre davantage sur ce lieu ainsi que sur la symbolique du feu :

- Cela me ferait très plaisir de vous servir de guide, répondit Neolenn avec sincérité.

Toutefois, je tiens à vous prévenir qu’il y fait un peu chaud voire très dans certaines parties…est-ce que vous ne risquez pas d’être incommodé par la chaleur ? demanda-t-il d’une voix compatissante. Si ce n’est pas le cas alors venez avec moi.

De sa démarche gracieuse et agile, le Rhapsodien commença à s’aventurer dans les galeries du sanctuaire du feu. L’endroit était décoré d’oriflammes et de rubans et les murs ornés d’étranges gravures. A un moment, celui-ci s’arrêta devant une magnifique fresque murale, richement décorée de somptueux motifs représentants des scènes de magie flamboyante et des combats de dragons et Ilyanth débuta ses explications :

- Nul ne sait qui sont le ou les auteurs de ces fresques, mais elles semblent représenter un passé ancien et mystérieux. Ce lieu sacré se nomme le puits flamboyant et ce lieu est empli de violence vertueuse et incarne la juste colère de la Terre. Mais si le feu peut se révéler violent et destructeur, c’est aussi un symbole de purification et guérison. Par exemple, les flammes sont capables de détruire les nécroses les plus profondes et de nettoyer les plaies. Bien sûr, il faut aussi être assez courageux pour endurer la souffrance occasionnée par le contact avec le feu.
Le maître barde se tourna ensuite vers Ostiz afin de vérifier si ce dernier comprenait toutes ses explications ou désirait obtenir des informations supplémentaires ; puis il poursuivit d’un ton calme et posé :

- Ce domaine est associé à la passion et aux sentiments, à la force et à la purification. Un immense torrent de flamme s’échappe d’une fracture terrestre et au centre du sanctuaire la chaleur devint insupportable. Pour nous les baptistrels, le feu représente l’élément le plus indiscipliné, empli de fouge, de sentiments, de passion et de rage. Il est puissant mais peu se consumer de lui-même s’il ne trouve pas de nouvelles sources pour s’alimenter et continuer de brûler.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crissolorio Ostiz
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Mage puissant
Expérience:
6/10  (6/10)
Xp disponibles: 7

Modérateur
Régent de Gloria

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Jeu 19 Jan 2017 - 18:31

L'elfe avait donc entendu parler de lui ? Soit, cela ne l'étonnait point, par contre Ostiz déduit que ce baptistrel n'était guère quelqu'un de renfermer pour avouer aussi aisément qu'il avait du mal avec les chiffres. Mais sinon en effet lorsque l'on gère l'économie d'un royaume et ses finances il vaut mieux avoir de grandes facilités avec la monnaie, et les calculs associés à cette dernière. Surtout dans la société humaine où l'argent avait bien plus d'importance que chez les autres peuples.

« Ne vous inquiétez point pour moi messire, cette tâche me convient tout à fait et si elle est prenante elle n'est pas infaisable pour moi, loin de là. »
Cela Ostiz le dit avec cordialité avant d'ajouter ensuite d'un air assez amène. « Quand à vôtre problème avec les chiffres, sachez que tout le monde n'a pas les mêmes talents. Cela ne veut pas dire que ne pourriez pas devenir plus à vôtre aise à terme avec ce genre de choses si vous y consacrez un certain efforts, mais que vous devez avoir des facilités ailleurs selon moi. » Cela il le dit avec sincérité, après tout chacun avait son talent à sa manière. « Quand aux affaires et à la politique humaine. Je serai fort satisfait de converser avec vous de cela si vous le désirez. Ce sera disons une juste répartie pour vôtre amabilité en tant que guide messire. » Conclut-il donc avec son habituelle courtoisie bourgeoise.

Quand à la conversation qu'ils avaient entamer en elfique, visiblement cela semblait plaire au sire chantefeu. Réaction assez courante au final de la part d'un elfe qui entend un humain s'exprimer convenablement en elfique pensa Ostiz. Qui ne manqua point de ce fait de répondre à l'elfe aux cheveux de braise.

« J'ai pu bénéficier d'un apprentissage de l'elfique auprès de quelques instructeurs, aussi bien elfes que de personnes ayant des affinités avec la langue de vôtre peuple, quand au reste cela vient surtout de pratique par exemple pour avoir un bon accent. » De plus cela avait un grand intérêt politique de pouvoir parler elfique, ne serait-ce que pour faire forte impression auprès des elfes, ou bien pour montrer que l'on n'était point un ignorant de la culture, et du mode du vie du beau peuple.

« Et je vous en serez fort gré messire. » Ajouta d'ailleurs le grand Trésorier d'un ton courtois lorsque l'elfe accepta de lui servir de guide, après tout le sieur Ilyanth avait su conserver jusqu'à maintenant une attitude fort appréciable.

« Ne vous inquiétez point pour moi sieur Noelenn, je dispose d'un manteau de brume qui a l'avantage de me rafraîchir parmi ses diverses utilités. Mais merci de vôtre prévenance. » Ajouta ensuite Ostiz toujours affable en ajustant légèrement les pans de ce dit manteau, après tout en effet l'elfe se montrait fort prévenant.

Et ainsi maintenant que ce détail avait été précisé, ils purent tout deux se rendre à l'intérieur du fameux sanctuaire du feu de la rhapsodie. Et le thème du feu y était en effet omniprésent que ce soit par le sanctuaire en lui-même, les décorations de ce dernier et les thèmes représentaient par ces dernières. Décorations qu'Ostiz put ainsi observer à loisir tout en écoutant attentivement les propos du chantefeu.

Et dans les faits Ostiz comprenait, et suivait parfaitement ce que disait l'elfe, il arrivait même déjà à y réfléchir pour en faire certaines déductions qu'il ne tarda pas à émettre avec son calme habituel. Un calme qui contrastait certainement avec la nature ardente des lieux.

« Je vois où vous voulez en venir. Le feu peut brûler les arbres par exemple, mais les mêmes cendres de ces arbres représentent un excellent fertilisant pour la terre. Le feu détruit directement, mais indirectement il apporte des bienfaits comme la chaleur par exemple. Comme vous le dîtes il est donc l'élément de la passion sans contrainte, et des émotions à l'état pur. Un élément fondamental en soit, nécessaire à l'équilibre de nôtre monde mais qui a besoin de trouver un équilibre avec les autres éléments de ce monde pour perdurer. Au risque sinon de se consumer lui-même. »

Il sembla réfléchir un instant sur ce et reprit en portant son regard sur le chantefeu se trouvant non loin de lui.

« Si vous me permettez une question plus personnelle sieur Ilyanth. Qu'est-ce que cela représente et implique pour vous d'être lié à cet élément en tant que chantefeu ? Cela implique t-il une influence du feu sûr vôtre personne ? Sur vôtre manière d'être, ou sur vos pouvoirs ? J'ai pu lire dans les faits quelques ouvrages traitant de ce sujet certes, mais j'estime que rien ne vaut dans ce domaine l'expérience d'un baptistrel en chair et en os comme vous. » Expliqua donc calmement le politcien avant de conclure ensuite pensif.

« D'ailleurs, si vous avez une quelconque question à poser au sujet de la politique, ou des affaires humaines. Par exemple sur le royaume glorien en général, n'hésitez point messire. Je me ferai un devoir de répondre avec application à vos questionnements. » Après tout il avait dit auparavant qu'il ne serait guère contre de faire ainsi. Donc si l'elfe pensait que c'était le bon moment pour ce genre de discussion, alors qu'il n'hésite point. Ostiz n'était pas le genre d'homme qui n'appréciait pas de partager son savoir après tout.





Objet utilisé :

Spoiler:
 






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ilyanth Neolenn
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Maître mage
Expérience:
8/10  (8/10)
Xp disponibles: 1

Baptistrel Chantefeu

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Jeu 26 Jan 2017 - 22:52

L’humain s’adressait à lui avec une grande affabilité et Ilyanth reconnaissait dans son maintien empreint de dignité la marque d’un homme éduqué. Par ailleurs, celui-ci semblait cultivé et ouvert d’esprit, tout en faisant preuve de la délicate attention d’employer la langue de son interlocuteur. En temps ordinaire, le jeune Elfe n’utilisait sa langue natale qu’en compagnie d’autres Elfes, car la plupart des humains ne maîtrisaient pas ou insuffisamment cet idiome ; dès lors, Ostiz le surprit, agréablement, par sa maitrise de l’Elfique.

Quand le chantefeu lui confia n’être guère à l’aise avec les chiffres, crissolorio s’empressa d’ajouter que chacun possédait des talents différents et que le Cawr devait s’avérer doué dans un autre domaine. Le Baptistrel partageait entièrement cette opinion et faisait de son mieux pour que chacun de ses Enwr puissent trouver sa voie et exploiter au maximum son potentiel. Sans oublier que ce n’était pas les élèves brillants, de prime abord, qui se révélaient in fine les meilleurs Baptistrels. Tant de choses entraient en jeu, comme la passion, la motivation, la persévérance et la personnalité.

Neolenn eut un petit rire cristallin et ajouta de sa voix douce et mélodieuse:

- Je pense comme vous…Je suis très mauvais avec les chiffres en raison d’une dyscalculie. Enfant je passais des heures à noircir des pages avec des calculs qui se mélangeaient dans mon esprit et auxquels je ne semblais rien comprendre….Cela me paraissait être un véritable calvaire et j’en venais même à verser des larmes d’amertume, ne comprenant pas pourquoi les autres paraissaient y arriver facilement et pas moi. Fort heureusement, être doué en math n’est pas un prérequis pour être Baptistrel et j’ai davantage de facilités dans le domaine de la magie et les activités artistiques. Sans compter que je possède l’immense bonheur de pouvoir m’épanouir dans un domaine qui me plait énormément.

