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Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin]

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Tomyn Alaïs
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MessageSujet: Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin] Ven 24 Mar 2017 - 9:27

Août de l'an 7 d'Obsidienne, auberge de la Soif.

Une soirée comme tant d'autres, ou presque. Lui qui par le passé n'avait jamais pu supporter la routine s'y accrochait maintenant avec une opiniâtreté tout à fait désarmante. Il ne supportait plus que l'on change ses petites habitudes et la vision de ce petit groupe, là bas au fond de la salle, lui déplaisait souverainement. Tel un empereur sur son trône, il siégeait silencieusement à sa place habituelle, sa pipe à la main et son verre sous le coude. De cet endroit il n'avait qu'à tourner très légèrement la tête pour apercevoir les intrus et n'avait même pas besoin de tendre l'oreille pour entendre jusqu'au moindre chuchotis. Il fallait dire qu'il n'y avait pas grand monde ce soir, même les habitués les plus acharnés semblaient avoir trouvé autre chose à faire que perdre leur temps dans la salle commune de l'auberge. Tomyn connaissait plus ou moins tout le monde, plutôt plus pour les jolis serveuses et plutôt moins pour les gros bras joueurs de cartes mais ce qui était sur c'est qu'on ne voyait que très rarement de nouvelles têtes dans cette petite auberge minable qui était devenue son foyer, et il n'aimait pas lorsque ça arrivait.

Contrarié, il souffla doucement, se laissant presque totalement entourer par l'épaisse fumée de sa pipe et d'un geste routinier il attira à lui l'une des serveuses qui s'empressa de remplir son verre. Il n'était pas encore saoul, il en fallait désormais beaucoup plus pour lui faire tourner la tête et c'était d'ailleurs un problème. L'oubli lui coûtait de plus en plus cher, ce qui l'obligeait à travailler de plus en plus et à accepter des tâches parfois déplaisantes. Une nouvelle fois il songea à l'éventualité de revendre sa cape. Elle était sale et déchirée par endroit mais il s'agissait d'un tissu elfique de très grande valeur, il pourrait en tirer beaucoup. Sauf qu'il ne voulait pas s'y résoudre. Il l'aimait bien cette cape... Au même titre qu'il aimait son épée, ses insignes et jusqu'à ses bottes totalement usée. Routinier vous disais-je, il ne voulait rien changer et certainement pas ses propres possessions. Tant pis, il travaillerait. Les petits boulots de mercenaire ça ne manquait pas à Aldaria.

Un chuchotement moins discret lui fit plisser le front et il coula un regard peu amène vers les intrus. Ces idiots pensaient-ils vraiment passer inaperçu dans un lieu si désert ? Ou bien comptaient-ils sur la lasse discrétion des poivrots ? Tomyn penchait plutôt pour la deuxième hypothèse et quelque part ils n'avaient pas tout à fait tort. Aussi conscient qu'il était du caractère mystérieux et très probablement illégal de cette petite réunion, il n'était pas pour autant désireux de s'en mêler. Ils pouvaient bien projeter le coup du siècle ceux là tant qu'ils le laissent ruminer, fumer, et boire tranquille. Lorsqu'il se serait assez engourdit l'esprit il prendrait l'escalier jusque sa chambre, le dégringolerait fort probablement en sens inverse, le remonterait avec l'aide d'une serveuse, et s'écroulerait dans son lit sans un mot de remerciement ni un coup d'oeil aux charmes qu'elle pourrait bien déployer. Et le lendemain et bien il recommencerai, ça n'avait rien de bien compliqué. La routine, c'était son refuge. Alors pourquoi s'appliquait-on à ce point à la lui perturber aujourd'hui ?

"Cette place est prise"

Eh bien oui, par ses pieds. Ne lui en déplaise à ce grand dadet. Bon d'accord il y avait deux autres chaises à sa table mais il y en avait aussi pleins de disponibles des tables ! Des rangs entiers de tables tout ce qu'il y a de plus respectables, oui môssieur, avec des pieds et de larges surfaces pour poser sa bierre, et ouais. Et surtout sans aucun Tomyn ou autre buveur vautré tel un phoque sur son morceau de plage. D'autant plus qu'au même titre que son proche cousin (quoi ? ), notre tigre était territorial et il ne manqua pas de le faire savoir :

"T'es sourd papy ? Tu veux que je te débouche les oreilles ? Du balai !"

Non mais sans rire, on se fichait de lui ou quoi ? De plus en plus perturbé, l'ancien messager détacha un instant son regard de l'objet de son irritation comme pour vérifier si personne ne se riait de la bonne blague. Erreur fatale, le temps de faire cela et hop, il n'était plus seul à table ! La moutarde commençait à lui monter sérieusement au nez et sa main se crispa sur son verre tandis qu'il envisageait très sérieusement de le fracasser sur la tête du malotru… La mâchoire serrée, il gronda entre ses dents :

"Toi mon coco…"

Il se levait déjà à demi de sa chaise, bien décidé à faire coïncider la fin de sa phrase avec le début d'une des monumentales bagarres que l'on ne pouvait voir que dans ce type d'établissements…


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Aldakin le Zélé
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MessageSujet: Re: Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin] Mar 28 Mar 2017 - 16:04

A l'instar du reste du continent, Aldaria n'avait pas été épargnée par le sombre règne du Seigneur Blanc. La cité avait même été durement touchée et ici comme partout ailleurs en Armanda, la population s'efforçait de laisser le passé à sa juste place pour reconstruire un futur digne de ce nom. Les mois s'étaient écoulés, le temps avait fait son oeuvre et à quelques soubresauts de violence près, les efforts de coopération des trois peuples armandéens avaient été justement récompensés. A tel point qu'on affublait désormais Aldaria du sobriquet de Lumineuse, un surnom qui n'avait pas manqué faire sourire l'ancien adepte du Néant lorsqu'il l'avait entendu pour la première fois. Certes, à la surface, Aldaria pouvait se prétendre une ville de Lumière avec un grand L, mais dans ses abysses, dans ses plus sombres et anciennes ruelles, dans l'ombre du passé, la gangrène continuait de ronger les fondations d'une paix ô combien fragile. Tels les cellules malades et dégénérées d'un cancer qui laisserait à sa victime le fol espoir d'une rémission, les adeptes de Vraorg étaient encore nombreux à oeuvrer pour le culte de l'abomination blanche. Certains nourrissaient même l'espoir secret de voir son retour, ceux dont le coeur faisandé et l'âme purulente étaient parvenus d'une manière ou d'une autre à gagner les faveurs du monstre. Au regard d'Aldakin, il ne s'agissait que d'une hérésie, ni plus ni moins. Une hérésie à laquelle l'homme de foi qu'il était se devait de mettre un terme définitif. Car au regard du crime que Vraorg avait commis en dérobant le coeur de Néant, en abusant ainsi des sentiments de l'Aînée Véritable, de l'Esprit Eternel, la mort, la simple mort, n'était qu'un châtiment bien anodin. En son coeur et en son esprit, le Prêcheur avait posé son jugement, décidé d'une sentence dont nul ne pourrait prétendre le détourner : Vraorg le Blanc avait été condamné à l'Oubli. Oh bien sûr, il était exclu d'effacer les atrocités commises des mémoires si facilement, mais dans les siècles à venir, les millénaires peut-être, la réalité des faits serait occultée et personne ne se souviendrait de l'existence du dragon blanc. Tel serait du moins l'objectif qu'Aldakin poursuivrait jusqu'à ce que le moment soit venu pour lui de rendre son dernier souffle.

Et c'est ainsi qu'animée de cette ambitieuse volonté, une silhouette voûtée franchit la porte de cette piteuse auberge de la Soif. Dissimulant les traits de son visage sous une toge sale et miteuse, le nouvel arrivant claudiqua misérablement entre les tables et les chaises, ignorant paisiblement les quelques regards qui s'étaient tournés dans sa direction. Le spectacle qu'il offrait était monnaie courante dans les endroits tels que celui-ci, aussi les ivrognes reprirent-ils leurs chopes, les joueurs leurs cartes et les cultistes leurs sombres tractations. Les cultistes, oui, ils étaient bien présents. Il les avait repéré avant même que la porte ne se fut refermée derrière lui, cinq hommes et deux femmes, rassemblés autour d'une table située au fond de la salle, un peu à l'écart. D'après les informations qu'il était parvenu à rassembler à leur sujet, quatre d'entre eux étaient ce qu'ils appelaient des mentors, des hommes et des femmes dédiés au recrutement de nouveaux adeptes. Les trois autres étaient probablement leurs clients, des individus qui n'étaient pas vraiment des cultistes mais qui d'une façon ou d'une autre avaient manifesté un certain intérêt pour le règne du monstre blanc. Aux yeux du Prêcheur, ces derniers étaient tout aussi coupables que les cultistes proprement dit et le sort qu'il leur réservait était en tout point identique. Après tout, pour abattre un arbre, mieux valait au préalable arracher jusqu'à sa plus insignifiante racine. Ce raisonnement pouvait s'appliquer de la même manière pour qui voulait abattre une religion, parole de Prêcheur.

