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Une sauveuse inespérée [Hlin]

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MessageSujet: Une sauveuse inespérée [Hlin] Ven 17 Fév 2017 - 14:17

10 mai de l’an 7 de l’âge d’Obsidienne, 10h07

On peut affirmer que Gloria est une ville étrange. Déjà par sa taille. Moi qui vient d’un tout petit village, bien que j’aie pu voir des villes avant d’arriver ici, je n’arrive toujours pas à me faire à l’idée de sa taille. Cela fait plusieurs mois que je suis arrivée dans la capitale du royaume et pourtant je ne me suis toujours pas habituée à son gigantisme et à tous ses détails de rues. Il m’arrive encore de me perdre dans des quartiers que je pensais connaitre ou même sur des trajets que je fais régulièrement.

Et puis il y a les gens. Tellement de monde, brassant de l’air, foulant les pavés, vendant, achetant, criant, buvant, mangeant. Tout ce monde réunit à l’étroit dans les rues. L’odeur provoquée par toute cette vie en est assez agressive et rarement agréable. Le croisement des effluves venant des égouts, tavernes, boulangeries semble me suivre partout en un indescriptible arôme, revenant tout le temps même dans la nourriture. Se procurer des plantes de qualités chez un apothicaire en devient d’autant plus compliqué que je ne peux même pas sentir l’odeur de leurs produits.

Tant de monde, de pouvoir et de richesse en une seule ville donnent deux grands résultats à mes yeux : une grande concentration de savoir, parfois stocké dans des bibliothèques ouvertes au public où j’aime me perdre dans des lectures en tout genre jusqu’à la fermeture de ces lieux. Et le deuxième point, le plus sombre. Et le déséquilibre social de cette ville, presque à l’image du royaume. D’un côté, les gens aisés, mangeant à leur faim ou au moins régulièrement, travaillant plus ou moins dur pour ça et dont la santé ne souffre pas trop de manque de soin. Il m’arrive parfois de soigner les maladies de certains d’entre eux, me permettant alors de m’acheter à manger, de payer un endroit où dormir et remplir mes réserves de médicament. Mais de l’autre, il y a ceux qui se privent pour nourrir leurs enfants, qui enfreignent la loi pour survivre, ceux qui règnent par la terreur sur un monde illégal. Les plus pauvres, qui essayent de rester dans la lumière et qui doivent bien trop souvent choisir entre manger et se soigner. C’est gens-là me font de la peine, et c’est pour eux que j’ai vraiment voulu être guérisseuse. Alors je les soigne, bien trop souvent gratuitement. Les voir sourire et revenir guérit est mon payement. Oui c’est vrai, c’est très idéaliste comme pensée, c’est mon petit côté petite fille de contes. Mais il faut bien vivre ses rêves, bien que les miens ne me nourrissent pas trop bien, même si parfois pour paiement, un pauvre hère ou un tavernier m’offre une soupe ou une nuit au chaud.

Je ne me plaints pas. Je fais ce qui me plait. Mais le problème est qu’aujourd’hui, je n’ai plus rien d’argent ou alors si peu. Alors soit je dors à l’abri soit je mange. Ce n’est pas la première fois que ce problème se pose et ça ne sera certainement pas la dernière. A chaque fois, j’ai choisi de dormir à l’abri. J’ai bien trop peur. Mais, la conséquence de ce choix était simple, j’allais me coucher le ventre vide. Un jour, je n’ai pas récupéré assez d’argent pour joindre les deux bouts. Pour remédier à cela, je n’ai pas pu faire autrement, j’ai dû me résoudre à enfreindre un de mes principes. Durant le marché, pour la première fois de ma vie, et je m’étais jurée de ne jamais recommencer, une promesse que je n’ai pas pu tenir, j’ai dû voler. Sur une étable comme ça, discrètement, personne ne m’a vu mais j’avais pourtant l’impression que tout le monde me regardait.

Et j’ai dû recommencer, régulièrement. Le peu d’argent que j’avais en arrivant, les économies que papa m’avait données et qui m’avaient aidé à tenir n’était plus qu’un lointain souvenir. Et plus le temps passé, plus la durée entre mes larcins diminuait. Ce qui me paraissait être une honte, un acte malhonnête est presque devenu une habitude. Je ne mangeais que pour survivre, et je restais bien souvent sur ma faim car je n’osais pas voler trop, de peur d’être prise et parce c’était mal.

Aujourd’hui, je dois donc recommencer. Je dors dans une vieille auberge dans la tentacule ouest. La faim me tiraille le ventre depuis hier, et le sommeil n’est pas venu pour m’apporter quelques instants de répit. La faim et la fatigue me gêne quand je dois soigner et j’ai peur de faire une erreur. Alors je dois encore me résoudre à chaparder. Je n’aime vraiment pas ça, mais si j’attends encore, je ne suis pas sûre d’avoir la force de faire quoi que ce soit d’autre. Rien que me déplacer me donne des vertiges légers, ça ne peut plus durer. Je marche tranquillement, l’air de rien, vers le marché. Là-bas, je pourrais tirer un fruit sur une étable. Je l’ai déjà, fait et je pourrai le refaire encore une fois. C’est assez facile et je ne me suis jamais fait attraper. Mais j’ai comme un mauvais pressentiment. La faim et la fatigue doivent en être la cause. Je ne vois que ça.

Sur la place du marché, une foule assez dense circulait entre les étals assez pauvrement garnis, il faut bien se le dire. Mais ventre affamé n’a pas d’oreille, et je me dirige lentement vers un maraicher. Sur son étal, reposent des pommes, et si ce n’est pas suffisant pour faire des réserves, je me dis qu’en voler une serait un début. Avec ma tenue de garçonnet, je n’ai pas l’impression d’attirer les regards, et en cas de problème, je reste assez libre de mes mouvements. Alors que le marchand discute avec un client sans regarder dans ma direction, je tends le bras et saisit une pomme aussi vite et discrètement que je peux avant de m’éloigner en essayant d’être le plus naturelle possible. Cependant je me doute bien que la démarche que j’adopte doit paraître tout sauf naturelle. Mes yeux regardent dans toutes les directions et mes mouvements sont brusques. A chaque pas je sens ma natte battre mes omoplates, preuve que ma démarche est abrupte.

Je ne fais que quelques pas, commence à peine à me détendre que quelque chose agrippe vigoureusement mon bras droit et me tirait en arrière. Ce mouvement me fait me retourner et je me retrouve face à un homme en armure. Oh non, je viens de me faire attraper par un garde ! Alors ma jolie, tu crois que tu peux voler en toute impunité ? Je vais t’apprendre moi, ce qui arrive aux voleuses dans ton genre. Mes yeux s’écarquillent de peur, et je sens la terreur se répandre dans tout mon corps. Après un instant de paralysie panique, mon corps se met à fonctionne tout seul alors que mon esprit incapable de réfléchir, bloqué par la vision de ce garde qui vient de me prendre la main dans le sac.

