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La danse des lames (Pv Claire)

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Alford Gorder
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MessageSujet: La danse des lames (Pv Claire) Mer 24 Aoû 2016 - 14:01

9 Août

Son contrat avec dame Luthéana avait été annulé pour une raison, ou une autre du coup il devait se trouver du boulot pour quelques temps histoire de quand même pouvoir gagner un peu d'argent, et ne pas vivre sur ses économies. Qui étaient inexistantes vu qu'il avait tout dépenser huer pour s'acheter des objets magiques utilitaires. En somme il se disait que faire le maître d'arme à Aldaria pour une semaine au moins aurait de quoi lui remplir ses poches, après tout il y avait pire et moins honnête que d'enseigner le maniement de l'épée à des jeunes nobles, ou donner des cours d'escrimes à ceux qui voulaient s'améliorer, surtout qu'il commençait à être de plus en plus connu pour ses talents de bretteurs…

Et du coup en cherchant un client un certain Vittorio Lunovel finit par l'engager, après qu'il ait fait une rapide démonstration à la rapière à ce dernier… Une arme qu'il ne maniait pas autant que son espadon pour tout avouer, mais qu'il savait tout de même admirer admirablement bien. Ainsi il avait convaincu son client qu'il serait un parfait maître d'arme le temps de quelques cours pour… Sa fille ? Eh bien ce n'était pas tout les jours qu'il enseignait l'épée à une jeune femme, mais soit. Et puis avec de la chance elle serait de caractère facile, car pour tout avouer Gorder n'était pas à l'aise avec les femmes au caractère assez mauvais. Enfin en somme restait juste à voir sur qui il allait tomber.

Et de ce fait il se rendit donc à l'intérieur de la demeure des Lunovel à Aldaria. Une demeure somme toute grande, et magnifique il fallait le dire, mais Gorder au fond avait plus à l'esprit sa rencontre avec sa prochaine élève qu'au fait de regarder la décoration, sur qui allait-il tomber ? Il ne savait pas, et pour tout avouer il n'eut pas spécialement l'envie de poser des questions pour éviter si possible de ne pas avoir l'air professionnel, c'est que grand bretteur ou pas il fallait quand même qu'il ait l'air sérieux s'il voulait sa paye. Surtout que ce n'était pas une petite paye, il ne vendait pas ses services de maître d'arme pour une misère disons… Après tout fallait bien vivre, et cela lui permettait de ne pas trop dépendre de son métier de mercenaire ô combien moins stable pour assurer ses fins de mois, et surtout les dépenses de ses nombreux voyages.

C'est que Gorder aimait beaucoup voyager, c'était sa grande passion en faîte, et la raison pour laquelle il était partie de son village natal pour devenir mercenaire il y des années de cela…

Il y a 11 ans de cela en faîte, à la fin de ses 22 ans… 22 ans ? Cela étonnerait de penser qu'il était si vieux que cela, car ça lui ferait 33 ans actuellement alors qu'il paraissait n'en avoir que 20, mais en vérité Gorder avait simplement prit une potion de jouvence il y a quelques temps de cela pour rajeunir, ce qui expliquait donc son rajeunissement soudain. Ainsi le mercenaire de 33 ans avait retrouvé la jeunesse de ses 20 ans, et c'est 20 ans qu'il paraissait avoir alors qu'on lui dit d'attendre dans la cour au milieu de la demeure que Claire Lunovel arrive.

Et il attendit donc patiemment qu'elle arrive, non sans penser au passage à soupeser quand même les armes qu'il allait utiliser pour l'entraînement, c'est qu'après tout il était bien de vérifier que ces dernières étaient équilibrés. Ainsi il prit en main une rapière, et s’exerça un peu avec. Une excellente arme pour l'estoc en effet, et il la fit tournoyer en main pour tester les différentes passes d'armes possibles avec… Et il fit cela tant, et si bien qu'il n'avait pas tout de suite remarquer que sa future élève était en train d'arriver car il était pleinement concentré sur son jeu d'épée à la rapière.


Voix d'Alford

Comme avant de commander il faut apprendre à obéir. Avant de juger les autres, il faut savoir se juger soi-même, et se soumettre au jugement des autres.





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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Mer 24 Aoû 2016 - 18:40


I - L'entreprise du père


« Eh, comment ? Vous vouliez que je reprenne la lame ? »

Claire fut bien étonnée de l'adjonction qu'on lui faisait faire maintenant. Pour être honnête, sa mère l'était également. Lise, magnanime, était plutôt contente que sa jeune fille (parce que pour une mère, on ne cessera jamais d'être la petite fille) se consacrât au bel-esprit et aux arts, plutôt qu'à se battre comme le font les nobliaux désœuvrés. Mais il était difficile d'échapper à la volonté paternelle, surtout quand celle-ci alla si loin que le Vittorio avait recruté Alford Gorder comme maître d'armes. Nul dans la maison ignorait ce nom qui avait longtemps fait écho dans les murs du manoir.

Le vieux père ne pouvait plus manier la rapière avec autant de grâce et de force que par le passé et il s'était résigné, malgré sa fierté, à faire appel au meilleur pour continuer l'entraînement de sa fille. Car celle-ci ne devait pas se morfondre dans l'inactivité physique : cela n'était pas bon pour son rétablissement. Une cure de bonne chair et de sueur, avec un repos mérité, était sûrement la meilleure médication qu'il pouvait lui offrir. C'était tout content qu'il était ainsi venu trouver sa fille pour lui faire part de cette nouvelle.

« Ma petite Claire, c'est le brave Gorder qui vient t'enseigner, pourquoi tires-tu cette mine-là ? lui avait-il demandé d'une voix gentillette.
Eh, comment ? Vous vouliez que je reprenne la lame ? répondit-elle, en tirant une moue étrange.
Ma chère fille, il faut que tu fasses mouvoir ton corps ou alors jamais tu ne rétabliras ta santé, souligna le bon père avec son regard qui mélangeait de l'affection et du sérieux. Gracieuse a aussi l'air de se languir à la pensée des balades vivifiantes que vous faisiez autour du manoir. »

Il touchait un point sensible. C'était vrai que les grandes échappées sauvages lui manquait un peu. Elle en faisait longtemps, par le passé, alors qu'elle n'avait ni rencontré Frey Bles et Sartalis. Elle aimait sentir le vent battre ses cheveux alors qu'elle filait à travers les plaines. Cela raviva une blessure profonde. Elle était heureuse de sa situation, mais ce n'était pas le même bonheur qu'elle avait gamine. Elle était insouciante du monde qui l'entourait. Sa soudaine lucidité lui avait fermé les portes de l'innocence, période dorée où elle s'extasiait de tout.

Maintenant, elle était heureuse à composer au sujet d'une vaste mélancolie qui entourât les mortels. La beauté qu'on y trouvait était un peu plus monochrome, comme filtrée à travers un voile de mousseline. Les raies de lumières dessinaient bien des formes miellés, mais elles n'égalaient pas la radiance candide de la virginité.

Dans sa chambre trônait une rapière sur un meuble en bois. En face, sur le mur, des Amours batifolaient sur des nuages en forme d'édredons, à l'intérieur d'un cercle de bois doré. Elles semblaient regarder avec insistance la maîtresse de la pièce qui se sentait ensevelit sous le remords des temps passés. Le contour de la lame l'éblouit. Elle alla à la fenêtre et glissa le rideau sur le côté de sa main droite pour regarder la cour centrale. Un homme de son âge, mais marqué par les batailles, se tenait droit. Il avait une rapière dans sa main et la faisait mouliner avec une adresse certaine, enchaînant des passes avec habilité.

La vue de cet homme lui redonna du baume au cœur et elle prit son arme qu'elle attacha à sa ceinture. Elle était habillée d'un chemisier doublé d'un gilet sans manches et portait un pantalon. Ainsi équipée, elle descendit les marches du manoir pour se retrouver dans la cour.

Le temps était propice à s'entraîner. Sans être trop chaude, la journée se faisait assez agréable. L'homme n'était pas particulièrement beau. Elle en avait vu de bien plus agréables à l’œil, à la Cour d'Aldaria. Néanmoins, sa vigueur particulièrement mâle lui donnait un attrait certain. Cela plaisait à ses petites manières chattes et elle esquissa un sourire, même si ses bras tremblaient sous le coup de la tension qu'elle avait à reprendre l'escrime.

« Monsieur, lança-t-elle d'une voix chaleureuse en s'inclinant poliment. C'est un honneur de vous rencontrer. »

Son regard se planta dans les yeux du maître et elle défit l'attache de sa rapière pour la poser sur le côté.




Dernière édition par Claire Lunovel le Mer 24 Aoû 2016 - 21:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Mer 24 Aoû 2016 - 21:18

Il finit bien entendu par arrêter d’exécuter son petit jeu d'épée marqué de l'empreinte de son style de combat personnel quand il remarqua enfin la dame arrivé… Dame qui avait sans doute eu le temps de pouvoir voir plus ou moins des passes d'armes d'Alford, et se dire que c'était là un style bien peu académique, ou courant dans les milieux sociaux élevés, mais peut-être plus celui d'un soldat entraîné pour tuer ce qui était en face, et survivre si possible. Quoique non si elle avait déjà vu des soldats se battre, car même ces derniers avaient une manière de se battre plus conventionnelle après tout...

Car le style de combat de Gorder était celui d'un parfait autodidacte, il avait bien apprit à se battre à la milice de son village, mais franchement ce n'est pas dans la milice que l'on apprend à devenir un vrai guerrier. Mais c'est grâce à la milice qu'il avait se découvrir une facilité, et passion pour l'épée, et s'en était suivit des entraînements fréquents en solitaires maintes et maintes fois répétés au cours des années. S'en était suivit des confrontations, des combats à morts ou non contre nombre d'adversaires de tout type. Que ce soit des combats amicaux contre un grand bretteur glacernois, ou un bretteur vampirique, des combats à mort contre des alayiens, ou des théocrates il avait dû apprendre que seule l'adresse à la lame comptait pour survivre véritablement lors d'un duel à l'épée.

Car l'épée quel que soit le type d'épée n'était pas une arme comme la hache, ou la masse qui se complaisaient purement dans la force physique, et qui pouvait se contenter de cela, car elle était plus subtile, plus fine… Une véritable œuvre d'art à sa manière qu'importe la forme qu'elle revêtait, et c'était cela qui l'avait toujours fasciner, et qui l'avait poussé à s'améliorer, et à développer un style de combat très fonctionnel qui ne manquait certes pas d'une certaine grâce. Mais qui n'était pas fait pour la grâce, Alford maniait l'épée non pas pour faire des danses martiales, ou autre mais pour désarmer son adversaire, le tuer si nécessaire ou pour défendre sa vie. Mais il pouvait aussi être plus souple quand il enseignait, après tout il fallait bien s'adapter à son client, et la rapière était une arme demandant une certaine finesse…

Et une femme ne se battait pas forcément comme un homme pensa t-il en regardant un instant sa cliente, pour la jauger… Pour savoir qu'est-ce qui serait idéal pour elle, et au vu de sa carrure fine faîte plus pour l'agilité que la force brute la rapière semblait une arme bien plus idéale pour elle qu'un espadon, ou qu'une épée longue en effet. Et en dehors de ces détails qui concernaient le maniement de l'épée il devait avouer qu'elle était assez agréable à l’œil, et… Étrangement il ce sentait bienveillant à son égard, enfin ce plus qu'il l'aurait été normalement, et ce de façon inconsciente… Alford cela il ne le savait guère, mais c'était dû au totem colombe de la dame Lunovel qui incitait inconsciemment modérément plus de sympathie à son égard.

Mais bon quoi qu'il en soit Gorder ne maintint guère plus longuement son analyse car s'il était un fait c'est qu'il était un homme respectueux et pudique, et qu'il ne tenait donc pas à la gêner en quoi que ce soit, de plus la dame venait de la saluer, et de s'incliner même. Une marque de respect qu'il apprécié il fallait dire, non pas car il avait une très haute estime de lui-même, mais car il aimait qu'on l'apprécie, ou qu'on le traite aimablement, et sur ce il tâcha de rendre au mieux la pareille à la rose blanche.