Néanmoins, pour ce soir, Aldakin n'avait besoin que de recueillir quelques renseignements, il n'avait jamais été homme à agir dans la précipitation et c'est justement la froide rigueur de ses préparatifs minutieux qui lui avait permis de survivre jusqu'ici. Il avait justement repéré une table idéalement située pour laisser traîner une oreille curieuse, en vérité la seule qui lui permettrait d'espérer glaner quelque chuchotis intéressant. Seule ombre au tableau, un fumeur de pipe nonchalamment attablé à la table en question. Sous sa capuche nauséabonde, le Prêcheur haussa un sourcil circonspect, jaugeant la situation. De son côté, l'un des cultistes laissait peser un lourd regard sur le nouvel arrivant et manifestait des signes de tension nerveuse. Evidemment, à mesure que la rumeur des assassinats s'était propagée dans leurs rangs, les adeptes de Vraorg se montraient de plus en plus méfiants. Inspirant profondément, Aldakin prit sa décision et posa la main sur le dossier de la chaise située face au fumeur de pipe...

"Cette place est prise"

Manque de chance, l'individu n'était pas aussi alcoolisé que le Prêcheur l'avait espéré.

"T'es sourd papy ? Tu veux que je te débouche les oreilles ? Du balai !"

Et en plus, il avait l'alcool agressif. Abruti. Sans relever ni l'insulte ni la menace, Aldakin repoussa les pieds du buveur du bout de son bâton et s'installa sans un mot, le visage bas.

"Toi mon coco…"

Abruti ? Non, triple abruti ! C'est qu'il semblait bien décidé à en découdre, cet ivrogne, et son hostilité à l'égard du vieillard ne manqua pas inquiéter le groupe de cultistes : le moins courageux d'entre eux s'était déjà levé et s'excusait auprès de ses camarades, dans l'intention évidente de filer avant que la situation ne dégénère. Usant de toute la diplomatie dont il était capable, Aldakin refréna l'envie soudaine qu'il avait eue d'écraser son bâton sur le crâne de l'insolent fumeur de pipe et préféra opter pour une approche un peu plus... stratégique. Forçant un peu sur sa voix usée, il porta une main à son oreille, se composa un sourire de circonstance et singea de devoir se concentrer pour écouter tandis qu'il déclarait en chevrotant :

" Moi aussi je suis content de te revoir, gamin. Ça fait une paie que tu n'as plus rendu visite à ton vieux papy !"

L'instant suivant, il interpellait le cultiste qui venait de se lever :

" Ça doit faire presque un an, je vous le dis ! Les jeunes n'ont plus de respect pour leurs aînés de nos jours."

Et enfin, sans laisser à quiconque l'occasion d'en placer une, il sortit une petite bourse de sa poche et la laissa tomber sur la table, levant un bras pour interpeller une serveuse tandis qu'il reprenait, à l'intention cette fois de son vis-à-vis :

" Bon c'est pas tout ça, mais les retrouvailles ça donne soif ! Passons aux choses sérieuses. Je te paie ton prochain lait de coco puisque tu y tiens tant mais dis moi gamin, à ton âge, tu ne préfères pas plutôt une bière ? Ou un bon vin ? Mes économies ne pèsent pas bien lourd mais je n'en ai plus pour longtemps et je ne les emporterais pas auprès du Dracos avec moi, pas vrai ? Hé hé hé. "

Il ne savait pas exactement comment le fumeur de pipe réagirait devant un tel numéro mais à vrai dire, peu lui importait. L'objectif premier de cette petite comédie était avant tout de rassurer les cultistes et il semblait bien y être parvenu : considérant le vieillard comme un vieux fou inoffensif, le cultiste inquiet s'était réinstallé à sa place et ne lui accordait plus désormais la moindre attention.

" Alors dis moi, comment va la famille ? Et au fait, tu travailles toujours pour ... euuuuh ... comment qu'c'était déjà c'que tu faisais ?"
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Tomyn Alaïs
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MessageSujet: Re: Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin] Jeu 30 Mar 2017 - 16:15

Gamin ? Ton vieux papy ? Par le Dracos mais qu'est ce qu'il lui chantait là ce fou furieux ? Folie, oui… Ses paroles plaidaient en ce sens et ce genre d'énergumènes n'étaient pas rares dans les rangs des mendiants de toutes régions mais l'explication ne satisfaisait pas tout à fait Tomyn. Il avait passé trop de temps dans les bas quartiers d'Elena pour se laisser attraper ainsi. Circonspect, il détailla l'inconnu de ses yeux clairs et sentit ses doutes se renforcer. Derrière l'image humble et voûtée de son interlocuteur il lui semblait voir quelque chose d'autre, une profondeur qui n'habitait habituellement pas les autres clochards de tout bords. Son visage sale et buriné à peine visible sous sa capuche pouvait être autant une identité qu'un masque et les épaules si misérablement voûtées pourrait changer drastiquement son allure pour peu qu'elles se redressent. Des détails tout cela, rien de vraiment parlant et il ne s'y serait probablement pas arrêté sans la lueur furtive qu'il cru apercevoir dans le sombre regard qui lui faisait face. Une lueur rusée, mais pas de cette ruse millénaire dont font preuve les mendiants, non, c'était quelque chose de plus profond. En fait de regard, Tomyn aurait tout aussi bien pu plonger le sien dans un puit sans fond. Le tigre en lui gronda son indécision, peu disposé malgré tout à laisser le dernier mot à cet impertinent personnage mais celui-ci prit finalement la seule décision qui pouvait faire changer Tomyn d'avis. Le front plissé par ses intenses réflexions, il se laissa retomber lourdement sur son siège en grognant d'un ton sans réplique :

"Du vin."

Il n'accepterait rien de moins pour daigner partager sa place soigneusement chauffée au fil des ans. Son regard s'égara un instant sur la bourse qu'il estima légère mais suffisante et il ne manqua d'ailleurs pas de repérer le coup d'oeil intéressé d'un autre buveur avant de revenir à son mystérieux bienfaiteur tandis qu'on emplissait son verre.

"Aide funéraire papy, aide funéraire. Toujours à ton service comme tu sais…"

Sa voix traînante résonna dans la salle, tirant un sourire amusé à quelques voisins de table mais pas à aux membres du petit groupe qui chuchotais à présent d'un air précipité. Quatre d'entre eux semblaient occupés à tenter de convaincre un récalcitrant, les deux derniers restants pensifs et silencieux. Non pas que Tomyn s'y intéresse beaucoup en vérité mais il avait pour saine habitude de toujours laisser une oreille traîner notamment dans ce genre de lieux où on avait si vite fait de se faire agresser. Pour une bourse par exemple… Pensif à son tour, Tomyn changea de position pour mieux observer le discret voisin de table et ses non moins discrets camarades qui venaient de le rejoindre et papotaient à présent eux aussi à voix basse. Son papy allait se faire dépouiller dès qu'il mettrait un orteil dehors aussi sur que lui finirait bourré. Ça lui apprendrait tiens, à réquisitionner une place à sa table.

Plus contrarié tout de même qu'il ne voulait bien l'admettre, l'ancien messager fit craquer ses doigts négligemment, dévoilant par là même des mains pleines de cals apparemment pas formées par le travail d'un honnête travailleur. Il passa sa langue sur sa canine ébréchée en un vieux tic dont il n'avait jamais pu se défaire et soupira finalement :

"J'ignore en quoi le groupe là derrière peut bien t'intéresser vieillard mais tu ferais mieux de t'inquiéter de celui qui se trouve juste là…"

Ce disant il croisa cette fois franchement le regard du chef voleur et le soutint un moment, s'attirant un rictus plein d'assurance de sa part. Il avait choisit sa proie pour ce soir et n'en démordrait pas, n'en déplaise au petit fils supposé. Cet homme manquait vraiment d'ambition pour s'en prendre à un mendiant… A moins qu'il y ai autre chose ? Une fois de plus, Tomyn reporta son attention sur son "papy" et lui trouva un "je ne sais quoi" de dérangeant. La troupe en voulait elle seulement à sa bourse, ou les choses étaient elles plus compliquées ? Derrière eux, les chuchoteurs s'étaient tus et Tomyn en ressentit un certain malaise. L'auberge s'était vidées subtilement et d'un seul coup il lui semblait que tous les regards de l'assistance s'étaient posés sur son compagnon.

