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Nobles tournures [PV Claire]

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MessageSujet: Nobles tournures [PV Claire] Jeu 1 Sep 2016 - 16:28

16 Juillet

Etre un vampire, ce n'était pas tout le temps facile, surtout pour Alteria, elle décida donc de faire une petite sortie pour réfléchir à sa situation. Certes, depuis le traité les vampires n'étaient plus mis à mort à vue, mais il n'en restait pas moins difficile de se faire une place dans la ville si l'on venait à annoncer de but en blanc que l'on était un vampire, sortant un peu de sa réflexion, elle décida d'admirer son environnement.

Décidément, Alteria ne pouvait cesser de s'émerveiller devant l'architecture grandiose de cette cité, et l'avenue lumineuse était bien entendu son endroit favori. Les habitations, les commerces, la magie qui parcourait les lieux, tout était la pour la mettre en liesse. Elle se mit à regarder les gens, tant de types de personnes différents se côtoyaient en un même endroit, ce fait lui arracha un sourire. Elle avait prévenu Yundel qu'elle allait se promener, ayant besoin d'être un peu seule pour réfléchir, mais elle ne trouvait pas endroit pour être à son aise. Poussée par la soif, elle fini par se rendre dans une taverne et chercha une place pour s’asseoir, qu'elle était bondée cette taverne.

Résignée, elle choisit donc se prendre place aux côtés de quelqu'un, le plus agréable possible, ce ne serait donc pas à côté des deux personnes à l'air grave au fond de la salle, et encore moins avec le groupe de gardes à l'humour plus ou moins douteux sur le bord. Elle continua à marcher dans la salle et pu apercevoir deux femmes, toutes deux très belles pour des humaines, attablées dans un coin de la taverne, elle décida donc de détailler celle qui était face à elle. Elle cru au premier abord avoir affaire à une congénère, compte tenu de la blancheur de sa peau, mais elle se ravisa, ses couleurs étaient quand même relativement plus "normales". Cette femme avait de beaux cheveux châtains, et des yeux verts envoûtants, mais ce qui la rendait encore plus attrayante, c'était sa constitution physique qui semblait faible, Alteria mit cela sur le compte d'un simple a priori de vampire, et s'approcha d'elles, s'annonçant en toussotant.

« Mesdames, je m'excuse de déranger deux si belles femmes en une si belle après midi. » avait-elle dit avec un sourire charmeur et une voix douce, après certitude d'avoir capté leur attention, elle décida de poursuivre. «Mais comme vous pouvez le voir, cette taverne est vraiment bondée aujourd'hui, j'avais donc espéré trouver place aux côtés de deux charmantes jeunes femmes, plutôt qu'à une table de rustres. Aussi, je vous demande humblement si je pouvais avoir l'immense honneur de me joindre à vous ? »

La vampire avait opté pour une approche douce et une posture ouverte, il aurait été dommage de les brusquer ou de leur faire peur. Elle décida de plonger son regard dans celui de la femme qu'elle avait détaillé auparavant, et ajouta avec une voix claire, presque enfantine.

« S'il vous plait ? »
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MessageSujet: Re: Nobles tournures [PV Claire] Ven 2 Sep 2016 - 0:30


I - Le rose et le vert

« Tu sais, ma jolie, disait Luciana avec un air sage, le monde est plein de personnes incroyables et on peut s'étonner à chaque coin de rue, si on regarde bien.
Soyons honnêtes, je pourrais ne regarder que toi ici et être déjà bien étonnée, répondit Claire d'un air moqueur.
Voyez cela ? C'est la rose blanche qui dit ça, avec ses larmes de crocodiles acérées comme des épines ? Si tu n'étais pas ma sœur, qui sait quelle réputation tu aurais maintenant à la Cour !
Mais c'est bien parce que je suis ta sœur que j'en suis étonnée, tu sais ! »

Les deux jeunes femmes arpentaient la grande allée d'Aldaria, en direction de la place centrale. Luciana avait voulu emmener sa sœur s'amuser un peu avec la société ; et par cette formule, Claire comprenait qu'il s'agissait de s'amuser aux dépends de la société. Elle ne jugeait pas cela, chacun le faisait à sa manière, de toute façon. Que ça soit les nobliaux ou le petit peuple, chacun imitait l'autre bêtement pour le grand plaisir de s'en moquer. De toute façon, ça amusait sa sœur, donc Claire voulait bien se prêter au jeu, même si cela voulait dire qu'elle abandonnait ses compagnons de la Cour.

« Nous voilà dans l'artère du monde, qu'est-ce que tu en dis, Claire ? demanda l'aînée.
Tu sais que je n'aime pas quand il y a trop de monde, ça me met vraiment mal à l'aise. Tous ces gens, pressés et soucieux de rien... J'en dis que je préfère le calme.
Quoi ? C'est toi qui n'arrêtes pas de nous répéter qu'il faut du mouvement et qu'il faut vivre avec le monde ?
C'est différent, Luciana ! Là, ce sont des gens qui ne se préoccupent pas de ça, ils ne savent pas ce qu'ils font ! s'insurgea Claire qui se sentait attaquée.
Tout de suite les grands mots ! Je te le dis, sœurette : ils sont heureux, au moins, souffla Luciana plus gentiment.
Peut-être, mais je ne veux pas être heureuse comme ça, répondit la fille en se ravisant, le rose montant à ses pommettes. »

Luciana adorait taquiner sa petite sœur. Elle connaissait ses forces et ses faiblesses bien plus que n'importe qui. Peut-être était-ce parce qu'elle lui ressemblait, au fond, et qu'elle a plus d'expérience à la Cour, où elle exerce son art avec grande attention. Contrairement aux apparences, elle était tout à fait consciente de l'image qu'elle offrait et elle ne portait guère attention à cela : travestir la vérité pour atteindre ses fins, c'était l'école Lunovel. Évidemment, il y avait plusieurs niveaux d'excellence de l'art de la manipulation et du mensonge et chacun avait son style propre. Vittorio était très frontal, Lise plutôt effarouchée, Eryn jouait la bonté, Luciana feignait l'innocence et Claire affichait l'exubérance de ses bonheurs. Dans tout cela, c'était l’allégeance à la famille qui primait : on ne les imaginerait pas tous ensemble en ville, ceux-là. Mais pour l'instant, c'était juste quelque chose entre Luciana et Claire. Sûrement était-ce déjà trop, mais on s'en contentât.

Esquivant les passants qui marchaient sans détourner leur route, les deux sœurs continuaient leur chemin.

Il paraît important, à ce point-là, pour le lecteur que l'on insiste sur les mots usités. La route, c'est une voie reliant deux points A et B, elle n'existe que dans ce but-là et n'intéresse que pour la possibilité de liaison qu'elle offre. Le chemin est différent, il est propice à la contemplation : il relie bien deux points C et D, mais on s'y arrête et on y marche pour regarder ce qu'on nous entoure. C'était bien de cet avis-là qu'étaient les deux filles, dans la grande artère lumineuse d'Aldaria.

Luciana pointa à sa sœur une taverne dans l'une des ruelles qui partaient vers la périphérie de la ville. Le quartier était bien moins beau que ce à quoi étaient habitué les deux filles. La noblesse des bâtiment laissait sa place à des bicoques disgracieuses. Ce n'était pas quelque chose qu'on pouvait résolument appeler beau, même dans son organisme, mais ça serait un parfait objet d'études pour les Lunovel.

« Allez, fais un peu fi de ton dégoût et rentre ! » lança Luciana en poussant sa petite sœur à travers l'entrée de la taverne, avec ses deux mains.