« L'honneur est réciproque dame Lunovel. Je me nomme Alford Gorder. » Dit-il donc d'un ton qu'il essayait de faire aimable et poli en s'inclinant même si ses manières de mercenaire transpiraient un peu dans sa gestuelle, car Alford n'était pas un homme taillé comme un rubis comme cette dame, mais plutôt dans un roc et cela se voyait.

Et suite à cela il s'approcha donc de la dame avant de dire alors qu'il regardait l'arme de la jeune femme. « Je serai donc vôtre maître d'arme pour cette leçon dame Lunovel. » Jolie arme pensa t-il au passage après avoir pu un peu étudier la rapière de la dame du regard. Elle était esthétique tout en restant assez fonctionnelle, car franchement selon lui il n'y avait rien de pire qu'une épée qui se brise après quelques coups… Et suite à cette analyse il reprit donc calmement. « Et j'aurai pour commencer une question à vous poser si vous le permettez noble dame... »

Juste après avoir dit cela il s'éloigna d'elle de quelques pas avant de se retourner, et de se mettre en grade basse avec fluidité. Et une fois ceci fait, il reprit où il en était. « Vous êtes vous déjà battu en duel ? Que ce soit le cas, ou non faîtes donc comme si j'étais un homme venu vous défier en duel d'honneur. Que je puisse ainsi voir de quoi vous êtes capable demoiselle, et ce qu'il faudra exercer pour vous améliorer. » Acheva t-il dans cette incitation claire à l'attaquer, après tout le meilleur moyen de savoir ce qu'il fallait entraîner, et apprendre à un autre bretteur c'était de pouvoir affronter ce dernier, et ainsi voir sa technique de combat à l’œuvre. Ainsi Gorder demanda qu'ils aillent directement au vif du sujet, et se prépara déjà à accueillir l'ouverture de la danse martiale qu'allait initier la dame, et ce quelle quel soit.


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Mer 24 Aoû 2016 - 22:14


II - Ni vous ni moi ne sommes conventionnels


A vrai dire, elle avait surtout entendu le nom de Gorder de loin. Elle était soit trop ingénue, dans un premier temps, soit trop désintéressée de la pratique de l'escrime, dans un second temps, pour lui accorder un crédit qui allât au-delà des considérations qu'elle avait. Les lettres et les arts prenaient déjà de son temps et de son énergie, pourquoi en rajouter avec une difficile activité physique ?

Enfin, c'était ce qu'elle pensait avant que son père ne lui touchât les quelques mots, contés plus haut. Au fond, elle avait toujours cette hargneuse joie de se battre. Qu'elle n'avait plus la même vigueur que jadis, ça ne voulait pas dire que les flammes qui brillent dans l'iris se étaient éteintes.

Elle fut étonnée de son adresse toute particulière à la rapière et ce style si peu conventionnel.

« L'honneur est réciproque, Dame Lunovel, avait-il répondu en accompagnant sa parole d'une courbette un peu trop rigide pour qu'elle passât naturellement dans certains milieux. Je me nomme Alford Gorder. »

La fille n'eut pu réfréner un sourire. Pas ce genre de sourire mesquin ou désabusé dont était si friands si les nobles méchants. Plutôt un sourire de tendresse qui comprenait que ce n'était pas une personne qui se sentait à sa place. Il devait faire de remarquables efforts pour tenir une contenance qu'il jugeait adaptée à la noblesse – aussi petite soit-elle. Un sourire maternel, presque, diraient certains. Il faudrait pourtant les corriger, c'était simplement un sourire humain. Empli d'une compassion qui s'envelopperait tranquillement autour de la scène. Comme si les codes arrêtaient de fonctionner un instant pour laisser la vérité de la nature humaine se déployer dans toute sa grâce.

« Je serai donc votre maître d'armes pour cette leçon, Dame Lunovel. »

Claire restait silencieuse à l'écoute de sa voix. Elle continuait à arborer un petit sourire en coin, la tête qui tombait légèrement sur sa droite, comme elle avait l'habitude de le faire quand il fallait qu'elle se montrât attentive. La fille sentait que le regard de l'homme-soldat avait repris le dessus pendant un court instant sur les manières qu'il tentait – avec plus ou moins de succès, pensa-t-elle – de garder. Évidemment, elle n'y lut pas de trace d'intense intérêt pour la chose. Cela était bon pour les magiciens. Les guerriers, en ayant connu les plus terribles affres, étaient des gens pragmatiques. Oui, ils avaient un cœur, bien sûr, comme tout le monde. Mais il y existait des moments où il fallait le mettre de côté.

C'était peut-être pour cela que Claire aimait les hommes mâles, finalement ? Ou plutôt qu'elle aimait les hommes guerriers.

Pour cette faculté à se détacher des émotions.

Tandis qu'elle était dans sa réflexion morale et métaphysique, toujours silencieuse, le guerrier continuait à parler :

« Et j'aurais, pour commencer, une question à vous poser, si vous le permettez, noble dame... »

Elle ne l'écoutait pas vraiment. Elle contemplait sa stature. Son attitude. Son port. Sa volonté. Sa dignité. Son âme. Il était grand, il devait bien la dépasser d'une tête, voire plus. Il semblait être sûr de lui ou résigné, elle ne pouvait pas bien le dire.

« Vous êtes-vous déjà battue en duel ? Que ce soit le cas ou non, faites donc comme si j'étais un homme venu vous défier en duel d'honneur. Que je puisse ainsi voir de quoi vous êtes capable, demoiselle, et ce qu'il faudra exercer pour vous améliorer. »

Il se tenait droit et arborait avec fierté ce qu'il faisait ce qu'il était. Il ne se montrait pas agressif, juste attentif et juste. Il était digne et ces manières trahissaient ce en quoi il croyait vraiment.

Plus que tout, c'était un homme bon.

Non, vraiment, elle n'avait pas écouté. Elle se réveilla de sa transe admirative, légèrement perdue, bien qu'elle fût largement en mesure de reprendre sa contenance comme si de rien n'était. Face à elle, l'homme se tenait dans une garde basse. Quelque chose qui ressemblait à l'octave (cela semblait assez évident qu'il n'avait pas été éduqué au port noble de la rapière). Elle avait assimilé toutes ses questions par ses mouvements et son langage corporel.

Oui, l'octave. En musique, cela est l'intervalle le plus consonant. C'était le symbole de ceux qui vivaient avec leur temps, dans la communion entre eux et le monde.

Claire se positionna dans l'octave également, après avoir correctement saisi la poignée. Ses doigts se positionnèrent correctement au niveau des emplacements prévus à cet effet sur le ricasso, pour ne pas blesser son poignet. Elle sortit sa main-gauche de sa botte.

« Excusez mon silence et mon absence, Monsieur, cela faisait longtemps que je n'avais pas tenu ces armes dans mes mains, de façon sérieuse, dit-elle avec un léger accent sur le dernier mot, mais rien qui ne fît penser à de la suffisance. »

Le soleil frappait sur la cour, légèrement ombragée par les feuillages. Claire se laissa un instant pour apprécier sa nature. Elle savait que ça n'était pas possible en bataille et qu'elle faisait peut-être impatienter son maître inutilement. Mais elle n'était pas là pour se battre à mort, elle était là pour profiter à nouveau des joies de son enfance. Autant faire cela du mieux possible.

Un crissement dans les feuilles donna le départ. Gorder était à une demie-dizaine de mètres d'elle. Claire se projeta en avant, donnant l'impulsion sur son pied fort, qui était à l'avant. Sa course la rapprocha de l'homme et elle changea légèrement de direction en donnant un petit coup avec sa jambe faible pour dévier de la ligne principale, de la même manière qu'un capitaine donnerait un coup de barre pour virer de bord. Elle avait effectué ce mouvement un peu avant d'être dans la zone de portée de son maître et se retrouvait maintenant à sa droite.

Elle décocha une fente pour placer une ligne dirigée dans le flanc de Gorder.

Non, elle n'avait aucun espoir de toucher et même de tromper un adversaire comme cela. Mais au moins, pouvait-elle montrer qu'elle était sérieuse dans son application. Elle chercha dans le même temps à se montrer offensive et à bloquer la rapière de son maître en utilisant sa dague, avant même qu'il agît. Cette combinaison était une des réminiscences des coups erratiques et non-orthodoxes qu'elle faisait à l'époque.

Ce début de phrase d'escrime la fit déjà transpirer et l'obligea à respirer par la bouche.


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Jeu 25 Aoû 2016 - 10:28

Le lié de l'ours était pleinement concentré sur ce qu'allait pouvoir, ou non entreprendre la jeune noble. Et en effet Alford n'avait jamais été éduqué au port noble de la rapière, comme de toute autre arme d'ailleurs, son talent dans le maniement des armes reposait surtout sur le fait qu'il avait apprit à les manier lui-même au final, et soyons franc un mercenaire… N'avait pas vraiment besoin de manier les armes d'une façon élégante ou noble, il avait besoin de savoir les manier efficacement, mais au fond. Il avouerait tout de même être intéressé par le fait d'apprendre à manier la rapière comme un noble, par curiosité disons. C'était un homme très curieux au fond après tout, peut-être même trop des fois, ce qui faisait qu'il n'était pas un homme effrayé par l'inconnu, mais fasciné plutôt…

Et il avait d'ailleurs remarqué le sourire que lui avait adressé la jeune femme depuis un certain temps, sourire agréable car cela voulait dire une chose. Alford se débrouillait plus, ou moins bien, ou en tout cas la noble avec qui il aurait affaire serait de bon caractère ce qui lui faciliterait assez les choses. Car s'il y avait bien une chose avec laquelle Gorder n'était pas doué c'était les femmes pour tout avouer, même si cela s’était probablement apaisé depuis un certains temps. Enfin en tout cas il se disait pour le coup que ce devait être une jeune femme gentille, et cela la détendit un peu, et lui avait permit de pleinement se concentrer sur la leçon plutôt que seulement sur l'impression qu'il donnait.

Et il ne s'était donc pas douté un seul instant qu'elle n'avait pas forcément écouté tout ce qu'il avait dit, c'est qu'elle avait l'air attentive en vérité, et surtout elle était silencieuse. Ce qui voulait dire d'après Gorder qu'elle avait absolument tout écouté, et comme c'était tout ce qu'il demandait en vérité… Il faisait avec, tout en tâchant bien entendu de dissimuler son léger malaise en ce genre de choses, certains diraient plutôt le trac, cette peur de dire une bêtise, ou de mal faire les choses à un instant sérieux. Il la ressentait bien en cet instant, mais faisait avec comme il était lancé, et puis cela était plus facile de composer avec un public bienveillant que l'inverse après tout…

Il était d'ailleurs assez curieux à l'égard de cette jeune femme pour le coup, mais pas une curiosité vraiment intéressée, plutôt une curiosité assez innocente car malgré tout ce qu'il avait vécu Gorder avait un certain côté… Candide diraient certains, mais ce serait faux de le dire, il n'était pas naïf, mais juste… Pur peut-être, il ne voyait pas les femmes par leurs atouts physiques par exemple, il avait même du mal à penser à cela, mais il était plutôt sincèrement intéressé par le fait d'apprendre à connaître quelqu'un un peu. Ou bien par la compagnie de quelqu'un au caractère agréable. Une étrangeté qu'il avait, et qui n'était pas forcément courante, mais cela Gorder ne se l'était jamais caché. Il était un homme un peu bizarre par certains aspects, mais pas vraiment en mal. Voyant la bien par exemple comme une chose normale à faire.

Et il était donc plongé dans une manière morale de voir les choses, mais pas enfermé. Il était empathique disons, tâchant de comprendre au mieux les autres, et savoir pourquoi ils avaient fait ces choix, et voir leurs bon côtés, mais ce n'est pas non plus parce qu'il comprenait qu'il acceptait. Il était guidé par sa moralité, ne pas abuser des faibles, ne pas violer les femmes, ne pas laisser quelqu'un en danger que l'on peut secourir dans le besoin. Des codes simples et basiques qu'il respectait à la lettre, un véritable héro à l'ancienne pourrait même dire certains, aux valeurs morales peut-être un peu dépassé, mais cela il s'en fichait bien. Il était un homme satisfait de ce qu'il était, et satisfait des choix qu'il prenait. Et c'était sans doute ce qui importait le plus, il ne serait probablement jamais roi, ou une personnalité avec ce pouvoir, mais au moins il arrivait à dormir paisiblement.