Comme une spectatrice hors de mon corps, je vois mon bras gauche qui tenait la pomme, la jeter à la figure de l’homme. Le projectile vient s’écraser sur le visage de l’homme pendant que dans le même temps, son genou droit reçoit un coup de pied de toute la force que je peux. Je ne me savais pas capable de ça, mais il faut croire que la peur donne des ailes. Sous le coup de la surprise, le garde me libère et j’en profite pour prendre la poudre d’escampette. Mon esprit se remet à fonctionner pour quelques secondes à peine, juste le temps de prononcer un petit Désolé avant de me mettre à courir vers l’extérieur du marché qui n’est pas trop loin.

Je cours dans une ruelle tenant ma sacoche contre ma poitrine mais le bruit derrière moi me signale que le garde me poursuit. C’est bien ma veine. Il doit être très très en colère maintenant. Pourvu qu’il ne m’attrape pas. Il va sûrement se lasser rapidement. Je tourne à gauche puis à droite puis de nouveau à gauche et encore à gauche. Je cours aussi vite que je peux mais il semble que l’homme ne veuille pas abandonner et pire encore se rapproche. A droite. Je m’apprête à reprendre à droite quand du coin de l’œil je devine une impasse et continue tout droit.

Je suis déjà à bout de souffle alors que celui du garde semble se rapprocher inéluctablement. Mes poumons me brûlent, ma sacoche pèse de plus en plus lourd et me gêne pour courir. Ma tête tourne et le monde se met à tanguer alors qu’un vertige me prend et je manque de tomber. Mais l’adrénaline aidant, je me rattrape et continue ma course qui semble perdu d’avance. Même si j’échappe au garde, je ne sais déjà plus où je suis. Je me sens fatiguée, seules la peur et la panique me font continuer à courir et il faudrait un miracle pour me sauver.
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MessageSujet: Re: Une sauveuse inespérée [Hlin] Lun 20 Fév 2017 - 2:38

      Les flashs s'abattent sur moi. Je tente de les éviter en fermant les yeux mais je n'y arrive pas. J'ai l'impression que mes paupières sont retenues ouvertes de force. Mes yeux sont si secs. Mes bras sont bloqués le long de mon corps, je n'arrive pas à les bouger. Je n'ai aucun moyen de défense contre cette lumière qui m'agresse. Mes yeux me piquent de plus en plus alors que les flashs accélèrent. J'ai peur; je sens mon coeur battre très fort dans ma poitrine. Il me fait mal. Je veux que tout s'arrête. Je n'en peux plus.

      Je tombe à genoux et enfin, mes yeux se ferment. Je pensais pouvoir respirer mais quelque chose de tranchant s'enfonce dans ma chair et la déchire. Cette fois, c'est la douleur qui m'oblige à ouvrir les yeux et je vois une marre de sang grossir autour de moi. Je panique, je ne trouve rien de tranchant sous mes genoux lorsque j'y passe mes mains. Pourtant, le sang continue de couler et je n'arrive pas à l'arrêter. Je ne trouve pas non plus mes plaies mais j'ai mal, j'ai tellement mal.

      J'entends une voix familière au loin et je relève la tête. C'est Aly qui arrive vers moi, elle me sourit. Elle ne se rend pas compte que je saigne. Je lui crie de m'aider mais aucun son ne sort de moi. Elle me fait un signe de la main, je dois la rejoindre. Je tends désespérément la main vers elle mais elle s'éloigne inexorablement. Je sens mon coeur se déchirer; encore. Je ne veux pas qu'elle s'en aille, je la perds à nouveau.

      Ca y est, elle est partie et avec elle, la douleur et le sang. Je suis seule dans le noir. Je ne sais déjà plus depuis combien de temps que je suis là mais j'ai l'impression d'étouffer dans ce noir. Il s'éprend de mes poumons, il est partout et je n'arrive plus à respirer. Je porte mes mains à mon cou, je secoue mes mains pour créer de l'air mais rien y fait. Je n'arrive même pas à voir mes bras tant le noir est profond. Ce silence est pesant. Je passe mes mains dans mes cheveux et tire dessus avec force. Je me sens vide de tout et j'étouffe, j'étouffe toujours, que quelqu'un m'aide.

      Soudain, un bruit dans mon dos et un souffle glacé qui se dépose sur ma nuque. Je frissonne de peur. Je sais déjà ce qui m'attend, j'ai déjà fait ce rêve. La vampire fait glisser ses petites mains le long de mes bras nues tout en tournant autour de moi. Elle me susurre des mots que je ne comprends pas. Je suis figée, je ne peux faire aucun mouvement. J'ai le regard fixé sur ses yeux qui me terrorisent quand cette voix résonne. Trop proche, trop habituelle, Aly.

      Je cligne des yeux et la seconde suivante, son corps se trouve à mes pieds. Je tiens l'épée sanglante qui lui a retiré la vie. Son sang tâche mes mains, mes vêtements, ma bouche en est remplit et je sens le goût de fer se propager sur ma langue. Il est épais, chaud, agréable et glisse lentement dans ma gorge.



Un cri puissant et désespéré résonna dans le quartier Ouest de Gloria. De grosses gouttes de sueur perlèrent du front de la jeune fille qui haletait. Encore ce cauchemar. Elle voyait la dernière scène se rejouer encore et encore sous ses paupières. Elle était épuisée, même si cette fois, elle avait pu dormir pendant une durée convenable. En effet, en entrouvrant les yeux, elle se rendit compte que le soleil se trouvait déjà bien haut dans le ciel. La matinée était bien avancée et au lieu de se redresser, elle s'allongea sur son lit de fortune.

En ce mois de mai, les nuits étaient plutôt chaudes et Hlin préférait très largement dormir à la belle étoile, se plaçant à une hauteur sécuritaire, sur le toit d'une maison, toujours une jambe dans le vide, la prévenant à la fois d'oublier l'altitude et lui laissant l'opportunité de fuir facilement. Elle se couvrit les yeux, le temps de reprendre ses esprits et de souffler afin de ralentir les battements de son cœur. Lorsqu'elle ne l'entendit plus tambouriner dans sa poitrine, c'est son estomac qui prit le relais, criant famine. Elle poussa un soupir de désespoir, son corps n'était vraiment pas fichu de la laisser tranquille...

Elle sauta du toit et retomba sur ses pieds, à l'ombre d'une petite ruelle. Allons bon, si sa petite taille et son poids ridicule devaient lui servir, c'était bien pour lui éviter de rebondir sur son fondement. Elle épousseta ses vêtements, remonta son capuchon et se dirigea d'un pas sûr vers le marché. Elle, qui n'avait jamais quitté la ville, connaissait ce labyrinthe de rues comme si elle suivait une carte. Le quartier n'était pas le plus sûr de Gloria mais en journée, il y avait moins de risques.

La place du marché était déjà bien remplie et elle se faufila à travers la foule. Différentes odeurs se mélangeaient, à la fois pauvreté, misère mais aussi appétissante et chaleureuse. C'était la vie, la vraie, sans chichi comme elle la vivait tous les jours passants. Il fallait qu'elle se trouve une pomme comme elle les aimait tant. Alors, elle traversa le marché mais fut agacée de voir que son étale préférée n'était pas ouverte aujourd'hui. Elle réfléchit un instant mais aucun souvenir d'un marchand équivalent ne lui vint à l'esprit.