L'air était assez lourd et teinté d'une nappe d'alcool assez persistante. On criait, on buvait, on jouait, on riait. « Au moins, c'est la Vie qu'il y avait dans ce lieu », pensa Claire pour elle-même. Elle suivit ensuite sa sœur qui s'installa un peu à l'écart, pour pouvoir regarder les gens et parler assez tranquillement. Rapidement, elles s’installèrent et commandèrent à boire. Les deux filles ne buvaient pas d'alcool. L'aînée, parce que cela cassait l'image de fillette qu'elle se donnait ; la benjamine, parce qu'elle ne supportait pas le goût de l'alcool et qu'elle ne tenait pas à l'ivresse. On leur apporta donc du jus de raisin vert. Il avait cette même acidité que le cépage bourdelas, que raffolait les deux filles (Vittorio, d'ailleurs, jouait beaucoup de cela pour faire plier ses filles).

Les filles parlaient de tout et de rien. Les deux regrettèrent que Eryn ne fût pas là. C'est alors qu'une femme, d'une vingtaine d'années s'approcha d'elles. Elle était un peu pâlotte, mais qu'importe.

« Mesdames, je m'excuse de déranger deux si belles femmes en une si belle après midi, commença la femme aux cheveux cendreux. Mais comme vous pouvez le voir, cette taverne est vraiment bondée aujourd'hui, j'avais donc espéré trouver place aux côtés de deux charmantes jeunes femmes, plutôt qu'à une table de rustres. Aussi, je vous demande humblement si je pouvais avoir l'immense honneur de me joindre à vous ? »

Elle semblait bien assurée pour s'adresser comme cela à deux parfaites inconnues dans une taverne salie. Si c'était un ivrogne, pourquoi pas ? Mais là, elle avait un certain maintien digne et c'était assez gênant. Surtout qu'elles étaient occupées. Luciana reprit son masque et répondit rapidement :

« On nous a dit de ne pas parler aux inconnus, vous savez. Surtout si cette personne n'a besoin de personne d'autre qu'elle-même pour être excusée, fit l'aînée avec un regard fatigué.
S'il vous plaît ? » avait-elle ajouté à l'égard de Claire.

Eh, la maligne ! Elle s'adressait directement à Claire et esquivait Luciana ! Sans nul doute que la benjamine allait jouer le jeu, elle était comme ça. Luciana parut incommodée de la présence de cette arriviste et jeta son regard dans le reste de la salle.

« J'imagine que je préférerais une compagnie comme la vôtre, Madame, plutôt que ces gens-là, répondit Claire. Prenez donc une chaise, je vous prie. »

La fille n'était pas dupe, loin de là. Dans ce monde-là, on ne fait pas confiance à la première personne gentille qui fait irruption. C'était une leçon qu'elle avait tâchée d'apprendre pour mieux la contredire dans sa propre expérience. Il fallait une finesse particulière, un regard psychologique aiguisée. Bref, des choses qui ne s’acquéraient que dans des sphères particulières. La fille attendait avec impatience ce que l'aventureuse voulait, mais elle savait être agréable et l'était. Dans le pire des cas, c'était une écornifleuse et elle se ferait vite jeter. Dans le meilleur des cas, c'était un bon moment à passer.

« Dites-moi, vous n'allez pas rester sans rien devant vous, fit Claire en signalant à une serveuse qu'elle avait une commande à passer. Mais excusez-moi, je me prénomme Claire Lunovel et voilà mon aînée, Luciana. »

Cette dernière fit un léger mouvement de tête, mais reprit sa contemplation de la salle, dans la posture de la fillette qui boudait qu'on ne lui eût pas accordé son caprice.


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MessageSujet: Re : Nobles tournures [PV Claire] Ven 2 Sep 2016 - 2:23

Sa phrase avait l'air d'avoir étonné une des deux sœurs, voire de l'avoir choqué, ce qui amusa Alteria, elle était tombée sur une petite ingénue, elle ferait donc mieux de chercher une autre table.

« On nous a dit de ne pas parler aux inconnus, vous savez. Surtout si cette personne n'a besoin de personne d'autre qu'elle-même pour être excusée. » lui dit cette même fille avec un regard fatigué. Décidément, si sa réponse était parfait pour la noblesse de des petites gens, il crachait sur le cœur même des principes de la noblesse elle-même. La vampiresse fit balader son regard dans la salle cherchant une personne peu fréquentable qui pourrait lui servir de dîner, elle trouva sans difficulté un client très agressif et insistant avec une serveuse, elle sourit et se dit qu'elle devrait maintenant partir, avant et de raviser, la première femme était désagréable, mais elle n'était pas seule.

Elle tenta de tester la deuxième, peut-être était elle plus agréable, ou au moins plus réfléchie. « J'imagine que je préférerais une compagnie comme la vôtre, Madame, plutôt que ces gens-là. Prenez donc une chaise, je vous prie. » La courtoisie ne faisait pas défaut à celle-ci, et il aurait été maintenant très mal venu de refuser la proposition.

La vampire s'installa donc à la table, souriant aux deux sœurs «Et bien, je vous remercie de m'accepter quelques temps. » dit-elle amusée. Ces deux sœurs avaient dû être confrontées aux difficultés de la vie, assez pour savoir se méfier, mais pas assez pour savoir comment s'y préparer, c'était au moins le cas pour l'une des deux. Les gens comme cela n'étaient pas bien difficile à cerner, ils se méfiaient de tout, mais leur méfiance était tellement évidente et mal gérée qu'ils ne pouvaient pas maîtriser leur entourage, plus par désir de courtoisie que par arrogance, Alteria détourna totalement son intérêt de la petite pédante pour la porter sur la deuxième femme assise à la même table, qui allait démarrer une phrase.

« Dites-moi, vous n'allez pas rester sans rien devant vous, fit elle en signalant à une serveuse qu'elle avait une commande à passer. Mais excusez-moi, je me prénomme Claire Lunovel et voilà mon aînée, Luciana. »

Alteria réagit très vite, et dressa sa main devant elle pour indiquer que la commande n'était pas nécessaire. « Allons allons, je ne désire pas m'imposer longtemps, j'ai déjà consommé ce qu'il me fallait, je suis juste ici pour éviter d'être dans la rue... raisons personnelles. » Dit la vampire, ne lui transmettant qu'une demi-vérité. « Mais enfin, mon nom est Alteria Emperes, du Duché Emperes de l'ex-Aldaria, enchantée de vous rencontrer. »

Le Duché Emperes, elle savait que le domaine existait encore à cette époque, mais il était actuellement en pleine reconstruction. Ses profonds remerciements allaient quant à eux à Dame Duruisseau, qui avait restitué la superficie habitable des familles, entre sa future maison et la reconstruction de son école, il y avait de quoi. Elle rechercha dans sa mémoire le nom Lunovel, mais il ne devait pas encore exister du temps où elle était humaine, elle se contenta donc de sourire à Claire.

« Je sais que je passe pour une arriviste impromptue, et je vous prie de m'en excuser, cependant, quitte à être à cette table, autant essayer de bien s'entendre. Je n'ai jamais entendu parler de la famille Lunovel, j'aurais dû ? »
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MessageSujet: Re: Nobles tournures [PV Claire] Mer 7 Sep 2016 - 17:52


II - Être la noblesse

On ne changeait pas ce qui était marqué dans le plus pur des matériaux. Nécessiteux d'un soin extrême, il se polissait, semblable à une gemme constellée par les réflexions lumineuses qu'il l’entouraient. Mais de telles couleurs impliquaient des privations ; on se déliait des autres et elles n'apparaissaient plus alors que comme de vagues réminiscences. A nos lecteurs, on pourrait dire que c'était l'étique privation qui rendait l'âme plus pure (au sens premier du terme). Mais on savait qu'il était impossible de se défaire de la plus petite trace qui continuait à coller à l'âme comme une excroissance bénigne, mais difforme. A force d'immobilisme, l'ensemble finit par stagner et à rancir.

