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Rosée glacée sous la brise (Amaury)

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MessageSujet: Rosée glacée sous la brise (Amaury) Lun 17 Oct 2016 - 16:09

10 septembre de l’an 7 de l’ère d’obsidienne

Lorsqu’elle avait relevé les yeux pour voir le sable rouge, tout autour du cadavre qu’elle venait d’atteindre de sa flèche, et tous les autres qu’elle avait tué inconsciemment…Non pas inconsciemment, mécaniquement. C’est ce que l’on faisait des soldats, et le sable n’était pas souillé que par les autres, hypocrisie que de croire à sa propre innocence. Elle avait tué, alors qu’elle s’était promis de ne pas le faire à nouveau, alors qu’elle avait été repoussée par les armes. Elle devenait plus forte, mais aussi plus terne. Les yeux de la petite rose s’étaient un peu rougis après ses journées dans le désert, elle avait perdu un peu de poids de son voyage mais c’était encore quelque chose de difficile à remarquer.

Mëryl avait monté de longues heures durant, regrettant le peu de répit qu’elle s’accordait à elle ainsi qu’à la monture. Cela serait bien moins compliqué lorsque l’obsidienne serait assez grande afin de pouvoir voler, accompagnée de sa sœur d’âme, pas tout à fait liée… Non il ne restait plus que quelques centaines de mètres et elles pourraient toutes deux reposer sur un bateau, jusqu’à arriver à Estëllin. L’obsidienne et l’enneigée s’étaient posées devant la rivière et elle descendit de Malwä, étrangement souriante. Peut-être n’étais-ce que l’adrénaline d’une chevauchée et le repos près d’une rivière, mais la fraicheur était agréable et la petite rose laissait ses doigts se mêler dans la crinière avant que sa main ne retombe.

L’enfant de l’abomination permit un repos à son corps en détachant le gorgerait qui n’étais pas si agréable autour de sa gorge. Les protections d’avant-bras suivirent, mais elle gardait toujours l’armure de son buste, par sécurité. Elle posait cela dans les sacs, puis entreprenait de défaire la tresse, gardant l’attache derrière sa nuque.
La petite rose releva la tête pour croiser un regard familier, que les émeraudes tristes n’avaient pas rencontrées depuis longtemps. La surprise se lisait devant les yeux clairs et le teint immaculé. La petite rose entrouvrit la bouche, mais se tut, non, ce n’était pas à elle de parler en premier.
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Baptistrel Chantebrise

MessageSujet: Re: Rosée glacée sous la brise (Amaury) Dim 20 Nov 2016 - 0:49

Une urgence l'avait soudain saisie. Sans qu'il ne la comprenne totalement, sans qu'il ne puisse en éclaircir la cause, il lui avait été brusquement impossible de rester à Aldaria. C'était ainsi, ses séjours étaient parfois longs, d'autres fois extrêmement brefs, toujours portés par les messages sibyllins des vibrations. Mais il s'était parfaitement accommodé à ce genre de vie, cela faisait bien longtemps qu'il n'était qu'un nomade sans véritable maison et il aimait traverser Armanda pour en parcourir les moindres recoins.
Mener sa monture n'avait pas été des plus faciles jusqu'ici et il se fiait principalement à l'intuition de l'animal, étant bien incapable de le guider complètement sur une route qu'il ne pouvait discerner. Pourtant, il savait à peu près vers où aller et avait demandé son chemin le reste du temps. Quelque chose menaçait la paix. Il le sentait au fond de lui comme cela était déjà arrivé à plusieurs reprises les dernières années et cela n'augurait rien de bon. Une angoisse alors le saisissait parfois et il tentait d'élucider les mystères de son intuition, en vain pour le moment.

Il ne pouvait qu'espérer, prier pour que ce ne soit rien de grave, que rien d'aussi affreux n'arrive à nouveau. Ils étaient enfin en paix, depuis quelques années à peine, une paix qu'il savait précaire, fragile, aussi, nombreux de ses efforts étaient destinés à la maintenir autant qu'il le pouvait. Pourvu que rien ne face pencher la balance...

Les journées s'étaient enchaînées sans qu'il ne les voit vraiment passer et il commençait à ressentir les effets de la fatigue suite à son long voyage. Le continent était bien vaste et s'il ne savait pas vraiment encore s'il allait retourner au Désert ou au Domaine, les deux ayant pris pour le moment la même direction, un chemin long dont il avait parcouru presque la moitié.
Alors qu'il réfléchissait encore à la route qu'il allait emprunter, une présence s'imposa soudainement à lui, comme une vision d'horreur. Du sang, des morts, des cris, des combats. Amaury arrêta brutalement sa monture, glacé. Que s'était-il passé ? Était-ce de telles horreurs qui l'avaient tant troublé, au point qu'il se sente obligé de venir jusqu'ici ?

Cette présence dévoilait pourtant autre chose, derrière ces vibrations qui lui infligeaient tant de souffrances, il y avait quelqu'un qu'il connaissait. Un nom s'imposa immédiatement à son esprit. Mëryl. Qu'avait-elle fait ? Pourquoi ?