Tout en se grattant les cheveux, elle explora la rue du regard et remarqua dans un coin d'une cour, une petite charrette contenant son met préféré. Elle se trouvait un peu plus isolé du reste du marché et un exposant avait sûrement du l'abandonner un instant. Ça serait son moment de gloire pour son estomac. Elle s'approcha d'un pas nonchalant et étudia les fruits afin de choisir la pomme la plus parfaite. D'un rouge flamboyant, d'une brillance sans égale, c'était bien elle la reine du bal. Elle s'en empara et alors qu'elle se dirigeait déjà vers l'entrée de la cour, une voix grave l'interpella:

- Et toi ! Qu'est ce que tu fiches exactement avec cette pomme ?

Sans lui laisser le temps, elle se recula rapidement hors de la cour.

- Chichou, attaque !

Le dénommé Chichou apparu à côté de son maître et ne correspondait pas vraiment à ce qu'on pouvait attendre d'un chien portant ce nom. C'était un énorme molosse noir, dont la masse musculaire dépassait allègrement la normale. De la bave s'écoulait de sa gueule qui laissait apparaître une magnifique paire de crocs. L'animal était terrifiant et lorsqu'il se mit à courir, il fit trembler la jeune fille. Elle faillit s'étaler au sol en glissant sur une grosse pierre mais se rattrapant à temps pour se fondre dans la foule. Cependant, celle-ci s'écartait sur le passage du chien, la panique se lisant sur le visage de chacun. En même temps, qui n'aurait pas peur d'un tel monstre.

Si elle voulait rester en vie, il fallait qu'elle gagne de la distance car elle n'aurait jamais le temps de monter sur un toit sans qu'il ne lui arrache une jambe avant. Elle sortit du marché, zigzagua entre les ruelles sombres et éclairées. Son souffle commençait à se faire court alors que le chien, lui, n'avait pas l'air de se fatiguer. En tournant à un coin de rue, elle heurta avec violence un mur qui s'avançait dans la direction perpendiculaire apparemment. Les deux femmes se reculèrent et Hlin se frotta la nez. Décidément, il fallait qu'elle arrête de rentrer dans les gens où elle finirait par se casser le nez.

Un aboiement la ramena à la réalité alors qu'elle eut tout juste le temps d'esquiver la charge du chien mais pas assez rapidement. Elle sentit une vive douleur à son bras et sans attendre qu'il revienne à la charge, elle empoigna la tignasse blonde qui l'avait percuté par le bras, l’entraînant dans une autre ruelle. Elle se laissa faire, apparemment la direction lui convenait bien. Hlin était obligée de la traîner car elle ne courrait pas assez rapidement à son goût.

Le changement de direction avait au moins eut le mérite de semer un peu le chien et au bout de quelques minutes, elle sut qu'elles pouvaient enfin s'arrêter pour reprendre leur souffle. Elle lui lâcha le bras pour se tenir les côtes et s'accroupir légèrement. Sa respiration était haletante, pour la deuxième fois de la journée et elle sentait que ça ne serait pas la dernière fois. A ses côtés, la blonde se trouvait dans le même état qu'elle et elles prirent une bonne minute pour calmer leur cœur. Peut-être était-il temps de faire des présentations où peut-être était-ce le moment de continuer leur chemin afin de ne pas perdre leur avance ?




Dernière édition par Hlin Tjänare le Ven 14 Avr 2017 - 12:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une sauveuse inespérée [Hlin] Mar 21 Fév 2017 - 9:51

Ma course effrénée dans les rues ne va pas tarder à prendre fin. J’ai le souffle de plus en plus court et chaque respiration est une souffrance de plus en plus grande. Mes jambes se font lourdes et douloureuses. Je ralentis malgré mes efforts pour accélérer. Alors que le garde lui ne faiblit pas, c’est même tout le contraire j’ai l’impression qu’il accélère. Mes vertiges s’accentuent, si seulement j’avais pu manger ne serait-ce qu’un peu, je ne serai pas en état d’hypoglycémie. Si la course dure plus longtemps, je vais finir dans les pommes, et je ne pourrai pas les manger celles-là. Et le garde n’aura plus qu’à me ramasser. Je ne saurai ce qu’il va m’arriver qu’au sommeil. Cette idée et la frayeur qui l’accompagne me font trouver des forces que je ne soupçonnais pas. Je sens que j’accélère de nouveau comme dans un dernier souffle.

Je jette un regard derrière moi pour voir où en est le garde. Le soulagement de le voir s’éloigner un peu laisse très vite place aux désarrois de le voir se rapprocher alors que je recommence à faiblir et lui accentue son effort. Comment peut-on être aussi têtu et borné ? Il n’a personne d’autre à poursuivre ? Non, il a décidé qu’aujourd’hui ce serait moi. Je regarde de nouveau devant moi pour me diriger de nouveaux au hasard dans les rues. Je suis complètement perdue, peut-être devrai-je me laisser prendre, au moins je saurai de nouveau où je suis. Parce que pour l’heure, si j’échappe à cet homme, je ne trouverai jamais mon chemin dans ce dédale qu’est la Tentacule Ouest.

Un choc puissant me fait chanceler, une douleur vive dans la tête me fait oublier temporairement tout le reste de mon corps. Je fais un pas en arrière en me tenant le nez. Maintenant j’ai définitivement mal partout. J’entends les pas du garde derrière moi, dans quelques instants il sera sur moi. J’entrouvre les yeux et à travers mes larmes, dû au choc dans le nez. Je distingue vaguement une forme qui se précise, celui d’une jeune femme. Je ne vois pas bien ses traits mais j’entends un bruit, comme des aboiements. Cette jeune femme semble elle aussi poursuivit et son poursuivant à l’air d’être de plus mauvais poil que le mien. Punaise, la faim et la fatigue me font faire de l’humour d’une nullité affligeante.

Par contre, les aboiements venant de derrière l’inconnue sont bien plus proches que les pas du garde. D’ailleurs beaucoup trop proches à mon goût. Je passe ma main sur mes yeux larmoyants pour apercevoir un éclair gris. La jeune inconnue s’est décalée pour éviter l’attaque du chien, mais pas assez. Je l’entends pousser un petit cri de douleur sous la morsure du canidé. La bête n’est pas bien grande, j’en ai déjà vu des plus monstrueuse mais c’est une boule de muscle. La bête a dû être surprise de ne saisir que le bras car elle lâche prise sans s’acharner sur la fuyarde, à mon soulagement.

Je repasse ma main de nouveau sur les yeux pour retirer les dernières larmes mais mon geste est arrêté par une poigne ferme. Zut, pendant l’attaque du chien le garde m’a rattrapée. Je m’apprête à essayer de me débattre mais je me fais tirer dans une ruelle au pas de course sans pouvoir résister. J’essaye de freiner la course mais une ruade me force à courir. Puis du bruit derrière moi me signal une bagarre à l’intersection. Ma vision s’éclaircit et un nouveau regard en arrière me fait apercevoir une scène qui me force à accélérer de nouveau. Le garde est aux prises avec le chien. C’est un miracle, un don des Esprits. Nos deux poursuivants se battent entre eux nous laissant nous enfuir. La joie me fait voir des papillons devant les yeux, ou alors c’est mon état de fatigue avancé et mon corps qui me disent que je viens d’atteindre mes ultimes limites. Mais je ne peux pas ralentir, l’inconnue me tire pour mettre le plus de distance entre nous et nos poursuivants qui se battent derrière. Pourvu que ça dure et je n’aurai pas pensé me dire ça un jour, mais je ne pensais pas non plus avoir à voler pour manger.