Puis l’elfe demeura silencieux un bref instant, avant de reprendre d’un ton calme.

- Est-ce que je peux me permettre une question, du moins si ce n’est pas trop indiscret ? Comment vous est venue l’envie de devenir Grand Trésorier ? S’agit-il d’un rêve d’enfant ou d’un curieux concours de circonstances ?

A la question du jeune Cawr concernant son apprentissage de la langue du beau peuple, Crissolorio expliqua avoir pu bénéficier de l’aide d’elfes et de personnes possédant une affinité avec leur langue. Par ailleurs, une pratique assidue lui avait permis de parfaire son accent.

- Je trouve en effet que vous débrouillez fort bien, répondit Ilyanth avec sincérité. Quant à l’accent, le vôtre est plutôt bon selon moi et j’ai moi-même un accent lorsque j’emploie la langue des humains.

Quant au fait que la chaleur du sanctuaire risquait d’incommoder le vieil homme, celui-ci répondit qu’il avait en sa possession un manteau de brume lui permettant de se rafraîchir, entre-autre chose.

Disant cela, le grand trésorier, ajusta son manteau couleur d’azur aussi bleuté et transparent que le voile éthéré de l’océan. Neolenn contempla d’un air méditatif cette magnifique tenue à l’esthétisme magnifique et qui paraissait faite de perles de pluie et de la soie des rêves.

L’elfe afficha un léger sourire et répondit avec douceur :

- Je suis très heureux de savoir que vous possédez un manteau des brumes pour vous rafraîchir et vous protéger de la chaleur qui règne dans ce lieu. En ce qui me concerne, en ma qualité de chantefeu je ne suis pas du tout dérangé par l’atmosphère torride de certaines pièces du sanctuaire, au contraire je la trouve agréable et apaisante.

Tandis qu’ils déambulaient à travers les galeries du sanctuaire du feu, tout en admirant les superbes gravures ; le grand trésorier paraissait écouter attentivement les explications du Baptistrel et se hasarda à lui poser une question concernant le lien des chantefeu avec cet élément et le pouvoir que cela impliquait.

Neolenn se tourna vers lui et le regarda de ses grands yeux bleu-vert aussi scintillants que des pierres de lumière et dit d’un ton calme :

- La plupart des Baptistrels liés au feu suivent leurs émotions et se fient à leur instinct plutôt qu’à leur raison. On dit aussi qu’ils sont téméraires et savourent la vie, passant d’une émotion à l’autre et vivant intensément la joie comme la tristesse. Les chantefeu sont aussi très protecteurs envers ce qui leur est cher et ne renoncent pas facilement quand ils ont quelque chose en tête. Lorsque cela est nécessaire, ils sont prêts à lutter et gardent toujours une lueur d’espoir, même quand la situation semble désespérée. Une autre caractéristique de ces baptistrels est de s’adapter facilement à leur environnement et réchauffent les lieux où ils se trouvent. La chaleur ne nous incommode pas ni aucune manifestation du feu. Par contre notre point faible est le vent, car il éteint nos flammes.

Ensuite, l’elfe du soleil eut un petit rire gai et dit d’un ton malicieux :

- Je dois dire que je me retrouve tout à fait dans cette description, ce qui doit vouloir dire que je suis un chantefeu typique. Il est aussi possible pour un Baptistrel de fusionner avec son élément, mais c’est très rare, et l’individu en question doit entrer dans un état de parfaite symbiose avec celui-ci ainsi qu’accomplir un rituel magique d’une extrême complexité afin d’incorporer l’élément dans le chant-nom jusqu’au noyau vital. Cette fusion accentue toutes les caractéristiques qui émanent du lien avec l’élément et liant le noyau au plus profond de son âme.

Lorsque Crissolorio proposa de répondre aux questions d’Ilyanth concernant la politique et les affaires humaines ou le Royaume Glorien. Ce dernier s’empressa de demander d’une voix pleine d’entrain :

- Je suis en effet très curieux du fonctionnement des sociétés humaines. Concernant le Royaume Glorien quels sont les desseins et les projets de l’empereur pour son peuple ? Et aussi comment se passent les relations avec Aldaria et la cité de Caladon ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crissolorio Ostiz
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Mage puissant
Expérience:
6/10  (6/10)
Xp disponibles: 7

Modérateur
Régent de Gloria

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Sam 28 Jan 2017 - 18:36

Crissolorio avait amplement remarquer que l'elfe était quelqu'un d'ouvert et d'expressif, comme en témoignait d'ailleurs le rire mélodieux et cristallin de ce dernier. D'une certaine façon l'attitude du chantefeu contrastait en partie avec celle de l'humain qui semblait être tempéré en tout temps. Comme si pour sa part il contrôlait ses émotions et les canalisait là où l'elfe leurs laissait libre cours. Une façon de se comporter et de voir les choses différente en soi. Mais bon Ostiz n'était de toute manière point dérangé par le fait de discuter avec quelqu'un qui avait un comportement différent du siens, après tout il fallait de tout pour faire un monde. De plus il serait injuste de la part de Crissolorio de s'attendre à ce que tout le monde ait une maîtrise de soit aussi poussée que la sienne.

« Je vois. Cela peut en effet être un handicap regrettable en certains domaines. » Ajouta d'ailleurs Ostiz qui recommença à parler en langage commun avec sa calme compréhension quand l'elfe évoqua plus en profondeur les difficultés qu'il rencontrait avec les mathématiques. Certains étaient nés après tout avec certaines dispositions dans des domaines en particuliers, et sans dispositions dans d'autres. Ostiz pensait que les efforts pouvaient permettre bien entendu d'arranger ou de corriger cela, mais la nature ainsi jouait un rôle en donnant aux autres des prédispositions. De plus ce genre de handicap là était heureusement moins graves sans aucun doute dans la société elfique qu'humaine. L'argent jouant un rôle au final bien plus important chez ces derniers. Quand à la question que la baptistrel posa au grand trésorier d'ailleurs, celui-ci y répondit d'un ton posé.

« Je ne qualifierai ni cela de rêve d'enfance, ni de concours de circonstances. Je dirai plutôt qu'une opportunité m'est apparue et que j'ai su la saisir. J'ai certes eu de la chance d'une certaine manière, mais d'une autre si je n'avais pas pousser cette dernière je ne serai pas l'homme que je suis aujourd'hui. » Expliqua donc calmement le politicien quand au fait qu'il était grand trésorier de l'empire glorien.

Quand à la langue elfique dans les faits, il ne considérerait son apprentissage terminé que quand il en serait au stade où il pouvait plus que parler avec cette langue, penser avec. La maîtriser si bien qu'il n'aurait même pas besoin de la retraduire dans son esprit, et qu'il pourrait penser avec elle avec autant d'aisance que sa langue natale.

« Certes mon accent est bon, mais tant qu'il reste des progrès à faire ou un quelconque moyen de me perfectionner. Il serait dommage de ne pas poursuivre mes efforts en ce sens. » Répondit-il donc cordial à l'elfe lorsque ce dernier le complimenta sur son accent. Ostiz était un perfectionniste après tout sur ce genre de choses, et surtout il aimait ce faire expert dans les domaines qui l'intéressaient.

Et sur ce il reprit pensif aux paroles de l'elfe quand ce dernier dit que par sa nature de chantefeu il n'avait pas à craindre la chaleur des lieux.

« Je suppose qu'il est tout à fait naturel de gagner une certaine affinité avec l'élément auquel vous êtes liés en tant que baptistrel. Je suppose par exemple que vous avez une plus grand maîtrise de tout les sorts apparentés au feu, ou de toute magie ayant un lien avec. » Cela semblerait en tout cas logique pour le vieil homme. Dans tout les cas la chantefeu ne tarda guère peu après lors de la visite du sanctuaire à éclairer davantage la lanterne d'Ostiz à ce sujet. Ostiz qui écouta donc cet exposé avec attention et patience.

Ainsi les chantefeu avaient au final une manière d'être vraiment très différente par rapport à celle du seigneur de Fortuna. Ces mages suivaient davantage la voie de la passion à leurs manières que celle de la raison, une voie bien loin de celle qu'avait choisit le philosophe à sa manière. Mais une voie qu'il pouvait comprendre, la vie après tout n'était pas éternelle. Et certains préféraient la savourer pleinement, et profiter de l'instant présent tant que cela était possible. La philosophie de vie des chantefeu pouvait donc tout à fait se comprendre, même si elle n'était guère celle que lui avait choisit.

D'ailleurs le sieur Ilyanth ne manqua pas de lui préciser que pour sa part il était un bien digne chantefeu. Et qu'il correspondait parfaitement à cette description que l'on faisait des siens. En effet pensa Ostiz, il irradiait tout à fait la joie de vivre et semblait être tel une flamme vigoureuse qui brûlait avec passion tout en répandant la chaleur de vivre qui l'animait.

« Pour ma part je suis bien loin de correspondre à ce que pourrait être un chantefeu sieur Ilyanth. Je ne suis pas un adepte de la passion, mais de la raison. Celle de la réflexion, et de la prise permanente de recul sur la situation pour faire les meilleurs choix. A mes yeux, et c'est purement mon avis je tiens à le préciser. Les émotions ne nous aident pas forcément à faire les meilleures choix si on les laisse trop empiéter sur nôtre réflexion. Elles peuvent même nous pousser à agir sans réfléchir à la situation immédiate, et à faire quelque chose que l'on pourrait possiblement regretter à terme. Mais bien entendu ce n'est que mon avis. » Cela il l'expliqua posément après avoir bien écouté le fait qu'un baptistrel pouvait se lier en profondeur à son élément, ce qui d'une certaine manière devait être un processus intéressant… Quand aux sociétés humaines, Ostiz répondit avec application aux questions du chantefeu.