Passant outre ce sentiment d'effroi qu'il lui était pourtant si difficile de supporter en tant que baptistrel, il sauta de sa monture et fit quelques pas dans sa direction. Ils n'étaient plus très loin l'un de l'autre maintenant. Après avoir pris le temps d'un salut elfique, il l'interpella finalement.

« Bonjour Mëryl, cela faisait longtemps. »

Malgré sa douceur et le plaisir manifeste de la revoir, sa voix trahissait un certain trouble et son souffle peinait à être régulier. Il se devait de comprendre.

« Que... que s'est-il passé ? »



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MessageSujet: Re: Rosée glacée sous la brise (Amaury) Lun 28 Nov 2016 - 5:45

Devait-elle s’incliner devant un aveugle ? Pouvait-il le voir, le sentir, l’entendre ? Les vibrations disaient-elles ce genre de détails ? Elle fit sn salut cérémonial, malgré ses doutes, entendant son prénom, elle sourit. Il ne voyait pas, mais il savait et se souvenait d’elle. Oui, cela faisait longtemps, il aurait pu l’oublier depuis, elle aurait pu disparaître de son esprit comme les gens disparaissent lorsqu’ils n’ont plus avantage à rester, comme sa mère l’avait abandonné, comme son père était parti.

Ses paroles lui fendirent le cœur, et une expression mélancolique au creux des iris, elle restait la tête baissée, fermait les paupières. « Je suis désolé… » Elle avait oublié, presque oublié le sable blanc, imbibé de rouge, le dernier corps qui avait tombé devant elle et cette vision, rouge et blanche et bleue. Cette vision d’un désert souillé, par elle. « Vous ne devriez pas avoir à ressentir cela par ma faute. » l’enfant de l’abomination releva la tête, ses yeux s’ouvrant sur le visage troublé d’Amaury, elle se redressa de son salut et s’approcha d’avantage. Inquiète, elle voulait s’assurer de son état, mais une main qui voulait s’approcher pour le soutenir, comme pour l’empêcher de s’écrouler, n’osait pas s’approcher. Elle n’avait pas le droit. « J’ai tué et j’ai menti, longtemps…J’ai suivi mon empereur jusqu’à Aldaria où il devait venir chercher Orfraie Ataliel. J’ai fui, pour suivre ma tante, même si cela m’était interdit, j’ai retrouvé ma mère dans le désert… » Elle n’avait pas menti, pas explicitement, mais elle n’avait rien nié lorsque les cultistes avaient cru qu’elle suivait les pas de la prêtresse blanche. Elle s’était fait passée pour une cultiste, pour un théocrate, elle avait fait semblant.

C’était une longue histoire, peut-être ne comprendrait-il pas d’avoir agi ainsi, elle qui avait voulu prouver qu’elle n’était pas sa mère, qu’elle appartenait aux elfes. « Un groupe de cultistes désiraient ramener Vraorg à la vie. Je crois qu’ils auraient pu réussir, cela aurait vraiment pu arriver, je ne pouvais pas le laisser revenir. J’ai eu peur, que Kälyna désire sa vie, mais elle nous a aidé à nous infiltrer pour combattre ces hommes. J’ai trahi mon peuple et je n’ai fait rien de moins qu’une fugue. Je sais le sang que j’ai sur les mains, mais j’ai peur du sang qui aurait été versé si je n’avais rien fait. »

S’inclinant à nouveau, comme si elle cherchait le pardon de quelqu’un, même si elle n’avait pas fait de mal à Amaury, pas directement, un peu comme elle avait pardonné sa mère, elle avait besoin qu’on lui dise qu’elle avait bien agi. La famille comblait habituellement ce rôle, mais elle n’en avait pas. Sa mère était loin, elle ne la reverrait peut-être jamais.
« J’ai peur de ne pas regretter. Quelque chose a changé en moi depuis l’éclosion d’Aïasil. Je n’ai plus peur de me salir les mains. Mais je vois les morts et le sang que je verse et je ne comprends pas pourquoi j’y arrive si aisément. » Elle était si désolée de ne pas regretter, quand toute sa vie, elle avait appris que tuer était mal, elle ne ressentait pas le malaise présent lors de ses anciennes batailles.
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Baptistrel Chantebrise

MessageSujet: Re: Rosée glacée sous la brise (Amaury) Lun 19 Déc 2016 - 0:26

Aller au-delà de la douleur était devenu une habitude. Il n'aurait pas pu dire que c'était vraiment supportable, bien au contraire, c'était plutôt quelque chose qu'il aurait voulu faire disparaître ou fuir tout simplement, mais tourner le dos à tout cela si tôt, sans essayer de faire autre chose, c'était comme abandonner, comme laisser quelqu'un en proie au danger sans chercher à l'aider. Dans ces situations-là, il était comme piégé dans un drôle d'étau, terriblement désagréable. Pourtant, il savait rester relativement serein et il avançait vers celui qui répandait autour de lui de si mauvaises vibrations. Amaury n'aurait pas su dire si cela était plus douloureux lorsqu'il découvrait que c'était quelqu'un qu'il connaissait déjà. Il se devait d'agir, il se devait d'aider ; quand il n'y avait pas de blessure physique à panser, alors il continuait son travail en soignant les cœurs et les âmes, autant qu'il le pouvait.