"C'est gentil de partager tes ennuis…" ironisa-t'il d'un ton grinçant

Sa main s'était fermement posée sur la poignée d'Oldarin et même si elle demeurait sagement cachée dans son fourreau il lui semblait sentir la sourde détermination de la lame Elfique. Il n'était pas contre un point final à sa misérable existence mais il ne se laisserait pas tuer sans faire de dégâts.

"Mess… Messieurs ? Pardonnez moi mais l'auberge ferme plus tôt ce soir… Vous pouvez monter dans votre chambre si vous le souhaitez messire Alaïs"

La simple voix tremblante d'Audrey avait faillit le faire dégainer tant la tension était montée dans la pièce. L'aubergiste n'y était de toutes évidences pas insensible au vu de sa précipitation à fermer l'auberge et de l'énergie avec laquelle il serrait maintenant son gourdin tout en observant l'échange entre sa serveuse et les clients. A cet instant, l'ex messager hésita. Il pouvait laisser tout cela derrière lui et monter simplement se coucher. Il finirait de se saouler en solitaire et n'aurait pas d'escalier à monter. Quand à ce qui se passerait dans la ruelle, ça ce n'était pas ses affaires. C'est donc avec une contrariété de plus en plus intense qu'il s'entendit finalement répondre :

"Merci Audrey, je vais plutôt aller prendre l'air dehors."

Mais... Pourquoi au fait ? Pourquoi lorsqu'ils voyaient venir les ennuis à 300 lieux fallait-il absolument qu'il se jette en plein dedans ? Qu'esperait il en tirer si ce n'était de donner effectivement du boulot aux membres de la profession qu'il s'était inventée. Et puis il ne lui devait rien à ce type, alors pourquoi devrait il l'accompagner vers son destin ? Oui vraiment, la question se posait mais le problème c'était qu'il n'avait pas de réponse. Dans le temps il aurait pu dire avec sa bonne humeur quotidienne que c'était sa façon de s'amuser sauf que ce n'était plus le cas à présent. Tout ceci l'ennuyait, sa propre vie l'ennuyait et Armanda tout entier l'ennuyait. Mais pour être tout à fait honnête laisser un vieillard, aussi étrange soit-il, se faire rosser (ou pire) après qu'il lui ai payé un verre eh bien… ça l'aurait ennuyé encore plus voilà. Sous ses airs de mauvais garçon et ses effluves d'ivrogne invéteré Tomyn restait un homme de principes et quand ça lui prenait (comme ce soir) il n'hésitait pas à dépoussiérer un peu ses valeurs.

"Après vous mes braves…"

La tension monta encore quand les hommes qui avaient entendu leur emboîter le pas (probablement pour les coincer entre eux et ceux qui étaient passés devant) hésiterent à obtempérer. Mais l'air résolument terrifié (et le fait qu'il n'y avait pas d'autre sortie) de l'aubergiste dû les décider car ils haussèrent les épaules avant de s'exécuter. A présent ils n'avaient plus d'autre choix que de les suivre mais Tomyn préférait avoir la troupe au complet devant lui plutôt que de sentir un poignard s'enfoncer dans son dos. Toutefois avant de s'élancer vers ces fantastiques réjouissances il entendait en apprendre plus et c'est donc d'un air tout aussi résolu (mais moins terrifié) que l'aubergiste qu'il arrêta le vieillard d'une main ferme :

"Je veux bien croire qu'un homme soit prêt à tout pour une bourse, aussi peu remplie soit-elle, mais une troupe au complet cela me semble beaucoup pour tes beaux yeux papy. Alors tu es quoi ? Un endetté convaincu ? Un passionné des conflits ? Et ne me sort pas la version de l'amant démasqué je te prie. T'as pas le profil."

Ils n'avaient que quelques poignées de seconde devant eux avant de se faire pousser sans ménagement dehors mais il entendait bien les mettre à profit…


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Aldakin le Zélé
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MessageSujet: Re: Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin] Mar 4 Avr 2017 - 16:10

Si l'ironie sous-jacente dans la réaction du fumeur de pipe ne lui avait pas échappé, Aldakin ne s'en était pas moins senti soulagé lorsque celui-ci avait feinté entrer dans son petit jeu. Aussi, la menace à peine voilée de l'ivrogne à son égard ne l'inquiéta pas outre mesure, quand bien même il préférait éviter les dommages collatéraux, et l'inquisiteur autoproclamé reporta rapidement autant que discrètement son attention sur l'objet réel de sa présence en ces lieux. Toutefois, il ne s'écoula que quelques secondes avant que son petit-fils d'un soir ne lui fasse remarquer l'intérêt qu'un autre groupe de clients aux faciès peu recommandables leur portait. Cette touchante attention aurait presque put faire naître un sourire au coin des lèvres du Prêcheur, comme si une poignée de détrousseurs des bas-fonds pouvait réellement mériter qu'il daigne s'en inquiéter. Lui qui jadis avait fait trembler toutes les armées du continent, lui qui avait conquis empires et royaumes comme s'il avait été faire son marché, lui dont les armées avaient traqué les dragons et en avaient terrassés certains. Il était sur le point de balayer d'un revers de la main les inquiétudes du fumeur de pipe lorsqu'il perçut le soudain silence qui était tombé sur la petite assemblée. Cela, ce n'était pas normal. Pas pour une bourse aussi maigre que celle qu'il venait de poser sur la table, même un amateur aurait pu deviner que le petit sac de cuir ne contenait guère plus d'une vingtaine de pièces d'or. Et un homme aussi prudent qu'Aldakin ne pouvait apprécier cette absence de normalité. Le papy gâteux se métamorphosa aussitôt en une sombre statue de sérieux et de gravité tandis qu'il évaluait avec son professionnalisme habituel le cours des événements, analysant soigneusement les différentes possibilités qui s'offraient à lui. Il devait bien l'admettre, la fin de cette soirée s'annonçait plus compliquée qu'il ne l'aurait souhaité mais il s'était mentalement préparé à une expérience de ce genre depuis longtemps. Depuis le début de sa croisade contre les cultistes, il avait en effet été pleinement conscient des risques. Après tout, il n'était pas le seul à pouvoir mener des investigations et n'importe quel esprit un tant soit peu réaliste pouvait aisément convenir que les membres du culte Vraorgien finiraient par tendre une embuscade à leur mystérieux poursuivant. Le plus vexant finalement fut sans doute qu'il ne l'ait pas vue venir, peut-être était-ce vrai qu'il se faisait vieux.

Aldakin inspira lentement et profondément, répliquant au sarcasme de son compagnon d'infortune avec une étonnante sincérité :

"J'ai toujours été un homme de partage..."

Même s'il semblait que ce qu'il avait à partager ne devrait jamais être apprécié à sa juste valeur. Silencieux, le prêcheur déchu laissa ses futurs assassins quitter les lieux tranquillement, appréciant en connaisseur le soin méticuleux que les cultistes apportaient à la discrétion avec laquelle ils avaient décidé de lui régler son compte : ils voulaient autant que lui éviter d'attirer l'attention des autorités en provoquant un esclandre. La décision du fumeur de pipe de rester avec lui le laissa autrement plus circonspect. En dépit de l'alcool, l'homme semblait avoir parfaitement perçu la tension qui régnait dans l'auberge et devait selon toute vraisemblance être tout aussi parfaitement conscient du traquenard qui les attendrait au dehors. Pourquoi dès lors n'avait-il pas sauté sur l'honorable porte de sortie que le tenancier de l'auberge lui avait offerte en lui suggérant de se retirer dans sa chambre ? L'interrogatoire auquel il fut soumis sitôt que le dernier des assassins eut quitté la salle lui apporta certes un début de réponse, mais la simple curiosité semblait tout de même une raison dérisoire pour se jeter ainsi vers une mort certaine.

"Je suis... Un homme qui n'a déjà vécu que trop longtemps..."

La voix était parfaitement neutre, calme et posée. Un tantinet pessimiste, peut-être, mais réaliste, assurément. Son regard s'attarda un peu plus longuement sur les traits du visage qui lui faisait face. L'homme était encore jeune, même si plus âgé qu'il ne l'avait pensé au premier abord, mais il avait de toute évidence connu son lot de malheur et de douleur. Peut-être un ancien soldat, peut-être même Alayien qui sait, un homme traumatisé par les guerres à répétition cherchant à noyer son passé dans l'alcool. Aldakin en avait croisé des centaines de ce genre depuis la fin du règne de l'Abomination Blanche.