« Les projets et desseins de l'empereur sont un secret d'état que ce dernier n'aimerait pas voir révélés, veuillez m'en excusez messire mais il faudrait éviter les questions qui pourraient concerner la géopolitique actuelle sieur Ilyanth. Quand aux relations diplomatiques, elles sont cordiales avec Caladon, et mitigés avec Aldaria. » Il prit ensuite la peine de s'expliquer. "Je veux bien répondre à vos questions concernant le fonctionnement de la société, du système politique aussi, ou bien au sujet de la culture par exemple. Mais je vous demanderai d'éviter les questions risquant d'être politiquement sensibles actuellement. J'espère que vous le comprendrai." Cela il le dit d'un ton conciliant, après tout les questions qu'avaient posé l'elfe au sujet de l'empereur étaient le genre de questions qu'auraient pu avoir un espion à l'esprit.






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ilyanth Neolenn
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Maître mage
Expérience:
8/10  (8/10)
Xp disponibles: 1

Baptistrel Chantefeu

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Jeu 9 Fév 2017 - 19:03

Ilyanth observait, avec une curiosité non dissimulée, cet homme austère et qui semblait si soucieux de contrôler ses émotions, ne laissant transparaître sur son visage qu’une politesse affable. En cela, l’humain différait profondément de l’elfe, au tempérament si sensible et enjoué, et à la personnalité haute en couleur. De même l’allure juvénile et pleine de candeur du Baptistrel formait un étonnant contraste avec la tempérance et l’impassibilité marmoréenne du vieillard.

Néanmoins malgré cette profonde différence entre leurs deux personnalités, Neolenn était heureux d’avoir fait la connaissance d’un humain qui paraissait si curieux de l’art Baptistrel. En effet, le chantefeu adorait guider les visiteurs dans cet antre flamboyant et espérait leur transmettre par ses paroles enflammées, un peu de la passion qui l’animait.
Lorsque Crissolorio évoqua d’un ton conciliant le fait que la dyscalculie du Cawr pouvait en effet se révélait handicapante ; ce dernier baissa les yeux et dit dans un murmure :

- Oui…mais je n’en fais plus un complexe. Dans le domaine Baptistral, je suis habitué à mener une existence frugale et l’argent n’y a que peu court, car les Baptistrels possèdent un mode de vie communautaire. De plus, la société Elfique, en général, parait accorder moins d’importance à l’argent que les sociétés humaines. Du moins, c’est ce que je pense.

Puis, le chantefeu afficha un léger sourire et poursuivit :

- Je crois que mon existence aurait été très différente si je n’étais pas né au sein du domaine mais chez les Hommes…

Le maître barde s’était déjà demandé quelle aurait été sa vie s’il était né dans un autre lieu, une autre famille ou un autre peuple. Peut-être avait-il déjà vécu d’innombrables existences avant de connaitre celles-ci, mais celui-ci n’en conservait aucun souvenir. Seule l’imagination lui permettait de s’inventer d’autres vies que celle qu’il connaissait.

Néanmoins, Ilyanth bénissait sa chance d’avoir pu jouir d’une enfance paisible, bercée par une douce quiétude. Tous les êtres ne pouvaient pas prétendre à un tel bonheur et son cœur sensible saignait de voir les malheurs endurés par certains. Parfois, ce dernier se demandait la raison d’une telle inégalité et pourquoi des individus, en apparence innocents, devaient endurer une destinée si cruelle. Mais il semblait n’y avoir aucune réponse à ces questionnements et peut-être mieux valait que ceux-ci demeurent de l’ordre des mystères de la vie.

Ilyanth écouta avec attention les explications du vieil homme concernant son choix de profession et lui demanda avec curiosité s’il aimait ce qu’il faisait et qu’est-ce que cet emploi lui apportait sur un plan plus personnel ? Neolenn quant à lui savait depuis sa prime jeunesse qu’il serait Baptistrel, car c’était le souhait de ses géniteurs et celui-ci s’était senti attiré par les vibrations du monde depuis son enfance, montrant un don pour l’art et la magie. Aussi lui semblait-il inconcevable de s’adonner à une autre activité ; du reste, baigné depuis toujours dans un tel univers, il ne connaissait pratiquement que ce dernier.

- J’y vois un mélange de hasard et d’auto-détermination, comme si d’une part nous étions emportés par le courant d’une rivière, mais qu’il ne tenait qu’à nous d’essayer par nos efforts de raccrocher à un rocher ou de gagner la rive, dit-il d’une voix posée en dardant ses prunelles bleutées sur le visage du vieil homme.

Le Cawr acquiesça aux propos du grand trésorier et ajouta :

- En effet, je pense qu’il serait bon de poursuivre votre voie si vous désirez apprendre un peu plus notre langue. Je crois aussi qu’on ne maîtrise jamais entièrement une langue, car il reste toujours de nouveaux mots à apprendre, tout comme il reste toujours un nouveau livre à lire et à découvrir.

Neolenn s’était souvent fait cette réflexion en parcourant les rayonnages des immenses bibliothèques du domaine. Tant de savoir se trouvait accumulé dans les pages jaunies que même une longue existence Elfique ne permettrait pas d’en percer tous les secrets. Cependant, il pouvait mettre à disposition le temps qui lui était imparti pour lire et apprendre autant que possible.

Quant à sa connaissance du langage commun, le chantefeu bien qu’il sache le parler couramment, sentait que ce n’était pas sa langue maternelle, la langue elfique, mélodieuse et chantante. L’elfe n’utilisait le commun qu’avec non-elfes ou ceux qui ne maîtrisaient pas leur langue. Malgré sa connaissance très bonne sur le plan intellectuelle, elle demeurait un peu étrangère à son âme, ce n’était pas sa langue maternelle, celle qui parlait à son cœur, à ses souvenirs et qui traduisaient ses plus fortes émotions…Malgré le fait qu’il ne soit jamais habitué à la mentalité et à certains usages elfiques, Neolenn comprenait qu’il était vraiment un elfe lorsqu’il chantait des chants traditionnels ou manier leurs mots avec émotions.

Quand Ostiz l’interrogea sur son lien avec le feu est sa maitrise des sorts liés à cet élément, Ilyanth hocha la tête et répondit :

- Certes, mais en tant que Baptistrel je ne peux utiliser ma magie qu’à des fins bénéfiques, et le feu possède une nature ambivalente, à la fois source de destruction et de création.

Soudain, les yeux clairs de l’elfe du soleil s’illuminèrent d’une lueur espiègle.

- Est-ce que vous souhaiteriez assister à une démonstration de magie ou écouter un chant Rhapsodien ?

Le Baptistrel écouta attentivement la suite des propos du Grand trésorier sur son tempérament et le fait que celui-ci se laissait guider par la raison.

- Raison et passion sont-elles si antinomique ? Les émotions ne peuvent-elles pas nous aider à faire des bons choix ? Ilyanth croyait fermement en la voie de son cœur et estimait que celui-ci ne pouvait guère le tromper.

- Mais se couper entièrement de nos ressentis ne risque-t-il pas de nous rendre…. « inhumain » ? ajouta-il, à la fois amusé et perplexe.

Habitué à faire preuve d’empathie et de gentillesse, le Rhapsodien se disait qu’user de raison pure dans son domaine risquait de compromettre sa relation avec les soignés voire même d’être nocif pour eux…Après tout, l’émotionnel jouait tellement dans leur rétablissement… le seul domaine où cela lui semblait possible était les mathématiques…Du reste, était-il possible pour un être doté de conscience d’être totalement rationnel ?

Le chantefeu en doutait sincèrement, tout au plus pouvait on chercher à se rapprocher d’un idéal abstrait, mais sans jamais l’atteindre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crissolorio Ostiz
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Mage puissant
Expérience:
6/10  (6/10)
Xp disponibles: 7

Modérateur
Régent de Gloria

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Ven 10 Fév 2017 - 21:31

Ostiz se disait qu'il était heureux pour ce sieur Ilyanth que ce dernier ne soit pas un politicien, car montrer aussi aisément ses ressentis et surtout sa gêne n'était pas vraiment conseillé dans certains milieux. Certes cela passait mieux chez les artistes, les diplomates et les baptistrels. Mais pas dans les sphères des élites dirigeants les nations probablement, ne serait-ce que parce que certains seraient désireux de profiter de ceux qu'il estimeraient comme des faiblesses. Mais dans tout les cas, Ostiz répondit avec patience au chantefeu.

« Si ce n'est pas un réel problème il ne vaut mieux pas s'en inquiéter plus que de raison. Cela ne vous empêchera pas bien entendu de faire des efforts à l'avenir pour compenser ce problème que vous avez, car il est noble de vouloir s'améliorer, mais ce n'est pas non plus une affaire de vie et de mort pour vous de ce que je vois. » Avant de reprendre pensif aux paroles suivantes de l’elfe. « Tant de détails et de paramètres encadrent le cours d'une existence qu'il est facile d'imaginer que cette dernière soit tout à fait différente pour peu que l'on change le moindre d'entre-eux. » Mais cela restait du domaine de la supposition au final.

« Je vois les choses différemment, je vois plutôt cela comme une route à plusieurs embranchements qu'il nous appartient de suivre. Celle-ci dresse des obstacle plus ou moins difficiles sur nôtre chemin et il appartient à nous de les franchir. Certes le hasard et les circonstances jouent un grand rôle dans l'existence, mais la volonté et le désir d'améliorer son sort joue un rôle encore plus grand à mes yeux. » Expliqua t-il calmement avant d'ajouter à l'égard d'Ilyanth.

« J'ai bon espoir à terme et dans quelques temps de parler aussi bien l'elfique qu'un membre de vôtre peuple. Ce serait déjà un bel accomplissement car cela voudrait déjà dire que je me suis bien approprié cette langue. » Avant de reprendre...