Mëryl ne lui mentit pas et parla franchement, sans chercher à déguiser ce qu'il s'était passé, sans chercher à l'apitoyer ou à le convaincre. Elle lui expliqua simplement pourquoi elle avait agi ainsi et un peu de ce qu'il y avait dans son cœur. Bien évidemment, même si elle le respectait en lui donnant la vérité, ses mots n'avaient rien pour le faire sourire, rien qui puisse lui faire dire que ce n'était pas grave, que les choses allaient s'arranger.
Elle avait tué. Quelles que soient les âmes en question, quels que soient leurs actes ou leurs pensées, elle avait pris une décision irrévocable, elle avait définitivement supprimé leur existence et plus personne ne pourrait jamais rien changer à cela.

Amaury avait toujours été horrifié par un tel acte et depuis qu'il était devenu maître Baptistrel, il en comprenait d'autant plus l'étendue toute entière. Ressentir ça venant de quelqu'un d'autre, c'était presque comme assister à la mort elle-même. Parfois, face à des soldats ou à des assassins, il avait la terrible impression d'être plongé au cœur d'un champ de bataille, immobile, silencieux, incapable de quoi que ce soit, simplement destiné à sentir les âmes mourir autour de lui.
Il voulait que toutes ces choses appartiennent au passé, il ne voulait plus que cela ait à se reproduire, et pourtant…

La naissance de son dragon, son lien, c'était des choses dont il aurait voulu se réjouir et la féliciter, mais ses mots qui accompagnaient cette annonce avaient de quoi le glacer. Ne pas regretter, trouver cela facile, c'était certainement pour lui bien pire que de tuer puisque cela impliquait presque un recommencement.
Doucement, le Chantebrise posa sa main sur son épaule, laissant échapper un léger soupir attristé. Que devait-il lui dire ?

« Il ne faut qu'un pas pour tomber d'un précipice lorsque l'on se trouve au bord. Tuer, mentir, c'est aussi facile que de se jeter dans le vide, mais remonter, entamer cette longue et dangereuse ascension est bien loin d'être aussi aisé. » Commença-t-il d'une voix douce.

Son ton n'était pas réprobateur, Amaury n'était pas vraiment de ceux qui aimaient gronder les autres ou les accabler de reproches, il n'aimait pas dire constamment que ce n'était pas bien de faire telle ou telle chose, ni qu'il fallait se comporter ainsi. Amaury était rêveur, Amaury était brisé, Amaury s'était lui aussi jeté dans bien des gouffres, il était tombé, il avait souffert, il avait haï et il avait hurlé de toutes ses forces.
Il voulait simplement être ce guide qui permettrait aux autres de comprendre quel chemin ils devaient emprunter, tout comme l'Ordre et les Baptistrels l'avaient fait pour sa propre vie. Peut-être que la voie de certaines personnes consistait à mentir et à voler, à trahir et à tuer, peut-être que lorsqu'il n'aspirait qu'à la paix et à l'amour, d'autres ne pouvaient vivre que dans des rivières de sang, nageant dans la peur et le chaos ; mais ça, il ne l'aurait jamais avoué à voix haute.

« Il n'est jamais trop tard. Tu t'es enfoncée assez loin dans ce sentier pour que toutes ces choses qu'on te disait de ne pas faire ne te gênent plus autant, pour que tu ne regrettes plus, que tu n'hésites plus. C'est un chemin bien sombre pour les nôtres, douloureux, horrifiant, mais tu n'es pas une baptistrelle… Je ne peux pas t'encourager à suivre une telle voie, mais je ne peux pas non plus te l'interdire si c'est là ce que tu souhaites. »

Amaury n'était pas une barrière, il n'était pas la justice et pas non plus une prison. Vouloir conformer tous les autres à sa pensée, à sa propre conception des choses, n'était-ce pas la première forme d'une dictature ?

« Mais pourquoi ? Pourquoi as-tu besoin d'en arriver à de telles extrémités ? Tu viens de te lier à un dragon, tu as assisté à son éclosion, tu peux aujourd'hui ressentir et comprendre à quel point une vie peut être importante, précieuse, nécessaire même. Ne penses-tu pas qu'il existe d'autres moyens pour protéger et défendre ce qui t'es cher ? »

Maintenant que leurs chemins s'étaient croisés, que les Esprits avaient mené ses pas jusqu'à Mëryl, il ne l'abandonnerait pas au milieu de sa confusion. Il serait là pour l'aider à répondre à ses questions, peu importe que les réponses lui plaisent ou non.