"Tu n'as aucune raison de vouloir te mêler de cette histoire. La vie que je mène est celle que je me suis choisi en mon âme et conscience, je n'ai nul besoin d'un sauveur."

Il n'avait pas eu l'intention de poursuivre plus avant mais le fumeur de pipe ne semblait pas vouloir se contenter de si frugales explications, en témoignait sa main toujours fermement accrochée au bras du Prêcheur. Ce dernier répliqua d'un regard cinglant mais l'homme le soutint avec force conviction. Une sacrée tête de mule apparemment, mais qui mieux qu'Aldakin pouvait apprécier ce trait de caractère ? L'impassible général tourna son visage en direction de la sortie de l'auberge, s'imaginant sans peine les arcs, lames et sorts destructeurs qui l'attendaient de l'autre côté, avant de ramener son attention sur son ''petit-fils''.

"Têtu, hein ? J'ai maintes fois brisé des convictions bien plus fortes et profondes que la tienne, mon garçon, mais c'est quelque chose que je respecte. Très bien, puisque tu tiens tellement à t'attirer des ennuis..."

La suite, ce furent d'abord sa jambe puis son bâton qui se chargèrent de la faire comprendre à ce blanc-bec avide d'en découdre. Profitant de l'effet de surprise, Aldakin gratifia son sauveur d'un vicieux croc-en-jambe pour le déséquilibrer avant de s'aider de son bâton pour, sans ménagement, le faire tomber dos au sol. Avec vitesse et précision, l'extrémité de l'arme de bois vint se poser sur la gorge de l'ivrogne, juste au dessous de sa pomme d’Adam, pour mieux faire taire toute velléité de contre-attaque. Même l'aubergiste était resté coi devant la célérité du mouvement.

"J'ignore les raisons qui te poussent à vouloir ainsi braver la mort ou ce que tu cherches à oublier en te vautrant dans des endroits de ce genre, mais ce n'est pas auprès de moi que tu rachèteras tes péchés. Comme tu peux le constater, mis à part l'apparence et l'odeur, je n'ai que peu de points communs avec un vieillard sans défense alors trouve toi une autre demoiselle en détresse pour faire ta bonne action du jour. Cette affaire dépasse de très loin tes habituelles rixes de bar, si tu t'obstines, tu ne te réveilleras pas demain dans une mare aux cochons avec un coquard et une dent en moins pour tout souvenir."

Sa voix était rauque, il ne s'agissait que de quelques mots mais il n'avait plus autant parlé depuis longtemps et même après toutes ces années, ses cordes vocales gardaient encore des traces de la déshydratation sévère à laquelle il avait été soumis lors de son séjour dans les geôles de Vraorg. Habituellement, il aurait assommé ce gêneur et affronté ses propres périls sans autre forme de procès mais d'une part, la situation n'était pas habituelle, et d'autre part, il se dégageait de l'homme à ses pieds quelque chose de différent. Une chose qu'Aldakin ne retrouvait pas chez l'individu lambda et qui donnait à cet ivrogne une valeur que les autres n'avaient pas. Pour une raison qu'il n'aurait pu mentionner, le Prêcheur ne voulait pas laisser cet abruti courir de la sorte vers sa propre mort. Peut-être était-ce cette douleur infinie que l'homme dissimulait derrière ses rétines et qui n'était pas sans lui rappeler son propre chemin de foi à travers la disparition de Néant, peut-être était-ce la simple bonté d'âme témoignée à son égard par un homme qui ne l'avait jamais rencontré mais qui semblait prêt à mourir avec lui. Quelque chose en tout cas était parvenu à troubler l'habituel détachement avec lequel Aldakin considérait ses semblables.

"J'apprécie ton aide, mon garçon. Sincèrement. Tu es un homme bien et c'est pour cela qu'en dépit de ce que tu peux penser, tu mérites de vivre encore."

Sur ces mots, le Prêcheur releva solennellement son bâton, dans l'intention plus qu'évidente d'assommer une bonne fois pour toute son petit-fils d'un soir.
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MessageSujet: Re: Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin] Dim 9 Avr 2017 - 17:15

Un homme qui n'a déjà vécu que trop longtemps… Pour des raisons toutes personnelles, la réponse de l'homme le troubla. Il n'aurait été que trop d'accord avec cette description si elle avait dû s'appliquer à lui-même mais qu'est ce que l'autre avait bien pu vivre pour en arriver à la même conclusion ? Bien des choses à première vue et pas que des sympathiques. Briser des convictions hein ? Qu'est ce qu'il voulait dire par là ? Avait-il torturé des gens ? Tomyn n'avait que très peu de bienveillance envers ceux qui s'amusaient de la douleur des autres mais en vérité cet être là n'avait pas l'air de s'amuser de grand chose. Il était trop sérieux... Mortellement sérieux même. En particulier quand il essayait de… Le tuer ?

C'est avec un curieux détachement mêlé de perplexité qu'il se sentit tomber. Ses réflexes affûtés ne lui furent pas très utiles face à la maîtrise totale de son adversaire. Autant pour lui, il était tombé sur un papy parfaitement à même de rosser son petit fils ! Dracos, mais c'était qui ce type ? Curieusement ce fut le discours plus que l'extrémité du bâton posé sur sa gorge qui lui fit montrer les dents :

"Mes décisions m'appartiennent vieux fou alors ôte toi de mon chemin avant que je ne m'énerve"

Et puis d'abord qu'est ce qu'il en savait de ses habitudes ? D'où et comment il se réveillait ? Et surtout de ce qu'il pouvait bien mériter ? Rien du tout et c'est pourquoi il n'avait aucun droit de viser si juste, c'était tout bonnement trop agaçant. D'autant plus qu'il n'allait pas lui permettre de mettre ses menaces à exécution, Tomyn le pressentait et le tigre en lui se préparait à une riposte désespérée avant que le bâton ne retombe. Mais c'est finalement un projectile qui le sauva.

"Oh oh…"

Apparemment impatientés par le temps pris par leurs victimes pour sortir de l'auberge, les malandrins s'étaient décidé à passer à l'action.

"Attention ils vont mettre le feu !"

Hélas l'avertissement venait trop tard. Loin d'être de simples cailloux les projectiles étaient en fait des bouteilles astucieusement transformées en brasiers. Une table prit feu, puis une deuxième toute proche du comptoir qui tout baigné d'alcool qu'il était ne traînerait pas à flamber aussi. En quelques secondes seulement ce fut la confusion. L'aubergiste et sa femme se précipitèrent pour éteindre le feu tandis qu'Audrey la serveuse se ruait comme une folle dans les escaliers, scène qui tira un grognement à Tomyn :

"On va prendre racine ici ?"

La question n'attendait pas de réponse, il savait que l'autre n'avait pas vraiment d'autre choix que de le relâcher.

"Vite, occupe toi de ces deux là !"

Contre toute attente les deux aubergistes étaient parvenus à éteindre le plus gros foyer mais les gredins dehors n'allaient pas tarder à lancer d'autres projectiles si personne ne sortait. De plus une épaisse fumée envahissait à présent la pièce, provoquant toux et larmoiements. C'est donc à moitié aveuglé que Tomyn se précipita dans l'escalier, pile à temps pour réceptionner le fils d'Audrey, un robuste garconnet de 6 ou 7 ans qu'il avait souvent amusé de ses tours. La serveuse suivait son gamin et c'est tout suffoquants que ces trois là rejoignirent les trois autres qui arrivaient déjà à la porte. Sans être tout à fait écartée, la menace d'incendie était à peu près maîtrisée mais la fumée ne leur laissait pas d'autre choix que de se précipiter dehors. Ce qu'ils firent donc tous.

"On a des femmes et un gamin avec nous !"

Son cri leur sauva la vie car les hommes avaient déjà bandés leurs arcs et une flèche alla même se planter dans la chambranle en frôlant le crâne du papy. S'en suivit une discussion assez vive entre les malandrins qui n'étaient apparemment pas tous d'accords sur le sort à réserver à ces gêneurs. N'osant tirer son épée devant tant de pointes de flèches, Tomyn chercha une échappatoire du regard mais il n'y en avait guère. Ils étaient coincés contre la porte de l'auberge, entouré par une douzaine d'hommes résolus qui fixaient son compagnon de boisson d'un air meurtrier. Voyant cela et pressentant que le concerné par toute cette haine ne tarderait pas à prendre la parole, Tomyn lui écrasa sans ménagement le pied. Sans être un maître de la diplomatie il était à peu près certain que tout ce que pourrait dire le papy serait d'une manière ou d'une autre mal interprété. Il ouvrit donc la bouche pour tenter lui même de parlementer mais s'interrompit en reconnaissant un visage fort différent des autres :

"Vous devriez… Voronwë ?"