Mais qu'importait de toute manière, ces considérations ils les suivaient à chaque instant, même pendant celui-ci où la jeune noble se mit dans la même position de garde que lui… Intéressant, pour sa part Alford s'était mit en octave non pas parce que c'était la position approprié, mais pour… Titiller l'instinct de la duelliste en face de lui, après tout faire des erreurs plus ou moins volontaires était aussi une manière de se battre, pouvant même être très efficace si on arrivait à piéger l'adversaire ainsi.

« Nul besoin de vous excusez dame Lunovel. Je peux comprendre vôtre sentiment après tout, et ne vous inquiétez point nous tâcherons d'y aller doucement au début. » Dit-il d'un ton qui se voulait aimable, et rassurant en réponse aux paroles de la noble, oui ils allaient prendre le temps qu'il faudrait.

Et il attendit donc calmement que son élève prenne le courage d'y aller, après tout comme cette dernière l'avait dit cela faisait un certain temps qu'elle n'avait manié les armes de façon sérieuse, de ce fait autant lui laisser le temps nécessaire à cela. Et il attendit donc que Claire donne l'assaut, et fut prêt à l’accueillir lorsque ce fut le cas.

Gorder qui portait sur lui l'armure du chat donnant une agilité de félin spécialement pour ce cours de rapière, avait d'ailleurs pensé à prendre une main gauche lui aussi quand il avait vit son élève le faire. La parade… C'était un bel art il devait l'avouer, et il était assez doué dedans même si moins que pour manier l'épée, mais quoi de mieux pour prendre l'avantage après tout que de déstabiliser l'adversaire avec une parade habile ?

Et c'est avec sa rapière qu'il dévia d'un léger geste la première attaque audacieuse, et astucieuse de son élève, attendant le dernier instant. Celui où le coup ne pourrait plus changer de trajectoire et filait pour de bon vers son flanc pour dévier l'attaque.

Et d'un geste fluide dans son mouvement de parade il amorça le mouvement de contre attaque, satisfait de voir pour le moment que son élève étant sérieuse dans sa démonstration martiale, au point d'ailleurs de l'obliger à devoir reculer au plus vote d'un pas pour mettre de peu sa rapière hors de portée de la main gauche. Et dans ce mouvement il prit de l'élan en vérité pour son prochain coup… Il était certain qu'elle allait le voir venir c'était un fait, et il ne visait pas vraiment à la toucher, mais il voulait plutôt l'obliger à réagir à l'instinct presque pour contrer cela car dans un combat réel ce genre de mouvement aurait tout simplement été une tentative de l'embrocher.

Et quoi qu'il en soit il finirait par dire après cette première passe en voyant la jeune femme respiré par la bouche…

« Auriez-vous besoin d'une pause ? » Cela dit d'un air préoccupé, et dans tout les cas il allait sans doute essayer de ne pas trop la fatiguer avant le début de l'entraînement réel… En temps normal il aurait certainement poussé plus loin cet échange de coup, mais là ne sachant pas si c'était une bonne idée nul doute qu'il allait l'achever bientôt pour passer à la leçon pratique.


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Jeu 25 Aoû 2016 - 13:18


III - On essaie toujours de cacher qui on est, en vain


« Nul besoin de vous excuser, Dame Lunovel. Je peux comprendre votre sentiment après tout et ne vous inquiétez point nous tâcherons d'y aller doucement au début. »

Il était tout à fait aimable. Pas forcément dans la forme, mais au fond, elle sentait qu'il débordait de cet assentiment aux bonnes mœurs. Mais qu'importait, pour le moment. On ne l'avait pas fait venir pour le beau jeu de la séduction et, franchement, elle n'avait aucune envie de s'engouffrer dedans (ça n'était pas que Claire ne voulait plus courtiser ou que Gorder était un bien trop mauvais parti pour ses charmes, c'était juste qu'elle avait appris à apprécier et à comprendre les sentiments qu'elle nourrissait pour Frey).

Bien évidemment, sa combinaison fut tranquillement lue et le guerrier la dévia sans aucun problème apparent, en se dégageant de la ligne principale pour éviter la main-gauche que la jeune fille voulut utiliser comme un crochet. Il avait pu donner un petit coup ascendant pour dévier la lame qui passa à côté de lui, mais sans doute préféra-t-il se reculer pour les aises d'une démonstration.

Claire vit qu'il avait gardé son pied gauche dans une position qui lui permettait de décocher une fente. Il paraissait alors évident qu'il se préparait à contrer-attaquer, la phrase d'escrime n'étant pas encore terminée. Néanmoins, cette position était assez libre et il pouvait frapper là où il désirait. Il fallut donc qu'elle s'en sortît à l'aide de ses simples réflexes.

Ca n'était pas que les siens étaient en-dessous de la moyenne. Non, ils étaient assez communs. Ni bons, ni mauvais. Mais cela faisait partie des choses qu'elle n'aimait pas tellement. Elle préférait tout planifier, sortir des combinaisons prévues, ne pas être en proie à l'inconnu. Des gens qui la connaîtraient un peu se mettraient sûrement à sourire. Elle ? Claire Lunovel ? Tout planifier ?

C'était une fille qui était pourtant friande de jeux d'esprit et de phrases fines, bien senties, décochées à la volée. Dans ce monde-là, on fit un point d'honneur à reconnaître son habilité. On disait d'elle qu'elle aima toujours « profiter de la circonstance ». Là, pourtant, elle rechignerait à faire confiance à ses sens, à sa nature. Peut-être était-ce parce qu'elle avait trop peu pratiqué, dans les dernières années ? Ou alors était-ce à cause de la personne qui se trouvait en face d'elle ? Ou peut-être n'était-elle pas faite pour la rapière ?

Quoi qu'il en fut, Claire se décida rapidement à contrôler le plus rapidement cette situation. Elle se dépêcha à mettre son bras en pronation pour arriver sur une forme hybride entre la seconde et la prime. La fille sauta haut et en arrière, pour réduire la surface de touche et la limiter à la partie basse de son corps : un coup là-bas pourrait facilement être dévié, même sans avoir d'extraordinaires réflexes.

Bien sûr, ça n'était pas du tout quelque chose qui serait viable en combat, mais elle ne le se dit pas, sur le moment.

Elle parvint à dévier le coup d'estoc et elle retomba sur ses jambes. Ah ! Misère ! Une douleur se lança dans sa jambe gauche. Elle se mordit l'intérieur de la joue gauche. « Pas déjà, pensa-t-elle, comment est-ce possible d'avoir un corps aussi lâche et fatigué ? » Elle ne put réfréner les quelques tremblements et spasmes de sa jambe dont la douleur pulsait à travers son corps pour remonter jusqu'à sa tête.

« Auriez-vous besoin d'une pause ? avait-il demandé, sans trahir une certaine inquiétude.
Je vous avouerais bien, Monsieur, que j'apprécierais quelques instants pour pouvoir souffler, répondit Claire en s'efforçant de sourire naturellement. »

Il avait sûrement remarqué la faiblesse de sa jambe faible. Aucun doute qu'il l'avait parfaitement enregistré. Néanmoins, Claire ne dit pas un seul mot à propos de sa douleur et se plaignait uniquement de sa fatigue. Cette expérience était coûteuse pour la pauvre fille. Serait-ce de la lâcheté, de ne pas s'avouer souffrante ?

De la clairvoyance, plutôt, se disait-elle. Celles qui oublieraient le devoir se contenteraient bien du bon sens. Mais, dans tous les cas, l'intériorisation était une base solide à la sagesse. Ainsi, elle ne voulait pas se montrer insensible. Mais muette quand il le fallait.

La fille sortit de l'allée de terre et s'assit directement sur l'herbe estivale. Elle huma l'air en regardant Gorder. Un homme un peu vieux, que la coloration blanche de ses cheveux trahissait, s'approcha des deux tireurs.

« Claire, vous voudriez quelque chose ? Et vous aussi, Monsieur ? demanda-t-il, tout avenant, comme à son habitude.
Vous seriez bon en m'apportant un peu d'eau fraîche, Benedict, répondit la jeune femme en se massant légèrement la jambe, peut-être sans s'en rendre compte. »

Le majordome alla s'occuper de ce qu'on lui avait demandé. La jeune fille replia sa jambe, la douleur commençant à moins la faire souffrir – surtout parce qu'elle bougeait moins – et se délecta d'être rafraîchie par l'haleine et par le murmure du vent. Elle fut heureuse quand elle pensa aux dynasties entières qui avaient également humé ce même air.

« Dites-moi, Monsieur, vous avez beaucoup voyagé, j'imagine ? lança doucement Claire. Parlez-moi du monde, comment est-il ? Comment est le monde, par-delà les frontières ? »

Oui, elle allait partir dans une rêverie. Ca n'était sûrement pas pour cela que son père avait fait venir Alford Gorder.


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Jeu 25 Aoû 2016 - 16:31

Gorder pouvait bien s'inquiéter pour Claire, après tout cette dernière semblait assez fatigué tout à coup, et la manière dont elle était tomber n'était pas forcément bon signe, et le bretteur désirait tout sauf que la dame Lunovel soit blessée lors d'un simple entraînement, après tout cela serait plus que regrettable… Et puis il fallait bien la ménager un peu vu qu'elle ne semblait pas être un guerrière endurcie, mais faisait tout de même preuve d'un certain enthousiasme pour la leçon visiblement, et ce serait dommage... De la dégoûter en y allant trop fort, ou bien de se comporter comme un rustre avec elle.

Après tout il l'aimait bien au fond, il ne la connaissait pas vraiment, mais elle avait déjà sa sympathie, et il pouvait discerner en elle une certaine noblesse qui lui était agréable. Peut-être à cause du fait qu'il avait tendance à voir les bon côtés des autres, mais en tout cas il ce sentait plutôt bien, et il n'avait pas franchement envie de la gêner, ou de la bouleverser en étant trop exigeant pour le moment. Surtout qu'elle paraissait assez faible sur l'instant, comme si elle était d'une certaine manière en pleine convalescence.

Mais sinon en dehors de cela il avait pu constater que la jeune femme se battait plutôt bien, bon il y aurait des choses à améliorer mais elle avait visiblement des bases très solides pour son jeune âge, et un solide potentiel qui pourrait être développé à l'avenir si elle donnait le temps, et les efforts nécessaires à cela. Et il allait tâcher de l'aider en cela si possible, après tout c'était bien pour ça qu'il était ici…

Même si en vérité elle semblait plus taillé pour les jeux de cours, de mots, et de charmes que pour escrimer. Mais la rapière restait tout de même une arme tout à fait acceptable pour ce genre de dame à la carrure fine, et à la petite taille. Après tout il fallait bien une arme adaptée à sa carrure pour être à l'aise, et efficace lors d'un affrontement. C'était une chose que Gorder ne savait que trop bien, rien de pire après tout qu'une inapproprié dans les mauvaises mains.

Mais en attendant elle avait besoin d'une pause visiblement. Et il se demandait bien d'ailleurs comment se faisait-il qu'elle se fatigue aussi vite, et qu'est-ce qu'elle avait pu faire auparavant pour être aussi fatigué. Mais n'étant pas du genre indiscret il ne posa pas cette question, et aida donc sa jeune cliente à se relever avec une certaine douceur pour éviter de la brusquer.

« Dans ce cas-là nous allons prendre le temps nécessaire pour que vous puissiez reprendre quelques forces avant de continuer le reste de la séance. » Dit-il en essayant de rester rassurant comme si rien de cela n'était un problème, et qu'elle ne l'importunait guère. Après tout le métier de maître d'arme exigeait de se monter un minimum patient, et compréhensif envers ses élèves. Sans oublier qu'elle ne pourrait guère être efficace dans son apprentissage si elle suait sang, et eau au point de s'évanouir. Donc autant attendre qu'elle se reprenne un peu.

Et il la suivit calmement lorsqu'elle décida d'aller s'asseoir ailleurs, mais pas de trop près histoire de lui laisser un peu d'espace. Juste histoire de dire qu'il était là si besoin, après tout il s'inquiétait un peu pour elle, et voulait éviter qu'elle fasse un malaise où quelque chose de ce genre si possible. Et d’ailleurs un domestique venait lui demander s'il désirait quelque chose, et il dit simplement.