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Dernière édition par Amaury Ataliel le Lun 2 Jan 2017 - 11:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rosée glacée sous la brise (Amaury) Mer 28 Déc 2016 - 1:09

Son regard rencontra le vide, alors qu’elle se redressait, un peu bredouille, tout son fondement venait de s’écrouler, toutes ses certitudes. C’était déstabilisant, elle se sentait tomber comme si le sol qui la soutenait se brisait au creux de son ventre, elle paniquait. Ses pieds tenaient son corps mais ses mains tremblaient, pourtant, pourtant, enfin elle ressentait l’authenticité dans les paroles de quelqu’un. Il lui disait réellement ses pensées, au lieu de lui pardonner parce que c’était elle, comme une amie, une mère, une tante l’aurait fait. Lui, ne lui disait pas ce qu’elle aurait voulu entendre mais enfin, elle se faisait dire quelque chose qu’elle savait être vrai et non aveuglé par les liens, les émotions, les hiérarchies sociales. On la pardonnerait parce qu’elle est dragonnière, parce qu’elle était conseillère et fille de conseillère. Mais qui lui avait dit encore que prendre ces vies n’était pas un bien.

« Ça n’a rien de facile de se jeter dans le vide. »

Répondit-t-elle simplement, mais sans hargne, son visage qu’Amaury ne pouvait voir était teint d’une expression déroutée. « Si tu savais, tout le temps que j’ai passé à me torturer, à vouloir la revoir. J’ai avoué n’avoir aucun reproche, j’ai voulu trahir mon peuple pour ma mère. Je me savais coupable simplement par la pensée d’avoir voulu la libérer le jour de son procès. J’ai regardé le précipice de manière hésitante depuis le moment où elle m’a fait ses adieux. Et c’est quand j’ai réalisé que c’était le seul moment où je pouvais sauter que je suis partie. Dans le désert, ma mère a fait semblant d’être avec les cultistes, on nous a demandé d’attendre la fin du rituel pour ramener Vraorg avant de prendre la tête du culte. Nous avons aussi appris que des soldats étaient en route, qu’ils arriveraient dans quelques jours, engagés pour démanteler le culte. Nous avons saboté le rituel, afin de gagner du temps, mais dans la bataille, j’ai dû oublier les vies, tirer mes flèches pour sauver les miens. Ma mère serait morte, si je n’avais rien fait. Je le serais probablement aussi. Nous nous sommes défendus… »

Mais ce n’était pas une excuse, ni une qu’Amaury accepterait, il n’y avait probablement aucune bonne raison de tuer, selon lui. « Je ne suis pas une combattante, tirer à l’arc, c’est tout ce que je sais faire. Nous étions en danger et j’ai agi. Je ne sais pas comment on répare cela. Mais je ne veux plus tuer, plus inutilement. Lorsqu’on est formé à tirer, dans les batailles, à répétition, sans réfléchir, les gestes deviennent des réflexes. » C’était comme une voix qui lui criait de vivre, qui criait bien plus fort que sa conscience. « Si je n’avais pas suivi cette voie, j’aurais aimé être baptistrelle. J’ai tenté de vivre ainsi, de ne pas mentir, de ne pas faire de mal. C’est ce qu’on m’a appris. Mais j’ai aussi voulu défendre les miens lorsque nous avons perdu la forêt. C’est le choix que j’ai fait, mais naturellement, je suis poussée vers cette manière de vivre et je me sens mal de m’en écarter. »
Mëryl aurait pu soupirer, mais s’exaspérer, ça n’avait pas sa place. Elle était fautive et elle ne pouvait s’en plaindre, il n’y avait qu’à assumer et se reprendre. « Je ne sais pas pourquoi. Je l’ai fait, c’était simple et c’est ce que je croyais que je devais faire, dans la foulée, entre les lames et les sorts, les tentatives de nous tuer. Mon lien avec Aïasil n’est pas simple, sa véritable liée est morte, alors nous sommes presque liées. C’est dissonant, confrontant et difficile. J’ai fait du mal et j’ai fait contre mon peuple, pourtant j’ai goûté à un semblant de liberté en fuyant. Je ne sais plus ce que je dois faire. Peu importe où je vais, je fais du mal. Je ne peux plus espérer suivre ma mère, je ne peux plus supporter la pression et le jugement des elfes… »

Sa voix se brisait doucement, elle n’avait rien pour s’appuyer, quand la tignasse réconfortante de Malwä aurait été la bienvenue. Évidemment qu’elle aimait sa liée plus que tout au monde, mais Mëryl n’entendait pas la conscience de sa monture, ni ses pensées, son jugement. Il n’y avait pas ce lien douloureux pour lui rappeler la ligne entre elle et sa liées. Alors la petite rose restait là, ballante, pourtant ses bras venaient se croiser comme cherchant où se tenir. Elle était frêle d’esprit, sous ses pieds, le sol était fragile, son corps voulait retrouver ses repères.