Perturbés, les agresseurs cessèrent aussitôt leur dispute et Tomyn pu ainsi repérer deux groupes au sein de la troupe. Le premier mené par un homme à la carrure lourde et au front bas, le second mené par un elfe agile aux courts cheveux blonds. Ce dernier n'avait que rarement croisé le chemin du messager qui le connaissait comme étant un excentrique plutôt mal considéré par son peuple et souvent mêlé à de sombres histoires humaines. Toutefois le beau peuple avait bonne mémoire et il ne fallu qu'une très courte réflexion à Voronwë pour marmonner avec un froncement de sourcil :

"To-myn… Le 1er des adoptés. L'empereur sait-il que son courrier dort au fond d'une auberge d'Aldaria ?"

Tomyn dissimula le choc provoqué par le simple accent chantant de la créature sous un sourire contraint :

"J'ai raccroché"

Sa réponse ne lui attira qu'un haussement de sourcil peu convaincu de l'elfe qui n'insista pourtant pas. Son regard insondable étudia la scène. Le couple d'aubergistes serrés l'un contre l'autre, la mère et son fils protégés par le corps de Tomyn et enfin le plus âgé qui n'avait encore rien dit. Il secoua finalement la tête :

"Il va te falloir retrouver du travail pour me rembourser ce à quoi je renonce aujourd'hui To-myn. Je pars, et j'emmène ceux là."

Sa dernière phrase s'adressait à l'homme au front bas qui gronda de colère, apparemment très mécontent de se faire abandonner par la moitié de sa troupe. Un instant Tomyn cru, et espéra, que les deux bandes allaient se sauter à la gorge mais l'elfe exerçait une solide autorité sur les humains qui le suivaient et bien qu'il ne soit pas quelqu'un de très fréquentable le messager lui faisait confiance pour ne pas faire de mal à un enfant et à son entourage. C'est donc sans hésitation qu'il fit signe aux aubergistes et à Audrey de se diriger vers l'elfe et ses hommes qui les entourèrent avant de reculer en un seul bloc discipliné. Avant de finalement disparaître l'elfe se permit une dernière pique facétieuse cette fois dans sa langue :

"Im'eio li anant ei herdir Elnuriön. Hyn'va mered däng tybaê."
J'irai demander mon dédommagement à ton maître, 1er des adoptés. M'est avis qu'il sera heureux d'entendre parler de toi !

Le rire cristallin de l'elfe résonna dans la ruelle tandis qu'il disparaissait sans se préoccuper de la réponse grossière du concerné :

"Vraorg Mab'a Rösciôn saew !
Vraorg t'emporte fils de fouine venimeuse !

Mais il ne pouvait que ravaler sa fureur car il restait encore six malfrats en plus de leur chef peu sympathique. Les archers ayant tous fait partie de l'autre groupe ces hommes là étaient armés d'outils en tout genre et de lourds bâtons qu'ils tenaient sans adresse mais avec une résolution quasi fanatique, sans quitter le plus âgé des yeux. Oldarin tinta doucement lorsque Tomyn la tira de son fourreau, esperant que la vue de la lame elfique appuyée par l'aura intimidante de son totem suffirait à calmer suffisamment ces gens mais c'était peine perdue. Ils étaient trop déterminés. Sifflant entre ses dents, il murmura à l'adresse de son compagnon :

"Par le Dracos, tu as violé et égorgé leurs grand-mères ou quoi ? Débrouille toi pour nous tirer de là, je dois absolument retrouver l'elfe."

Et vite, parce que si il allait bel et bien droit chez Aegnor ça allait faire du vilain…


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MessageSujet: Re: Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin] Jeu 27 Avr 2017 - 11:57

Il ne comprenait pas comment le cours des événements avait pu dégénérer à ce point. Il avait pourtant préparé cette soirée aussi méticuleusement que d'habitude, pensé et repensé son plan dans ses moindres détails, planifié plusieurs échappatoires pour palier à un maximum d'éventualités. Mais rien n'y fit, le destin ou la malchance, peut-être les deux combinés, se faisaient un devoir de rendre chaque minute de cette soirée pire que la précédente. Les projectiles enflammés et le début d'incendie qu'ils déclenchèrent parvinrent à arracher un juron agacé à l'imperturbable Prêcheur. Sans prononcer le moindre mot, ce dernier relâcha son emprise et libéra le fumeur de pipe pour porter assistance au couple d'aubergistes qui, armés de grands linges humides, s'attaquaient aux flammes naissantes. La bâtisse était sauve mais à l'instar de lapins enfumés au fond de leur terrier, les occupants n'eurent d'autre choix que de se jeter devant les arcs de leurs chasseurs. Une flèche siffla sinistrement aux oreilles d'Aldakin mais alors même qu'il appréhendait déjà la douleur des pointes acérées transperçant ses chairs, l'intervention de son petit-fils d'un soir suffit à retenir la nuée de projectiles qui avait été préparée à son intention. La prudente sagacité du Prêcheur, nettement encouragée par un pied venu lourdement écraser le sien, lui suggéra de se tenir coï et de laisser à son compagnon d'infortune le soin de mener les négociations. Idée d'autant plus lumineuse qu'il semblait bien que le fumeur de pipe et au moins l'un de leurs agresseurs se connaissaient, encore fallait-il déterminer s'il s'agissait d'une bonne ou d'une mauvaise nouvelle. Pour l'instant du moins, ils étaient encore vivants et compte tenu des circonstances, Aldakin pouvait s'en estimer heureux. Sans quitter des yeux les brigands qui lui faisaient face, l'ancien général nota mentalement que son allié du moment se prénommait Tomyn et était -ou plutôt avait été- en cheville avec les elfes. Et à un niveau relativement élevé dans la hiérarchie qui plus est. Etait-ce à cette influence passée qu'ils devraient leur salut ? Peut-être bien, au moins partiellement du moins car le nombre de leurs opposants diminua bientôt d'une bonne moitié et leurs chances de survie s'améliorèrent d'autant. Voire même d'un peu plus, les postures et les gestes des voyous qui leur faisaient encore front trahissant un manque flagrant d'expertise et de professionnalisme. A l'inverse des hommes qui avaient suivi l'elfe, ceux là n'avaient rien de mercenaires entraînés, il ne s'agissait plus que de vulgaires brigands des rues. Cette encourageante perspective ne soulagea pourtant pas l'ancien militaire alayien autant qu'il aurait pu le souhaiter car un mot, ou plutôt un nom, était venu lui chatouiller désagréablement l'oreille. Il ne comprenait pas l'elfique, mais entendre son soi-disant petit-fils citer Vraorg ne lui plaisait pas beaucoup. En temps voulu, Aldakin se promit de tirer cela au clair mais dans l'immédiat, il devait encore disposer de sept hommes en armes et un petit coup de main ne serait pas un luxe dans cette entreprise. Face à la question abordant les relations qu'il entretenait avec les grands-mères de leurs agresseurs, Aldakin haussa un sourcil réprobateur avant de dégainer son épée et concéder une réponse blasée :

" Pas exactement non. "

Son dernier mot fut à moitié englouti par le hurlement guttural que poussa l'un des voyous pour se donner le courage de se jeter sur eux, bientôt suivi par le reste de la petite bande. Le combat fut bref mais pas moins violent pour autant : bâtons, épées, haches et même une pioche s'entrechoquèrent en un sinistre concert que les cris et gémissements des blessés vinrent bientôt ponctuer. La maîtrise toute militaire de l'ancien meneur de troupes combinée à la férocité presque... bestiale... du fumeur de pipe fit merveille. Esquives, parades et contres s'enchaînèrent avec une mortelle fluidité, tant et si bien qu'il ne demeura bientôt plus que sept corps gisant inanimés autour du duo improvisé. La tension ne retomba cependant pas pour autant car à présent que le vacarme du combat avait cédé sa place au silence, on pouvait entendre résonner dans les ruelles les pas précipités de la garde alertée par quelque âme charitable.