Je continue à courir, plus tirée par ma compagne de fuite que mue par ma propre force. Je suis à peine consciente alors qu’on avale les rues et ruelles. Seule ma volonté me maintient éveiller alors que je me sens de plus en plus lourd. Mon esprit n’analyse plus notre parcours, je ne sens plus mon corps, la douleur est partie, je ne sais même pas si je respire encore, je ne réfléchis plus. Tout ce que je vois, c’est le bras de la jeune femme qui me traine derrière elle. La blessure sur son bras saigne, pas trop mais réclame des soins. Il faut que je la soigne à tout prix tant que j’ai encore des forces. Non, je divague là. Je sais que je divague mais je n’ai qu’une idée en tête, guérir sa plaie, c’est plus fort que moi. C’est absurde et stupide mais c’est comme ça. Au moins cette raison me pousse à lui courir après, bien qu’avec un bras emprisonné dans sa main, et mon autre main qui tient fermement ma sacoche, ma course n’est pas aisée.

Puis au bout de plusieurs virages, l’inconnue me lâche le bras et s’arrête. Je suis épuisée pour m’en rendre compte tout de suite et je continue à courir quelques pas avec de m’écrouler sur le dos. Le sol est boueux et humide et fait un bruit mou quand je m’affole dessus. Je respire rapidement pour reprendre mon souffle, les deux mains sur le ventre. Je suis couverte de sueur et mon dos de boue. Ma natte tressée n’est plus qu’un lointain souvenir. Et ll faudra que je lave mes vêtements de marche. Pourquoi je pense à ça moi ? Je viens de me faire poursuivre par un homme de la maréchaussée, faille me faire attaquer par un chien, trainée dans les rues par une illustre inconnue et je suis perdue dans la Tentacule Ouest et je pense à mes vêtements. Je fais quelques exercices respiratoires que papa m’a appris pour récupérer d’une longue course ou d’une grande panique.

La blessure de la fille ! Je me redresse brutalement avant de le regretter amèrement. La tête me tourne et je manque de m’effondrer de nouveau. Je reste assise cependant en fermant les yeux et tirant la grimace. J’attends quelques secondes le temps que les étoiles disparaissent de mon champ de vision. Je suis convaincue que me lever serait une très mauvaise idée. Un rapide coup d’œil me fait voir ma camarade de fuite, pliée en deux, les mains sur les côtés. Elle a l’air fatigué, pas seulement à cause de la course mais ses yeux sont marqués par des cernes violentes. Mon regard se pose sur son bras, là où le chien l’a mordue. Il faut panser ça et désinfecter au plus vite. Mais pour l’heure il faut trouver un endroit calme. Qui sait si le chien ou le garde ne vont pas repartir à notre poursuite.

Prenant mon courage à deux mains, je me mets sur les genoux avant de me relever difficilement à cause de mes jambes raidies par l’effort, remettant ma sacoche en bandouillière. Une fois debout, je me dirige vers la jeune. Je tends la main vers son bras mais j’arrête mon geste. Du bruit dans une rue adjacente me fait sursauter, provoquant de nouveaux vertiges malvenus. C’est sûrement nos poursuivants qui reviennent à la charge. J’aperçois une alcôve sombre dans un mur, assez grande pour accueillir une personne mais vu nos gabarits respectifs, on peut y tenir à deux. Je saisis donc l’inconnue par les épaules alors que son souffle n’est pas encore bien rétabli et l’entraine avec moi dans le renforcement. Je me plaque au mur, pressant l’autre contre moi. Sa cape sombre nous aidera ainsi à nous dissimuler dans l’ombre au contraire de ma tenue claire. Je fais signe à ma comparse de ne pas faire de bruit, bien que ce ne soit pas nécessaire vu son regard.

Le bruit passe et s’éloigne. Est-ce une fausse alerte ? Je ne sais pas. Je me détends un peu. Retournant dans la ruelle je veux en profiter pour regarder l’état de son bras. Mais si elle est bien une travailleuse de la nuit, elle risque de se montrer très méfiante. Alors autant faire les présentations. De toute manière, vu mon état, tout ce que je pourrais faire, c’est un bandage simple avec peut-être le reste de mon baume cicatrisant. Après un repas, je pourrais peut-être refermer sa plaie magiquement, comme je l’ai lu dans les bibliothèques. Ça me fera un cas pratique. D’abord les présentations. Toujours haletante, mais moins essoufflée, j’entame la discussion.

Salut, merci de m’avoir aidée. Je m’appelle Aurore, Aurore Lapsida, et toi ? Je crois qu’il nous faudrait une cachette. Est-ce que je peux voir ton bras ? Ne t’inquiète pas je suis guérisseuse. Bien qu’en ce moment les temps soient durs. J’étais poursuivie pour vol à l’étalage. Je ne gagne pas assez d’argent pour me nourrir et me loger, alors bien souvent, je suis obligée de chaparder, à mon grand regret. Il faut vraiment que j’apprenne à tenir ma langue. Je vais mettre ma sincérité excessive sur le compte de la fatigue et de la faim. Tu n’aurais pas quelque chose à manger. Je n’ai rien avalé depuis plusieurs jours et cette course-poursuite a eu raison de me dernière réserve. Une demande bien futile, puisqu’elle ne semble rien transporter et être aussi bien nourrie que moi. Mais je suis tellement affamée que je n’ai pas réfléchi. Il faut que je tienne jusqu’à ce qu’on soit en sécurité. Si la sécurité existe dans ce quartier. Non, il faut que je reste positive, il y a du bien dans ce quartier, comme cette fille qui vient de me venir en aide alors qu’elle aurait pu se servir de moi pour ralentir le chien. Cette pensée m’horrifie un peu, pas seulement parce qu’elle est terrifiante mais parce qu’il n’y a pas si longtemps, une telle pensée ne me serait jamais venue à l’esprit. La réalité du monde est bien plus cruelle que ma vie au village avec mes parents.
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MessageSujet: Re: Une sauveuse inespérée [Hlin] Lun 17 Avr 2017 - 23:14

Toujours pliée, Hlin tentait de calmer sa respiration saccadée tout en observant du coin de l’œil l’inconnue qu’elle avait emmené dans sa fuite. La femme qui avait plus des allures de petite fille sauvage était pourtant bien plus grande qu’elle, on pouvait le dire même si elle était toujours étalée au sol. D'ailleurs, Hlin sursauta en la voyant se relever brusquement. L’idée était mauvaise puisque la grimace sur son visage indiqua implacablement des vertiges. La blonde resta statique du temps que le malaise passe et rouvrit les yeux pour la détailler un court instant.