« Cette réflexion que vous formulez a sans doute un rapport avec le fait qu'une langue, comme les peuples qui la parlent est vivante et en permanente évolution. Certes la langue elfique doit évoluer moins vite que celle des hommes au vu de la nature moins changeante de vôtre peuple mais elle évolue quand même. De ce fait il y en effet toujours à apprendre, sans parler des manières de parler différentes selon les individus, des expressions locales et des accents. Ou même du sens profond de la langue en lui-même, ou de l'histoire de cette langue. C'est tout une science en soit dans les faits. »
Ajouta t-il sinon donc avec réflexion quand le chantefeu lui fit part de son sentiment quand au fait qu'on ne maîtrisait jamais parfaitement une langue.

Ostiz en tout cas pouvait se vanter d'un très grand savoir au sujet des elfes, notamment grâce à conscienta qui lui permettait d'avoir à disposition la mémoire elfique au sujet de l’histoire et des coutumes de ce peuple. Un savoir qui à ses yeux était appréciable et utile. Après tout il était très intéresser par le beau peuple et serait fréquemment inciter à traiter avec à l'avenir. De ce fait approfondir ses connaissances au sujet des elfes ne pouvaient qu'être d'un grand intérêt pour lui, ce sans oublier le pur intérêt intellectuel que cela pouvait représentait...

Quand au fait que l'elfe ne pouvait pas user en mal de sa magie, cela Ostiz s'en doutait, mais la magie de feu n'était pas forcément que malfaisante tout de même ? Il serait bien simple d'ainsi réduire un élément à un simple rôle après tout.

« Je pense qu'aucun élément n'est purement de nature créatrice, ou destructrice sieur Ilyanth. Je pense que cela dépend surtout des usages que l'on en fait. »
Expliqua t-il calmement avant de reprendre d'un air poliment intéressé quand l'elfe lui proposa d'un air espiègle une démonstration de magie Rhapsiodenne. « Cela m'intéresserait en effet, même si bien entendu je ne vous y oblige point messire. Je ne peux donc que vous remercier de cette faveur que vous désirez me faire. » Cela dit d'un air parfaitement cordial.

Puis il reprit sérieusement à l'égard de l'elfe qui avait l'air à la fois amusé et perplexe. Et qui défendait la justesse des sentiments pour faire des choix, Ostiz se contenta donc de réfléchir calmement aux paroles du chantefeu avant de formuler sa réponse. Car dans les faits les paroles de l'elfe étaient intéressantes, même s'il s'était trompé sur ce qu'avait exactement voulu dire Ostiz.

« Je crois qu'il y a un malentendu sur ce que je viens de vous dire sieur Ilyanth. Car dans les faits je n'ai pas défendu le fait d'être totalement dépourvu d'émotion et de n'être animé que de raison à l'état pur. A mes yeux les émotions ne sont pas purement nuisibles, mais elles doivent être encadrées par la raison. Voyez un exemple simple. L'homme qui panique devant une femme qui accouche et la sage femme qui reste maîtrisée et sage pendant cet accouchement. Cette dernière n'est pas dénuée de compassion envers sa patiente, ni de dévouement envers son travail, mais elle arrive à se maîtriser assez pour faire les choses au mieux. Je n'ai pas dit que les émotions doivent être anéanties elles sont à encadrer nuance. Il faut savoir vivre avec selon moi, mais aussi les empêcher de déborder au risque qu'elles obscurcissent nôtre jugement. » Expliqua t-il calmement, la nuance était là. Ostiz se doutait que la raison à l'état pure n'existait pas, néanmoins arrivait à se maîtriser et à encadrer ses émotions était à ses yeux tout à fait possible.

« Quand à savoir si les émotions peuvent permettre de faire le bon choix. Cela dépend je dirais des situations, néanmoins ne vous est-il pas arrivé justement de faire le mauvais choix de temps en temps sous le coup de l'émotion ? Et de vous dire après en prenant un peu de recul que ce n'était pas le meilleur choix à faire ? De regretter d'avoir agit ainsi ? En situation d'urgence l'instinct peut-être un bon guide certes, mais c'est différent pour les décisions sur le long terme… Penseriez-vous par exemple qu'un bon roi serait celui qui agirait selon ses émotions et ses sentiment de l'instant ? Ou celui qui prend le temps de réfléchir à chaque situation et aux différentes solutions possibles ce dans l'optique de faire au mieux ? » Il laissa à l'elfe le temps d'y réfléchir avant de reprendre calmement.

« Il reste qu'une certaine réflexion à ce sujet est intéressante… Cela est peut-être même plus complexe encore ? Peut-être les émotions ont-elles encore plus leurs places dans des domaines comme la musiques qui nécessitent une certaine sensibilité, ou quand il s'agit de venir en aide aux autres ? Peut-être au final que les deux sont un bon choix dans certaines situations aussi ? Pourquoi le choix serait-il binaire après tout ? » Venait-il de revoir un peu sa réflexion pour aborder un axe plus ouvert ? Sans doute, Ostiz n'était pas fermée après tout au fait de revoir un peu sa réflexion pour l'élaborer, car dans les faits il fallait être ouvert en philosophie pour évoluer et ne pas rester fixer à ses opinions… Il reprit d'ailleurs avec réflexion...

« C'est un vaste débat, je dirais néanmoins que je reste favorable à la raison reine. Certes cela ne me prive pas d'avoir des principes, ou des sentiments. Mais ceux-ci sont gouvernés par une certaine raison qui m'incite à ne pas oublier ce qui importe et réfléchir aux choses avec recul. Voyez-vous d'ailleurs, ce souci de réfléchir aux choses avec recul… N'est-ce pas en soit la volonté de bien faire qui l'anime ? N'est-ce pas donc en lien avec un sentiment tout à fait humain ? Choisir de suivre la voie de la raison peut donc tout à fait être humain. Vouloir se couper de temps en temps de ses ressentis pour faire les meilleurs choix peut aussi être humains, après tout certains choix sont très difficiles à faire. Et le souci de vouloir faire le meilleur, ou du moins de choisir le moindre mal existe bien, ce qui incite à tenter d'y réfléchir calmement pour bien peser le pour et le contre le plus objectivement possible. » Ostiz révélait ainsi une chose, il n'était pas vraiment ancrée dans une logique de dualité entre la raison et la passion. Mais surtout dans une gouvernance de raison sur la passion.

On devinait d'ailleurs la sagacité d'Ostiz par la réflexion qu'il était capable de déployer avec une telle aisance. Cela témoignait d'une intelligence admirable par rapport aux critères des différents des peuples Armandéens. Ostiz était un érudit particulièrement perspicace et cela se voyait. C'était probablement cela d'ailleurs qui lui avait permit lors des années du règne de Vraorg le blanc de s'en sortir très bien là où des elfes, humains et vampires n'avaient guère eut cette chance. Ceux comme Ostiz capables d'une telle réflexion, ouverture d'esprit et capacités de recul étaient biens rares. Le grand trésorier en cela était un homme étonnant et l'on pouvait aisément deviner qu'il n'était guère un politicien comme les autres… Sans oublier sa capacité de pouvoir s'ouvrir aux débats et aux autres idées, une qualité qui était bien trop rare à son goût d'ailleurs, car elle était sans doute nécessaire au progrès des idées à sa manière.






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ilyanth Neolenn
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Maître mage
Expérience:
8/10  (8/10)
Xp disponibles: 1

Baptistrel Chantefeu

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Dim 12 Mar 2017 - 22:01

Ilyanth écoutait avec intérêt et enthousiasme les paroles du vieil homme. Celui-ci semblait bien différent des divers interlocuteurs auxquels il était habitué et cela représentait une occasion inespérée de s’ouvrir l’esprit. Après tout, cela serait fort dommage de n’avoir jamais la possibilité de se retrouver confronté à des points de vues et des sensibilités radicalement différentes.

Le domaine représentait un puits de science incontestable et permettait d’y rencontrer de nombreux visiteurs, venus des quatre coins d’Armanda. Neolenn afficha un sourire chaleureux aux paroles d’Ostiz :

- Concernant cette difficulté avec les chiffres. A vrai dire, je n’en fais plus vraiment un complexe ; certes, je m’emploie à m’améliorer dans le maximum de mes possibilités, mais j’ai également conscience de mes limites. Désormais, ce n’est plus un souci pour moi, car j’ai choisi d’envisager les choses avec sérénité. Ma première Cawr avait coutume de dire qu'il fallait s’employer à changer ce qui pouvait l’être, accepter ce qui ne pouvait pas l’être, mais surtout d’avoir la sagesse de distinguer les deux. J’ai conscience que je ne serai probablement jamais un mathématicien ; néanmoins, je possède d’autres capacités, tout aussi honorables selon moi, que je m’emploie à utiliser de mon mieux.

A la phrase suivante, le chantefeu acquiesça et répondit dans un murmure :

- Bien sûr, de nombreux facteurs entrent certainement en ligne de compte, j’aurais pu aussi naître dans une autre famille, un autre milieu social ou vivre d’autres événements, ce qui aurait sans doute eu un impact important sur mon existence. D’ailleurs, à une époque, je songeais à quel point le fait d’être né était déjà une chose presque miraculeuse en soi. Je trouve que chaque personne née peut en quelque sorte être considérée comme une chanceuse par rapport à ceux qui ne sont pas nés. C’est d’autant plus vrai que mon peuple souffre d’une faible fertilité. Cette simple réflexion me fait m’émerveiller devant ce miracle que représente la « vie ». Le fait d’être vivant semble normal pour beaucoup de personnes, à tel point qu’elles ne prennent pas nécessairement conscience des nombreux facteurs favorables qui ont présidé à leur existence.