" Filons. Je ne tiens pas à leur expliquer que nous sommes les victimes dans cette histoire. "

De biens coupables victimes, certes, mais son ton n'incitait pas à une quelconque objection et ils s'éloignèrent finalement d'un pas rapide. Ils auraient pu se séparer là et repartir chacun de leur côté pour ne jamais plus se revoir, mais Aldakin n'en avait pas encore terminé avec son petit-fils d'un soir. Tandis qu'ils se dérobaient à la faveur des ruelles sombres, le Prêcheur se risqua nonchalamment à un interrogatoire en bonne et due forme :

" Qui est cet elfe exactement ? Je devine facilement que ses employeurs l'auront généreusement payé pour qu'il ramène ma tête, alors pourquoi a-t-il si facilement tourné les talons en te voyant mêlé à cette histoire ? Vous ne ressemblez pas vraiment à l'idée qu'on se fait de meilleurs amis du monde. Et d'ailleurs, pour quelle raison tiens-tu tellement à le retrouver ? "

Avec un peu de chance, il se trahirait ou au contraire s'innocenterait sans en avoir conscience mais une chose était certaine, Aldakin ne laisserait pas ce Tomyn filer avant d'avoir percé le pourquoi de cette citation de Vraorg. Toutefois, encore fallait-il pour cela encourager son compagnon à répondre à ses questions.

" En échange, je m'engage à te révéler mon identité et les raisons de l'hostilité que témoignaient ces hommes à mon égard... "

Certes, il misait beaucoup sur la curiosité du fumeur de pipes mais d'une manière ou d'une autre, l'ancien Prêcheur parvenait toujours à obtenir les réponses aux questions qu'il posait.
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MessageSujet: Re: Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin] Mar 2 Mai 2017 - 11:41

Pas exactement ? Est-ce qu'il y avait un sous-entendu là dessous ? Tomyn s'en serait amusé si il avait eu ne serait-ce qu'une seule seconde pour le faire mais le hurlement du voyou et surtout la charge en règle qui suivit ne lui en laissa guère le temps. Instantanément plongé dans son élément, son totem prit le dessus et pendant de longues minutes Tomyn se laissa totalement porter par ses instincts. A l'instar du fauve en lui, il ne permettait aucune dépense inutile d'énergie lorsqu'il combattait. Chaque geste, chaque déplacement avait un but précis qu'il accomplissait avec une détermination froide et assumée. A son poing, la lame elfique perdrait rapidement sa froide dorure au profit d'une chaude teinte écarlate. De temps à autre, un observateur éclairé pouvait remarquer un geste ou un ensemble de mouvements qui ne ressemblait guère à ceux enseignés dans les écoles de combat humaines. De petite frappe Elenaenne à messager royal du prince puis du roi Gregorist jusqu'à sa vie au coeur des forêts Elfique, Tomyn avait inconsciemment fait évoluer sa technique de combat au fil de ses aventures. En résultait un étrange mélange qui, couplé aux nombreuses spécificités d'Oldarin et à quelques sorts de bas niveau faisait de lui un adversaire parfaitement ingérable. Sans être un bretteur hors normes, loin de là, il demeurait largement capable de se débarrasser sans dommages d'agresseurs aussi inexpérimentés et de prendre encore le temps de remarquer sans véritable surprise (sa chute dans l'auberge restait fraîche dans sa mémoire) la maîtrise implacable dont faisait preuve le plus âgé. Très vite, ce fut terminé.

"Non, d'autant plus qu'ils ne me croient jamais."

L'ironie de sa réponse sembla se fondre dans la nuit tandis qu'eux même faisaient de leur mieux pour disparaître dans les petites rues mal famées. Sans connaître Aldaria aussi bien qu'Elena, Tomyn restait doué pour cet art et son compagnon semblait expérimenté aussi dans ce domaine. C'est donc sans trop de mal qu'ils s'éloignèrent des éclats de voix des gardes qui découvraient le carnage. Silencieux pour une fois, Tomyn marchait sans véritable but.
Son visage assombrit disparaissait presque entièrement sous sa capuche mais elle ne suffisait pas à masquer tout à fait le pli dur de ses lèvres. Ce n'était bien sur pas la première fois qu'il tuait un ou même plusieurs hommes mais ce n'était pas une raison pour s'en réjouir. Il n'avait jamais aimé ça. Bon il ne se laissait pas détruire par les remords non plus, loin de là et il mentirait en prétendant ne pas prendre plaisir au frisson du combat mais la mort… Brrr. Voilà bien un Esprit qu'il n'avait jamais apprécié de croiser. Et puis tout ce sang lui avait rappelé une autre scène, un autre regard entre amour et souffrance. Heureux que son visage soit invisible, il cligna des yeux pour en chasser l'humidité qui troublait son regard. Il lui fallait un verre de toute urgence. Plusieurs. Assez pour tout oublier. De toutes façons il ne rattraperait plus l'elfe à présent alors à quoi bon ? Autant s'échouer dans une autre auberge, ce n'était pas ça qui manquait dans la ville, et si il prenait fantaisie à Eveanelle de venir l'y cueillir et bien grand bien lui en fasse !

Tout à ses amères réflexions il avait presque oublié son compagnon et sursauta presque lorsque sa voix creva le silence. Une fugitive envie de le planter là le traversa et il ne tenta même pas de s'en cacher. Toutefois l'autre avait joué sur sa curiosité et ne s'était pas tout à fait trompé de stratégie à ce sujet. Pendant un court moment deux Tomyn semblèrent s'affronter. D'un côté l'homme détruit, dégoûté de la vie et horrifié par la mort, qui ne pensait qu'au trajet le plus court vers l'ivresse et l'oubli. De l'autre l'ancien Tomyn gouailleur, plein de vie et plus curieux qu'une volée de pies. C'est finalement quelque chose comme un savant mélange des deux qui répondit avec un haussement d'épaules :

"Voronwë n'a pas d'amis. Uniquement des clients et des employeurs. Comme tout elfe qui se respecte il a élevé son métier au rang d'art. Il vend ses services autant que ses informations et tant pis pour les conséquences y compris sur son propre peuple. C'est un… Enessil. Un indigne."

Il avait prononcé les derniers mots à voix basse avec une certaine retenue mais sans pouvoir cacher tout à fait une légère note de mépris. Ce n'était pas son genre que de rejeter quelqu'un simplement pour sa différence mais l'elfe blond avait fait trop de mal aux siens pour que Tomyn, en tant qu'adopté du peuple elfique, puisse totalement passer l'éponge. Et tant pis si lui même essuyait parfois le même genre d'insultes de la part des plus conservateurs, et ça n'allait pas s'améliorer ! Cette pensée lui tira un sourire acide :

"Il va se faire un plaisir de partager encore plus ce titre avec moi dès qu'il aura annoncé notre rencontre aux elfes. Ils sont sensés me croire mort, ma survie va en offenser plus d'un. Voilà pourquoi j'aurai voulu le retrouver, mais c'est peine perdue."

Un caillou vola sous sa chaussure, victime inoccente de sa colère et de son impuissance. Quel malchance tout de même que cette rencontre ! Mais ce qui était fait était fait. Quand bien même l'aurait il retrouvé qu'il n'aurait de toutes façons pas eu de quoi payer pour son silence. Résigné, il tourna la tête vers son interlocuteur et s'étonna de voir l'expression d'attente de son visage. Eh bien quoi ? Sa petite vie l'intéressait-elle tant que ça ? Un peu plus tôt il avait voulu s'en débarrasser et maintenant il semblait presque déçu de ne pas en apprendre plus. Il était presque… flippant. Le presque était de trop d'ailleurs. Qu'est ce qu'il lui voulait à la fin ? Brusquement mal à l'aise dans cette obscurité, il tenta :

"On devrait retourner à la civilisation non ?"

Puis, comme l'autre ne semblait pas décidé à réagir, il se décida à préciser :

"J'ai vécu parmi les elfes pendant des années. Et en partant j'ai… J'ai trahi ma parole. Ça n'avait pas d'importance puisque j'étais mort mais à présent…"


Eh bien à présent il ne pouvait pas supporter l'idée qu'on le voit comme un déserteur, là.. Si il n'était pas revenu c'était avant tout car il estimait qu'il n'avait plus rien à offrir à son peuple d'adoption et que c'était mieux ainsi mais sa résurrection changeait tout. Qu'allait penser l'empereur ? Et tous les autres ? Ses ennemis railleraient ses amis en se vantant d'avoir eu raison depuis le début. Beaucoup seraient déçus, voir affaiblit dans leur influence. Tomyn ne pouvait tout simplement pas laisser faire. Mais rien que l'idée d'aller affronter tout cela l'épuisait. Il était loin le temps ou un tel raffut au sein du royaume elfique l'aurait amusé. Comme pour oublier tout cela quelques minutes au moins, il interrogea :

"Et toi alors ? Qui es-tu ? Tu ne viens pas d'ici n'est-ce pas ?"