« Un peu d'eau pour moi aussi, merci mon brave. » Cela avec politesse, après tout l'eau fraîche était un bon moyen de se rafraîchir après l'effort, et quand le domestique partit Alford remarqua au passage que la jeune Claire semblait avoir mal à la page, et s'apprêta même à demander à cette dernière s'il y avait un souci, mais elle lui posa une question bien avant…

« Oui j'ai beaucoup voyagé pendant mon existence, et j'espère encore beaucoup voyager pour tout avouer. » Reprit t-il en essayant d'être agréable, avant d'ajouter ensuite en s'essayant à son tour non loin d'elle vu qu'elle voulait qu'il lui racontait comment le monde était par delà les frontières…

« Le monde renferme son lot de dangers, mais aussi son lot de merveilles dame Lunovel. Que ce soit les infinis dunes de sables d'Estfalia, ou les terres glacées du Nord. Que ce soit les plaines immenses de l'empire Glorien, ou Aldarien, les bois touffus, ou bien les royaumes du peuple elfique, et vampirique. Je crois que voyager est bien quelque chose qu'il faut faire au moins une fois dans sa vie. Et tout ce que je pourrai raconter n'égalera jamais ce que vous pourrez contempler de vos propres yeux je pense en découvrant par vous même ce vaste monde. » Et il resta un instant silencieux suite à ces propos, avant de dire. « Pour ma part en tout cas c'est le désir de pouvoir voir le monde extérieur qui m'a poussé à quitter mon hameau natale, le métier de mercenaire n'était qu'un moyen disons de subsister pendant que je vivais cette passion pour l'aventure. Et cela fait 11 ans que je parcoure les routes… Le temps est passé si vite depuis, mais je ne regrette rien. » Dit-il assez nostalgique, mais content aussi avant de consacrer son attention à dame Claire, et de finir par demander en laissant parler sa curiosité.

« Et vous dame Lunovent ? Auriez-vous vous aussi un rêve qui vous tient à cœur ? Désireriez-vous par hasard voyager comme moi ? Enfin si vous me permettez ces quelques questions évidemment. » Dit-il en se rendant compte que cela pouvait être peut-être indiscret, mais il voulait quand même voir si elle accepterait de satisfaire sa curiosité. Et puis cela lui permettrait de ne pas trop penser à sa douleur pendant qu'elle se reposait un peu supposait-il. Même s'il vaudra sans doute mieux éviter de bavarder trop longtemps tant que l'entraînement ne serait pas finit, sinon le père de la jeune femme risquait de ne pas être content bien entendu...


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Jeu 25 Aoû 2016 - 21:09


IV - A celle qui rêve de viatiques

Gorder était vraiment un homme gentil. « Dans ce cas-là nous allons prendre le temps nécessaire pour que vous puissiez reprendre quelques forces avant de continuer le reste de la séance. »

D'accord, c'était les plus basses exigences qu'on était en droit d'attendre d'un maître, surtout quand il y avait de l'argent à la clé. Néanmoins, il faisait à Claire une très bonne impression. Il semblait être en phase avec ce qui l'entourait, à se laisser guider par le courant de la Vie. Il s'était assis à quelques mètres d'elle, plus par respect, dans sa notion élémentaire, que par déférence, supposa-t-elle.

Claire l'écoutait, quand il parlait de ses voyages, à travers le monde. Si elle n'était pas née noble, elle parcourrait le monde comme lui. Les terres d'Armanda étaient vastes et pleines de doux mystères qui s'étalaient nonchalamment aux yeux du voyageur curieux. La fille pensait qu'il serait bête de se priver des plaisirs que la nature offrait à ses habitants et elle avait longtemps rêvé des récits de son père, qui la faisaient voyager dans des contrées où elle n'avait jamais mis les pieds.

Les rêves sont un outil puissant qui tiennent une belle concurrence avec la réalité. Mais le concret a cela de magnifique qu'il existe autour. Les rêveries sont faites en-moi et pour-moi, formant un univers propre à son rêveur. La réalité, quant à elle, existe pour tous et chacun peut apprécier les trésors offerts. Certains avaient pourtant coutume de dire que le monde était un Rêve universel. Claire ne serait pas de celle qui le contredirait. Ce qui est remarquable dans le rêve, c'est qu'il existe que tant qu'on est là pour l'alimenter. L'existence est ainsi précaire : sitôt le réveil, la lucidité et ce qui était n'est plus. Subsiste juste le souvenir. Celui d'un monde parti à jamais.

La fille avait eu l'occasion de méditer sur cela pendant des longs mois. C'était pour cela qu'il fallait constamment se remettre en question pour faire évoluer les règles qui régissaient le monde. Alors qu'une symphonie est jouée, entend-on le solfège ? Cela n'est pas le cas. Une bonne règle est une règle appliquée sans qu'on s'en rende compte. Ainsi, Claire suivait une seule et unique règle : celle d'être heureuse. Cette règle était un début et une fin, une boucle qui tournait sans cesse. Cause, conséquence, moyen, finalité, tout était compris dans cette maxime.

Tandis qu'il parlait, la fille n'avait pas pu s'empêcher de remarquer qu'il mentionnait avoir pris la route, il y avait de ça onze ans. Eh ! Si elle ne s'y connaissait pas en âge, qu'on lui appliquât le blâme ! Gorder semblait avoir la vingtaine, peut-être un peu plus (sûrement que les traces de ses batailles le vieillissaient), il serait ainsi parti si tôt de chez lui ? Claire voulut rétorquer à ce moment-là.

« Et vous, Dame Lunovel ? Auriez-vous vous aussi un rêve qui vous tient à cœur ? Désireriez-vous par hasard voyager comme moi ? Enfin si vous me permettez ces quelques questions évidemment. »

Mais il fallut qu'il pose une question plus intéressante encore. Encore un rêve.

« Vous savez ce que sont les jeunes filles de mon âge, Monsieur, répondit-elle, alors qu'elle voyait Benedict revenir avec de l'eau fraîche. Pleines de rêves et d'espérances pour qu'on leur accorde un futur brillant où elles seraient heureuses. Puisque vous êtes honnête avec moi, je n'ai aucune raison pour ne pas l'être également : je rêve de ces mêmes choses. Je rêve de bonheur.» Elle savait que ce genre de discours pourrait lui porter discrédit. Après tout, l'hédonisme est mal vu dans un monde où il faut mériter chaque instant de sa vie. « Oh non, je vous vois venir ! J'aspire à un eudémonisme existentiel, reprit-elle, en se rendant compte que les mots qu'elle utilisait étaient peut-être trop pompeux. Enfin, vous savez, ce genre de choses qui vous font apprécier l'ultime condition qui fait que nous soyons vivants. Ce genre de choses où nous comprenons que le monde qui nous a été donné est bien joli et qu'on nous devrions, à son instar, être heureux et généreux ! »

Elle parlait avec de grands gestes, oubliant tout ce qui pouvait l'entourer. Ses yeux pétillaient avec une vigueur sans pareille qui contrastait bien fortement avec la fatigue dont elle se plaignait, quelques instants auparavant.

« Oui, je rêve de voyager et de découvrir le monde. Je veux être heureuse et je n'en ressens pas la moindre honte ! »

Une grande fatigue la prit néanmoins à la fin de sa phrase et son corps s'affaissa d'un coup. Elle se reprit tout de suite, conscience qu'elle s'était montrée un peu trop expansive envers un inconnu et elle se releva prestement et tourna le dos à son maître.

Peu importe la douleur qu'elle ressentait à sa jambe. Elle était supportable, car elle s'arrêterait bien assez tôt. Par contre, les larmes étaient plus dures. Claire bataillait pour les empêcher de couler sur ses joues. Elle pensa que ces perles d'eau pourraient ressembler à de la pluie tiède qui feraient amollir les neiges sur les hauteurs de quelconques montagnes blanches. Cette pensée fut néanmoins plus douloureuse encore et une goutte s'écrasa sur le sol, alors qu'elle fermait les yeux.

Elle venait de fermer les portes de son cœur avec ses paupières. Elle s'était retournée pour que sa peine fût cachée. Pourtant, dans l'eau, un condensat de son âme trahissait ce qu'elle ressentait. Elle porta la garde de sa rapière à sa bouche et pinça le saphir qui l'ornait avec ses lèvres.


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Ven 26 Aoû 2016 - 11:36

Il avait tout de même voulut éviter d'évoquer un certain sujet à la jeune femme en parlant de ses voyages. La guerre… Car guerre il n'y avait plus, la paix régnait pour le moment sur Armanda, et puis il ne valait sans doute mieux pas parler de la mort, et du sang à une jeune femme. Ces choses qui ne devraient même pas exister, ces injustices. Ces braves hommes égorger sans raison autre que la sadisme de certains, ou le besoin militaire d'autres. Combien de familles détruites ? Combien de morts inutiles à cause de ces guerres ? Bien trop à son goût, mais de toute manière la guerre ce n'était pas quelque chose dont on parle à une jeune femme innocente qui ne la connaîtrait probablement jamais réellement. Si elle avait de la chance en tout cas...

Car personne ne méritait vraiment de connaître tout cela, et pour sa part il en avait bien trop vu pour se sentir comme avant. Et il avait même bien trop fait malgré lui, il se souvenait encore de ces 3 ans pendant lesquels il avait été un esclave de Vraorg le blanc, quand ce dernier avait apposé une forme de contrôle dans son esprit pour l'obliger à obéir au doigt, et à l’œil pour en faire son chien. Dans le sens que Gorder avait fait le sale boulot, le blanc avait été un tyran despotique, et Alford un de ses bourreaux malgré lui, et maintenant qu'il était libre de cela il s'était promit de ne jamais laisser d'innocents mourir ou souffrir s'il pouvait les aider. Une manière disons de racheter les fautes qu'il avait commit même si ce n'était pas de son plein gré…

Mais il savait que tout cela n'avait pas été de sa faute, et come il avait été un esclave à l'âme asservit à cette époque… Il n'aurait tout simplement pas pu faire autrement, mais il tenait quand même à agir pour que ce genre de choses n'arrive jamais à nouveau, et il ne désirait pas laisser injustice, et cruauté régnait en sa présence. Assez de ces tyrans comme Vraorg le blanc, assez de ces despotes comme Lorenz Wintel, assez de tout cela ! Il défendrait ce qui était juste s'était-il dit à la fin de cette guerre, et c'était maintenant le but de son existence…

Mais ce but empli de gravité n'était pas vraiment concerné par l'instant présent à part le fait bien entendu d'être juste envers son élève, et surtout… De se dire au fond qu'elle devait être une jeune femme qui désirait sans doute voyager, mais ne le pouvait pas. Qu'elle soit noble, ou pas il avait de la compassion pour elle, et écoutait donc cette dernière avec une attention respectueuse, et il devait avouer… Qu'il comprenait ce qu'elle voulait dire, mais qu'elle le disait de manière si… Disons raffiné qu'il était un peu perdu carc il n'était pas forcément habitué à cela. Mais assez malin au moins pour comprendre où elle voulait en venir.

« De beaux rêves en effet, et j'espère sincèrement que vous pourrez atteindre ces derniers dame Lunovel, et toujours en avoir un pour remplacer ceux que vous aurez satisfait… Car un vieil homme m'avait dit un jour qu'il fallait toujours un rêve dans la vie, car sans rêve dans la vie cette dernière finit par devenir ennuyeuse. » Dit-il en essayant de faire preuve de sagesse même s'il ne savait franchement pas s'il n'avait pas l'air de dire une énormité… Quoique cela faisait du sens dans sa tête, Gorder était un homme intelligent dans les faits, mais maladroit… C'était sans doute son plus grand défaut. Par contre il avait écarquiller les yeux ? « Voir venir quoi ? Ce n'est pas normal de chercher le bonheur ? » Demanda t-il perplexe ensuite quand elle disait qu'elle le voyait venir… Venir quoi ? Pourquoi elle parlait d'hédonisme existentiel ? Alford ne comprenait pas trop, et il avait l'impression qu'elle était gênée…

Et aux paroles de la dame qui suivirent disons qu'il n'avait pas trop su quoi répondre du coup, mais bon cela ne l'empêcha pas de tenter quand même de dire quelque chose.