La suite des paroles de Crissolorio fit réfléchir le jeune Elfe qui se montra très intrigué par cette vision des choses. Croire en la possibilité pour un individu de choisir entre différents chemins comportant des obstacles à surmonter ? C’était un questionnement intéressant dont la réponse dépendait surtout de la sensibilité de chacun et de sa façon d’être au monde. Neolenn poursuivit de sa voix douce et chantante :

- J’aime beaucoup la métaphore que vous employez, elle semble indiquer que vous pensez qu’on peut être maître de sa destinée, est-ce que je me trompe ? En y réfléchissant, peut-être que mon exemple de la rivière est trop déterministe et donne l’impression qu’il est impossible de choisir notre route et que nous ne faisons que subir ce qui nous arrive. Pour ma part, j’ai malgré tout le sentiment que dans l’existence certains événements s’imposent à nous sans que nous les choisissions, comme les guerres ou les maladies. Mais, malgré l’adversité, je crois que nous pouvons choisir la manière dont nous nous adaptons à certains changements inévitables. Par exemple, si nous devons franchir une rivière, nous pouvons choisir de le faire à la nage, en construisant un pont ou un radeau. De même que certains individus pourront peut-être utiliser la rivière pour naviguer et parvenir plus rapidement à destination que d’autres qui choisissent de s’y rendre à pied.

Ensuite, l’humain fit une réflexion sur l’évolution de la langue, le fait que celle-ci était vivante et évolutive ; le Baptistrel approuva d’un signe de la tête.

- Oui je pense qu’il y à de cela, sans compter qu’apprendre toutes les subtilités et les expressions d’une langue, même figée à l’instant présent, demande déjà une mémoire extraordinaire et je pense qu’une langue est si riche et variable selon les différentes couches de la population, que la maîtriser parfaitement me semble presque impossible, du moins très compliqué. Mais toutefois, rien n’empêche d’essayer de se rapprocher de cet Idéal par l’étude approfondie et de nombreux efforts.

Le Cawr réfléchit un bref instant, le regard rivé sur les gravures qui ornaient les parois du puits flamboyant avant d’ajouter :

- Souvent, il m’arrive de penser que la recherche de la connaissance absolue est une quête impossible à réaliser. Depuis l’enfance, je passe d’innombrables heures à lire des ouvrages, à m’instruire et pourtant, un sentiment qui m’envahi souvent est celui-ci d’une certaine ignorance. Lorsque je contemple ces énormes rayonnages, regorgeant d’une multitude de livres, je prends conscience qu’une vie entière ne me permettrait pas de tous les parcourir…Et plus j’engrange de nouveaux savoirs et plus j’ai l’impression que ceux-ci ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan des choses que je ne connais pas. Bien sûr, je poursuis mes efforts pour assimiler de nouvelles choses et comprendre le monde, mais disons que j’ai une attitude modeste par rapport aux apprentissages, je considère que mes connaissances sont bien fragiles et que l’univers regorge d’une immensité de secrets, dont une partie restera probablement toujours inaccessible.

Quand ils abordèrent la question du feu, le vieil homme explicita son point de vue à ce sujet et cela rendit le Rhapsodien songeur :

- Je comprends votre point de vue et je le respecte, disons juste que je vois les choses sous un angle un peu différent. Par exemple, concernant la Nature ou les éléments, même si j’ai la possibilité de « contrôler » le feu, je ressens les choses comme une forme de symbiose et de partenariat plutôt que de domination ou d’usage. A mes yeux, les éléments existent indépendamment de toute utilisation qu’on en fait, par exemple un volcan existe et peut entrer en éruption, causant de graves dégâts à l’environnement, mais malgré cela les cendres possèdent aussi le pouvoir de fertiliser les terres. De même que les eaux d’une rivière sont source de vie, mais peuvent semer la destruction sur leur passage en cas de pluies diluviennes. A bien y réfléchir, je me considère plus comme un modeste lié du feu à qui celui-ci prête ses pouvoirs plutôt qu’un maître de cet élément. Le feu existait avant ma naissance et existera après, tout comme la Nature, les forêts et les océans. De même, le continent d’Armanda continuera probablement à exister, même si aucune créature vivante ne l’habite et je trouve que cela inspire une certaine forme de respect. Quant à savoir si les végétaux, les animaux et les éléments sont dotés d’une conscience au même titre que les êtres pensants, je pense que c’est une question fascinante, mais très spéculative…

En effet, Ilyanth était un elfe et comme la plupart des membres de ce peuple, il éprouvait un attachement quasi atavique et fusionnel avec la Nature, les forêts et les éléments. Sans doute son éducation Elfique et Baptistral ainsi que son tempérament hyper-sensible avaient forgé cette vision des choses. Les humains habitués pour la plupart à vivre dans des villes, n’éprouvaient peut-être pas le même ressenti.
Lorsqu’Ostiz accepta poliment d’assister à une démonstration de magie Baptistral, le Cawr accepta avec enthousiasme :

- Très bien, désirez-vous que nous fassions cela maintenant ou à la fin de cette visite ? demanda-t-il avec un sourire aimable.

Dans la suite de leur conversation, l’humain précisa son point de vue concernant la raison et les sentiments, ce que Neolenn écouta avec beaucoup d’intérêt :

- Je trouve que c’est une façon de voir les choses très intéressante et enrichissante. Cependant, je me demande s’il n’existe pas une autre façon de tempérer ses passions que de faire appel à la raison. Par exemple, si nous sommes confrontés à la peur, nous pouvons essayer de la maitriser en nous raisonnant, mais je pense qu’il est aussi possible de contrebalancer notre peur en faisant croître en nous le sentiment de courage pour que celui-ci nous aide à la dépasser. Je me souviens aussi de l’enseignement de ma première Cawr, une chantepluie qui utilisait la méditation pour apprendre à gérer les émotions. Elle disait que grâce à cela il était possible de se connecter sur ses ressentis et de tempérer certaines ardeurs afin d’être envahi par un sentiment d’apaisement et de sérénité. Les émotions positives pourraient donc nous aider à contrer l’action des émotions négatives pour atteindre un certain équilibre.


Ensuite le chantefeu demeura pensif un bref instant, réfléchissant à ces questionnements philosophiques des plus passionnants :

- Pour ma part je ne considère pas la raison comme souveraine de la passion, mais je pense qu’elles sont complémentaires et que les deux sont d’égales importances, même si chez la plupart des individus, l’une ou l’autre domine. Bien que certains, parviennent peut-être à atteindre la parfaite harmonie entre ces deux pôles. Selon moi, il existe différents moyens de gérer les passions, et certains utiliseront différentes manières de faire en fonction de leur tempérament. Il est vrai que nos sentiments peuvent parfois nous conduire à l’erreur, mais je ne crois pas que la raison soit pour autant infaillible, car les jugements que nous pensons rationnels et objectifs peuvent être contaminés par nos préjugés inconscients ou limités par l’état de nos connaissances à un moment donné.

Ilyanth n’avait rien d’un érudit, c’était un simple Baptistrel qui aimait lire et surtout observer le monde environnant. Depuis son plus jeune âge, celui-ci adorait se poser des questions existentielles et faisait preuve d’une insatiable curiosité et d’ouverture d’esprit envers les autres peuples d’Armanda. Rencontrer diverses personnes et pouvoir échanger avec ces dernières représentaient une occasion inestimable d’apprendre et de se cultiver l’esprit. Du reste, celui-ci était persuadé que toutes les connaissances ne se trouvaient pas dans les livres mais également dans les profondeurs de son cœur, la splendeur de la Nature et la féerie de l’Art.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crissolorio Ostiz
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Mage puissant
Expérience:
6/10  (6/10)
Xp disponibles: 7

Modérateur
Régent de Gloria

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Mer 15 Mar 2017 - 18:00

Ostiz ne cachait pas le fait qu'il était un érudit et un philosophe, mais surtout qu'il était capable de réfléchir de diverses manières à chaque problème et non de se borner seulement à un seul point de vue qui serait par nature imparfait.

Après tout, Ostiz avait sa manière de voir les choses, mais il n'était pas contre de réfléchir de différentes manières au même problème. C'était cela le vrai recul et la vraie ouverture d'esprit selon lui. Le fait d'arriver à se défaire de son propre point de vue et de tenter d'attaquer chaque réflexion sous des angles différents pour parfaire au mieux son propre raisonnement.

Quant au problème du chantefeu avec les chiffres, la gravité de ce problème dépendait dans les faits de la situation sociale et matérielle de ce dernier qui heureusement n'était pas tragique dans ce cas précis. On pouvait donc dire que c'était tant mieux pour le sieur Ilyanth.

« Et moi, je ne serais très probablement jamais un grand guerrier et cela ne me gêne pas le moins du monde. Chaque être naît, au final, différent, cela ne veut pas dire bien entendu qu'il ne doit pas résider une certaine forme d'équité entre les êtres, mais que ceux-ci doivent accepter leurs différences et en faire une force. Et il est honorable de votre part que vous soyez arrivé à faire de votre différence une force, c'est à mon avis le mieux à faire. Savoir accepter sa nature et en tirer parti. » Mais bien entendu, c'était assez évident, il n'était donc guère étonnant qu'ils soient d'accord à ce sujet. Mais, en même temps… Ce n'était pas vraiment un tel sujet qui était prompt aux débats et aux divergences d'opinions après tout.