Elle se remit sur ses pieds tant bien que mal et s’approcha de la voleuse mais un bruit la stoppa net alors qu’elle tendait la main vers la blessure. Au même moment que tout son être suintait la peur, elle attrapa Hlin par les épaules pour l’amener jusqu’à une petite alcôve. Là, les deux corps se pressèrent l’un contre l’autre dans un instant qui aurait pu être gênant si toutes deux ne tremblaient pas de peur.

La jeune fille pensa un instant que si le bruit était le chien qui l’avait poursuivi, jouer à cache-cache ne servirait à rien. D’un coup d’œil, les deux filles se rendirent compte de l’état de leur voisine. La jeunesse se lisait sur leur visage. La peur rajeunit ou vieillit mais elle n’est jamais sans conséquences. Les minutes avançaient librement, le bruit se fit puis le silence. D’un même soupir de soulagement, elles sortirent de l’ombre pour se retrouver au centre de la ruelle. La blonde fixait intensément la blessure mais cela ne plaisait vraiment pas à la brune. Alors qu’elle prenait la décision de séparer leur chemin quelle que soit l’opinion de l’autre, elle prit la parole :

- Salut, merci de m’avoir aidée. Je m’appelle Aurore, Aurore Lapsida, et toi ? Je crois qu’il nous faudrait une cachette. Est-ce que je peux voir ton bras ? Ne t’inquiète pas je suis guérisseuse. Bien qu’en ce moment les temps soient durs. J’étais poursuivie pour vol à l’étalage. Je ne gagne pas assez d’argent pour me nourrir et me loger, alors bien souvent, je suis obligée de chaparder, à mon grand regret. Tu n’aurais pas quelque chose à manger. Je n’ai rien avalé depuis plusieurs jours et cette course-poursuite a eu raison de me dernière réserve.

Hlin soupira vivement devant ce monologue. Elle avait l’air si naïve que cela ne l’étonnerait pas qu’elle se fasse régulièrement malmener par des personnes avec de mauvaises intentions. Chaque chose en son temps :

- Viens, dit-elle en lui attrapant à nouveau le bras.

Comme la première fois, elle se laissa faire sans un mot. Gloria était sa ville depuis toujours, elle en connaissait chaque recoin et le seul lieu qu’elle n’avait pu réellement explorer était le palais, qui sait ce que le futur pourrait réserver. Le tentacule Ouest de la ville était le quartier le plus désert de toute justice. Ici, la loi du plus fort régnait le plus souvent. Tout en évitant les rues les plus risquées, faisant un détour pour ne pas traverser le marché, elle avançait d’un pas sûr et léger, toujours aux aguets. La main d’Aurore était douce et calleuse à la fois, signe d’une vie en extérieur. Un aboiement de chien les firent sursauter et toutes deux se figèrent durant un instant. Fausse alerte. Hlin reprit sa route.

Elle savait exactement où elle se trouvait et où elle allait. Enfin, une façade éventrée se dessina au bout d’une rue. Il restait toujours quelques bâtisses en construction, plausiblement déjà dans leur forme finie. A moins de l’espoir fou d’un glorien, elle ne sortirait sûrement plus de terre. Si cela pouvait bien profiter à quelqu’un, ce serait Hlin. Elle prit ses appuis habituels pour grimper au premier étage de la maison, lâchant sa compagne. Une fois en haut, elle se retourna, agrippa le bras de la blonde pour la tirer en haut sans efforts, compatissante à son épuisement physique. Elle la mena à l’abri des regards, lui intima de s’assoir et de se taire avant même qu’elle n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche.

La jeune fille fit demi-tour, abandonnant la blonde et espérant surtout qu’elle l’attendrait sagement au même endroit où elle l’avait déposé. Elle repartit dans le sens inverse, se dirigea droit vers le marché tout en prenant soin de rester éloignée des pommes parfaites. Le beau temps de ces derniers jours avait amené une chaleur importante et les personnes qui se baladaient depuis tôt le matin se découvraient. Ainsi, Hlin chipa une cape brune qui était posée sur l’avant d’une étale. Elle volait toujours sans aucun remord, n’ayant aucuns ressentiments pour les anciens propriétaires.

Elle poursuivit son chemin jusqu’à un marchand de fruits très occupé. Elle attrapa une pomme, la fourra dans la poche de sa cape et s’en alla comme si elle n’avait jamais été là. Sa technique était assez perfectionnée pour qu’elle réussisse à paraître invisible, fondue dans les masses de gens. Elle s’en retourna vers la cachette où elle avait laissé Aurore. La cape dans une main, le mur dans l’autre, elle prit quelques secondes de plus pour atteindre le haut. Elle se détendit intérieurement une fois qu’elle trouva la jeune fille toujours à sa place, légèrement assoupie. Semblant ou pas, elle lui lança, d’un geste brusque, la cape au visage et s’assit en face d’elle en tailleur.

- Je m’appelle Hlin, dit-elle tout en l’observant se démener avec l’habit.

Lorsque Aurore émergea de la cape, elle tendit la pomme parfaite à celle-ci. Elle attrapa celle qu’elle venait de voler pour croquer dedans. Après un instant d’hésitation, sa voisine fit de même. Pendant cinq minutes, un silence de mort régna, alors que les deux filles mangeaient, sans se regarder, leur repas. C’était l’une des rares fois où Hlin prenait le temps de manger. Elle continua jusqu’au dernier morceau de pomme comestible et jeta les pépins qui restaient dans son dos. Cela lui avait permis de réfléchir à la suite des événements mais au lieu de suivre le plan établit, un désagréable picotement provenant de son bras la ramena à la réalité.

Tout en oubliant le monde qui l’entourait, elle se concentra sur sa plaie. Le chien avait laissé sa marque, plus superficielle que profonde, mais cela ne l’empêchait pas de continuer de goutter le long de son bras. Le sang était d’un rouge très clair et tombait en cadence au sol, formant ainsi une flaque envoûtante. Il semblait qu’aucune des deux filles ne voulaient briser ce silence alors l’imagination prit le dessus. A l’intérieur de son crâne, le bruit résonnait presque douloureusement. Ploc. En relevant les yeux vers la blonde, elle remarqua que son intérêt s’était également porté vers son bras. Ploc. L’arrachant de son envoûtement, elle lança sur un ton résolue :

- Si je te laisse regarder mon bras, tu voudras quoi en échange ? ploc Parce que je sais très bien que tu ne ferais pas ça par pure gentillesse. Personne n’agit par gentillesse.

Le ton était amer, ploc les sourcils froncés, signe de souvenirs désagréables qui ne faisaient qu’étayer sa théorie. L’homme était pourri jusqu’à la moelle. Chacune de ses actions cachent des pensées abjectes ploc qui ne sont motivées que par l’obtention d’un gain. Ils utilisent leur semblable jusqu’à les épuiser, ce qui les perdra un jour. Si Hlin pouvait penser ça en d’autres termes ploc, elle s’incluait dans sa vision de l’humain même si elle avait un peu plus de principe. Quoi que réponde Aurore, elle se sentait déjà redevable de son geste.