Bien sur il parlait simplement d'Aldaria, l'homme dégageait l'aura d'un voyageur sans racines mais Tomyn était loin de se douter à quel point il était dans le vrai. Plissant les yeux, il le fixa avec plus d'attention encore :

"Pourquoi est ce que j'ai l'impression de t'avoir déjà vu ?"

Et d'où diantre pouvait bien lui venir cette sensation de malaise ? Il ne pu cette fois retenir le geste inconscient qui lui fit caresser nerveusement la poignée d'Oldarin.



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MessageSujet: Re: Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin] Jeu 4 Mai 2017 - 12:08

Aldakin connaissait peu les elfes, la nature profondément magique de ces créatures n'offrant que peu d'alternative quant aux relations qu'un fervent serviteur du Néant se devait d'entretenir avec eux. Quelques années plus tôt, celui qu'on appelait Prêcheur avait en effet minutieusement planifié le génocide pur et simple de cette espèce, sans haine et avec force compassion, mais sans aucune pitié. Ainsi avaient-ils été des dizaines, des centaines même à périr sous sa lame ou celle de ses partisans : hommes et femmes, enfants et anciens, bons ou mauvais, aucune distinction n'avait été faite et tous avaient reçu un égal traitement. Avec un tel passif, pas étonnant que même après l'échec des armées Alayiennes et l'alliance contre Vraorg, le Beau Peuple se soit assuré de garder ses distances. Intellectuel curieux, Aldakin s'était néanmoins suffisamment intéressé à ceux dont il avait juré la perte pour savoir qu'ils formaient pour l'essentiel un peuple très attaché à ses règles et à ses lois, aussi pouvait-il comprendre toute l'ampleur de ce que le titre ''indigne'' pouvait représenter dans la bouche de son compagnon d'infortune. Il était trop tôt encore pour en tirer une quelconque conclusion, mais on ne pouvait écarter la possibilité que ce titre fut lié à la mention de Vraorg intervenue quelques instants auparavant. Silencieux, l'ancien général laissa venir à lui les renseignements que l'on daignait lui donner, esquissant mentalement le schéma d'une relation visiblement très complexe entre l'humain et le peuple des forêts. Lorsque le fumeur de pipe estima en avoir suffisamment dit et inversa le sens de l'interrogatoire, Aldakin n'était pas encore parvenu à le percer à jour mais son intuition lui laissait entendre que son interlocuteur n'était pas du genre à se confier si facilement et que le peu qu'il avait consenti à expliquer représentait vraisemblablement déjà beaucoup. Homme de parole, le Prêcheur esquissa l'ombre d'un sourire, ou plutôt d'un rictus chargé d'ironie, lorsque l'autre lui fit part de son impression de déjà vu. Sa main glissa prudemment vers la garde de son épée, juste au cas où ses révélations animeraient une quelconque animosité dans le coeur de son interlocuteur. Ce dernier entretenait peut-être une relation difficile avec les elfes, mais il transpirait dans son discours une certaine forme d'affection, peut-être n'apprécierait-il pas de découvrir l'identité de son grand-père d'un soir.

" Tu as raison, je ne viens pas d'ici. Et je suppose que ton sentiment provient du fait que je possédais par le passé une certaine notoriété. J'ai promis de te révéler mon identité et je tiendrais parole, mais tu risques de ne pas apprécier cette information. Es-tu certain de vouloir poursuivre cette conversation ? Je ne prends aucun plaisir à tuer, mais je suis un homme déterminé... "

L'avertissement avait au moins le mérite d'être clair et honnête, même si de ce qu'il avait pu en juger précédemment, tuer son petit-fils ne serait pas une partie de plaisir. Ce dernier ne sembla d'ailleurs pas se dégonfler et après un dernier soupir de lassitude, Aldakin concéda finalement :

" Jadis, ceux de ton peuple m'ont donné le surnom de Prêcheur. Je me nomme Aldakin et je suis venu d'Alayia pour rétablir la vérité sur le Néant et apporter la foi de l'Unique en Armanda, du moins était-ce la raison première de mon voyage. "

Sa main se crispa instinctivement sur la garde de son épée mais le fumeur de pipe n'avait pas encore esquissé de réaction, hostile ou non. Il encaissait probablement la nouvelle et étant donné le considérable décalage entre ce que le Prêcheur représentait jadis et l'image qu'il renvoyait aujourd'hui, c'était parfaitement compréhensible. Profitant de ces quelques instants supplémentaires, Aldakin poursuivit :

" Vraorg et les événements qui ont suivi ont quelque peu altéré le cours de ma vie, comme tu pourras facilement le comprendre. Ainsi, depuis la chute du tyran blanc, je consacre mon existence à la traque de ses derniers adorateurs afin que jamais son culte ne renaisse. Nous avons côtoyé quelques-uns de ses partisans dans l'auberge, je suis venu m'asseoir à ta table pour écouter leur conversation mais je n'avais pas envisagé qu'ils aient pu recruter des mercenaires pour me tendre cette embuscade. "

L'ancien général s'immobilisa brutalement, ses jambes s'écartant en une posture défensive parfaitement maîtrisée tandis que son regard transperçait celui de son compagnon pour y guetter le moindre frémissement de la pupille qui put trahir un quelconque sentiment d'agressivité. Il n'espérait certainement pas la moindre chaleur mais à présent qu'il avait dévoilé son jeu, il ne manquerait pas jouer carte sur table :

" A présent, je vois trois issues possibles à cette conversation. Dans la première, la colère ou la vengeance animent ton coeur et tu veux me tuer pour ce que je représente ou ai représenté, nous réglons ce différent ici et maintenant. Dans la seconde, tu es conscient qu'il vaut mieux pour chacun d'entre nous ne pas en arriver là et nos routes se séparent pour, souhaitons le, ne jamais se recroiser. "

Aldakin laissa planer un silence de quelques secondes, comme pour mieux laisser à son partenaire le temps de la réflexion. Toutefois, quiconque maîtrisait les plus élémentaires rudiments de mathématiques aurait remarqué qu'il restait encore une issue que le Prêcheur n'avait pas mentionnée :

" Dans la troisième... il n'est pas impossible que je daigne t'apporter mon assistance. Même si tu ne savais pas exactement ce que tu faisais alors, je m'estime redevable envers toi car tu m'as aidé. Si tu le souhaites, je peux t'aider à retrouver cet elfe, Voronwë. Bon gré mal gré, le fait est que j'ai une certaine expérience dans le domaine de la traque à l'homme - ou à l'elfe - et j'ai désormais moi aussi des raisons de vouloir le retrouver. "

Les révélations du fumeur de pipe lui avaient en effet confirmé ce qu'il avait lui-même déduit, l'elfe n'était qu'un mercenaire qui avait été employé pour l'éliminer. Voronwë avait échoué, ou plutôt renoncé, donc il y aurait bientôt une autre bande d'assassins lancé à ses trousses. Aldakin avait par le fait même une très bonne raison de vouloir connaître l'identité du commanditaire de l'embuscade qui lui avait été tendue ce soir.
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MessageSujet: Re: Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin] Dim 7 Mai 2017 - 11:30

Piqués par une curiosité de plus en plus insatiable, les neurones de l'ancien messager tournaient à plein régime. Mais en même temps avait-on idée d'être aussi mystérieux ? Une ancienne notoriété, un parfum de danger, un avertissement absolument pas voilé… Ah mais il allait accoucher oui ou non ? Il crevait tellement d'envie d'en savoir plus pour le coup qu'il ne réalisa qu'à peine que l'autre avait carrément émit l'hypothèse d'un éventuel combat à mort. Absolument pas intimidé, Tomyn se contenta de froncer les sourcils avec irritation. Pour peu que la révélation ne soit pas à la hauteur de tout ces mystère et il… hein ?

"…"

Il aurait bien aimé dire quelque chose, l'instant semblait d'ailleurs délicieusement bien choisi pour l'une de ses répliques facétieuses mais son esprit était vide. Machinalement, il caressa sa canine abimée de la langue tout en écoutant distraitement le rugissement de son propre sang dans ses oreilles. Est ce qu'il était en colère ? Il lui semblait qu'il devrait l'être. Aldakin du Néant avait causé la mort de nombreux elfes, plus particulièrement parmis les plus jeunes, les plus impétueux et donc parmis les amis de Tomyn. Il avait été un ennemi implacable du beau peuple et donc son propre ennemi. Ses doigts d'ailleurs le démangeaient et c'est avec une lente curiosité qu'il baissa les yeux sur eux, constatant avec un certain intérêt poli leur envie d'aller étrangler proprement le Serviteur de Néant. Ses muscles s'étaient tendus instinctivement, son esprit se faisant froid et calculateur comme à chaque combat. Il était prêt, Mortellement prêt et peu disposé à se laisser arrêter par la forte probabilité de sa propre mort. Pourtant, il restait figé.