« Il est vrai en soi que le fait de vivre est déjà un don précieux, car il aurait été tout à fait possible de ne pas naître pour peu que quelques événements précis n'aient pas eu lieu. L'existence est, au final, constituée d'une énorme quantité de petits détails qui peuvent avoir une importance immense malgré le fait qu'ils semblent anodins. Elle reste incertaine par essence et changeante. Il est donc difficile de prédire l'avenir, mais à mes yeux, il faut considérer que chaque jour et chaque événement peuvent avoir leur importance. Car au final, le cours d'une vie n'est pas constitué que d’événements majeurs, mais aussi de détails qui peuvent grandement influer sur cette dernière pour le meilleur et pour le pire. »

Par contre, Ostiz se demanda s'il avait été assez clair quant à sa manière de penser au sujet de la destinée, car au final, lui et Ilyanth disaient un peu la même chose quant au fait que l'on peut influer sur sa destinée. Que cette dernière s'impose, mais qu'il est toujours possible d'influer sur elle, après bien entendu... La part d'importance du libre-arbitre était interprétable de diverses manières.

« Je pense que l'on peut en effet être maître de sa destinée, mais à un certain degré. Je ne nie pas que le hasard ou la fortune comme j'aime l’appeler peut avoir un grand rôle, mais les choix personnels eux aussi ont une grande influence. Car même parmi les choses qui s'imposent à nous, nous pouvons toujours essayer d'influer pour que les événements se passent au mieux. Dans les faits, je pense d'ailleurs que nous avons à peu près la même manière de penser à ce sujet sieur Ilyanth et que la différence entre nos raisonnements se situent sur de légères divergences. »

Ils semblaient en effet d'accord sur beaucoup de choses curieusement, malgré la grande divergence de caractère qui existait entre l'elfe et le vieil homme. Cela faisait figure d'entente intellectuelle très intéressante… Notamment au sujet de la langue.

« En effet, si l'on prend en compte en plus les différents accents par région et les différentes manières de s'exprimer selon une ethnie, un corps de métier ou une classe sociale. Il y a beaucoup à faire. D'une certaine manière, la langue est aussi un outil servant à définir le monde et de décrire en mot les représentations que l'on se fait du monde et de l'existence. Je pense donc qu'apprendre la langue d'un peuple est déjà un grand pas en avant quant à une meilleure compréhension de ce dernier. » Expliqua ensuite Ostiz avec réflexion quant à ce sujet fort intéressant qu'était celui du langage en général. D'une certaine manière Ostiz avait souvent approfondi les réflexions qui pouvaient concerner la société en général et les différents groupes et ethnie pouvant la composer.

« Le plus important n'est peut-être pas tant la connaissance en elle-même que la manière de l'appréhender et la sagesse qu'elle nous apporte. Certes, le savoir est un grand trésor, mais la lucidité qu'il nous confère est peut-être plus précieuse encore. » Après Ostiz disait cela, mais grand-père hérisson qu'il était, il n'était pas le genre d'homme à ne pas dire que le savoir n'était pas le pouvoir en politique, bien au contraire. Mais ce n'était pas le sujet et il doutait du fait que le sieur Ilyanth soit aussi intéressé que lui par l'art presque ésotérique de la politique. « Et en effet, ce n'est pas parce que le savoir absolu nous est inaccessible qu'il n'est pas noble de vouloir quand même enrichir nos connaissances. »

Après, il y avait connaissance livresques et connaissance du vécu, pour sa part Ostiz avait considérablement enrichi celle de son vécu ces dernières années avec tout ce qu'il avait dû faire et vivre pour garder une position confortable. Le fait qu'il soit toujours resté à la cour impériale était d'ailleurs un grand exploit quand on y pense. Ni Fabius Kohan, ni Vraorg le blanc n'avaient estimé nécessaire de se débarrasser de lui, même si dans le cas de Vraorg le blanc. À être toujours obsédé des vampires, il n'avait malheureusement pour lui pas eu la lucidité d'exploiter les talents et les compétences d'Ostiz, dommage pour lui… Ostiz était, après tout, un politicien au talent admirable et à la compétence très difficile à égaler dans les domaines que sont l'économie et l'argent public. Le genre de compétences qui faisaient sa valeur aux yeux plus lucides de son actuel souverain.

« Je pense qu'en tant que baptistrel que vous êtes l'on peut en effet davantage parler de symbiose quant à votre maîtrise de l'élément du feu étant donné que vous êtes lié d'une certaine manière au feu. »  Cela il ne pouvait que le concéder, de plus en tant que baptistrel le sieur Ilyanth en connaissait certainement plus que lui quant au fonctionnement de la magie de la rhapsodie. Ostiz ne pouvait donc que réfléchir à ce que le sieur Ilyanth lui apprenait à ce sujet. D'ailleurs, le grand trésorier se contenta de répondre assez simplement quant ils en vinrent au sujet du spectacle magique...

« Vous n'aurez qu'à le faire sieur Ilyanth, au moment que vous jugerez le meilleur pour cela. » Crissolorio n'était pas après tout très exigeant à ce sujet-là et il avait tout son temps de plus.

« La méditation n'est-elle pas une autre manifestation de la raison ? La raison peut après tout se manifester de diverses manières mon ami, que ce soit en nous donnant courage quand nous nous rendons compte que si nous ne faisons rien nous risquions de perdre des êtres chers par exemple ou par une méditation calme et sereine. D'ailleurs, le fait même de désirer contrebalancer ses émotions négatives par des émotions positives n'est-il pas un acte de raison ? Un calcul en quelque sorte ? » Il expliqua ensuite son point de vue calmement, après tout, il estimait qu'il ne fallait pas se bornait à une vision duelle de la chose. « La raison est une notion vague qui regroupe beaucoup de sujets, le fait même de décider qu'une action est meilleure qu'une autre selon certains critères réfléchis peut-être considéré comme un acte de raison. De même que le fait de penser que les émotions positives sont meilleures que les négatives. Peut-on donc seulement dire que l'on peut échapper entièrement à la raison ? Comme à la passion ? Ne sont-elles pas au final toutes deux propres à chaque être pensant capable d'une certaine réflexion ? » Ensuite, Ostiz ajouta calmement.

« Je suppose que le fait que la raison soit souveraine de la passion dépend de la manière donc chacun décide de vivre. Pour moi, elle l'est incontestablement, car je lui donne une grande importance, pour vous, c'est différent. La raison après n'est pas infaillible, mais la manière dont on en fait preuve pour jouer, de même que le désir de prendre du recul et de faire preuve d'objectivité. Au final, cela reste un choix subjectif et donc l'on ne peut aisément définir par sa subjectivité même quel est le meilleur choix. Y a-t-il donc une vérité universelle à ce sujet ? Non, je pense qu'il y a surtout des choix personnels et des idéaux différents. Que ce soit quant à ce sujet où à la manière de rechercher la vérité. Au final tout est une question de caractère et de sensibilité. D'ailleurs ? Qui nous dit qu'il n'y a une seule manière de trouver la vérité en générale ou de faire les bons choix lors de notre existence ? » Répondit ensuite Ostiz calmement. Après tout, à ses yeux, il ne fallait pas non plus s'enfermer dans des raisonnements duels ou penser qu'il n'y avait qu'une bonne manière de faire les choses. Crissolorio était un homme d'une grande intelligence et déduisait souvent que la réalité dans ses fondements même était multiple et qu'il pouvait y avoir probablement plusieurs réponses à certaines questions existentielles. Sans qu'une seule soit forcément plus sensée que les autres.

« La réalité au final est peut-être multiple, peut-être même que nous avons tous les deux à la fois torts et raison à notre manière sieur Ilyanth ? C'est cela qui est noble dans la philosophie, il n'y a jamais véritablement de réponses arrêtées et plusieurs interprétations différentes peuvent êtres faîtes sur chaque notion. » Il resta silencieux un instant puis conclut. « Qui nous dit d'ailleurs d'ailleurs que le simple fait de dire que nous avons tort ou raison est vraiment justifié ? Nous avons après tout chacun notre propre interprétation de l'existence, d'une existence qui elle-même ne nous dit pas véritablement comment elle est. Les questions sont aussi innombrables que les réponses. » Ostiz en disant cela essayait de faire preuve de recul et d'avoir une vue d'ensemble d'un sujet, ce sans se borner à dire qu'il avait forcément raison. Seulement que sa vérité n'était peut-être pas la seule existant, de même que celle du sieur Ilyanth et qu'au final, la vérité elle-même pouvait être interprétée selon le spectre de la subjectivité de chacun.






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ilyanth Neolenn
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Maître mage
Expérience:
8/10  (8/10)
Xp disponibles: 1

Baptistrel Chantefeu

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Dim 16 Avr 2017 - 18:59

La confrontation avec d’autres points de vue que le sien était souvent une expérience enrichissante et l’Elfe appréciait le fait de se questionner et de conserver toujours son esprit en éveil. Tant de choses existaient de par le monde et éveillaient son intérêt et, selon lui, la connaissance revêtait de multiples visages qui ne se bornaient pas à la matérialité ou au savoir livresque. Parfois, rien que ressentir le souffle du vent sur son visage ou se laisser imprégner par la chaleur du feu pouvaient nous apprendre une sensation inédite, impossible à retrouver dans les pages de n’importe quel ouvrage. Finalement, pour celui qui savait faire preuve d’ouverture d’esprit, tout ce qui existait pouvait se révélait une source intarissable d’enseignement. Le maitre barde écouta avec attention les paroles du vieil homme, les trouvant fort intéressantes, même lorsque son point de vue différait sur quelques points.

Quand Crissolorio donna son point de vue concernant la maitrise de sa destinée, tout en explicitant que cette croyance n’excluait pas le hasard ou la bonne fortune ; l’elfe décida d’ajouter quelques précisions concernant son opinion à ce sujet :

- En y réfléchissant, je me suis aperçu que ma première réponse devait peut-être laisser penser que j’avais une vision très déterministe et fataliste de la vie mais en réalité mon point de vue est plus nuancé, c’est pour cette raison que j’ai apporté certaines précisions en disant que nous pouvions également agir sur les soi. Cependant, je ne suis pas certain que le terme « maitre » de son destin reflète vraiment ma pensée à ce sujet….