« Et toi, tu n'est pas d'accord, tu ne m'excuse pas comme ma famille le ferait, parce qu'ils ne sont pas repoussés par l'idée de tuer. Mais tu ne m'enlève pas ma libertée, je ne sens pas toute cette pression...le jugement dans tes yeux. Et si j'étais prête à remonter, m'aiderais tu, Amaury? » Elle aurait pu ajouter un s'il te plait, mais la manière dont elle parlait le disait lui même. Cette demande timide se formulait en levant les yeux, la petite rose s'accrochait à ce regard clair, à cette absence de tension, malgré ses actes. Elle voulait le remercier de ne pas la pardonner, quelle idée déroutante.
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Baptistrel Chantebrise

MessageSujet: Re: Rosée glacée sous la brise (Amaury) Lun 2 Jan 2017 - 11:06

Elle avait besoin de se libérer de tout le poids de ses actions, de son passé, de ses pensées. Dans ses mots comme dans les vibrations qu'elle émettait, Amaury sentait la douleur de ses choix, l'urgence et le désespoir, mais il y avait aussi de l'amour, du besoin, tout comme il y avait tant de contradictions. Sa vie n'avait pas été facile et il y avait eu bien des instants où elle n'avait pas eu le luxe de réfléchir calmement à la situation. Dans ces moments-là, il fallait faire des choix, qu'ils soient bons ou mauvais. Amaury comprenait que l'on puisse prendre un chemin qui ne se conformait pas à celui des baptistrels, il comprenait que l'on choisisse de mentir ou de tuer. Combien de fois les hommes pensaient-ils ne pas avoir d'autre choix ? Il comprenait tout cela, même s'il ne pouvait le cautionner, même s'il essayait toujours de faire voir aux autres qu'il existait une autre voie, que l'on pouvait faire autrement.
Ses mots étaient chargés d'émotion. Depuis combien de temps n'avait-elle pas pu se confier ? Elle portait sur elle un fardeau qui semblait beaucoup trop lourd pour qu'elle s'en charge seule, mais il était là maintenant et il ne comptait ni lui tourner le dos, ni l'abandonner en chemin.

« Je… je sais. Bien sûr que je vais t'aider, autant qu'il le faudra. »

Doucement, suivant ses émotions, il l'approcha pour la prendre dans ses bras et la serrer contre lui. Il n'y avait aucune force dans ses mouvements, elle pouvait s'échapper à tout moment si cela la dérangeait, mais il sentait que c'était ce qu'il devait faire. Souvent on a besoin de mots pour s'exprimer, mais parfois seuls les gestes suffisent.

« C'est normal d'aimer sa mère. Ses choix et les décisions des elfes t'ont poussée dans d'effroyables dilemmes, tu n'es pas coupable de cela. Je sais à quel point il est difficile de trouver un équilibre, moi-même je ne crois pas l'avoir encore véritablement trouvé face à certaines choses. J'ai aimé ma famille de tout cœur, mais ils m'ont toujours poussé à faire ce qui m'était impossible, ça a fini par tous nous faire terriblement souffrir. Aujourd'hui, je suis incapable de les revoir, je n'ai pas trouvé l'harmonie qui permettrait de ne blesser personne. »

Au fil de ses mots, les larmes s'étaient mises à couler le long de ses joues. C'était toujours douloureux pour lui de parler de cela, il voyait encore toutes ces choses comme un échec dont il était incapable de trouver la solution.

« Je comprends à quel point la société des elfes peut être pesante et peu compréhensive. »

Sa solution avait été de partir et pour le moment encore, de ne plus jamais revenir. Parfois, lorsqu'on n'a pas la force d'affronter quelque chose, lorsqu'on n'en a pas les moyens non plus, la seule chose qui reste à faire est de fuir. Peut-être les choses en seraient-elles autrement pour Mëryl.

« Ne pas tuer, ne pas mentir, c'est certainement l'un des chemins les plus difficiles, car chaque jour, à chaque instant, on peut être confronté à toutes ces choses-là, mais si tu le suis tu pourras voir à quel point c'est libérateur. Depuis que je le suis pleinement, je n'ai jamais aussi bien respiré, mon cœur lui-même est plus léger, malgré toutes les souffrances que j'ai endurées. »

Il soupira doucement, poursuivant d'une voix aussi bienveillante que calme.

« Tu n'as pas à tuer, tu n'as pas à mentir, ce n'est ni un devoir ni une obligation. Je sais que c'est terriblement difficile, parfois même cela paraît presque impossible, mais il y a toujours une autre solution. Le plus important, avant tout, c'est de suivre ce que ton cœur te dit, pas sous le coup des émotions, pas dans la folie d'un instant, mais ce qu'il te dit, au plus profond de toi-même. Tu n'as pas à suivre la voie de qui que ce soit, seulement la tienne, celle qui te permettra d'être en paix, de ne pas regretter tes choix et de ne pas être comme aujourd'hui, aussi troublée. Si elle implique de ne pas tuer et de rester toujours dans la vérité, alors j'en serais plus que ravi. »

Ça pouvait être autre chose aussi, il aurait alors bien du mal à la guider, car elle continuerait de faire en toute connaissance de cause des choix qu'il ne pouvait accepter, mais il comprenait qu'il puisse en être autrement.

« C'est merveilleux que tu aies pu rencontrer Aïasil. Vous avez toutes les deux eu des chemins pénibles, douloureux, mais ensemble, vous serez plus fortes. Qu'importe que votre lien ne soit pas complet, c'est toi qu'elle a choisi et c'est le plus important. Si vous avez du mal à trouver l'harmonie, je pourrai peut-être vous aider. Mais quoiqu'il advienne, tu dois prendre le temps de réfléchir à la voie que tu veux suivre, loin de tout, sans penser à ce que pourront dire les autres. Je serai là pour t'aider. Alors au fond de toi, qu'est-ce que tu veux faire ? »

C'était à ce genre de question qu'elle allait devoir répondre. Le chemin pouvait être long, il pouvait prendre bien des années et n'était pas exempt de souffrance. Amaury, lui, avait dû arriver jusqu'au désert d'Esfelia et y passer bien des décennies avant de trouver sa propre harmonie et la paix intérieure.