Claire ne pensait pas cela de sa sœur. Si ça n'était pas sa sœur, elle aurait peut-être eu cette pensée disgracieuse aussi bien pour elle que pour l'autre. Mais c'était sa sœur ! Après tout, elle vouait une allégeance vagabonde mais fidèle à celle-ci. Claire prit une mine ravie. Autant dire qu'elle ne savait pas pourquoi elle était de si bonne humeur, c'était peut-être un réflexe naturel.

« Allons, allons, je ne désire pas m'imposer longtemps, j'ai déjà consommé ce qu'il me fallait, je suis juste ici pour éviter d'être dans la rue... raisons personnelles, coupa la femme avec une voix vivante. Mais enfin, mon nom est Alteria Emperes, du Duché Emperes de l'ex-Aldaria, enchantée de vous rencontrer. »

Eh bien, c'était la noblesse qui se présentait et dans les termes les plus éloquents pour un endroit pareil. Claire jeta un œil du côté de sa sœur qui semblait plus préoccupée par la considération naturaliste que par la discussion qui s'offrait à elle. Mais honnêtement, elle avait bien raison. Claire n'était pas le genre de fille à apprécier les sourires. A la Cour, elle adorait les arborer, mais dans le grand principe de l'amusement qui régissait ses actes. Holà, ça n'était pas de la flagornerie qu'elle s'étonnait et s'éloignait, c'était plutôt de l'absence d'émotions. La joie véritable vaut plus que les simulacres fragmentaires de plaisir. Mais l'arrivante semblait être le genre de personnes à apprécier la société et surtout la vie en société. L'écho lointain de la noblesse ne résonnait plus dans les tympans de Claire. Alors, à quoi bon ?

« Je sais que je passe pour une arriviste impromptue, et je vous prie de m'en excuser, cependant, quitte à être à cette table, autant essayer de bien s'entendre. Je n'ai jamais entendu parler de la famille Lunovel, j'aurais dû ?
Qu'importe, franchement, la nôtre ou une autre ! S'il fallait qu'il y en eût qu'une, l'autre me paraît plus digne d'avoir été choisie, répondit la fille, d'une voix un peu exaltée. Les débris de l'opulence ne sont bons qu'à briller et seulement briller, alors considérez-moi comme je me présente à vous, aujourd'hui. »

Luciana eut une palpitation brève et regarda sa sœur. Elle s'excusa promptement et glissa à l'oreille de Claire qu'elle avait quelques courses à faire pour ce soir. D'une voix monotone et neutre, elle salua Alteria et partit chattement vers la sortie de la taverne qui était inondée par le vacarme.

« Oh, et pour ton projet, Claire. J'en parlerai à mes amis. Je ne garantis rien, mais qui sait, peut-être seront-ils intéressés ? lança finalement Luciana avec un regard plus doux. »

Claire pencha doucement la tête sur la droite, signe d'attention et de remerciement, et la regarda partir, alors que celle-ci mimait un baiser qu'elle souffla vers elle. Oui, elle aimait sa grande sœur. Et sa grande sœur l'aimait. C'était bien pour cela qu'elle était partie.

La fille souffla un peu, comme si elle se sentait libérée d'un certain poids et guida son regard vers la femme pâlotte. Ses yeux d'émeraude se plantèrent dans les siens et elle y chercha les réponses à des questions qu'elle ne se posait pas encore. Ca n'était pas un regard méchant ou pernicieux, mais quelque chose qui faisait ressortir la candeur de la jeunesse.

Claire était curieuse. Mais silencieuse, pourtant, comme obnubilée par l'image qui se trouvait devant elle.


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MessageSujet: Re: Nobles tournures [PV Claire] Ven 9 Sep 2016 - 20:55

« Qu'importe, franchement, la nôtre ou une autre ! S'il fallait qu'il y en eût qu'une, l'autre me paraît plus digne d'avoir été choisie, répondit la fille, d'une voix un peu exaltée. Les débris de l'opulence ne sont bons qu'à briller et seulement briller, alors considérez-moi comme je me présente à vous, aujourd'hui. » Avait aussitôt répondu la jeune femme.

Alteria fut bien étonnée par une telle réaction, elle qui essayait difficilement de se plier aux règles de courtoisie que ses parents lui avaient durement appris. Elle avait l'habitude d'être contrainte à un règlement strict quand elle rencontrait d'autre personnes de bonne naissance. Mais soit, elle décida de faire fit de ses grandes manières et détailla les deux sœurs d'un regard amusé, plus précisément cette Claire, qui lui paraissait bien plus agréable que la grande sœur.

La vampire entendit la grande dire à l'oreille de sa sœur qu'elle devait s'éclipser, à la bonne heure ! Non pas qu'elle ne l'aimait pas, mais elle se serait bien passé de sa compagnie. Cette dernière la salua d'une voix relativement morne, sans grande conviction, ce à quoi Alteria répondit par un sourire et un signe de la tête, chose qu'elle n'aurait habituellement jamais osé faire devant une personne appartenant à la noblesse, ni même au truand du coin d'ailleurs, mais c'était plus fort qu'elle, elle n'aimait pas cette gamine.

« Oh, et pour ton projet, Claire. J'en parlerai à mes amis. Je ne garantis rien, mais qui sait, peut-être seront-ils intéressés ? » lança-t-elle gentiment avant de s'éclipser, ce qui ne manqua pas d'intriguer la vampiresse, qui haussa un sourcil.

Elle regarda Luciana s'éclipser, et se senti un peu coupable. La vampire avait été relativement égoïste sur ce coup là, en effet, si elle s’asseyait à une table avec des gens qui avaient l'air relativement innocents et gentils, elle pouvait les déranger, et Alteria préférait de loin déranger quelques truands que deux jeunes femmes. Elle caressa quelques temps les bandages magiques entourant Sentence, peut être devrait-elle allait s'installer à une table, après tout cette faux était là pour la protéger. Mais Alteria se ravisa bien vite, le mal était déjà fait, alors autant ne pas rester avec l'image d'une trouble fête et essayer d'être agréable.

« Je m'excuse d'avance de poser une question concernant un sujet qui ne me concerne absolument pas, mais vous avez attisé ma curiosité. Votre sœur vient de parler d'un projet et je dois avouer que cela m'intrigue. Vous pourriez m'en dire plus, ou est-ce de l'ordre purement privé ? »

La vampiresse avait posé sa question d'une voix douce, accompagné d'un regard presque maternel. Autant dire que ses deux ressentis envers les deux sœurs étaient comme le jour et la nuit, cette petite lui était sympathique, même si elle ne parlait pas beaucoup. Alteria choisit donc d'essayer de gagner sa confiance, ou tout du moins, sa sympathie.
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MessageSujet: Re: Nobles tournures [PV Claire] Mer 14 Sep 2016 - 15:05