- Je préfère quand même te le dire ploc. Tu as du le deviner en me voyant mais je n’ai pas grand-chose sur moi. Je vis dans la rue, je vole des choses pour gagner de l’argent, beaucoup moins pour moi-même… Murmura-t-elle. Donc je n’ai rien à te donner, ploc vraiment. Je n’ai rien, insista-t-elle.

Ploc D’un geste brusque, elle attrapa le bout de la manche de sa cape pour la relever. Ce bruit lui tapait sérieusement sur les nerfs. Ce mouvement bouscula son bras et engendra une grimace sur son visage. Elle fit plusieurs allers-retours entre son bras et la jeune fille puis lui tendit à contrecœur. Tandis qu’elle fouillait dans sa sacoche, Hlin prit le temps de la dévisager. Elle n’avait pas fait de commentaires sur ce qu’elle avait dit à propos de son mode de vie. Elle n’en voyait pas l’intérêt. Si pour Aurore, cela semblait être une situation provisoire, ce n’était pas son cas. Elle n’avait pas honte de vivre dehors, d’être libre de ses actions, de voler, de dormir à la belle étoile, hiver comme été. Elle comprenait que des personnes vivant avec un certain confort, pouvant s’approvisionner avec suffisamment de nourriture, ne pouvaient s’imaginer vivre dans la rue. Elle, qui avait eu également une vie dans une maison, était plus que satisfaite de sa situation actuelle.

Alors qu’elle avait enfin trouvé ce qui lui fallait, des bruits alertèrent les deux filles. Lui intimant le silence, elle s’avança discrètement vers les éclats de voix :

- File-moi ton argent !

Un homme plutôt maigre était en train d’agresser une fine silhouette encapuchonnée. Il la menaçait avec un couteau mal aiguisé. A son grand étonnement, au lieu de donner sagement l’argent qu’elle avait sur elle, la silhouette lança son pied dans les parties intimes de l’homme. Ce dernier hurla un cri de douleur mais se lança sur l’habit de la silhouette alors qu’elle tentait de s’enfuir, découvrant un homme tout aussi maigre mais beaucoup plus âgé. Contrairement au premier qui semblait survivre uniquement grâce à ses capacités, l’autre avait un certain bagage de guerre et retourna le couteau contre son propriétaire. Il se planta profondément au niveau de la clavicule et à nouveau, la voix de l’homme porta. C’était une scène presque habituelle dans le quartier puisque celui-ci n’était pas militarisé. Hlin se retourna au même moment que l’homme s’effondrait, c’est alors qu’elle remarqua qu’Aurore l’avait suivi. Elle sut de suite que quelque chose se tramait dans son esprit.

La naïveté ou peut être l’innocence de cette femme semblait complètement dépasser tout ce qu’elle avait pu voir jusque-là. Elle était, en fait, une entité inconnue à la société humaine. Peut-être agissait-elle réellement sans arrières pensées… Non.

- N’y penses même pas, chuchota-t-elle. Je ne vais pas te couvrir sur ce coup.

Elles se fixèrent pendant un moment.

- Si tu descends, moi je m’en vais, la menaça-t-elle.


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MessageSujet: Re: Une sauveuse inespérée [Hlin] Lun 24 Avr 2017 - 20:52

Malgré ma présentation polie, mon interlocutrice garde le silence et semble même excédée par mes paroles. Je ne sais pas si c’est la fatigue ou son caractère naturel. Et, je dois avouer que j’ai tout de même du mal à réfléchir avec cette dernière dépense d’énergie. La tête commence à me tourner, mais j’arrive à rester debout et droite. Je ne vais pas flancher au beau milieu de cette ruelle. Si c’était le cas, vu la constitution de ma sauveuse inespérée, elle serait bien en peine de me tracter dans un autre lieu, et je ne suis pas sûre qu’elle aurait l’envie d’essayer. J’aime m’imaginer que tout le monde a un bon fond mais je n’ai pas envie de tester ma théorie et je ne me fais que très peu d’illusion sur le côté plus survivaliste qu’héroïque des habitants de ce genre de quartier. Je ne leur en veux pas, ce n’est pas leur faute pour beaucoup. Je comprends parfaitement que dans un milieu aussi rude et difficile, on ait tendance à préférer sa propre survie que celle des autres. Ce n’est pas pour autant que j’approuve et que je changerai ma façon de faire. Si quelqu’un est dans le besoin, peu importe mon état, j’irai l’aider de la force de mes moyens.

Sans se présenter, ni autre forme de procès, ma sauveuse m’attrape le bras et m’intime de la suivre. Je n’ai pas la force de lui résister, ni même celle de lui demander où nous allons. Ce n’est pas l’envie qui me manque, mais bien l’énergie. Et puis, il y a cette petite voix qui me dit que de toute manière, je n’aurais pas de réponse alors à quoi bon. La faim a développé en moi une certaine résignation que j’espère très vite perdre. La jeune fille est plus petite que moi, mais d’une force physique bien supérieure. Sans être faible, je n’ai une musculature que pour escalader et à la limite déplacer sur de petites distances des objets volumineux, mais celle qui me tire doit avoir plus l’habitude de se battre que de chasser. Et surtout, elle semble connaitre les rues par cœur ou alors nous errons à la recherche d’un point de repère. Je ne saurais le dire.

Nous nous déplaçons prudemment dans ces dédales de rues. C’eut été une forêt, j’aurais sans problème réussi à m’orienter, à reconnaitre le chemin ou l’environnement. Mais dans une ville, même en pleine forme, j’ai beaucoup de difficulté à reconnaitre les liens. Si j’ajoute la fatigue, les vertiges et la faim, tous les passages que l’on prend me semblent identiques et chaque pas me parait à la fois plus simple et plus difficile. La jeune femme me tire par la main et me permet ainsi de continuer de marcher plutôt que de m’effondrer. Sa main est chaude et moite dans la mienne, mais j’aime bien ce contact humain. On apprend beaucoup de chose sur les gens rien qu’en les touchant ou en les observant. Elle a les doigts fins, sûrement très agiles. Mon esprit commence à divaguer sur ce que doit être sa vie, dans ce genre de lieu.

Des aboiements me font revenir à la réalité et comme des animaux aux aguets, proies poursuivies par une meute de loups, nous nous figèrent, guettant le moindre signe du prédateur, complètement apeurées. Le temps semble figé, et j’en oublie rapidement la raison de notre arrêt avant de réussir à me reconcentrer. Je ne dois pas perdre le fil de mes pensées. Ce constat me fait froncer les sourcils, soucieuse et je repars en même temps que ma guide, essayant de ne pas trop me faire tirer, mais ma sacoche me semble tout de même de plus en plus lourde à porter et pour la première fois, sa présence me gêne quelque peu. Sottise ! Elle est tout ce que je possède.