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MessageSujet: Re: Rosée glacée sous la brise (Amaury) Mar 17 Jan 2017 - 5:11

Elle se sentait désolée de lui déposer toutes ces émotions entre les mains, alors qu’ils venaient de se retrouver. Elle s’en voulait de lui faire ressentir de telles vibrations, de le désorienter avec ses histoires qui tenaient difficilement du début à la fin. Comment tout expliquer de manière concise ? Il y avait tant de choses qu’elle avait vu dans le désert, tant de choses qui l’avaient poussées à quitter Aldaria, à fuguer. La petite rose écarquilla les yeux entre les bras du baptistrel, puis se relâcha, se calma. Ça n’avait rien à voir avec le regard inquiet de sa mère, ses baisers possessifs, ses étreintes pleines de remords. Ça n’avait rien à voir avec l’amour d’Aïasil, c’était bien plus léger comme réconfort. On lui avait demandé pourquoi le lien ne l’avait pas réconfortée, mais c’était justement sa dissonance qui lui faisait mal. La certitude de ne jamais avoir un lien complet avec la dragonne. Savoir à quel point la fleur noire était blessée, voulait cette proximité avec elle. Tout le réconfort du monde ne suffirait pas pour cette petite dragonne endeuillée. Alors Mëryl dirigeait ses pensées vers cette tristesse, tentant d’aider la dragonne à aller mieu avec ses caresses, ses étreintes. Elle l’avait laissée seule, lors des jours passés avec les cultistes. Mëryl savait qu’Aïasil lui en voulait, alors que la petite rose avait voulu la protéger. L’obsidienne était déchirée, sa famille, son lien et ses racines n’étaient pas conciliables.

Elle se blottit contre lui, pourtant, cela ne dura qu’un court instant, lorsqu’elle l’entendit parler de sa famille, elle voulait voir son visage. Et la petite rose observait les prunelles pales, sans attendre qu’il ne lui rende son regard, elle lui accordait son attention, un air mélancolique au creux des prunelles. Elle savait qu’il était normal de l’aimer, mais ce qu’on lui demandait, c’était de passer outre ses sentiments, d’être raisonnable. Et elle comprenait, mais l’enfant de l’abomination avait cessé d’être raisonnable. Par détresse, par tristesse, elle voulait retrouver les siens, elle voulait rattraper le temps que la guerre lui avait pris. Ses doigts se posaient naturellement sur les joues de l’Ataliel, lentement, elle lui débarrassait de ses larmes. Puis elle baissa la tête, doucement, démunie devant cette question. Ses mains étaient restées posées sur ses joues, comme prêtes à essuyer ses larmes si elles devaient couler à nouveau.

« Ce que ma mère a fait…je n’ai même pas tenté de me prononcer, à l’époque de son procès. Je savais que c’était mal, je savais que rien ne pourrait changer sa condamnation. Mais je l’ai pardonné, j’ai pleuré, à en perdre le souffle, lorsque je l’ai quitté pour ce que je croyais être la dernière fois. Cela faisait mal, de la savoir dans la même ville et de devoir attendre sa mort pour faire mon deuil quand j’avais promis ne pas venir à mon procès. Alors que je venais tout juste de perdre mon père…Quand j’ai appris qu’elle était vivante, tout ce que j’ai voulu était la retrouver, trouver une solution, je voulais arranger les choses. Je voulais vivre avec les Vallaël…Et maintenant, je ne sais juste plus. Je veux retrouver ce que c’était d’être joyeuse, vivre près d’Aïasil, retrouver mes racines…Les elfes, ils m’ont élevé, puisqu’elle était absente, puisqu’ils m’ont séparé d’elle. Ils me manquent, mais il y a plusieurs choses que mon cœur désire. Vouloir une famille, est-ce le caprice d’une enfant égoïste ? Je crois que je ne pourrai tout obtenir. »


Elle releva la tête et le regarda, les yeux verts prenaient les teintes tristes, dorées de sa mère. « Mais regarde-toi, Amaury, je parle et je parle, mais c’est moi qui t’aies fait pleurer… Je suis désolée, de raviver des souvenirs douloureux, viens, asseyons-nous. » Souffla-t-elle en le guidant vers un rocher.
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Baptistrel Chantebrise

MessageSujet: Re: Rosée glacée sous la brise (Amaury) Dim 22 Jan 2017 - 21:40

Le petite rose n'avait pas repoussé son étreinte et il sentait que contre lui, elle parvenait à trouver un peu d'apaisement. Quand les mots ne suffisaient pas, les gestes étaient là pour les accompagner. Il sentait qu'elle avait besoin de réconfort, qu'elle en avait même énormément besoin. Elle était perdue, troublée, égarée, écartelée par les choix qu'on voulait lui imposer, par ceux qu'elle voulait faire, par ce qu'elle ne pouvait concilier.
Dans une mesure différente, Amaury avait l'impression de replonger dans cette période de son existence où, aux prises de sa famille, il avait lui-même tant souffert de toutes ces choses qui ne pouvaient pas s'accorder ensemble. Aujourd'hui encore, il peinait à trouver une réponse et à y donner un sens, mais le fait d'y repenser n'était plus aussi douloureux que ce qu'il avait vécu.