III - L'orgueil de la famille

Il fallait dire qu'avec l'orgueil familial qui caractérisait les Lunovel et auxquels n'atteignaient pas dans les carrières plus libérales les membres de professions un peu nombreuses, sociétaires, hommes de lettres, marchands appelant seulement un autre sociétaire, homme de lettres ou marchand, mon confrère, eux, usant avec raison d'un terme réservé aux corps restreints et distant, ils disaient, en parlant d'un ami qui était à la maison un jour sur deux, pendant un certain temps : « Allons voir ce que fait notre collègue » ; cet orgueil ne les empêchait pas, dans le but d'améliorer ce qu'ils appelaient leur traitement, d'accepter pour des courses des rémunérations, qui les avaient faire prendre en horreur les autres nobles et même Benedict, dans une certaine mesure, oui, la première fois qu'ils les voyaient ils leur donneraient les bons viatiques sans concession, mais il y avait des jours où il était poli comme une porte de prison, et c'était comme cela qu'on nommait les tire-sous, cette catégorie où Benedict faisait si souvent figurer les nobliaux et où, hélas, pour tous les malheurs que cela devrait un jour amener, il rangeait déjà les amis des filles Lunovel, parce qu'il les voyait bien souvent demander, pour leurs grâces peu fortunées ou presque, des colifichets, de menus objets, tout ce que Benedict trouvait inexcusable, parce que les Lunovel n'étaient pas des bons à tout faire. Ainsi, bien vite, Claire retira ce qu'elle pût appeler sa charge et ce que Benedict nommait son fardeau, car sa mère lui avait aussi recommandé de ne jamais prendre le genre de chasseuse ou même de volatile et ce fut ainsi qu'elle écopa de son projet instructif. De même que, grâce aux livres, la philosophie l'est à un chasseur qui n'est plus chasseur quand il eut fini son travail, de même, grâce aux robes et à la dentelle, l'élégance devenait accessible à la fille qui, ayant cessé de coudre, pour la soirée, ses doux tissus, se croyait, comme une jeune étourdie qui avait retiré son châle, ou la comtesse du domaine d'à-côté, devenue parfaite fille de la Cour. Cette fille-là ne serait d'ailleurs pas sans ambition, ni talent non plus pour ce qui concernât la couture et le fil : c'était son port qui était défectueux. Claire pouvait croire à de pareilles ambitions parce qu'elle disait en parlant de cette fille, de laquelle elle s'était attachée, ma jolie, sur le même ton qu'une femme possédant richesses et merveilles eût appelé de petites commodités eût parlé de ses distractions. Quant au port de la jeune fille, il était assez curieux que quelqu'un qui voyait des myriades de vêtements de grande qualité ne portât jamais elle-même ceux-là comme il le fallait. Certaines choses étaient extrêmement agaçantes, alors : quoi qu'elle eût dit, Claire était sempiternellement interrompue par la grande divagation de la couturière à chacune de ses réflexions sur sa stature, ce qui semblait signifier ou bien que sa remarque était d'une telle évidence que tout le monde l'eût trouvée ou bien reporter sur elle le mérite comme si c'était elle qui avait attiré son attention sur ses sujets, là-dessus. La couturière s'exclamait avec la plus grande énergie et revenait à la charge toutes les deux minutes, pour des choses dont elle ne se fût sûrement jamais avisée, ce qui irritait un peu Claire qu'elle se mit aussitôt à dire des âneries pour lui monter et se montrer à elle-même que la pauvre fille n'y comprenait rien. Mais elle ne répondait pas moins par les mêmes injections, comme si ces mots et ses pensées étaient inévitables. Claire lui pardonna facilement néanmoins aussi qu'elle employât certains termes de son métier, et qui eussent, à cause de cela, été parfaitement convenables au propre, seulement dans le sens figuré, ce qui leur donnait une intention spirituelle assez drôle. Un jour que Claire attendait une réponse à l'une de ces phrases (car désormais cet échange unilatéral était devenu un petit jeu auquel la Lunovel s'adonnait avec un certain plaisir) et comme elle faisait les cent-pas par impatience, elle se moqua silencieusement quand, après un silence, la couturière voulut paraître avoir tout compris dès la première seconde, ce qui faisait que, dès que Claire lui recommandait quelque chose, elle disait qu'elle comprenait bien, avec une netteté et un ton intelligent qui firent quelque temps illusion ; mais les personnes, au fur et à mesure qu'on les connaît, sont comme un métal plongé dans un mélange altérant, et on les voit peu à peut prendre de leurs qualités, comme parfois leurs défauts. Avant de lui faire d'autres recommandations, Claire vit qu'elle avait laissé la porte de l'atelier ouverte ; elle le lui fit remarquer, la Lunovel ayant un peu peur qu'on ne les entendît ; la couturière condescendit au désir de la noble et revint en ayant diminué l'ouverture, sans la fermer totalement, car il faisait tout de même chaud en cette période de l'année. « C'est bien pour vous faire plaisir, Mademoiselle, disait-elle, mais il n'y a plus personne ici que nous deux. » Aussitôt, Claire entendit passer une, puis deux et cela jusqu'à cinq personnes. Elle voulut s'agacer de l'indiscrétion possible, mais comme les raisons que tous ces gens avaient de passer diminuaient un peu l'ennui de la noble, sur son ordre formel, elle alla, non pas fermer la porte, ce qui était au-dessus de ses forces, mais la pousser encore un peu plus. « Alors comme ça nous sommes bien tranquilles, Mademoiselle. » En effet, les deux le furent tellement qu'une femme entra et se retira en s'excusant de s'être trompée de chambre. « Vous allez enfin répondre à mes questions ou non, lui dit Claire, un peu ennuyée, malgré sa bonne patience et son bon cœur et faisant claquer la porte de l'atelier (ce qui par ailleurs amena une autre personne qui pensait que la fenêtre ouverte l'avait fait malencontreusement claquer). Vous savez bien de quoi je parle, enfin, vous ne pouvez pas porter du taffetas de cette manière-là !Je comprends !Mais non, au contraire, vous ne comprenez pas, ce n'est pas du tout naturel ! Voyez, ces formes sont très belles, mais elles ne sont que trop douloureuses pour le dos, quand vous restez des heures assise. C'est très incommode que cela.Oh, ce que vous pensez bien !Alors, vous allez changer tout cela ?Bon, bon, bon, je comprends oui, bien sûr, répondit-elle de ce ton précis et fin qui depuis longtemps avait cessé de faire bonne impression à Claire parce qu'elle savait qu'il était presque mécanique et recouvrait sous sa netteté apparente beaucoup de vague et de bêtise. – Bien. Dites-moi, quand aurez-vous fini cet ouvrage ?J'ai pas pour bien longtemps, disait la couturière qui poussait d'une manière cocasse la règle que Claire lui avait apprise, laquelle était de ne point doubler une négation dans une phrase, au risque de la perte d'élégance. Mais ne vous en faites pas, vous pouvez partir ! Je n'ai pas d'autres affaires à part la vôtre et je peux bien vous l'apporter moi-même. C'est bien si je pouvais sortir un peu ce soir. Je ferai vite, vous savez. » Trois heures après, la couturière, souriante, arriva pour voir Claire : « Mademoiselle Claire a bien attendu, mais je n'ai pas fini la robe. Mais je suis venu quand même vous voir pour ne pas être envoyée ! (il fallait noter ce tic de langage qui faisait sourire et pâlir Claire en même temps ; la couturière disait en effet qu'on rentrait dans les postes de fonction et comme par un adoucissement ou une figure de style par élision, ou comme si elle voulait insister sur cette seconde forme, elle retirait simplement le r et disait qu'il a été envoyé de son travail). » Claire dut reconnaître que ça n'était pas par méchanceté qu'elle souriait, mais à cause d'une fatale timidité. La pauvre fille croyait diminuer l'importance de sa faute en la prenant en plaisanterie. De même si elle lui avait dit : « Vous savez que je n'ai pas fini la robe », ce n'était pas qu'elle crût qu'en effet la noble le sût déjà, au contraire même, elle ne doutait pas que Claire l'ignorât et surtout, elle s'en effrayait. Aussi, disait-elle son vous savez pour s'éviter à elle-même les affres qu'elle traverserait en prononçant des phrases destinées à lui l'apprendre. Claire ne devait jamais se mettre en colère contre ceux qui, pris en faute par elle-même, se mettaient à rire. Ils le faisaient non parce qu'ils se moquaient, mais parce qu'ils tremblaient qu'elle pût être mécontente au demeurant. La noble témoignait une grande pitié et montrait une grande douceur à ceux qui riaient. Pareil à une véritable attaque, le trouble de la couturière avait amené chez elle non seulement une rougeur pléthorique mais aussi une altération critique du langage, redevenu soudain familier, pareillement à lorsqu'elles se furent rencontrées pour la première fois. Elle finit par expliquer qu'il lui manquait du tissu à force d'erreurs et qu'elle devait en faire la commission et qu'elle aurait fini la robe avant une heure du matin. Ce fut ce soir-là encore, d'ailleurs, que commença à réellement trotter l'idée qu'elle put prendre en main son projet de vie. Non, pour le dire tout de suite, et bien que les choses furent mises en ordre seulement quelques semaines après, elle naquit avec les remarques particulières qui finissaient par s'inscrire dans son crâne. Claire avait ce jour-là compris qu'elle ne pouvait que se blâmer elle-même et qu'elle était celle qui avait pas pris conscience de l'entièreté de la chose, depuis des mois. Marchant de long en large, seule dans sa chambre, elle se trouva tout à coup face à face avec la réalité de la chose. Elle hésitait presque à l'avouer et à l'assumer, comme elle ne l'avait assumée et avouée à aucun des moments de sa vie. Mais l'hésitation ne se manifestait pas chez tout le monde de la même façon. Ayant été astreint d'une éducation sage, Claire s'assit dans son fauteuil et les pensées qu'elle eut alors ressemblaient à de roses carnations, des parois parfumées contre lesquelles il semblait qu'elle vînt de humer et dont, âcre, sensuelle et révélatrice comme une odeur de géranium, il semblait qu'elle transportât avec elle quelques particules presque pondérables, irritantes et secrètes de la réflexion du monde et de la nature. Tout comme ces particules, la question de la femme lui parvint à l'esprit : « Je m'excuse d'avance de poser une question concernant un sujet qui ne me concerne absolument pas, mais vous avez attisé ma curiosité. Votre sœur vient de parler d'un projet et je dois avouer que cela m'intrigue. Vous pourriez m'en dire plus, ou est-ce de l'ordre purement privé ?Cela me serait bien favorable s'il était privé, mais je dois avouer que non. Mais tenez, je vais faire une chose bien simple et vous l'expliquer comme ma sœur l'expliquera à ses amis. » Claire marqua une pause, mais elle n'était plus prise comme autrefois de la souffrance due à l'hésitation de se sentir diminuée par l'univers et les cieux. La certitude que cette douleur ne viendrait plus apporta à la jeune fille un calme complet, une fraîcheur qui fit naître un tout léger et indescriptible sourire au coin de sa bouche : « Vous savez (elle disait cela de la même manière que la couturière), je suis une fille qui n'est que trop ignorante du monde qui l'entoure. J'ai le projet de partir à travers le continent, là où les idées et les envies me portent pour découvrir le reste de la nature. Aussi, je voudrais écrire un livre sur ces pérégrinations-là, mais il me faut un aval plus général dans la noblesse pour ce qui concerne la gouvernance d'un tel chantier. » Claire ne cachait pas le malicieux enthousiasme qu'elle avait à l'idée de pouvoir partir de son Aldaria natale pour arpenter le monde. Au fil de ses mots, les yeux autour d'elle pouvaient voir une révolution complète dans le caractère de la fille qui était passée de l'étude un peu ennuyeuse mais intéressant de la nature humaine à la joie qu'elle ressentait de penser à sa propre nature. Du reste, elle continuait à parler sur des sujets un peu triviaux pour le commun des mortels, sur la beauté virginale d'Armanda et les lieux qu'elle comptait visiter. « Ai-je satisfait votre curiosité ? » finit-elle alors, après de grandes digressions, comme si les pittoresques souvenirs d'hésitation et camaraderie ancillaire avaient finalement cessé d'exister au sein de son corps, ainsi qu'elle y prisse un plaisir serein et indéfini.