« Ma foi cela paraît noble, et légitime oui ! Après tout si l'on vit je suppose que c'est pour apprécier l’existence, et qu'il est bien de faire en sorte que cette dernière soit aussi agréable pour les autres par la générosité dont on fait preuve. » Dit-il en essayant de paraître empathique même s'il n'était pas certain pour le coup d'avoir dit ce qu'elle voulait entendre. Et il devait avouer sinon qu'il appréciait bien de la voir passioné pour tout cela, elle semblait émaner d'une telle énergie que c'était communicatif à ce sujet…

Et il s'apprêta d'ailleurs à lui dire que son rêve était tout à fait louable, enfin à ses yeux quand il la vit s’affaisser d'un coup, par son ours ! Elle devait être encore plus fatigué qu'elle ne le pensait… Néanmoins ce qui le choqua un peu c'est qu'elle se lève tout à coup pour lui tourner le dos, et connaissant Gorder il n'eut qu'une seule pensée en voyant cela. Est ce qu'il avait fait, ou dit quelque chose de mal ? Lui en voulait-elle pour une raison, ou une autre ? Il ne savait pas trop à vrai dire mais cette réflexion commença à le tracasser du coup… Et il finit donc par demander en se levant, d'un ton inquiet à Claire.

« Vous allez bien dame Lunovent ? Ai-je fais quelque chose de mal ? » Demanda t-il avec une sincère inquiétude en pensant réellement que c'était peut-être sa faute ce malgré que ce ne soit pas voulu, et il se leva donc en s'approchant doucement d'elle pour dire… « Si vous voulez que je prenne congé vous n'avez qu'à le demander… Je ne sais pas ce que j'ai pu faire, mais je m'excuse sincèrement si j'ai dis, ou fais quoi que ce soit de répréhensible. Ce n'était pas mon intention… Et si je peux faire quoi que ce soit pour me rattraper, ou vous aidez à vous sentir mieux n'hésitez pas. » Bredouilla t-il plus, ou moins gêné du coup en attendant de voir s'il aurait une réponse, mais en attendant… Il était disons tiraillé par le doute, et le questionnement.


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Ven 26 Aoû 2016 - 13:26


V - Reprise de désillusions

C'était remarquable que Gorder ait pu suivre son discours avec une grande compréhension, mais pour être honnête, elle n'en attendait pas moins de lui. Il semblait bien voir les ficelles de la morale qu'elle suivait. Ou peut-être qu'il croyait seulement comprendre. Claire était une fille essentiellement amorale : elle ferait ce qu'elle devait faire pour atteindre le bonheur. Ainsi, elle se rendit compte que c'est la générosité et l'altruisme qui la guideraient le plus rapidement vers cet objectif. Mais s'il agirait de commettre quelques fautes pour cette même finalité, elle se laisserait aussi tenter. En vérité, elle avait tellement bien agi, ces dernières années, que les actions néfastes ne lui viendraient même pas à l'esprit.

Plein et plein de choses traversèrent son esprit et elle s'en retrouva bouleversée, comme on le conta précédemment.

« Vous allez bien, Dame Lunovel ? Ai-je fait quelque chose de mal ? »

Sérieusement. Voilà qu'elle se mettait de nouveau à pleurer. Elle ressemblait à ces jeunes jouvencelles qui cherchaient une compensation dans les yeux d'hommes mâles. Mais ce genre de personnes était hautain avec les gens ; leurs yeux restaient secs devant les haillons des pauvres. Un égoïsme ingénu éclatait dans leurs locutions ordinaires, ainsi que mille autres actions inanalysables et odieuses. Claire ne voulait pas ressembler à ces personnes-là, elle avait d'autres expectations pour sa personne (elle croyait en plus grand et cela pourrait ressembler à de l'égoïsme, on pourrait s'y méprendre).

En philosophant, la fille avait pu mettre un nom sur ce qu'elle ressentait : la douleur du monde. C'était le sentiment d'abattement qu'elle ressentait quand le monde extérieur ne correspondait pas au monde tel qu'elle voudrait qu'il fût. Claire ressentait périodiquement ce genre de sensations. Elle avait l'impression que son corps physique ne pourrait jamais contenir et suffire pour contenter son esprit et ses désirs. Au final, la fille se rendait compte qu'elle n'était qu'une faible créature.

Cruel destin d'infliger cette pensée à un humain ! On avait pourtant l'habitude de dire que tout était possible à qui s'en donnât la peine ! Alors, que pouvait-on penser de cette désillusion ? De cette lucidité qui obligeait à se devenir morose ?

« Si vous voulez que je prenne congé vous n'avez qu'à le demander… Je ne sais pas ce que j'ai pu faire, mais je m'excuse sincèrement si j'ai dit ou fait quoi que ce soit de répréhensible, fit le guerrier pour s'excuser. Ce n'était pas mon intention… Et si je peux faire quoi que ce soit pour me rattraper, ou vous aidez à vous sentir mieux n'hésitez pas. »

Elle resta un moment silencieuse, toujours en lui faisant dos. Au final, elle ressemblait bien à ces jouvencelles. A manier le jeu du dialogue et du silence pour se retrouver dans des positions favorables. Elle le faisait sans doute inconsciemment, vu le temps passer à la Cour, mais cela lui vint alors avec une grande aisance. Claire ne voulut pas trop faire durer cette attente, qui était mauvaise aussi bien pour la gène de son maître que pour elle-même. Elle reprit la parole, d'une voix qu'elle cherchait à faire neutre, mais elle fut prise de tremblements à certains moments :

« Monsieur, il serait cruel de vous infliger la moindre culpabilité pour ce qu'il se passe ici. »

Elle marqua un léger silence avant de reprendre :

« Vous êtes un homme bon. Vous pensez qu'on devrait écoper du blâme et de l'opprobre pour avoir fait pleurer une femme. Mais les larmes d'une femme parlent bien plus que leurs mots, cela serait cruel de les empêcher de s'exprimer. »

Claire avait prononcé sa dernière phrase en se retournant. Ses yeux étaient mouillés et légèrement rougis. Elle voyait trouble à travers le voile d'eau, mais suffisamment pour planter son regard dans les iris de Gorder. Sa bouche n'offrait aucune expression, tout comme son front et tout comme les autres parties de son corps. Non, il y avait juste deux yeux qui parlaient pour ce qui avait à être dit.

En face, le guerrier semblait déboussolé et déconfit (les femmes aussi sont des champs de bataille, disait-on !), il cherchait sûrement quelque chose qui lui permettrait de se sentir plus serein, surtout qu'il donnait cette leçon dans la demeure des Lunovel. On lui en voudrait sûrement s'il faillait à sa tâche. D'autant plus si on crut qu'il faisait pleurer la jeune fille de la maison.

Eh, voilà comment Claire se comportait avec un inconnu ! Elle pouvait aller encore plus loin, néanmoins. Elle hésita un moment, mais finit par dire :

« Ne vous en faites guère, mon père ne saura rien de ce qu'il se passe actuellement. Vous vous proposez de me servir pour quelque chose que vous n'avez pas commis. Alors, si je pouvais abuser de cette offre, prêtez-moi votre épaule et laissez-moi accuser sur vous ma peine. »

Elle oubliait un peu l'escrime et sa jambe endolorie ne lui faisait plus mal. Ses yeux verts scintillaient dans un miroir de larmes. Qui savait ce qu'on pouvait voir dans ce miroir ? Peut-être était-il possible de regarder à travers et de s'enfoncer dans la couleur émeraude des iris de la jeune fille ? Ou peut-être ne voyait-on qu'un reflet ?


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Sam 27 Aoû 2016 - 12:14

Au fond il se demandait surtout ce qui pouvait pousser la dame Lunovent à être dans un tel état surtout après que cette dernière ait sembler disons si rayonnante peu avant. C'est qu'Alford n'était disons pas très compréhensive de la manière de pensée féminine, et il pensait disons plutôt simplement sur certaines choses. S'il n'y avait pas de raisons visibles dans sa tête d'être triste il avait du mal à deviner à l'instant pourquoi, enfin pas si on ne le lui racontait pas. Ou bien il finissait par se dire que cela était peut-être sa faute, après tout quoi d'autre aurait pu attrister la dame à cet instant ? Enfin ça c'était la première possibilité qui s'était présenté à lui, mais ne sachant pas si c'était vrai ou faux…

Il préférait disons prévenir que guérir. Surtout que bon il ne tenait pas à un possible problème avec qui que ce soit, ou à attrister quiconque dans le savoir. Il voulait que tout se passe bien si possible, ou du moins le mieux possible. Gorder n'était pas un homme à problème, et aimait bien un minimum de stabilité disons. Ou du moins savoir où il allait. Et puis au fond comme dit auparavant cette jeune femme lui aspirait une certaine sympathie donc autant si possible être en bon terme avec, surtout que cela pourrait à l'avenir devenir une cliente plus, ou moins régulière qui sait ? Enfin de toute manière il ne voulait faire de peine à personne.

Et il fut rassuré un peu intérieurement quand elle sembla confirmer que rien de cela n'était sa faute, par contre il se demandait bien du coup pourquoi elle si attristée, et comment pouvoir arranger cela. Après tout il pouvait bien faire quelque chose pour aider ? C'est que Gorder était bien un homme dans le fait qu'il aimait trouver une solution à un problème et non se dire qu'il n'y avait pas de solution tout simplement. Ce sentiment d'impuissance ne plaisait à aucun homme.

Et il restait donc soucieux, mais aussi silencieux alors que la dame s'exprimait comme pour dire ce qu'elle avait en partie sur le cœur. En espérant qu'au moins cela suffise à lui faire un peu de bien. Et elle disait donc que ses larmes lui permettaient de s'exprimer ? Cela sonnait assez poétique pour tout avouer… « Je suppose que certaines choses doivent sortir, et non rester. » Dit-il en essayant d'être compréhensif en réponse à ce qu'elle venait de dire. Oui il valait peut-être mieux laisser les sentiments s'exprimer des fois que garder ces derniers à l'intérieur jusqu'à ce qu'ils nous ronge supposait-il.

Enfin dans tout les cas il tâcha d'être patient en cet instant, mais bon il fallait dire que ce n'était pas très dur vu qu'il n'y avait pas vraiment de raison pour lui de s'énerver, et de s'impatienter. Il n'était pas vraiment tomber sur une élève difficile dans les faits, juste pour quelqu'un qui semblait avoir quelque chose d'assez lourd sur le cœur, et il valait sans doute mieux faire preuve de souplesse pour éviter de davantage troubler la jeune dame qui semblait déjà assez victime de certains sombres sentiments…

En faîte il ne savait pas trop quoi faire en présence d'une femme qui pleure, ce n'est pas comme si on pleurait souvent devant lui en faîte, et puis elle était si jeune… Et au vu de la manière dont elle le regardait avec ses yeux larmoyants il ne savait pas trop quoi faire pour le moment, mais heureusement ce ne fut pas à lui de prendre la parole car la dame s'en chargea à sa place.

« Si cela peut soulager un peu vôtre fardeau... » Dit-il donc en se baissant un peu pour qu'elle puisse se tenir sur son épaule, c'est qu'il y avait une différence de taille après tout, quand à accuser sa peine il ne savait pas trop ce qu'elle voulait dire par là… Mais dans tout les cas il regarda la jeune femme calmement dans les yeux avant de dire.

« Si vous voulez raconter ce qui vous tracasse, ou ce genre de choses… Enfin sans doute que je ne suis pas la meilleure personne pour cela vu qu'on se connaît à peine, mais sachez que cela ne me gênera pas si vous avez envie de le faire. » Après tout ça ne lui demanderait pas grand-chose à part écouter, et puis il supposait qu'elle n'allait pas lui dire de secrets, ou de choses du genre donc dans le pire des cas ça devait passer supposait-il...

« Quand à la leçon d'escrime si vous voulez nous pouvons disons y mettre fin aujourd'hui, et la reprendre demain. Je vous avouerai que ça ne m'arrange pas vraiment, mais si vous avez besoin de vous reposer un peu, et êtes trop tracasser pour vous concentrer… Autant ne pas trop vous en demander pour aujourd'hui après tout, qu'en pensez-vous ? » Ajouta t-il ensuite conciliant, après tout pour sa part il n'avait pas oublié la leçon d'escrime et ne comptait bien la donner un jour ou l'autre, mais il comprenait que la dame ait disons d'autres priorités sur l'instant, chacun avait ses tracas après tout...