Aujourd'hui, il était content de pouvoir revoir Mëryl, car même si elle était en proie au désespoir et que cela éveillait en lui une certaine souffrance, il voulait plus que tout lui venir en aide, tout comme il avait aimé que d'autres soient là pour lui quand il était encore incapable de prendre une décision, ni même d'estimer laquelle serait la bonne. Il avait alors fait de terribles erreurs, borné dans une immobilité insupportable, mais aurait-il pu faire autrement, même s'il avait su de quoi serait fait l'avenir ? Quoi qu'il arrive, Amaury serait là pour elle.

Mëryl s'était détachée de lui lorsqu'il avait commencé à parler de sa famille et elle avait même séché les larmes qui avaient automatiquement coulé le long de ses joues, expression sincère de ce qu'il éprouvait encore maintenant. Mais il n'avait plus peur de pleurer ou de souffrir, depuis un certain temps désormais, il était prêt à avancer et ce qui lui permettait d'aider les autres à son tour.
Doucement, il lui sourit, plein de chaleur, plein de cette amitié qu'il avait pour la jeune elfe.

« Tout ce que tu as fait, ce que tu me dis, cela me paraît normal. Quelle que soient les choses qu'ait fait ta mère, elle reste ta mère et si tu as ressenti le besoin de lui pardonner, de continuer à l'aimer, de la revoir, c'est bien naturel. Peut-être que certains t'en veulent pour ça, mais ils ne devraient pas, tu ne fais rien de mal. »

Il s'était laissé guider par son amie jusqu'à rocher où ils s'assirent tous les deux et Amaury tourna à nouveau la tête dans sa direction. Ses yeux vides ne la fixaient pas vraiment, mais son sourire s'adressait toujours à elle, empreint d'une douce lumière qui devrait mettre un peu de chaleur dans son cœur.

« Ce n'est pas un caprice, Mëryl. Nous avons tous besoin d'une famille, de personnes à qui nous tenons plus que tout, avec qui nous pouvons partager tant de choses et avec lesquelles, où que l'on soit, on pourrait quand même se sentir à la maison. Ce n'est pas un mal, Mëryl, bien au contraire, on a tous besoin de nos racines, sans quoi nous serions juste ballottés aux grès des vents, sans savoir où aller. »

Ça avait été son cas autrefois, avant qu'il ne rencontre les baptistrels, avant qu'il ne passe autant de temps dans le désert pour trouver les réponses à ses questions, c'était le cas de Mëryl aujourd'hui et il ne voulait pas la laisser rester dans une telle souffrance.

« Comment se sont passées les retrouvailles avec ta mère ? Est-ce que tu as réussi à arranger les choses comme tu le voulais ? » Demanda-t-il simplement, comprenant très bien que sa relation avec elle était quelque chose d'extrêmement important à son cœur.

« Tu n'as pas perdu ta famille Mëryl. Ta mère est toujours là, dans ce monde, et les elfes qui t'ont recueillie, tu devrais aussi pouvoir les revoir. Il y a aussi une petite nouvelle, Aïasil. Tu devrais aller la retrouver, la serrer dans tes bras et lui dire à quel point elle est importante, à quel point tu as besoin d'elle, tout comme elle a énormément besoin de toi. Ensemble, tout finira par aller mieux, tu verras. »

Sa main vit doucement serrer la sienne, un geste qu'il voulait rassurant, réconfortant.

« Ne t'en fais pas pour moi, je suis si heureux de te revoir. Tout ce qui m'importe aujourd'hui, c'est de t'aider à aller mieux et de pouvoir à nouveau ressentir ton sourire illuminer les vibrations qui résonnent tout autour de toi. »



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MessageSujet: Re: Rosée glacée sous la brise (Amaury) Mar 31 Jan 2017 - 1:19

La petite rose ferma les yeux, prit une bouffée d’air et se laissa bercer par la brise, voulant se convaincre que ce que disait Amaury était la vérité. Elle n’avait rien fait de mal, elle avait même apaisé jusqu’à maintenant le courroux de Kälyna. L’empêchant de tuer ces brigands qui l’avaient attaqué, par son simple désir de ne pas les voir mourir. Qu’aurait-elle fait des cultistes si Mëryl n’avait été présente ? À quel point cela aurait pu tourner en massacre ? C’est elle qui avait tué le plus, ou les avait-elle seulement tués, ou seulement laissés pour morts ? Ses flèches en avaient descendu plus d’un. « Merci. » souffla-t-elle sans répondre bien plus, continuant de l’écouter. Lorsque ses mots se turent, elle sera sa main en retour, fermant ses paupières à nouveau.