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Dernière édition par Claire Lunovel le Mar 1 Nov 2016 - 14:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nobles tournures [PV Claire] Ven 16 Sep 2016 - 23:52

«Cela me serait bien favorable s'il était privé, mais je dois avouer que non. Mais tenez, je vais faire une chose bien simple et vous l'expliquer comme ma sœur l'expliquera à ses amis. »

La vampire posa ses coudes sur la table, joignant ses mains et posant son menton sur ces dernières, elle était presque impatiente de savoir ce qu'allait lui dire la jeune femme. Elle imaginait des tas de choses, un grand projet de rénovation comme le sien, ou alors une grande dévotion à l'art ! Peut-être voulait-elle faire dans l'humanitaire ? Tant d'idées amusantes traversaient la tête de la vampiresse que la réponse fut pour le moins... décevante.

« Vous savez, je suis une fille qui n'est que trop ignorante du monde qui l'entoure. J'ai le projet de partir à travers le continent, là où les idées et les envies me portent pour découvrir le reste de la nature. Aussi, je voudrais écrire un livre sur ces pérégrinations-là, mais il me faut un aval plus général dans la noblesse pour ce qui concerne la gouvernance d'un tel chantier. »

Alteria fixait son interlocutrice, presque étonnée. C'était des paroles si... générales et vides de sens pour elle. La notion de liberté qui entourait ses mots était presque inconnue à la vampiresse, qui eu vraiment du mal à comprendre la portée des paroles de Claire. Elle se contenta de lui sourire, amusée par la conviction de telles paroles venant d'une si jeune femme, qui allait bientôt finir sa tirade par une question.

« Ai-je satisfait votre curiosité ? »

La réponse aurait dû être mitigée, la vampire n'avait pas compris la portée de ses paroles, donc sa curiosité n'était pas satisfaite, mais elle avait eu la réponse qu'elle attendait, elle choisit donc de répondre par la positive.

« Oui, je vous remercie. C'est une idée bien intéressante, bien que son principe fondamental m'échappe totalement. Mais pour être parfaitement honnête, je n'ai pas posé la question pour mieux connaître votre projet, mais pour mieux vous connaître vous. J'ose avouer que... je ne sais pas comment le formuler, votre façon d'être, votre aura m'intrigue. Aussi j'espérais pouvoir faire plus ample connaissance avec vous, j'espère que je ne vous dérange pas trop. »

La vampire avait dit ça avec un ton amusé, remuant la tête de droite à gauche comme une enfant fière en attente d'une réponse. Cette jeune femme était décidément très intéressante et Alteria se demandait si elle pourrait voir les choses d'un œil nouveau grâce à elle.
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MessageSujet: Re: Nobles tournures [PV Claire] Lun 31 Oct 2016 - 17:49


IV - Mais il subsistait ce qu'elle ne pouvait pas comprendre

À ce moment, Claire vit son interlocutrice secouer sa tête horizontalement au-dessus de toute forme d'usage adulte comme si elle faisait signe à quelqu'un que la jeune femme ne voyait pas, ou comme un animal, et en effet, sans plus de transition que, sur un simple geste du museau, dans une vie sauvage que l'on ne reconnaissait plus maintenant, à une époque où cela disparaissait dans de grands égards pour les fastes, les enfants de la louve la suivent doucement, après les paroles courtoises mais exaltées que la Lunovel venait de dire, il tomba sur elle, en un couperet délicat, sur la tête de la pauvre fille, l'impression d'être sujet d'obsession : « J'ose avouer que... je ne sais pas comment le formuler, votre façon d'être, votre aura m'intrigue. Aussi j'espérais pouvoir faire plus ample connaissance avec vous, j'espère que je ne vous dérange pas trop », les mots lui restaient en tête, comme si elle était plus spéciale qu'autrui ou plus à même d'être vouée à certaines tâches, peu communes au reste du monde. Claire en oublia alors son projet, désormais enfoui dans les cavités les plus sinueuses et profondes de son esprit.