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Sam 27 Aoû 2016 - 17:52


VI - Après la pluie, le beau temps

On le répétait encore, Gorder était un homme bon. Un homme drôle, aussi. Parce qu'il était amusant de le regarder dans ses manières, un peu gauche quant à se comporter en présence des dames. Il pouvait être un confident de confiance, c'était certain, mais il faudrait déjà qu'on le résigne comme tel. Surtout qu'il serait plus oreille que bouche, mais là était une autre question. « Si cela peut soulager un peu votre fardeau », avait-il dit en se penchant légèrement.

Bah, pouvait-on en vouloir à une telle candeur de ne pas saisir le sens exact de toutes les métaphores. Bien sûr que non, on en riait simplement. Mais Claire n'était pas dans la plus céleste des humeurs pour se mettre à rire et elle garda l'impérieux calme – si on pouvait appeler cela un calme – qui s'affichait sur son visage. Il continua alors :

« Si vous voulez raconter ce qui vous tracasse, ou ce genre de choses… Enfin sans doute que je ne suis pas la meilleure personne pour cela vu qu'on se connaît à peine, mais sachez que cela ne me gênera pas si vous avez envie de le faire. »

Non, Claire ne comptait pas lui parler de ses déboires et de ses malheurs. Parce que, premièrement, cela voulait dire qu'elle en ferait un amant (même si elle savait qu'il ne la considérerait pas comme cela) et, deuxièmement, parce qu'elle avouerait encore une fois qu'elle n'était qu'une petite fillette fragile qui ne pouvait faire face à la réalité. Elle n'avait pas à parler. Ses gestes le feraient à sa place. La fille s'avança donc lentement et chattement vers le guerrier et posa sa tête sur le pectoral que Gorder lui présentait. Elle s'était tournée vers l'extérieur et avait le regard qui se baladait sur les murs du manoir et sur les formes de l'armure. L'éclat du métal contrastait avec l'aspect mat de la demeure. Le gris était éclatant face à l'ocre un peu pâle.

Elle se mit à fermer les yeux, même s'ils tremblaient, comme si c'était une tâche difficile et que les paupières voulaient rester résolument ouvertes. Mais elle se força tant bien que mal et prit une grande inspiration par la bouche. L'air un peu chaud de l'été remplit ses poumons, jusqu'à ce qu'elle sentit qu'ils étaient étendus à leur volume maximum. Elle sentait que sous sa peau, ses organes palpitaient et cette sensation lui donna du baume du cœur. De ses poumons, partait un flux extatique et sans limite qui filait dans ses veines à toute vitesse.

Elle fut prise de ce sentiment de bonheur incroyable d'être en Vie.

Claire resta un moment comme cela, un sourire béa aux lèvres, qu'elle cachait bien à Gorder. Elle se mit à se marrer doucement, ce qui faisait bouger ses épaules en rythme. On aurait pu croire qu'elle s'était mise, de nouveau, à pleurer (elle cherchait peut-être à établir volontairement la confusion et le doute ; les femmes étaient comme cela, des créatures qui adoraient jouer de double-sens, de facéties ironiques et de comédie, quand bon leur semblait, parce qu'il fallait qu'elles s'amusassent et cela, au détriment des autres). Gorder semblait être en train de s'excuser et de vouloir remettre la leçon d'escrime au lendemain, tout penaud.

D'un coup, alors, la fille sauta en arrière et dévoila une dentition élégante, alors qu'elle riait aux éclats. En quelques secondes, elle était passée du désespoir à la félicité, sans qu'aucun facteur n'ait plus expliquer ce soudain changement. Elle pleurait encore, mais c'était parce qu'elle riait bien trop et son rire cristallin se posait sur tous les murs de la maison. Elle dut même se tenir le ventre, comme si cela lui faisait bien trop mal.

Son regard se leva un moment sur la mine interdite de Gorder et sur son air peiné. Ah, ce que c'était bon de voir quelqu'un ainsi ! Pas parce qu'il était amusant de voir quelqu'un plongé dans une tourmente de l'esprit, mais parce qu'il était fort plaisant de voir de quels maux on était soi-même exempt. « Heureusement que je n'ai pas à connaître de pareilles décontenances ! » pensa Claire pour elle-même.

« Allez, mon bon Monsieur, vous devriez voir la tête que vous faisiez et vous comprendriez pourquoi je suis prise d'un tel rire ! lança-t-elle à son maître. Finissez donc votre eau et retournons donc nous entraîner, je vous suis ! »

En disant cela, elle avait repris sa rapière et riait d'autant plus. Les oiseaux semblaient reprendre la mélodie de sa voix en lâchant des petits gazouillements, ce qui fit arrêter les rires de la jeune fille. Elle arborait juste un grand sourire sur le visage et tournait sur elle-même : elle dansait avec les courants d'air et s'amusaient des caresses du soleil.

Elle se stoppa net, toutefois, et jeta un regard vers le bureau de son père. Il était là, à demi-caché par un rideau et son visage n'était pas visible à cause des réflexions de lumière sur la vitre. Mais Claire pouvait assurer qu'il était content. Oh, elle le connaissait, son tendre père.

« Alors, que faites-vous, Monsieur ? » réitéra-t-elle finalement.


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Dim 28 Aoû 2016 - 20:34

Alford était du genre à se dire qu'on pouvait bien confier ses déboires à un ami, après ce serait un peu s'avancer de dire qu'il était un ami de la dame, mais qui sait à l'avenir ? Il n'était jamais contre ce genre de possibilités, et Gorder était du genre à se dire qu'une bonne amitié c'était quelque chose de sympathique quand on rencontrait quelqu'un d'appréciable. Sans oublier qu'il n'était pas vraiment un gars difficile, ni regardant sur l'origine social, le sexe, ou le peuple dont provenait la personne avec qui il s'entendait bien, et c'est ainsi qu'on pouvait deviner que Gorder avait aussi de bon rapports avec des elfes, et vampires. Après tout l'argent, et l'alcool n'avait pas de peuple, et puis tant qu'on ne se moquait pas de son strabisme il n'avait aucune raison d'être en colère contre qui que ce soit. Enfin bon dans tout les cas il laissa Claire prendre appui sur son épaule alors que cette dernière restait décidément bien silencieuse…

Les femmes… S'il y avait bien une chose que Gorder avait toujours du mal à comprendre c'était bien la gente féminine décidément.

Ou bien c'était la dame en elle-même qui était spéciale ? Cela il ne saurait trop le dire, mais pour le coup il devait avouer ne pas tout comprendre même s'il essayait à défaut de comprendre d'être aimable, après tout c'était sans doute ce qu'il avait de mieux à faire. Et qu'on n'aille pas lui dire que les femmes elfes, ou vampires étaient si différentes que cela des humains car de ce qu'il avait pu constater elle aussi elles avaient des marques de féminité niveau caractère qui faisaient qu'il n'arrivait que difficilement à totalement les cerner ! A croire soit qu'Alford n'était pas doué, soit que les hommes étaient bien plus simples à leurs manières sur différents aspects.

Et du coup il ne comprenait pas vraiment quand il eut l'impression qu'elle s'était remise tout à coup à pleurer, mais par son ours ! Comment pouvait-il rassurer Claire ? Pas qu'il en avait forcément besoin, mais c'était attristant de voir cette dernière aussi triste, mais après il n'y comprenait vraiment trop rien quand à ce qu'il devait faire. Et donc il resta tout simplement silencieux en la laissant faire ce qu'il y avait probablement à faire. Mais il finit néanmoins par faire une proposition à la jeune fille, et surprise… Cette dernière se mit tout à coup à sauter en arrière tout en riant aux éclats… Alford un peu surprit ne sut encore trop quoi dire, mais haussa les épaules en se disant que ce n'était probablement pas plus mal…

Mais franchement il se disait qu'elle avait vite changer d'état mentalement dit-donc, mais soit… Au moins elle ne semblait plus d'humeur aussi chagrine qu'avant, mais quand même il se demandait bien pourquoi elle riait ? Enfin de toute manière ce n'était pas un son forcément déplaisant à entendre, et puis il supposait que ça voulait dire qu'il était arriver à la réconforter un peu, ou qu'elle y était arrivé elle-même, ils pourraient donc ainsi passer à autre chose.

D'ailleurs… Il se demandait bien où devait être le père de la dame Lunovent, et si ce dernier serait satisfait de tout cela quand sa fille lui raconterait la scène, quoique cette dernière avait promit de ne pas tout raconter à son père. Et puis rien de tout ceci n'était sa faute supposa t-il en posant la mains par régler sur la manche de sa rapière alors qu'après avoir expliqué la raison de son rire la jeune femme enchaîne en disant qu'elle était prête à recommencer l'entraînement.

« Nous allons voir qui rigolera bien au court de cette entraînement dame Lunovel ! » Dit-il donc d'un air amusé en levant sa rapière, après tout autant prendre cela de manière sympathique supposait-il que s'en vexait, et puis il était bien payer pour entraîner la jeune femme alors autant mériter son salaire après tout

Et pour sa part il se mit donc dans une véritable position martiale, une posture que l'on nommait plus communément chez les bretteurs aguerris. « L'ours éventre » qui consistait à se mettre de garde de manière à pouvoir se défendre tout en punissant l'ennemi imprudent dévastatrice d'une contre attaque au niveau du ventre soit avec les dagues, ou avec la rapière. Ou un autre type d'épée car ce n'était pas une posture de combat qui était exclusive à la rapière, pas du tout… Elle pouvait même se faire avec deux épée, et non une rapière, et une dague. Le but était juste de pouvoir déchirer aisément le ventre de son ennemi avec ses lames telles les griffes d'un ours. Et c'était mortellement efficace...

« Je pense que nous pouvons reprendre nôtre petit échange là où il en était… Et maintenant je veux voir demoiselle comment vous vous débrouillerez face à un adversaire qui emploie des manières de se battre peu orthodoxes, ou habituelles pour vous. » Dit-il en déposant la dague dans sa main gauche au sol avant de lever la main gauche vide en l'air un instant, puis de faire matérialiser dans cette dernière une épée à une main tout ce qu'il y a de plus ordinaire… Mais était-elle vraiment ordinaire ? Non pas vraiment car l'arme avait été enchantée pour pouvoir se matérialiser d'un appel mental dans sa main, et était aussi légère qu'une plume. Ce qui se voyait bien car il l'avait fait dans sa main comme si elle ne pesait rien...

Et suite à cela il partit immédiatement à l'assaut non pas en se battant comme quelqu'un qui maniait uniquement la rapière, mais comme une danseur à l'épée. Ses gestes étaient fluides, ses assauts, et ses parades semblaient s'enchaîner naturellement sans temps morts, et ses armes être une extension réelle de lui-même. Chaque geste, mouvement de ses armes étaient calculés de plus pour coûter le moins d'énergie possible pour la meilleure efficacité. Ils voulaient ainsi en déployant une bonne partie de son talent martial obligé Claire à devoir s'adapter à se battre contre un adversaire qui ne jouait pas seulement de la rapière comme elle devait en avoir l'habitude.

Et bien entendu en faisant cela il tâchait vraiment de ne pas y aller trop fort comme elle était fatiguée… Néanmoins il voulait sortir des sentiers battus, après tout le père de cette jeune femme l'avait engagé pour que cette dernière s'améliore, et aux yeux de Gorder il n'y pas meilleur qualité pour un épéiste qu'il soit à la rapière, ou non d'être polyvalent, et de savoir s'adapter à l'adversaire du moment.