Nous débouchons finalement sur une maison à la façade éventrée, j’ignore complètement ce qui lui vaut d’être dans cet état, mais le fait que je me pose la question me rassure. Je recommence à penser et c’est bon signe, mon état s’améliore. Ou bien c’est le mieux avant la fin. Je préfère me dire que mon état s’améliore. Ma compagne escalade sans difficulté le mur. Je décide de la suivre en escaladant la paroi, après tout, je sais très bien le faire. Mais ce fut une vraie fausse bonne idée, je m’en rends compte lorsqu’un vertige me prend. Mais je me force à continuer. Sur la fin, ma compagne a pitié et me tire vers le haut avec une grande facilité. A l’abri des regards, elle m’ordonne de m’asseoir et de me taire comme à un enfant, mais je ne m’en offusque pas. Je me laisse glisser contre un mur alors qu’elle repart dans l’autre sens. Et je sombre rapidement dans le sommeil.

Le réveil est pour le moins brutal. Un choc mou me réveille en sursaut, et la panique me prend. Le garde m’avait retrouvée et allait m’emmener je ne sais où. En réalité, je me retrouve à me débattre contre un grand morceau de tissu, probablement une cape. Une fois la surprise passée, j’arrive finalement à la retirer de mon visage, découvrant ma jeune sauveuse, m’observant. Elle se présente enfin sous le nom de Hlin. C’est un joli nom et très doux. Bonjour, merci de m’avoir aider. Je la vois me tendre une pomme magnifique et croquer dans une autre. J’hésite à la prendre, mais la faim est plus forte. Je la prends lentement et délicatement. Hlin a l’air tellement froide et distante et pourtant, elle me vient en aide et m’offre une pomme, sûrement le fruit d’un larcin réalisé pendant que je dormais. La voyant manger paisiblement, mon regard se fixe sur mon premier repas depuis longtemps. Je croque le fruit et savoure chaque bouchée avec plaisir. La pomme est croquante, son jus est amer et sucré. Je mange lentement, pour tromper la faim qui reviendra, mais dans plus longtemps avec cette technique. C’est papa qui me l’a apprise. Cette pomme est de loin le meilleur repas de ces derniers temps mais vu mon état, n’importe quoi aurait été un festin succulent.

Nous mangeons en silence, ne laissons rien de nos fruits respectifs. Une fois mon repas terminé, je sens mes idées s’éclaircir. Le repos que j’ai en l’absence de Hlin et ce frugal déjeuné m’ont fourni de l’énergie. Mon attention se reporte sur un bruit de goutte et immédiatement, je sais d’où il vient. Mon regard se braque sur le bras blessé de Hlin. La morsure du chien la fait saigner assez fortement, la blessure doit être assez profonde. Le rubis liquide qui en découle forme déjà une petite flaque rouge au sol. Je peux regarder ta blessure si tu veux. Je suis guérisseuse. Je ne te promets rien mais je peux au moins arrêter le saignement.

La réponse méfiante de Hlin me surprend. Et puis, qu’est-ce que je voudrais en échange. Qu’est-ce que je peux demander à celle qui vient de me sauver de bien des problèmes et m’a offert une pomme. Spontanément, sans espérer de contrepartie visiblement. Sans doute en toute gentillesse en plus, même si elle ne semble pas l’avoir remarqué. C’est assez étrange comme question, surtout quand la réponse est que si, je le ferai par pure gentillesse. Je ne suis pas du genre à vouloir à tout prix une contrepartie, sinon, je ne serais pas là où nous en sommes toutes les deux aujourd’hui.

J’ouvre la bouche pour lui répondre, mais elle reprend dans un murmure. Elle avoue comme une honte qu’elle n’a rien. Ne t’inquiète pas pour ça. Tu as déjà fait beaucoup pour moi aujourd’hui. Sans toi, je me serai sûrement fait attraper ou écrouler quelque part dans les ruelles. Et puis, Si tu ne connais personne qui agit par pure gentillesse, c’est peut-être parce que tu ne connais pas les bonnes personnes. Maintenant, laisse-moi regarder ton bras. Et arrête de le bouger comme ça, cela ne va rien arranger. C’est peut-être toi qui commande dans la rue et dans notre échappée, mais pour les soins, tu vas devoir être obligée de suivre mes instructions à la lettre. Le sourire doux qu’arborait mon visage au début de ma phrase, disparut, remplacé par un air sérieux, presque sévère. Il était hors de question que Hlin s’oppose à mes soins. Le sang qu’elle perd est assez important et inquiétant. Je prends toutefois délicatement le bras qu’elle me tend à contrecœur. La soigner ne sera pas facile car elle semble avoir un sacré caractère, mais je suis plus têtue qu’elle.

Après une rapide inspection, je fouille dans ma sacoche pour en sortir un morceau de tissu propre et blanc et j’applique le linge sur la plaie pour retirer le surplus de sang et me distinguer la blessure. Je suis surprise par la faible profondeur de la morsure et par l’abondance du liquide rouge qu’elle libère. Le flot aurait dû ralentir voire même s’arrêter depuis longtemps. Hlin n’allait pas tarder à faiblir à cause de la perte du fluide vitale, une perte que ne diminue pas. C’était étrange, surprenant même. Toutefois, ce ne m’était pas inconnu. Maman m’en avait déjà parler, de cette maladie, qui empêche les plaies de se refermer normalement et permet au sang de s’écoulait sans arrêt. Il fallait forcer nous-même la blessure à se refermer et un soin magique était bien souvent inévitable. Mais dans mon état, je ne pouvais pas le faire sans devenir à gros poids mort pour ma patiente. Je devrai me contenter de serrer la plaie avec un bandage très serré et peut-être même un garrot, bien que je n’aime pas cette méthode qui nécessite une attention particulière et qu’en cas d’oublier, peut s’avérer pire que le mal.

Je m’apprête à faire part de mes conclusions à Hlin lorsque des bruits de voix retentissent à proximité. Je redresse la tête pour comprendre ce qu’il se dit et Hlin m’intime le silence et se dirige vers le bord du mur. Je la suis discrètement et vois une scène hélas banale pour ce quartier qui paraît tellement abandonner à lui-même. Un homme est en train de voler en menaçant une silhouette encapuchonnée. Mais cette dernière ne se laisse pas faire, et frappe le voleur avant de s’enfuir et que le voleur tente de l’agripper. La cape tombe révélant un homme assez âgé mais pas trop, probablement un ancien soldat car il retourne l’arme du voleur contre lui et le plante, puis laisse son agresseur à terre, s’éloignant tranquillement. Je retiens un cri d’horreur devant la scène. L’homme n’a pas l’air attristé, ni fier de son acte. Cela lui semble normal.

Je regarde alors Hlin qui s’était retournée. Son air était blasé avant de voir ma réaction. Devant mon expression surprise, son visage se fit sévère. Elle me chuchota N’y penses même pas, je ne vais pas te couvrir sur ce coup. Dans d’autres circonstances, on aurait pu nous prendre pour des complices de toujours à cause de sa phrase. Nous fixons quelques instants et ma comparse lit dans mon regard ma détermination à ne pas rester là les bras ballants. La surprise et l’horreur ont quitté mes yeux. Il n’y a qu’un seul message sur mon visage et il dit que je vais aller l’aider. Un message que Hlin ne manque pas de remarquer. Si tu descends, moi je m’en vais.