Neolenn demeura pensif pendant un bref instant avant de poursuivre de sa voix mélodieuse :

- Dans mon cas, je dirais que je m’interroge sur l’existence d’un destin préétabli, du moins en partie, et sur le sens de notre existence ainsi que celle de l’univers…Souvent, il m’arrive de penser que les choses ne surviennent pas par hasard, mais parce qu’elles devaient se produire…Néanmoins, je pense que mêmes si certaines grandes lignes sont déjà tracées, nous avons la possibilité d’agir également et d’utiliser notre libre-arbitre. De même, que notre manière de réagir à certaines épreuves que l’existence nous a imposées est déjà une forme de liberté selon moi…En somme, je crois que nous ne sommes ni des maîtres ni des esclaves, et si un mot devait résumer mon idée, cela serait plutôt co-créateur de sa vie et de sa destinée.

Son regard se fit lointain et il contempla les gravures qui ornaient les parois du puits flamboyant d’un air :

- Je me demande pourquoi les esprits ont décidé de créer ce monde et s’ils désiraient nous mener quelque part et nous chargeaient de mener à bien un projet, une sorte d’utopie qui deviendrait réalité grâce à nos efforts…je n’ai aucune certitude à ce sujet, mais je me demande si dès ma venue au monde, je n’étais pas chargé d’un rôle prédéfini, une sorte de mission qu’il m’incombait de le découvrir au fur et à mesure de mon évolution afin de l’accomplir grâce à mes actions. En gros, il s’agirait du sens profond de mon existence. Bien sûr, il s’agit d’une croyance que je n’impose à personne…Mais à bien y réfléchir, croire que tout n’arrive que par accident et que nos existences sont le simple fruit du hasard est aussi une croyance, et non une certitude absolue.
Certes, il s’agissait d’un sujet d’une grande complexité et nul ne pouvait prétendre en détenir la réponse….Chacun vivait et tâchait d’y répondre par lui-même, faute d’une réponse unique, capable de satisfaire toutes les sensibilités…

Malgré son tempérament chaleureux et lumineux comme un magnifique soleil d’été, le chantefeu était parfois dévoré par l’intensité de violents questionnements existentiels, parfois très sombres et qui le faisait sombrer dans des abîmes de mélancolie…Sa nature introspective et sa sensible exacerbée ne lui permettait pas de vivre simplement l’instant présent, sans se soucier de rien ou uniquement de festoyer, mais le forçait également à se questionner sur les secrets de la création, sur ce qui semblait se dissimuler derrière un épais voile de mystère et demeurait inaccessible aux esprits les plus éclairés…

- Je pense aussi que la lucidité et la sagesse sont des biens plus inestimables que le savoir lui-même. Certains sages disent aussi que le plus important n’est pas d’atteindre un but, mais le chemin qu’on a parcouru pour y parvenir. Selon moi, le savoir nous confère de la lucidité, mais aussi une grande modestie et un respect pour la magie et la puissance de la création.

Quant au lien avec le feu, en sa qualité de chantefeu, Neolenn le ressentait comme profond et symbiotique. Cet élément représentait une partie de lui-même et il pouvait accroitre davantage cette connexion en fusionnant avec lui…Mais pour l’heure, celui-ci ne se souciait guère de cette question…

- Concernant ma démonstration de magie, je préfère garder cela pour la fin de notre visite
, dit-il en souriant.

La suite de leur conversation dériva sur la question de la raison et des passions et ce sujet, bien que passionnant était particulièrement vaste. Le Baptistrel exprima avec douceur et bienveillance son point de vue à ce sujet :

- Pour répondre à votre question « la méditation n’est-elle pas une autre manifestation de la raison ? » Je dirais, selon moi, que cela dépend de ce que vous appelez raison et de la manière dont vous la définissez. Ce que j’ai tenté d’expliquer précédemment c’est qu’à mes yeux, la passion pouvait prendre différentes formes et que la méditation m’évoquait une forme de passion « calme » et sereine, très différente d’une passion exubérante et violente. Donc pour moi, la méditation se rapproche davantage du domaine de l’émotionnel, bien que la limite entre raison et passion puisse être floue et discutable. Cela dit, je suis d’accord avec le fait que la raison, tout comme la passion, puisse revêtir différents visages. Je me suis d’ailleurs souvent questionné à ce sujet et une chose que je considère comme une manifestation de la raison est l’intuition. En général, ce que beaucoup de personnes nomment raison est un raisonnement à la fois analytique et conscient, une manière de peser le pour et le contre de manière rationnel. Toutefois, je me demande si l’intuition n’est pas une forme de raisonnement, mais qui serait inconsciente et dont la réponse nous apparaîtrait de manière fulgurante sans passer par toutes les étapes habituelles du raisonnement. Notre esprit est peut-être capable de capter des informations et de les traiter, à notre insu, par un cheminement différent, et nous avons l’impression de deviner ou de sentir les choses sans avoir besoin de réfléchir. Certains savants et érudits disent avoir eu des intuitions fulgurantes à propos de certaines découvertes et sont dans l’incapacité d’expliquer la manière dont ils sont parvenus à un tel résultat…Peut-être que suivre son intuition, c’est avoir accès à un autre moyen de traitement de l’information, à une autre forme de pensée…


Neolenn réfléchit à la suite des propos d’Ostiz et poursuivit d’une voix pleine de douceur :

Quant au fait de « désirer contrebalancer les émotions négatives par les positives » pour paraphraser votre phrase, je dirais que pour moi le désir renvoie davantage à l’émotion, lorsque je désire une chose c’est mon envie et mes sentiments qui s’expriment. Mais je peux ressentir une envie et décider, par la suite, d’employer mon esprit et ma raison afin de jauger et d’analyser une situation et de réfléchir au meilleur moyen de résoudre un problème. Les deux ne sont pas antinomiques et comme je l’ai dit tout à l’heure, je pense qu’elles sont complémentaires. Par ailleurs, tout à l’heure vous avez dit vous-même n’être pas dénué d’émotions et que votre volonté d’utiliser votre raison était en lien avec des sentiments. Je pense d’ailleurs que certains hommes désirent utiliser leur raison afin d’atteindre le bonheur qui est également une émotion. Dès lors, la raison semble être plus un moyen qu’une fin en soi. Je crois que la plupart des êtres sensibles désirent, sauf exception, atteindre le bonheur et éviter le malheur. Je pense que ce qui diffère c’est le moyen employé, la raison ou la passion et aussi les objets du désir, ce qui rendra l’un heureux et l’autre malheureux varie selon les individus. C’est pour cette raison que je n’envisage pas les choses sous l’angle d’une quelconque souveraineté, mais selon le tempérament, certains privilégieront l’une ou l’autre, voire utiliseront les deux de manière équilibré selon les circonstances.

Puis, avec un petit sourire malicieux, Ilyanth dit au vieil humain :

- Du reste, si j’étais incapable de réfléchir ou de raisonner, il me serait sans doute impossible ou très compliqué de mener une telle discussion avec vous, n’est-ce pas ? De plus, les critères de ce qui est « raisonnable » ou « passionné » varie certainement aussi selon les individus. Prenez mon cas par exemple, pour ma part je trouve mon existence passionnante et pleine d’émotions car j’exerce le métier qui plait à mon cœur. Mais pour un autre individu, qui m’observerait de l’extérieur, ma vie pourrait peut-être apparaitre comme très raisonnable, comparativement à celui qui guerroie et met sans cesse ses jours en danger. Dès lors, d’après moi, une même chose peut appartenir à la fois à la passion ou à la raison, selon le point de vue, intérieur ou extérieur.

Le Glorien posa une autre question à l’elfe et celui répondit calmement en exprimant son opinion :
- Pour répondre à votre question le fait de savoir si choisir la méditation est un acte de raison ; je dirais que ça dépend…Je pense qu’aucun acte n’est de passion ou de raison en lui-même, tout dépend de la motivation de celui qui l’a réalisé et du contexte. Par exemple, un mariage peut être d’amour, de raison ou la somme des deux, l’acte est le même mais les motivations peuvent varier considérablement. Idem pour quelqu’un qui tue un autre individu, il pourrait le faire par plaisir, si c’est un sadique ou par calcul ou devoir pour sauver une vie. Par ailleurs, au sujet des émotions négatives et positives, je tiens à ajouter que mon avis est que si nous les percevons comme telles, c’est parce que nous sommes dotés d’émotions…Si on image une créature fictive, pourvu de raison pure et dénuée de la moindre passion, elle ne chercherait probablement pas à atteindre le bonheur ni à éviter le malheur puisqu’elle serait incapable de les ressentir. De même la catégorisation « positive » ou « négative » serait peut-être hors sujet, car il s’agit sans doute de jugement de valeurs qui proviennent de notre vécu et de notre subjectivité.

A la dernière remarque d’Ostiz, le Rhapsodien rajouta :

- Je suis d’accord avec vous sur ce point, je ne crois pas à l’existence d’une vérité universelle détenu par quiconque, tout au plus différentes visions aussi subjectives l’une que l’autre. Après, je suis incapable de me prononcer sur l’existence d’une vérité ultime et d’un réel capable de transcender la subjectivité, mais si tel est le cas elle nous est certainement inaccessible, car nous serions sans doute limité par notre point de vue subjectif et peut-être serait-elle également inintelligible pour nos esprits en raison de sa complexité.