Maintenant qu'à la profonde réflexion qui s'était faite, aux mémoires de la parabole de la couturière, avait succédé le cœur de la connaissance sociale, les mots appelants inévitablement les mots, Claire n'eût pas d'autre choix que de répondre à cette invitation, tout aussi étrange que le personnage qui la formulait : « Mademoiselle, j'en serai tout à fait ravie. » Mais il subsistait ce qu'elle ne pouvait pas comprendre (comme les personnes qui trouvent que ce n'est pas de jeu que surviennent les amourettes fortuites entre deux personnes quand il n'a encore été question que de se connaître, ou bien la démolition d'une villa alors qu'il n'a été question que de déboires d'argenterie), c'était bien comment la duchesse avait pu faire suivre ces paroles qui appréciaient une nuance de maturité, d'un geste qui ne sortait nullement d'elles, qu'elles n'annonçaient pas, le mouvement de ce hochement non seulement au mépris de la classe, mais du principe même de causalité, en une génération spontanée d'infantilisme, ce mouvement créé ex nihilo. Heureusement, la jeune fille qui était habituée à de tels comportements avec sa sœur ne s'en offusqua pas plus. Ce qui attirait bien plus l'attention de Claire, c'était, en détournant un instant la tête, le brouhaha naissant dans la taverne, éventuellement créatrice d'une rixe entre hommes échauffés et saouls. Ce n'était pas véritablement le problème de la jeune fille et elle ne voulait que peu s'y mêler, même si elle le devrait par promesses. Elle déclara ainsi : « Je crois bien que la situation ne dégénère, nous n'aurons bientôt plus nos places ici. Voulez-vous continuer cette conversation à l'extérieur ? Les haut quartiers sont resplendissants à cette heure-là. »

Elle aurait voulu parler plus, mais elle était tellement remplie d'indignation contre la violence des ivrognes, qu'elle venait adhérer complètement au mouvement qui la guidait vers l'extérieur de l'établissement, sans qu'il fût même question d'attendre la réponse à la question qu'elle posait. De tout un corps, elle détendait ses jambes, de sorte que son agitation intérieure se traduisait seulement par une entière fluidité extérieure, et elle n'avait même pas pris la peine de regarder derrière elle, alors qu'elle paya la consommation de verjus. Inconséquente avec les derniers événements et tout aussi dénuée de causalité que son homologue, Claire s'extirpa rapidement de l'établissement et laissa le soleil de l'après-midi lui caresser la peau et s'étira de tout en long dans un soupir jouissif. Elle pouvait voir que sa nouvelle camarade la suivait et lui dit ainsi : « Qu'on ne pense pas à prendre le mors aux dents, dans de pareilles circonstances ! »

Les traces de rayure sur les murs coïncidaient avec l'atmosphère générale qui prenait la ville dans son intégralité. Jamais ne trouverait-on d'autres instants de la journée comme cela, où la foule se pressât et s'engageât dans les artères de la ville, sorte de courant qui traversait Aldaria de long en large. « Allez, venez, marchons ensemble et parlons donc ! » Claire se sentait renaître du contact avec l'air du dehors.


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MessageSujet: Re: Nobles tournures [PV Claire] Ven 4 Nov 2016 - 21:05

L'acceptation de la jeune humaine fit sourire la vampiresse. Mais elle remarqua un peu d'étonnement dans son regard, ou alors était-ce de l’incompréhension, elle n'aurait su le dire. La petite Lunovel était vraiment une personne extrêmement étrange, il fallait le dire. Alteria soupira un peu, la taverne se faisait décidément bien bruyante, dire que c'était l'endroit où elle était censée trouver une proie pour se rassasier un peu. La petite humaine lui fit remarquer que la situation était en train de dégénérer, et lui proposa de sortir, ajoutant que les hauts quartiers étaient resplendissants à cette heure-là.

Elle aurait bien voulu accepter, mais la jeune femme ne lui en laissant pas la temps, se dirigeant prestement vers la sortie sans même lancer un regard aux gens qui les entouraient, décidément elle n'avait pas vraiment l'air à son aise en ces lieux, ce qui se comprenait. Ses capacités vampiriques à l'appui, Alteria suivit Claire comme son ombre, la suivant jusqu'à l'extérieur. Elle s'étira dans un petit gémissement, avant de se mettre à rire en voyant que sa camarade en faisait de même. La remarque qui suivi l'amusa, la vampiresse, au contraire, aurait bien aimé resté pour filer quelques roustes à ces malotrus, on avait pas idée de déranger les gens comme ça pour des bêtises.

On aurait facilement eu l'impression en étant spectateur que la jeune humaine venait tout juste de renaître. Elle avait l'air de se sentir bien, en plein soleil, enfin à l'air libre. Cela aurait presque réchauffé le cœur de la vampiresse si ce dernier battait encore. Par un quelconque réflexe venu de nul part, elle vint ébouriffer les cheveux de Claire d'une manière maternelle avant d'ajouter « Oui oui, nous y allons. » dit-elle en lui prenant la main et en commençant à marcher, comme si elle avait peur de la perdre.

La vampire ne put s'empêcher de s'extasier devant toutes les maisons qu'elle trouvait belle. Elle les avait pourtant vu des centaines de fois, mais elle recommença à passer sa main le long des pierres tout en soupirant calmement, se laissant porter par leur contact. Tout en marchant aux côtés de la petite humaine, elle la regarda tendrement et entama la conversation « Sinon ma chère, que faites vous dans la vie ? J'ai ma petite idée à en voir vos manières et votre joli minois, mais une erreur est si vite arrivée. » Après tout, elle était elle même instructrice au maniement de la faux, peu commun pour une noble. Son toc la reprit, et elle se remit à pencher la tête de gauche à droite, impatiente.
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MessageSujet: Re: Nobles tournures [PV Claire] Sam 5 Nov 2016 - 16:55