Avec le plus grand sérieux du monde je lui réponds simplement. Tu n’en feras rien et tu vas m’attendre ici, j’ai des soins à te donner. Je m’occupe juste de l’homme en bas et je reviens m’occuper de ton bras. Et ne pars pas, ta blessure est bien plus grave que tu le penses. Si tu veux vivre, reste là. Et presse ça sur ta blessure, ça limitera le saignement. Mon ton ne laisse aucune place à la contestation. Je sais me montrer ferme et autoritaire, comme maman, quand il s’agit d’aider les autres.

Avec agilité, je descends de notre point d’observation, trouvant et prenant appuis sur les plus petites prises et aspérités comme si elles étaient de grosses branches. Arrivée en bas, je regrette cet excès de zèle, lorsqu’un léger vertige me prend. Je ne suis pas encore pleinement en forme et cet effort superflu m’en coute. Mais je me ressaisi rapidement, glissant un doigt sous mon nez, je réussi à transformer un peu d’énergie magique en énergie physique avant de me diriger vers le blessé.

L’homme est allongé sur le dos, les yeux ouverts, papillonnant, cherchant quelque chose dans le ciel. Son souffle est court, paniqué. Il ne devait pas s’attendre à se faire poignarder avec sa propre arme. Lentement je m’agenouille à ses côtés, ses yeux se braquent sur moi. Je peux sentir sa panique. Par réflexe je sors le collier que papa m’a offert, le phoque tenant une perle bleue doucement irisée. A sa vue, l’homme se calme un peu, mais je vois bien qu’il se méfie de moi. Alors je lui souris tendrement, mon regard ne se faisant qu’amour et paix. Il me sourit à son tour, avant de grimaçant de douleur. Détendez-vous, je suis votre amie, je vais vous aider. Tout va bien, vous n’avez plus rien à craindre. N’écoutez que le son de ma voix, tout va bien se passer.

J’inspecte le poignard. Planté dans l’épaule, il n’a rien pu transpercer de vital, mais laisser comme cela, la plaie va s’infecter, la retirer provoquerait une hémorragie assez importante et je n’ai pas assez de matériel pour l’arrêter efficacement. Il y a bien une solution, mais je ne suis pas assez en forme pour l’appliquer. Mais c’est là le seul et unique moyen de sauver cet homme.

D’un seul coup, son regard se fixe sur quelque chose au-dessus de mon épaule. Je regarde et sursaute en découvrant son… agressé devenu agresseur ? Je me retourne en m’essayant sur mes fesses pour lui faire face. Il n’a pas l’air agressif, peut-être un peu fatigué mais sans plus. Il ne semble pas faire attention à mon expression apeurée par sa présence.

Pourquoi lui venir en aide ? Ce n’est qu’un voleur parmi tant d’autre. Vous auriez pu être à ma place et il ne vous aurait pas faut plus de cadeau qu’à moi. Il n’a que ce qu’il mérite et quelqu’un prendra sa place. De plus, vu votre état, ce n’est pas sûr que vous vous en releviez, Dame Aurore.

- Co-co-comment connaissez-vous mon nom ? Qui êtes-vous ? Et surtout qui êtes-vous pour décider de la vie et de la mort d’un autre que vous ?
Ma voix d’abord craintive se fait un peu plus froide sur la dernière question. La vie se doit être préservée à tout prix, pas sacrifiée sans raison.

-Vous commencez à avoir votre petite réputation par ici. Il y a peu de personne venant en aide aux plus démunis, gratuitement. Et encore plus rares sont les jolies jeunes filles, à la longue chevelure blonde, vêtue de bleu et à la douceur infinie. La Fille de l’Ondée est facilement reconnaissable autant par son physique que par son comportement. Mon nom n’est pas important, et je peux vous renvoyer la question. Je prends des vies, et vous vous les sauvez. Qu’est-ce qui vous fait croire que vous avez le droit de forcer quelqu’un à vivre alors que mourir pourrait lui apporter bien plus que sa vie ?

L’homme parle calmement, sa voix est presque hypnotisant mais mon indignation et ma surprise sont plus forte. Je suis presque flattée par ce surnom qui semble maître attribué. La Fille de l’Ondée est assez jolie, mais ça ne me calme pas. Vous faîtes bien des mystères. La mort a ce terrible défaut d’être définitive, alors que la vie permet d’avoir le choix. Alors laissez-moi soigner cet homme, et allez tuer ailleurs.

- Que savez-vous de la mort ? Peut-être y a-t-il du choix par-delà la vie. Quant à soigner cet homme, laissez-moi vous éviter cette peine.
L’homme frappa la gorge du blessé et un craquement horrible retentit. Ce son est sans appel et l’immobilité complète du blessé est éloquent. L’inconnu vient de briser la nuque de son ancien agresseur. Je pousse un cri d’horreur en me levant et m’éloigne. [/b]Qu’avez-vous fait ? Que voulez-vous à la fin ? Et qui êtes-vous ? [/b]

L’homme me regarda en haussant les sourcils avant de se détourner et parti. Sans rien dire de plus. Je ne vais pas le laisser partir comme ça. Je m’apprête à le suivre mais avant j’appelle Hlin et sans attendre la jeune fille je cours pour rattraper le meurtrier. Arrivait à une intersection, je vois sa cape tourner plus loin. Je cours après lui, porter par mon indignation. Mais il a déjà disparu mais je n’abandonne pas et continue ma chasse. Après plusieurs rues désertes, une main m’attrape le bras pour me forcer à m’arrêter. Je me retourne pour voir une Hlin au regard énervé. Nous nous regardons fixement avant que je soupire. Désolée, cet homme est un … Je ne finis pas ma phrase car derrière la jeune femme je vois apparaitre trois silhouettes et dans le regard de Hlin, je me doute que d’autres sont apparues derrière moi. Ce n’était vraiment pas une idée de courir dans les ruelles sombres et on va fortement le regretter.

Les malfrats s’approchèrent lorsqu’un toussotement retendit dans l’ombre. L’homme de tout à l’heure en sorti. Voyez-vous, mesdames, vous avez encore besoin de moi. Les malfrats semblèrent reconnaitre l’homme et s’enfuir sans demander leur reste. Qui est donc cet homme ? Maintenant suivez-moi, vous me remercierez quand on sera à l’abri, ça ne fait que la deuxième fois que je vous sauve la vie aujourd’hui. J’étais trop remontée contre cet homme pour le laisser partir. J’attrape à mon tour Hlin, ne lui laissant pas le choix et l’oblige à me suivre. Il nous fait entrer dans une maison dont la porte était cachée.

Oui, je sais Dame Aurore, vous avez de nombreuses questions à me poser, mais nous pourrions le faire autour d’un bon repas et surtout une autre chose d’abord… Hlin, tu ne me salues donc pas ?

Je n’avais pas remarqué la grande table au milieu de l’unique pièce sur laquelle trônait de la nourriture pour facilement une grande famille. Je m’apprête à répliquer que je n’ai pas faim mais je suis trahi par mon ventre qui se met à gronder. Et la surprise traverse mon visage alors que je me tourne vers Hlin.


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Une sauveuse inespérée [Hlin]

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