Le chantefeu sentit son estomac gargouiller et demanda avec espièglerie :

- Dites messire Ostiz, après cette visite accepteriez-vous de venir boire et manger avec moi ? Car cette belle discussion philosophique commence à me mettre en appétit et me donne un peu soif à force de parler.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Crissolorio Ostiz
avatar
Mon identité
Mes compétences
Compétences
Magie: Mage puissant
Expérience:
6/10  (6/10)
Xp disponibles: 7

Modérateur
Régent de Gloria

MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio) Mer 19 Avr 2017 - 20:20

« J'en conclus que vous pensez comme moi à ce sujet à quelques nuances près. » Répondit Ostiz calmement à Ilyanth au sujet du libre-arbitre, pour sa part Crissolorio voyait en effet le temps non pas comme quelque chose de décidé à l'avance, mais plutôt comme un attribut du monde qui dépendait au final d'une multitude de détails quant à son déroulement. Pour le reste, il partageait en en bonne partie le point de vue d'Ilyanth, d'ailleurs, il finit par émettre une réflexion quant au sens de la vie.

« Peut-être que le fait de supposer une destinée préétablie serait en partie la résultante d'un désir de réconfort dans l'idée que la vie a forcément un sens ? Je ne dis pas que c'est le cas, mais cette conversation me fait émettre cette réflexion. D'ailleurs, dans le cas où l'univers n'a pas de sens, nous pourrions aussi supposer que c'est à nous de lui en donner un. De ce fait, faut-il vraiment que l'univers ait un sens pour qu'il vaille la peine de vivre ? Ou est-ce que cela appartient juste à nous de lui en donner un ? Nous pourrions aussi supposer que l'existence des esprits en avait donné un et que son sens était celui qu'ils lui ont donnés, mais sommes nous forcément obligé d'obéir au choix des esprits ? Les réflexions à ce sujet peuvent être multiples. » C'était un genre de débat qui se nourrissait tout seul et pouvait ne pas avoir de fin pour peu que l'on se pose les bonnes questions.

« Il est clair en tout cas que les esprits avaient un but pour nous et je pense que la paix qui règne actuellement sur Armanda englobe une partie de ce projet qu'ils voulaient mener à terme. Quant au fait que votre vie ait un but, j'aurais pu dire la même chose de la mienne, mais avancer que c'est moi qui lui en ait donné un. Cela reste donc en effet une vision subjective de la chose et je suppose qu'il appartient à chacun de faire son choix quant à la perception qu'il a de sa propre existence. » Ajouta-t-il ensuite calmement, dans tous les cas Ostiz n'était pas forcément pour sa part un homme assailli par de violentes réflexions universelles, il était philosophe et du genre à se questionner mais pas vraiment sur l'absurdité ou non de sa vie. Il était sans doute un homme plus pragmatique à ce sujet, mais cela ne voulait pas dire pour autant que selon lui il n'y avait pas de sens à la vie. Il était plutôt du genre à penser que c'était à lui de donner un sens à son existence.

« Le savoir peut être vu comme un outil, un outil pour lequel il faut d'être doté des bonnes compétences pour en user convenablement. Le savoir sans sagesse ou lucidité est comme une houe dans les mains d'un homme qui ne sait pas en user. Certes, il dispose de cet outil, mais il sera bien en peine d'user de celui-ci efficacement pour cultiver un champ. Il est la même chose du savoir en possession de quelqu'un qui ne saurait pas en tirer parti sagement. »

Il aurait pu utiliser l'exemple d'une arme plutôt que celui d'une houe, mais Ostiz n'aimait pas spécialement les armes et il supposait qu'il en était de même pour le chantefeu lui faisant face. De ce fait, il avait préféré utilisé l'exemple de la houe et du champ.

« La méditation peut être aussi vu différemment selon la manière dont vous interprétez la passion sieur Ilyanth. Au final, cette interprétation reste donc assez personnelle, entre quelqu'un qui pense que cela est du domaine de la passion et quelqu'un d'autre celui de la raison. Pour ma part, je pense que cela appartient à ces deux domaines. Raison, car la méditation a pour but un contrôle des émotions ou un apaisement et passion car la méditation agit sur les émotions. De plus, selon moi la pratique même de cette méditation et la mesure de raison et de passion investit dedans dépend aussi de la personne qui la pratique. » Ostiz ajouta ensuite calmement au sujet de l'intuition.

« L'intuition ? Oui, je connais bien cela, disons que je n'en suis pas dépourvu, mais pour ma part je l'assimilerais plutôt à une facilité de l'esprit de traiter certaines informations ou situations rapidement. À un habitus de la réflexion qui pourrait venir soit d'une expertise dans un certain domaine précis, soit à un esprit acéré. Par exemple, vous en conviendrez, en tant que mage vous aurez probablement une meilleure intuition quant à la pratique de la magie, qu'un alayien qui ne l'aurait jamais pratiquée de sa vie. De même, un marchand aura plus aisément des intuitions que vous pour sur comment faire des profits et un guerrier pour se battre efficacement. Je pense donc moi aussi que l'intuition peut être assimilée à la raison, mais que pour sa part elle dépend en grande partie de l'expertise de son porteur dans certains domaines et de son mode de vie. » Ostiz ajouta ensuite calmement à l'égard de l'elfe qui parlait avec douceur.

« Le désir est en effet une marque de la passion en soit, mais le choix d'exaucer ou non celui-ci et de comment le faire dépend en bonne partie de la raison selon les choix effectués. Par contre, j'ai l'impression sieur Ilyanth qu'au final nos points de vue par rapport aux sujets dont nous discutons se rejoignent beaucoup, sauf sur quelques nuances précises et sur la proéminence ou non de la raison. N'avez-vous pas cette impression vous aussi ? » Dans les faits Ostiz ne donnait pas une aussi grande importance à la passion que l'elfe, mais cela était probablement dû au tempérament austère du Grand Trésorier qui pour sa part excellait dans le fait de se maîtriser, par contre il semblaient aisément d'accord sur le fait que la proéminence ou non de la passion ou de la raison dépendait de chacun.

« Il reste néanmoins que comme tout bon sujet de réflexion, il n'existe très probablement pas de réponse arrêtée et absolu à ce dont nous discutions. Ce qui est vrai pour vous ne le sera pas forcément pour moi et inversement comme vous le dîtes. De même, un même sujet peut être abordé et interprété de plusieurs façons différentes comme nous l'avons tout dit. Il faut donc vous en conviendrez certainement, voir cette conversation comme une possibilité de réfléchir à tout ceci et de remettre possiblement en cause son propre point de vue ou bien de l'améliorer, non pas de prouver que l'on a raison. » Pour sa part, c'est ce que faisait Ostiz, c'était comme cela en tout cas qu'il avait fait pour progresser et devenir le grand érudit qu'il était.

« Dans tous les cas, nous sommes d'accord sur le fait que la raison et la passion ne peuvent pas avoir une totale emprise sur un être ou en être totalement absent, sauf si vous buvez l'un de ces poisons magiques qui annihile toutes émotions je suppose, mais je doute que ce soit un sort enviable. » Il ne prenait pas l'exemple des fous, car selon lui leur cas était trop complexe et surtout trop inconnu pour vraiment pouvoir statuer sur celui-ci de façon fiable.

« Au final, ce sont là deux facteurs qui influent grandement sur la vie de tout un chacun, mais pas de la même manière pour tous. Que ce soit selon nos choix et nos tempéraments. Voilà encore un point sur lequel nous d'accord, comme le fait qu'il n'y a pas forcément de vérité absolue. Par contre, supposer que celle-ci est peut-être trop complexe pour nous est, je pense une réflexion subjective. Rien ne dit après tout qu'elle ne serait pas très simple, supposons par exemple que le but de l'univers pourrait être simplement d'exister. Cela est très simple et facile à comprendre pour tous, bien entendu cela peut donner lieu à mains débats, mais souligne bien que si nous ne détenons pas la vérité ultime, nous ne nous doutons pas non plus de sa complexité ou simplicité. » Cela prouvait aussi qu'Ostiz ne voulait pas s'avancer à ce sujet sans avoir le moindre élément de réponse. Et à ses yeux penser que la vérité universelle si elle existait serait forcément trop complexe pour tous, était une façon de s'avancer sur un élément encore parfaitement inconnu de tous.

Le régent d'ailleurs remarqua lui aussi que l'estomac de l'elfe venait de gargouiller et il acquiesça à la proposition de celui-ci.

« Cela me conviendrait tout à fait sieur Ilyanth, je commence moi-même à avoir un peu faim, j'avouerai. Ne vous inquiétez pas pour moi d'ailleurs, je peux tout à fait me passer de viande pour un repas. C'est un type de nourriture que je mange très peu. » Et l'idée d'aller manger en compagnie de l'elfe ne lui déplaisait pas forcément, même si dans les faits Ostiz n'était pas le genre de personne à beaucoup manger. Sa carrure maigre le signalait bien d'ailleurs…

« Sur ce poursuivons donc cette visite avant d'aller nous restaurer et bien entendu je vous laisse choisir si vous désirez faire votre démonstration de magie avant ou après que nous allions manger sieur Ilyanth. Pour ma part, j'ai tout mon temps et si vous désirez discuter d'autres choses entre-temps n'hésitez point. Je vous laisserai cette fois-ci choisir le sujet que vous désirez aborder. » Après tout l'elfe devait sans doute avoir quelques bonnes idées et pour sa part Ostiz était bien entendu ouvert à tous les sujets de conversation, ce tant que cela n'impliquait rien de politiquement sensible..






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
Mon identité
Mes compétences


MessageSujet: Re: Au cœur des choses (PV Crissolorio)

Revenir en haut Aller en bas

Au cœur des choses (PV Crissolorio)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» [Archive 2006] Le Samain, ma vision des choses
» 11 Choses à faire pour passer le temps chez WalMart !!
» Excuses ou conflit ? Un temps pour chaque choses. [Asté...]
» Connaissez-vous le prix des choses...
» La nature fait bien les choses 〘PV Dentô Shinji 〙

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Armanda, terre des dragons :: Domaine Baptistral-