V - Les jardins d'Aldaria étaient un abrégé de toutes les promenades alentour

Arrivées au bas de l'avenue d'Aldaria, nous montâmes d'un seul trait, avec des pas continus comme le marteau qu'il fondait rythmiquement sur un clou, tandis que le flot de passants, strictement abaissé alors, se tarissait au-dessous de nous. Les maisons belles et flamboyantes de la haute-ville accoururent en tenant serrés contre elles leur jardin ou leur rosier ; les hêtres de la Lumineuse, plus agités que quand s'élevait le doux vent chaud de l'après-midi, coururent dans tous les sens pour nous saluer, et des domestiques nouveaux que je n'avais encore jamais vus vinrent nous saluer au perron, pendant que les jardiniers, trahissant des dispositions supérieures à cette discipline, nous dévoraient des yeux. Comme ce n'était pas un lundi, je ne trouverais sûrement pas mes amis qui descendraient dans la ville pour des occupations plus triviales, car sauf ce jour-là, où ils étaient d'humeur très joviale, il était imprudent d'aller déranger ces grandes gens sans réelle raison, bien que je me le permisse par le passé, avec plus ou moins de facéties. Sans doute ils restaient à la Cour à des discussions sérieuses « en principe », mais cette expression, que mon père employait au temps où il cherchait lui aussi à se faire son petit clan et à attirer les clients en ne bougeant pas, dût-il souvent ne pas faire ses frais, et qu'il traduisait avec contresens en « par principe », signifiait bien uniquement « en règle générale », c'est-à-dire avec de nombreuses exceptions, ce qui avait eu le don de me fatiguer ainsi que ma mère. Car non seulement mes amis (pour les citer, il s'agit du vénérable P., du grand D. et du sagace F.) aimaient à sortir, mais ils poussaient fort loin les devoirs de nobles qui les incombaient, et quand ils avaient eu de la grande discussion, ainsi qu'il l'appelait, aussitôt après le digestif, les liqueurs et autres cigarettes (malgré le premier engourdissement de la chaleur et de la digestion où on eût mieux aimé, à travers les feuillages des jardins de la Cour, regarder les jeunes filles à l'ombre des arbres), le programme comprenait une suite de promenades au cours desquelles les différents partis, installés de force sous le soleil estival, étaient emmenés malgré eux vers l'un ou l'autre des points de vue qui foisonnent dans la haute-ville d'Aldaria. Cette deuxième partie des discussions n'était pas, du reste (l'effort de se lever et de sortir du palais accompli), celle qui plaisait le moins aux nobliaux, déjà préparés par les mets succulents, les vins fins ou le cidre mousseux, à se laisser facilement griser par la pureté de la brise et la magnificence des sites. Le grand D. faisait visiter ceux-ci aux étrangers un peu comme les recoins perdus (plus ou moins lointains) de la beauté de la ville, et qu'on ne pouvait pas ne pas aller voir du moment qu'on venait discuter avec lui et, réciproquement, qu'on n'aurait pas connus si on n'avait pas été à discuter avec lui et ses amis. Cette prétention de s'arroger un droit unique sur les promenades urbaines comme sur le jeu des Osselets ou d'Alea, et de contraindre les paysages à faire partie de cette petite compagnie, n'était pas, du reste, aussi absurde qu'elle semblait l'être au premier abord. Le grand D. se moquait non seulement de l'absence de goût que, selon elle, les divers compagnons montraient dans leur affection des alentours d'Aldaria, mais encore de leur manque d'initiative dans les promenades qu'ils faisaient, ou faisaient faire, aux environs des beaux quartiers. De même que, selon lui, la haute-ville ne commençait à devenir ce qu'elle aurait dû être que depuis qu'elle était l'asile de la petite compagnie, de même il affirmait que ses invités, refaisant perpétuellement dans leur chemin, le long de l'artère, la seule vilaine route qu'il y eût dans les environs (mais celle qui était la nommée la plus flamboyante et magnifique par le commun des mortels), habitaient le pays de tout temps mais ne le connaissaient pas. Il y avait du vrai dans cette assertion. Par routine, défaut d'imagination, incuriosité d'une région qui sembla rebattue parce qu'elle si voisine, les nobles ne sortaient de chez eux que pour aller toujours aux mêmes endroits (c'est-à-dire le Palais) et par les mêmes chemins (c'est-à-dire l'Artère Lumineuse). Certes, ils riaient beaucoup de la prétention du grand D. de leur apprendre leur propre pays. Mais, mis au pied du mur, eux, et même les plus malins, eussent été incapables de nous conduire aux splendides endroits, un peu secrets, où nous menait le grand D, levant ici la barrière d'une propriété privée, mais abandonnée pour l'instant, où d'autres n'eussent pas cru pouvoir s'aventurer, je m'en souviens encore ; là descendant une petite pente, mais tout cela avec la récompense certaine d'un paysage merveilleux. Disons, du reste, que les jardins d'Aldaria étaient en quelque sorte un abrégé de toutes les promenades qu'on pouvait faire à bien des endroits alentour. D'abord à cause de leur position dominante, regardant d'un côté les plaines, de l'autre les forêts, et puis parce que, même d'un seul côté, celui de la forêt par exemple, des percées avaient été faites au milieu des arbres de telle façon que d'ici on embrassait tel horizon, de là tel autre. Il y avait à chacun de ces points de vue un banc ; on venait s'asseoir tour à tour sur celui d'où on découvrait les petits villages, les bourgs et les cités. Même, dans une seule direction, avait été placé un banc plus ou moins à pic, plus ou moins en retrait. De ces derniers, on avait un premier plan de verdure et un horizon qui semblait déjà le plus vaste possible, mais qui s'agrandissait infiniment si, continuant par un petit sentier annexe, on allait jusqu'à un banc suivant d'où l'on embrassait tout la beauté de la nature. A cet endroit on percevait exactement le bruit de la végétation, qui ne parvenait pas au contraire dans les parties plus enfoncées des jardins, là où les cimes se laissaient voir encore, mais non plus entendre. Ces lieux de repos portaient, à Aldaria, pour les maîtres de maison, le nom de « vues ». Et en effet ils réunissaient autour de la ville les plus belles « vues » des pays avoisinants, des plaines ou des forêts, aperçus fort diminués par l'éloignement, comme les plus grands dirigeants avaient assemblé dans leur palace des réductions des monuments les plus célèbres des diverses contrées. Le nom qui suivait le mot « vue » n'était pas forcément celui d'un lieu géographique visible, mais souvent d'une destination bien plus lointaine et qu'on découvrait, gardant un certain relief malgré l'étendue du panorama. De même qu'on prenait un ouvrage dans la bibliothèque du sagace F. pour aller lire une heure à la « vue de Gloria », de même, si le temps était clair, on allait prendre une collation à la « vue du Wylorel », à condition pourtant qu'il ne fût pas trop venteux, car, malgré les arbres plantés de chaque côté, là l'air était vif. Pour en revenir aux promenades que le grand D. organisait pour l'après-midi, le Voyageur comme on le nommait, si au retour il trouvait les cartes de quelque mondain « de passage sur Aldaria », feignait d'être ravi mais était désolé d'avoir manqué sa visite, et (bien qu'on ne vînt encore que pour voir « le Palais » ou connaître pour un jour un homme dont l'amour de l'art était célèbre, mais infréquentable dans d'autres lieux) le faisait vite inviter par le sagace F. ou le vénérable P. à venir manger au prochain mercredi midi. Comme souvent le touriste était obligé de repartir avant, ou craignait les retours tardifs, le grand D. avait convenu que, le samedi, on le trouverait toujours à l'heure du goûter. Ces goûters n'étaient pas extrêmement nombreux et j'en avais moi-même connu de plus brillants, j'en suis désolée, chez de plus grandes dames, chez Madame de Lizte ou Madame d'Ivrignon. Mais justement, ici ce n'était plus chez elles et le charme du cadre ne réagissait pas pour moi que sur l'agrément de la réunion, mais sur la qualité des visiteurs. La rencontre de tel noble, laquelle chez Mme de Lizte ou Mme d'Ivrignon ne me faisait aucun plaisir, mais qui chez le grand D., où il était venu de loin par les routes gloriennes ou caladoniennes, changeait de caractère, d'importance, devenait un agréable incident. Quelquefois, c'était quelqu'un que je connaissais parfaitement bien et que je n'eusse pas fait un pas pour retrouver chez mes tendres amies. Mais son nom sonnait autrement sur cette falaise, comme celui d'un musicien qu'on entend souvent, annoncé plus tôt, en un ton différent, d'une représentation extraordinaire, où sa notoriété se multiplie tout à coup de l'imprévu du contexte. Comme à la campagne on ne se gênait pas, le noble prenait souvent sur lui d'amener les amis chez qui il habitait, faisant valoir tout bac comme excuse au grand D. qu'il ne pouvait les lâcher, demeurant chez eux ; à ces hôtes, en revanche, il feignait d'offrir comme une sorte de politesse de leur faire connaître ce divertissement, dans une vie monotone, d'aller dans une ville resplendissante, de visiter de magnifiques quartiers et de faire un excellent goûter. Cela composait tout de suite une réunion de plusieurs personnes de demi-valeur, je l'accordais ; et si un petit bout de jardin avec quelques arbres, qui paraîtrait mesquin à la campagne, prend un charme extraordinaire dans l'Artère Lumineuse ou dans les embranchements de la haute-ville, où des riches gens seuls peuvent se l'offrir, inversement des seigneurs qui sont de second plan dans une soirée aldarienne prenaient toute leur valeur, le lundi après-midi, chez le grand D. A peine assis autour de la nappe brodée de rouge et sous les trumeaux en camaïeu des hautes résidences, on leur servait des galettes, des feuilletés, des tartes, remplies de cerises comme des perles de corail, des génoises, et aussitôt ces invités subissaient, de l'approche de la profonde coupe d'azur sur laquelle s'ouvraient les vues et qu'on ne pouvait pas ne pas voir en même temps qu'eux, une altération, une transmutation profonde qui les changeait en quelque chose de plus précieux. Bien plus, même avant de les avoir vus, quand on venait auprès du grand D., les gens qui, à Gloria, n'avaient plus que des regards fatigués par l'habitude pour les élégants attelages devant leurs villas somptueuses, sentaient leur cœur battre à la vue des deux ou trois mauvaises tapissières arrêtées devant le grand D., sous les grands hêtres. Sans doute c'était que le cadre agreste était différent et que les impressions nobles, grâce à cette transposition, redevenaient fraîches. C'était aussi parce que la mauvaise diligence prise pour aller voir le grand D. évoquait une belle promenade et un coûteux forfait conclu avec des cochers qui avaient demandé tant pour la journée. Mais la curiosité légèrement émue à l'égard des arrivants, encore impossibles à distinguer, tenait aussi de ce que chacun se demandait : « Qui est-ce que cela va donc être ? », question à laquelle il était difficile de répondre, ne sachant pas qui avait pu venir passer du temps à Aldaria ou un peu ailleurs, et qu'on aimait toujours à se poser dans les vies moins mouvementées, où la rencontre d'un être humain qu'on n'avait pas vu depuis longtemps, ou la présentation à quelqu'un qu'on ne connaissait pas, cessait d'être cette chose fastidieuse qu'elle était dans la vie bien plus étiquetée., et interrompait délicieusement l'espace vide des vies trop isolées (dans le sens imagé du terme), où l'heure même du courrier devient agréable. Et ce jour où je vins près de chez le grand D. accompagnée de ma nouvelle compagnie, la Duchesse, comme ce n'était pas lundi, ce dernier ainsi que le sagace F. et le vénérable P. devaient être en proie à ce besoin furieux de voir du monde qui troublait les hommes et les femmes et donnait envie de se jeter par la fenêtre au malade qu'on a enfermé loin des siens, pour une cure d'isolement. Aussi, je me faisais tirer par ma nouvelle connaissance dans les rues et lorsque nous passâmes devant la résidence du grand D., son domestique, déjà familiarisé avec ma personne, me lança au vol que « Monsieur est de sortie à la « vue de Gloria » ». Je le remerciai très chaleureusement de me prévenir, mais avouai que je ne pouvais pas le voir aujourd'hui ; néanmoins, j'apprécierais que mon salut lui fût transmis ainsi qu'à tous ses hôtes du jour. Le majordome me fit savoir que cela serait fait et je continuai ma route plus sereine, à travers les rues que je connaissais déjà par cœur. Ma compagnie me demanda alors que nous allions à une vitesse plus réduite : « Sinon, que faites-vous dans la vie ? J'ai ma petite idée à en voir vos manières et votre joli minois, mais une erreur est si vite arrivée. » Je me trouvais un peu décoiffée de cette petite marche, car nous avions marché avec le vent sur nos épaules. Je lui répondais en ces termes avec un ton que je n'arrivais pas même à identifier moi-même : « Je vous avoue passer la majorité de mon temps au Palais. J'aimerais bien qu'il en soit autrement : les amourettes de Cour sont en réalité un mystère pour moi ; mais c'est là où j'officie le mieux, semble-t-il. » Je parlais comme cela et j'en vins à lui poser la question : « Et, quant à vous, comment vous occupez-vous ? Je crains que je ne vous aie que très peu vue, en vérité. » Je m'enquis de réponse et allais la commenter, car elle était bien étonnante, je me l'avoue, mais je n'en eus pas le temps, car je croisais une grande connaissance qui descendait l'Artère Lumineuse. Il aurait pu s'agit de la petite compagnie du grand D., mais c'était quelqu'un dont la vue me faisait bien plus plaisir. L'homme aux cheveux noirs de jais qui se tenait devant moi s'inclina doucement à ma vue et je lui répondis par une discrète révérence. J'en oubliais presque ma Duchesse. Frey guida à nouveau mon attention vers elle du regard et salua ma compagnie. « Je ne veux pas vous déranger durant votre balade, Mesdemoiselles, bien que votre vue m'égaye en cette journée », nous dit-il avec un sourire fin. Il s'inclina de nouveau et commença et s'apprêtait à continuer sa marche. Comme un officier de régiment qui m'eût semblé un être exceptionnel, trop bienveillant et simple pour être de grande famille, trop lointain déjà et mystérieux pour être simplement d'une grande famille, je pensais étrangement à lui. J'effectuai une nouvelle révérence et tournai ensuite ma tête du côté de ma compagnie pour écouter sa réponse.