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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Lun 29 Aoû 2016 - 10:12


VII - La danse des lames

Le sang bleu donnait des titres à des femmes qui, fières de leur rang, de leur beauté et de la position qu'elle lui avaient sacrifiés, prétendaient mener l'existence dorée, qui s'alliait parfaitement au royal bleu. Il nous sembla propice de conter l'une des plus mauvaises actions d'une de celles-ci, une misérable pique de vanité de la femme la plus capricieuse que l'on eût jamais vue. Vouloir et ne pas vouloir, adorer et détester en un jour, n'être contente que dans l'inconstance, mépriser ce que le monde adorait, tandis que le monde l'adorait, elle avait ces défauts et bien d'autres encore. « Ne voyez jamais ce serpent, répétait-on. Si vous voyez la Pautnaz, vous oubliez ses caprices. Avez-vous le bonheur de l'entendre, vous vous oubliez vous-mêmes et soyez disparus à jamais. »

Claire était en train de chanter au son d'un luth, ce qui déplut à la Pautnaz. C'était l'une des premières chanteuses de notre époque et il fallut bien qu'elle se jalouse de son titre. « Permettez, je ne serais point dupe de cet art, même si je l'aimais ; moi, je n'ai jamais entendu quelque chose de tel », avait-elle dit à la fin du petit récital. Le petit public de nobliaux commença à s'exciter, les uns prenant parti pour la chanteuse, les autres pour la jeune Lunovel. La Pautnaz devint sujet à risée. On entendait dire « absurde comme la Pautnaz » ou « monstrueux comme la Pautnaz ».

Pourquoi de telles diatribes envers celle-ci ? Eh bien, Claire Lunovel avait cette étincelle qui brillait dans les yeux, alors qu'elle écoutait les reproches de la Pautnaz. Rapidement, elle s'était mise à pleurer, peut-être bien sincèrement, ce qui se racontait là-bas tient encore de la légende et beaucoup se plairait pour affirmer qu'ils étaient présents. Les larmes qui s'écoulaient sur ses joues et qui mouillaient son menton avaient attisé la pugnacité des courtisans, qui se firent un point d'honneur à venger la fille bafouée.

Bien sûr, la jeune fille fut réconfortée rapidement après cet événement et on en disait encore qu'elle put rapidement se remettre à rire et à arborer le bonheur qui lui seyait tant au visage. Quant à la Pautnaz, son nom fut ébruité et elle préféra cesser de venir à la Cour pendant un certain temps. Les méchants drôles qui s'étaient joués d'elle la verront revenir un jour et elle ne manquerait pas de se venger, disait-elle, ce qui fit rire les nobles.

Cette anecdote nous permet de bien mettre en lumière le pouvoir des larmes et la certaine habilité de Claire à s'en servir. Il serait peut-être oser de dire qu'elle les employa volontairement, toutefois : une sincérité réelle se sentait dans cette eau qui coulait de ses yeux. Mais elle en tirait grand bénéfice à chaque fois que cela arrivait (et cela restait assez rare). Le contraste entre les larmes et le rire était un puissant remède contre tous les maux du monde. Tous les remèdes pouvant être des poisons à forte dose, Claire faisait bien attention à ne pas abuser de cette position, même si elle savait que son totem lui donnait une marge suffisante de manœuvre.

Il semblait bien qu'elle eût réitéré son art à sa propre demeure, mais cela eut, encore une fois, l'effet escompté.

« Nous allons voir qui rigolera bien au cours de cet entraînement, dame Lunovel ! » lança le guerrier. Il avait repris les armes et se plaça dans une posture qui était inconnue à la jeune tireuse. Néanmoins, elle savait que cela augurait d'une sinistre position et qu'une erreur n'était pas permise. Il se baissa un instant et posa la main-gauche à terre pour lever la main en l'air et une épée droite se matérialisa dans sa main. « Je pense que nous pouvons reprendre notre petit échange là où il en était, continua-t-il. Et maintenant je veux voir, demoiselle, comment vous vous débrouillerez face à un adversaire qui emploie des manières de se battre peu orthodoxes... ou habituelles pour vous. »

Eh, s'il voulait prendre une épée, il y avait des lames à sa disposition, pourquoi invoquer une telle arme, là ? Trêves de bavardages et de batifolages courtisans, l'appel de la bataille l'avait repris et il se sentait d'humeur à combattre, maintenant. Claire ne voulut pas se laisser prendre dans ce piège-là et éprouver le même contentement dans le combat. Elle resta intriguée et concentrée et elle se plaça en sixte, la plus simple des positions.

Elle n'eut pas de temps supplémentaire quand elle vit le guerrier se lancer vers elle, déjà l'air combattif. Il était étonnamment rapide et en rythme. Claire fit le maximum pour se calquer sur le sien, mais elle ne pourrait sûrement pas le tenir, au vu de sa forte cadence. Elle manquait certainement d'endurance, mais l'esprit lui était toujours présent et elle pourrait peut-être s'en tirer. Mais pour l'instant, elle devait faire face à la danse des lames : il lui semblait bien difficile de parer l'épée avec sa rapière et elle risquait beaucoup à tenter d'utiliser sa main-gauche. Elle préféra se tenir à distance de fente pour parer les coups qui venaient relativement près du corps et esquivant les autres. Les armes du guerrier adhéraient si bien à son corps que le dedans et le dehors ne faisaient qu'un ; tout était d'un seul tenant !

Si on s'y intéressait particulièrement, on pouvait voir que sa jambe gauche restait très souvent à terre. Claire se tenait sûrement mal en point avec sa jambe faible. Ou alors, elle en jouait. Ou peut-être pas.

La jeune fille ne sautait pas avec celle-ci. Elle faisait pourtant quelques fentes pour pouvoir se dégager des lignes, la jambe gauche en arrière. Elle soufflait beaucoup. En réalité, elle se préparait avec ces fentes : s'il utilisait des moyens peu orthodoxes, elle ferait de même également. A un moment, elle se dégagea promptement de l'allonge des armes et prépara une longue fente. Elle était assez visible, justement à cause de la distance et surtout, parce qu'elle était déjà fatiguée. Face à un tel guerrier, aucune chance qu'elle passât.

Mais le véritable but de la démarche était dans l'exécution de la fente, pas dans sa finalité. Elle se remit en garde et attendait que le guerrier s'approchât pour se remettre à distance de combat. Claire sentait que l'échange commençait à durer et qu'elle était au bout de ses forces, cela faisait déjà cinq bonnes minutes intensives, elle finirait là-dessus :

« Attention, Benedict ! » avait-elle crié, avec un air apeuré et les yeux écarquillés, en regardant derrière le guerrier.

Elle recula un peu et donna un grand coup de pied dans le petit tas de terre qu'elle avait formé en décochant sa fente, précédemment. Un nuage de poussière se leva et la fille lança une balestra, en se décalant d'un saut sur le côté, avant de décocher une puissante fente.

Cela serait son tout dernier atout, aussi efficace soit-il, et elle tomberait ensuite de fatigue.


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Lun 29 Aoû 2016 - 22:01

Alford pour sa part était un ours, le totem non pas des courtisans, mais des stratèges, et guerriers à la musculature développés. Les ours s'ils étaient pères étaient souvent de grand stratèges, et des guerriers à la force surhumaine, mais Gorder n'était pas encore à ce stade là, juste un ours sans enfant, de ce fait il avait avant en effet un talent pour la stratégie, et une force très développée, mais guère plus. Néanmoins à l'avenir s'il devait avoir un enfant il pourrait être un excellent tacticien, mais de toute manière… On ne fait pas un gosse pour avoir plus de puissance du côté de son totem, et Gorder n'avait pas fait de ça sa priorité pour le moment...

Néanmoins ours aurait presque été la bonne définition pour qualifier la bretteur au vu de sa carrure, Gorder n'était pas une montagne de muscles mais tout de même il était très bien bâtit et mesurait dans le mètre 90. Ce qui lui donnait une bonne taille même par rapport aux elfes, tandis que sa musculature plutôt développé lui permettait de déployer une grande puissance si nécessaire, sans pour autant qu'il ait l'air pataud comme certains colosses. Gorder voulait après tout plus être un guerrier polyvalent qu'une brute qui broyait tout ce qui tenait devant elle. Il voulait être fort, mais aussi avoir de très bon réflexes, et si possible être agile, même si de ce côté-là il était certainement moyen sans plus, et devrait tâcher de s'améliorer à l'avenir…

Mais de toute manière qu'importe, son élève venait de se mettre en sixte peu avant qu'il ne reprenne le combat, quand à la raison pour laquelle Gorder avait matérialisé son épée elle était toute simple, ses armes sont une partie de lui. Et il ce sentait bien plus à l'aise avec cette épée qui était sa compagne depuis plus de 11 de cela qu'avec des armes qu'on lui prêtait pour un entraînement. Après tout un guerrier ne se bat jamais mieux qu'avec des armes appropriés à sa condition physique, et à ses goûts martiaux…

Et ainsi il s'élança à l'assaut pour voir ce dont était capable son élève face à un adversaire qui tâchait de se battre de manière tout à coup bien moins orthodoxes. Après tout prendre son adversaire au dépourvu, ou amener ce dernier dans un terrain qu'il ne maîtrisait pas était une stratégie de combat comme une autre. Tout comme celle par exemple de se battre comme un gaucher, et non comme un droitier. Et ainsi son élève se prépara, et elle se débrouilla plutôt bien au vu de sa jeunesse, et de sa petite expérience en tant que bretteuse. On voyait bien qu'elle n'était pas une vraie guerrière, mais elle se débrouillait plutôt bien, et joua plutôt sur le fait de se mettre à distance et d'esquiver que de parer ses coups ce qui était assez approprié, et démontra bien qu'elle connaissait ses limites, et ne tentait pas de les outrepasser imprudemment.

Et il avait en effet remarquer que la jambe gauche de la jeune femme semblait souvent assez branlante, néanmoins cette dernière ne renonçait pas et c'était bien tout ce que demandait Gorder qui continua ainsi son petit test.

Et il était assez satisfait d'ailleurs de voir qu'elle ne se cantonnait pas qu'à un simple rôle de défense, mais tentait tout de même d'attaquer un peu par moment. Certes la fatigue de la dame, et son manque d'expérience ne lui permettait pas vraiment de faire cela de manière optimale, mais au moins elle avait la bonne façon de pensée. Dans un combat il n'était jamais une bonne idée de ne jouer que sur la défensive, sauf… Si on voulait faire un combat d'endurance ce qui n'était pas forcément approprié selon l'adversaire en face.

Et ainsi leur petit échange avait duré cinq bonnes minutes, et il pensait à vrai dire que cela n'allait guère durer plus longtemps, après tout autant ne pas s'amuser à trop l'épuiser s'il voulait ensuite lui apprendre deux trois choses, par contre… Il se posa des questions quand la jeune femme se mit à appeler sa domestique de façon paniquée, et il ne manqua pas de regarder un peu en arrière pour voir ce que c'était, et.

Et… La maligne ! Ne manqua t-il pas de penser quand il se rendit compte peu après que la jeune venait de créer un nuage de poussière en donnant un coup de pied dans un petit tas de terre… Gorder arriva à réagir tout juste à temps pour dévier l'attaque que fit son élève lorsque cette dernière effectua sa balestra avant de saisir cette dernière pour éviter qu'elle ne tome de fatigue, l'air assez satisfait au lèvre…

« C'était plutôt malin ! Ma foi je suis satisfait de vôtre démonstration dame Lunovent, et je sais exactement ce dont vous auriez besoin pour vous améliorer... » Dit-il sympathique avant d'aider cette dernière à s'asseoir vu qu'elle semblait réellement fatiguer, et dire.

« Dîtes moi juste… Comment se fait-il que vous êtes aussi… Faible physiquement ? Je veux dire vous semblez assez aisément éreinté comme si vous étiez ressortit d'une semaine de marche intense à travers Estfalia… Vous pensez pouvoir tenir encore un peu lorsque je vous aiderai à vous exercer ? » Finit-il par demander après tout il n'avait que trop bien remarquer que Claire n'était pas au mieux de sa forme, et sachant qu'il comptait bien l'entraîner il valait mieux éviter qu'elle ne finisse morte de fatigue, sinon ça ne donnerait rien. Et au contraire cela pourrait même empirer son état dans le pire...


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Mar 30 Aoû 2016 - 1:15


VIII - Je prévaux sur ma condition

Beaucoup de personnes vous diraient que la vie est une suite de combats sans fin, jusqu'à la mort. Claire ne serait pas tout à fait d'accord avec cette affirmation. Pour elle, il fallait surtout suivre la loi du mouvement universel. Le monde était en constante évolution et chacun jour apportait son lot de changement. C'était pour cela qu'elle s'efforçait à suivre cette philosophie de vie : si elle devait se battre, elle se battrait ; si elle devait plaire, elle plairait ; si elle devait mourir, elle mourrait. Mais, il serait oser de dire que suivre le courant du monde était une bonne idée également ! Plus que l'immobilité, c'était l'inertie qui était mauvaise. En suivant simplement la vague, c'était comme si on ne faisait rien. Au contraire, pour la fille, il fallait s'efforcer de progresser contre vents et marées.