"J'ai été trop malmené par la colère et trop déçu par la vengeance pour y faire appel à nouveau. Qu'importe qui tu étais, je suis fatigué du passé."

Et c'était vrai, terriblement vrai. Il y avait en lui une lassitude si puissante qu'il se demandait chaque matin comment il allait bien pouvoir la soulever et accomplir sa peine. Le bouillonnement s'apaisa en lui, tout comme son regard qui passa de l'océan tempétueux à une mer lisse et calme. Il semblait vieillit, mais résolu. Revenir en arrière n'était pas possible mais il pouvait au moins lutter pour empêcher son passé de lui revenir en pleine figure. Non sans un certain effort, il ironisa :

"Puisque monsieur daigne m'apporter son expertise, je serai mal avisé de refuser."

D'autant plus que leur duo risquait fort de détonner entre les capacités particulières de l'ancien serviteur et les talents tout aussi spéciaux de l'ancien messager… Vraiment leurs aventures risquaient de s'avérer intéressantes à suivre. Mais il valait mieux mettre les points sur les i tout de suite, aussi secoua-t'il la tête :

"Je ne doute pas de tes talents, et je ne suis pas mauvais non plus lorsqu'il s'agit de pister ce genre de courant d'air mais crois moi, on ne le retrouvera pas comme ça. Il a trop d'avance. Il nous faut une autre stratégie."

Plus sérieux qu'à son habitude, il exposa ses réflexions à voix haute :

"Voronwë tient à sa réputation, il sait que c'est ce qui lui permet de retrouver des contrats intéressants. Il va chercher à rembourser son employeur afin de ne pas être en dette envers lui avant de quitter la ville. C'est à ce moment là qu'on pourra le retrouver."

C'était dans leur intérêt à tout les deux car ainsi Aldakin mettrait la main sur le commanditaire de son propre assassinat et lui pourrait traiter avec l'elfe pour le convaincre de l'oublier. Distraitement il se gratta la tête :

"Tu as parlé d'adorateurs de Vraorg… Le commanditaire est certainement leur meneur. Je suppose que tu ne connais pas son identité ?"

C'était une question pour la forme, dans le cas contraire il était à peu près sur que l'homme ne serait plus là pour mener quoi que ce soit. Avec un petit sourire enjôleur il interrogea :

"Mais tu dois bien connaître l'identité de quelques autres cultistes non ? A toi tout seul tu n'as pas dû encore faire tout le ménage. Et si on allait leur poser quelques questions ?"

Ce n'était pas quelque chose qu'il aimait faire mais il n'avait pas d'autres idées. Et puis il fallait tout de même en avoir un sacré grain pour adorer Vraorg, non ? Son humeur sombre s'aggrava tandis qu'il barricadait soigneusement ses sentiments…


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Aldakin le Zélé
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MessageSujet: Re: Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin] Lun 22 Mai 2017 - 14:13

La profondeur du silence qui s'était installé entre les deux hommes après les révélations de l'ancien Prêcheur n'avait d'égale que l'intensité presque électrique qui emplissait l'air ambiant. A l'instar de deux fauves guettant le moment idéal pour se sauter l'un à la gorge de l'autre et réciproquement, chacun de leurs muscles semblait se tenir prêt à l'affrontement. Par chance, par miracle ou peut-être par simple lassitude, il n'en fut cependant rien et la tension retomba au fil des mots du fumeur de pipe. Visiblement, il était tout autant qu'Aldakin disposé à enterrer le passé et à faire table rase des anciens conflits. Le Prêcheur se garda bien de laisser transparaître le soulagement qu'il ressentit à cet instant et se concentra immédiatement sur les détails de leur future coopération. Fait rare, il consentit même à afficher un sourire qui ne se révéla finalement qu'une ombre de rictus tant ses traits et ses lèvres étaient peu coutumiers de cet exercice :

" Je n'avais pas non plus l'intention de me lancer à sa poursuite tel un chien fou courant après le premier cavalier qui passe. "

Eternel pragmatique, Aldakin écouta religieusement et apprécia à sa juste valeur le raisonnement de son petit-fils d'un soir. Ce dernier réfléchissait vite et bien, sans céder la bride à son impulsivité. Il s'exprimait avec clarté et concision, posait les faits, en tirait des conclusions d'une appréciable justesse et développait une stratégie en adéquation avec ses déductions. Autant de qualités qui ne manquèrent pas plaire à l'ancien militaire, lequel se surprit à imaginer la brillante carrière que ce Tomyn aurait pu mener dans les rangs alayiens.

" C'est le problème avec une organisation aussi éparse et secrète : les cultistes n'ont pas qu'un seul meneur, ils sont une multitude de petites poches plus ou moins indépendantes. Quand on croit les avoir éradiqué, on découvre qu'il en existe d'autres et d'autres encore, c'est un éternel recommencement. "

Avec des gestes lents pour ne pas risquer un quelconque malentendu, Aldakin glissa la main sous sa vieille chasuble élimée et tritura une petite sacoche de cuir usé accrochée à sa ceinture. Il en sortit un petit carnet dans un tout aussi triste état et commença à en feuilleter les pages jaunies. L'encre étant un luxe auquel le Prêcheur n'avait plus vraiment accès, il y écrivait à l'aide de morceaux de charbon de bois et la plupart des notes supportaient très mal l'usure du temps mais avec l'expérience, il était parvenu à déchiffrer et donner un sens à ce qui au regard du profane n'était plus qu'un vague gribouillis sans signification. Le carnet renfermait pour l'essentiel des listes de noms, de lieux, des dates, parfois de vagues plans ou de très incertaines cartes. Certains étaient rayés, d'autres s'accompagnaient de symboles dont seul Aldakin possédait la clé. Du bout de son doigt crasseux, ce dernier désigna finalement l'un des noms en expliquant :

" J'espérais pouvoir utiliser les renseignements que je devais collecter ce soir pour confirmer mes soupçons, mais selon toute vraisemblance, cet homme se situe en bonne position dans la hiérarchie des cultistes d'Aldaria. Si je devais poser des questions, c'est probablement par lui que je commencerais, mais ce ne sera pas facile... "

Un rapide regard en biais lui confirma qu'il bénéficiait toujours de l'attention du fumeur de pipe aussi poursuivit-il avec raideur, relisant avec une froideur toute mécanique ses notes :

" Cycen Riehelm, autrefois propriétaire d'un commerce d'objets magiques rares. Il s'est enrichi grâce au marché noir et au trafic d’artefacts lorsque nous, je veux parler des Alayiens, avons pris le contrôle de l'empire Kohan et interdit l'usage de la magie. Aujourd'hui, il profite de sa fortune et de la reconstruction de la cité pour gravir les échelons de la politique Aldarienne. Il n'est qu'au début de sa carrière politique mais ce n'est qu'une question de temps avant qu'il n'en vienne à occuper une position influente. Si comme je le pense il fait partie des adorateurs de Vraorg, il représente une très grande menace. "

Sous-entendu, une menace qu'il faudrait éliminer et le plus tôt serait le mieux. Enfin, comme pour appuyer un peu plus encore sur la nécessité d'une confrontation avec Riehelm, Aldakin conclut :

" Et il a largement les moyens de s'offrir les services d'une bande de mercenaires... "

A mesure qu'il parlait, le Prêcheur prit conscience de la surprenante ''coïncidence'' avec laquelle les différentes pièces du puzzle s'assemblaient pour former un tout remarquable de cohérence. Pensif, il poursuivit, réfléchissant à voix haute :

" Riehelm vit dans les beaux quartiers de la cité, là où la garde est la plus présente et la plus réactive, nous n'aurons pas le droit à l'erreur cette fois-ci. Il a une femme, pas d'enfant, mais il s'entoure en permanence de quelques hommes de main pour veiller sur ses intérêts. Une suggestion ? "

Il avait posé la question sans vraiment en avoir eu conscience, retrouvant instinctivement les réflexes du général habitué à se concerter avec ses officiers d'état-major lorsque venait le temps de mettre sur pied un plan de bataille. Et puis, il était curieux de voir comment ce nouvel allié appréhenderait la situation. Il avait déjà envisagé la possibilité que l'homme eut pu faire un excellent soldat alayien, mais aurait-il pu prétendre à un grade d'officier si les choses avaient évolué différemment ?
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MessageSujet: Re: Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin]

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Flashback : au royaume des tigres, des oies, et des phoques [PV Aldakin]

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