Code:
HRP : Passage à la première personne du singulier
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MessageSujet: Re: Nobles tournures [PV Claire] Mar 8 Nov 2016 - 21:19

La jeune humaine avait l'air perdue dans ses pensées, chose qui intrigua fortement la vampire, mais elle préféra ne pas la déranger. Elle aussi avait beaucoup de raison de se perdre après tout, ses petites sorties avec une compagnie humaine étaient rares, et elle voulait profiter de celle ci. Elle aurait tant aimé savoir comment se serait comportée l'ancienne Alteria, peut être était-elle plus joyeuse ? Ou peut-être était-elle une noble droite et fière ? Elle ne le saurait surement jamais, à moins de demander à Yundel, ce qu'elle se refusait à faire.

Elle regarda autour d'elle, tout ce qu'elle appréciait était là, juste sous ses yeux. Une ville pleine de vie, des gens souriants, une architecture magnifique, et mieux encore une compagnie agréable. La vampiresse la suivait, marchant à son rythme pour ne pas trop la gêner, même si elle avait l'impression d'être infiniment lente. Ma nouvelle camarade entreprit de me répondre, et tout en l'écoutant je me mis à rajuster ma tenue qui commençait à tomber un peu. Elle était vraiment une personne intéressante, ou peut-être était-ce simplement le fait qu'Alteria n'avait pas eu de vraie conversation avec une humaine depuis trop longtemps ? Dans les faits cela ne changeait rien, elle était juste heureuse de pouvoir lui parler, de pouvoir la connaître, de pouvoir partager avec elle.

Soudain ses sens vampiriques attirèrent son attention sur autre chose, une personne s'avançait vers elles. La vampire releva les yeux pour savoir de quoi il en retournait, mais le petit sourire et le regard de l'homme aux cheveux noirs de jais qui était non loin d'elles prouvaient qu'il connaissait la Lunovel. Il s'inclina noblement et eu l'infini politesse de ne pas déranger leur petite sortie, ce qui fit assez plaisir à Alteria, désireuse de pouvoir profiter un peu plus de ce moment à deux avec Claire. Sur une dernière courbette il reprit sa marche et disparu dans la foule, l'Emperes se souviendrait néanmoins de son visage si un jour elle venait à le recroiser. Elle replongea ensuite son regard dans celui de sa camarade et lui sourit, amusée par sa question. « En effet, et cela est bien normale car je ne me montre que très peu à la cour. Cela ne m'empêche pas d'y être bien connue en tant que duchesse, mais j'y trouve l'atmosphère hypocrite et étouffant. Je suis instructrice du maniement de la faux, à l'école « Les Faux Semblants » non loin d'ici, avec mon camarade instructeur qui est aussi mon ex-maître d'arme, et ex-compagnon. ». La vampire se mit à sourire, cela valait-il encore la peine d'en parler après tous ces siècles ? Elle ne le savait pas. Yundel n'était après tout pas son maître d'arme ou son amant et il ne l'avait jamais été. Il avait était celui d'une jeune femme morte depuis bien longtemps, et dont Alteria n'avait malheureusement aucun souvenir. Son regard s'emplit d'une profonde mélancolie, mais elle secoua rapidement la tête, déterminée à ne pas gâcher l'ambiance. Elle se reconcentra sur Claire et lui dit d'une voix joyeuse « Mais après tout je n'ai pas besoin de m'y montrer pour faire la connaissance de personnes formidables, vous en êtes l'exemple parfait ! ». Le passé était loin derrière, mais le présent était là, et sa nouvelle connaissance aussi, alors autant en profiter.
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Nobles tournures [PV Claire]

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