« Ça ne s’est pas bien passé. Elle a fui, ordonnant à Aïasil de m’emmener loin. Des bandits m’avaient agressé, et elle les a arêtes. Et puisque je ne voulais pas qu’ils meurent, elle les a laissés saufs. Je lui ai demandé de m’accorder une infime partie de son temps, tout ce temps que j’avais perdu pendant les années où on m’interdisait de la voir. Elle a refusé, elle a dit que l’endroit se transformerait en chasse à la sorcière. Elle m’a laissé…des roses, qu’elle a fait pousser au sol. J’ai pleuré, je lui ai dit qu’elle me rejetait, encore, alors que j’avais été forcée de lui dire Adieu, elle me forçait à s’éloigner d’elle. Je ne voyais qu’injustice, j’étais en colère… »

Il était déjà difficile d’accorder Aïasil et sa mère, elles se détestaient, voyaient un danger, l’une et l’autre, pour la petite rose. La tête de l’enneigée balança vers l’avant, son front rencontrant l’épaule du baptistrel, sans pour autant s’appuyer lourdement, elle ne faisait que profiter de son contact. « Je veux que tout aille mieux. Je veux que moi et elle arrivait à trouver l’harmonie. Mais tu m’importe aussi, Amaury et tu n’as pas à te soucier que des autres. Laisse-toi t’accorder de l’importance. J’irai voir Aïasil, je prendrai mon courage à deux mains pour continuer d’avancer, me reprendre, mais laisse-moi rester un peu ici avant. Tu ne peux pas voir l’eau qui coule, mais tu peux respirer sa fraicheur, entendre sa beauté. »



(conclu pour moi ici, si tu veux répondre préviens moi ^^)
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MessageSujet: Re: Rosée glacée sous la brise (Amaury) Dim 12 Mar 2017 - 2:32

Son amie traversait bien des difficultés en ce moment, il n'avait pas besoin de ses mots, il le sentait totalement au travers de ses vibrations. C'était plus qu'il n'en fallait pour attiser sans cesse son désir de l'aider, de la réconforter. Il espérait au moins que parler de toutes ces choses lui faisait un peu de bien, lui permettait de faire le bilan, de se défaire de ce qui l'attristait tout en comprenant ce dont elle avait besoin.
Son regard vide ne pouvait pas l'atteindre, mais il lui offrait un doux sourire, réconfortant, chaleureux, tandis qu'il écoutait avec attention chacun de ses mots. Il sentait toute la douleur qui découlait des récents événements, mais avec son cœur, il interprétait aussi d'autres choses. Lorsqu'elle eut terminé, il reprit la parole, très empathique.

« Il y a de l'obscurité dans ce que tu me dis, mais j'y vois aussi de la lumière. Elle a épargné ces bandits pour toi et si elle a voulu partir, c'était pour toi aussi. Elle veut te protéger, tout simplement, comme toute mère le ferait avec son enfant, et elle le fait à sa manière. Je sais que cela te chagrine, mais donne-lui un peu de temps, continue à vouloir la retrouver, persévère si c'est ce que tu souhaites vraiment. Cela ne se fera sans doute pas immédiatement, mais un jour, vous pourrez alors vous retrouver, passer un peu plus de temps ensemble, j'en suis sûr. »

Le Chantebrise sourit de plus belle, posa sa main sur son épaule dans un geste de réconfort. Il voulait lui communiquer cette chaleur, cette sérénité qu'il avait en lui pour adoucir un peu son cœur, balayer cette colère et cette amertume qui lui pesaient.

« Garde ces résolutions en tête, accroche-toi à celles-ci, c'est en continuant à lutter, en suivant sa volonté que les choses s'arrangent et que le monde s'éclaircit. »

Il parlait en connaissance de cause. Il s'était laissé balayer par la vie, emporté, ballotté, il n'avait fait que souffrir, il aurait tout aussi bien pu mourir. Il avait eu de la chance, on l'avait trouvé, on lui avait tendu la main, on l'avait guidé et puis il avait suivi son propre chemin, cherchant jusqu'aux tréfonds de son âme la volonté nécessaire pour faire un pas de plus à chaque fois, guérir, apaiser chacun de ses maux, petit à petit, inlassablement.

« C'est aussi ma façon d'être, j'aime me soucier des autres, leur bonheur fait aussi le mien, alors je ne peux pas m'empêcher d'aider quand je vois que l'on a besoin de moi. Ainsi, sens-toi libre de rester à mes côtés autant qu'il te plaira. Quoi qu'il arrive, je serais toujours là. »

Sa voix douce portait naturellement tout l'amour qu'il y avait en lui et qu'il voulait donner aux autres. Son esprit était clair et tout lui semblait simple en cet instant. Délicatement, il sortit sa harpe de sa housse, la posa sur ses genoux et commença à en pincer les premières cordes, faisant naître du bout de ses doigts une douce mélodie. Bientôt son chant vint s'ajouter à ce morceau qu'il improvisait sans réfléchir, se fiant simplement à ses émotions, à l'air ambiant et à son désir de lui apporter un peu de réconfort. Ce n'était pas un chant baptistral, mais il n'avait pas forcément besoin de cette magie-là pour communiquer des émotions, la musique formait à elle seule une puissante force.



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