Elle aurait pu rester dans l'oisiveté de sa condition actuelle, mais cela aurait été trahie les propres préceptes qu'elle s'était mise en tête. La voie de la lame était remplie de surprises et permettait de se mettre en face du monde et de soi-même. Au final, c'était le plus important. Trouver l'équilibre entre l'en-soi et l'hors-soi. Finalement, il fallait que l'âme vagabonde entre les deux, communiant à la fois avec l'esprit et avec le monde.

Elle avait effectuée une grande fente, son dernier mouvement. La section longue de la rapière glissa sur la lame droite de son maître, pointant dans le grand vide. Entraînée par son mouvement (c'est ce qu'on appelle l'inertie), la fille faillit trébucher et tomber, mais Gorder la rattrapa par le bras avant qu'elle ne s'écroulât sur la terre. La poussière volait encore dans le ciel, dans un nuage d'ocre et de gris.

« C'était plutôt malin ! Ma foi, je suis satisfait de votre démonstration, Dame Lunovel, avait-il dit en la relevant. Et je sais exactement ce dont vous auriez besoin pour vous améliorer... » Le guerrier l'aida à se remettre correctement sur pieds, avant de la faire s'asseoir. Elle posa son séant à même le sol, en se tenant avec les mains en arrière. Sa tête était largement dirigée vers le ciel et elle haletait à toute vitesse et à pleins poumons, même si elle faisait des efforts pour que sa respiration ne soit pas trop audible, il y a des habitudes de noblesse et de courtoisie qu'on ne perdait pas. Ses gouttes de sueur perlait sur son front et elle les essuya avec le revers de sa main. Sa poitrine était en feu.

« Merci, Monsieur, soufflait la fille entre deux respirations complètes, avec un grand sourire qui se naissait sur son visage. Je dois vous avouer que je ne suis moi-même pas trop insatisfaite de ces passes-là. Même si j'aurais préféré toucher au moins une fois votre armure du bout de ma rapière. » Elle accompagna ses paroles d'un petit tapotement sur la lame de sa rapière, avec son index, tout en souriant. « Néanmoins, je serais ravie d'apprendre de votre expérience ! »

Gorder semblait plutôt satisfait, ce qui gonfla le cœur de Claire d'un agréable sentiment de joie. Tout de même, il faisait une petite moue, ce qui n'augurait pas de meilleur. Enfin, c'était ce qu'elle pensait, elle était habituée à un langage du visage et des expression très codifié, sûrement que cette moue était bien plus honnête qu'on pourrait le penser, après avoir passé plusieurs mois à la Cour.

« Dites-moi juste… Comment se fait-il que vous êtes aussi… Faible physiquement ? la questionna-t-il. Je veux dire... vous semblez assez aisément éreintée, comme si vous étiez ressortie d'une semaine de marche intense à travers Estfalia… Vous pensez pouvoir tenir encore un peu lorsque je vous aiderai à vous exercer ? »

Finalement, sa curiosité, qui devait s'être impatientée depuis le tout début, finissait par éclater. Elle ne lui en voulait pas du tout, loin de là ! C'était plutôt agréable d'avoir un maître honnête, vis-à-vis des sentiments.

« Eh bien, Monsieur, j'ai un peu honte à le dire, mais j'ai perdu l'usage de mes jambes pendant un certain temps et j'étais très malade durant cette période, répondit Claire en baissant la tête, par gêne peut-être. Mais cela va mieux ! Pas entièrement bien, mais mieux et c'est quelque chose qui me contente pour l'instant. Surtout puisque je peux utiliser mon esprit à nouveau vivement. » Elle fit un sourire taquin et lança quelques gravillons sur le guerrier.

« C'est gentil de vous inquiéter pour moi. Pourtant, je vous assure que cela ira, continua-t-elle en s'approchant un peu du guerrier pour parler d'une voix un peu plus basse. Vous savez, mon père est un honnête homme avec moi – oui, je ne parle pas des autres (elle ponctua cela d'un nouveau sourire et d'un nouveau lancer de gravillons) – et je sais qu'il aime beaucoup. Peut-être un peu trop, mais je serais la dernière à lui en vouloir. De toute façon, maintenant que je suis rentrée au manoir, il va vouloir me garder pendant une semaine entière, que je lui conte les histoires pendant des heures. » Elle regarda en direction de la fenêtre du bureau, mais sa position faisait qu'elle ne voyait rien du tout avec les reflets dans la vitre.

« Alors, bon, je peux m'épuiser et transpirer encore un peu, j'en profiterai bien pour dormir dans ses bras. Un sacrifice tout à fait récompensé, si vous voulez savoir ! » Elle se rendit compte que ce type de phrases un peu innocente pourrait paraître étrange pour un inconnu. Elle se tut alors et elle resserra sa bouche, comme si elle voulait la faire taire. Ses yeux se plantèrent dans ceux de Gorder. Elle se noya dans le marron bistre de ses iris. Ils ressemblaient à des gouffres profonds et pleins de choses qu'elle ne pouvait déceler. Son œil gauche déviait : cela donnait un aspect un peu rêveur. Ou plutôt une sagesse particulière qu'on ne pourrait pas atteindre autrement.

« Vous m'aviez appelé, Claire ? Tout se passe bien avec Monsieur ? »

La fille voyait Benedict qui était planté devant elle, dans le dos de Gorder, avec un air interrogateur. Il grattait sa barbe hirsute en regardant les deux gens.

« Ah... Euh... Écoutez, Benedict... » commença Claire, avec un sourire et une expression tout à fait gênés, sans trouver vraiment ses mots.

Ah, elle avait presque oublié ce détail-là.


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Mar 30 Aoû 2016 - 19:17

Une bonne chose qu'il soit arrivé à la réceptionner avant qu'elle ne tombe, c'est que sinon elle aurait risquer de se blesser… C'est que sans vouloir penser que Claire était faible, cette dernière semblait être de carrure assez fragile donc Gorder supposait qu'elle aurait risquer de se faire assez mal dans les faits. Car en vérité il avait l'impression que c'était assez une jeune femme à protéger au vu du fait qu'elle semblait si délicate… Et pas forcément une possible guerrière, néanmoins les apparences sont trompeuses, et ce n'est pas ce que nous impose la nature qui déterminait entièrement ce que pouvait faire quelqu'un à l'avenir pour Gorder, donc il croyait entièrement au fait que Claire puisse devenir une grande épéiste si elle s'en donnait les moyens…

« Il y a toujours de progrès à faire dame Lunovent, et je pense que vous êtes assez bien partit pour vous améliorer. Vous savez pour ma part il m'a fallut atteindre mes trente trois ans pour avoir une telle expérience à l'épée… Quand à vous dans quelques temps avec l'entraînement vous arriverez je pense à toucher mon armure, puis même à faire mieux plus tard si vous en donnez les moyens. Car tout n'est qu'une question de volonté... » Dit-il assez satisfait de voir l'enthousiasme de la jeune femme.

Enfin dans tout les cas il était du genre à avoir confiance dans les capacités de chacun, et dans sa tête il se disait que si elle voulait un joueur devenir une grande duelliste rien ne l'en empêcherait ! Enfin c'était une façon assez simple de voir les choses au final, mais disons donc qu'Alford visiblement semblait avoir discerner un certain potentiel chez la jeune dame et qu'il espérait voir cette dernière l'exploiter…

Et au passage il arrêta de se retenir quand au fait de poser certaines questions et visiblement la dame ne trouva pas cela indiscret, et accepta d'y répondre pour faire part des quelques gênes qui l'affligeait pour la bonne poursuite de ce genre d'efforts physiques… Alford compatissant se contenta donc de répondre calmement à ceci.

« Je suis content de savoir que cela n'a pas empirer, quand à vôtre esprit je pense qu'un esprit aiguisé est aussi utile qu'un corps bien préparé lors d'un duel. Après tout vous l'avez bien démontré il y a peu en faisant preuve d'une certaine ruse. » Après tout être intelligent comptait quasiment autant que d'être fort, ou rapide lors d'un combat selon comment la personne se montrait astucieuse selon Gorder, donc autant ne pas manquer d'esprit en effet…

Et il sourit de manière légèrement amusé en faisant mine d'essayer d'esquiver les gravillons avant de reprendre en s'approchant de la dame qui voulait lui parler à vois basse, tout en répondant à cette dernière à vois tout aussi basse. « Pour ma part cela fait assez longtemps que je n'ai pas vu mon père… Mais disons qu'il devait être un bon père aussi, comme le vôtre je pense. Quand au reste, pardonnez encore une fois ma curiosité dame Lunovent, mais quelles genres d'histoires contez vous à vôtre père ? » Demanda t-il poliment, après tout il n'avait pas souvent entendu parler d'enfant qui conte des histoires à leurs parents donc il était assez curieux à ce sujet, et sur ce il reprit.

« Bon du coup vu que vous êtes encore en état pour l'entraînement je pense que nous allons juste souffler un peu puis reprendre ce dernier, après tout il faut bien que je vous montre une partie de mes astuces de guerrier. » Dit-il ensuite sympathique en souriant légèrement quand la jeune femme parla de dormir dans les bras de son père plus tard. Elle était mignonne pensa Gorder, mais plus mignonne dans le sens d'une jeune femme femme qui vous touche par son cœur doux, et son innocence qu'autre chose. Et sur ce…

Il allait demander à ce qu'ils reprennent l'entraînement quand la domestique de dame Claire demanda à cette dernière ce qu'elle désirait, et du coup bien entendu la dame sembla un peu désemparée, et Alford se disant que ce serait bien de ne pas la laisser trop dans l'embarras prit la parole, et dit.

« La dame désirait que vous lui apportiez un petit remontant très chere, de quoi regagner un peu de force pour quand nous reprendrons la séance. » Dit-il simplement avant de laisser ensuite la domestique aller se charger de cela, avant de tendre ensuite la main à Claire pour aider cette dernière à se relever avant de conclure enthousiaste. « Je voulais d'ailleurs vous dire dame Claire… Si jamais vous désirez que je parle plus en détail de mes aventures, ce serait avec plaisir quand nous aurons finit cet séance d'entraînement. A condition bien entendu que vous donniez le meilleur de vous-même. » Histoire de l'encourager à se surpasser, surtout qu'un guerrier comme lui aurait sans doute beaucoup à dire.


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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Jeu 1 Sep 2016 - 14:34


IX - L'heure de rêver

La discussion avait un peu duré. Dans ses abords, elle semblait plein de confidences qu'on se garderait de prononcer ici. Mais en réalité, ça n'était qu'une myriade de petits faits insignifiants, mais gratifiants pour le cœur. On n'y irait pas parler de nostalgie, puisqu'il n'y a aucun regret de l'époque passée, mais les deux gens semblaient se souvenir avec une bienveillance miséricordieuse de ce qu'ils avaient eux-mêmes vécu. Les parents et les enfants se donnaient la béquille à tour de rôle et Claire semblait dans cet âge-là et le père était déquillé de ses fonctions.

« Bon, du coup, fit le bretteur, vu que vous êtes encore en état pour l'entraînement je pense que nous allons juste souffler un peu puis reprendre ce dernier, après tout il faut bien que je vous montre une partie de mes astuces de guerrier. » Le soleil tapait plus doucement, couvert par des nuages d'un blanc cotonneux. Gorder s'en sortit également avec Benedict, à raison de boissons, qui repartait tout content de voir que sa pupille était à nouveau disposée à s'entraîner. Malgré son âge et son statut, il appréciait l'effort physique et le bien-être qu'on en retirait (c'était peut-être pour cela qu'il était heureux d'être le majordome des Lunovel). Le guerrier donna alors son bras à la jeune fille qui s'en servit pour se relever.

« Je voulais d'ailleurs vous dire, Dame Claire… Si jamais vous désirez que je parle plus en détail de mes aventures, ce serait avec plaisir quand nous aurons fini cette séance d'entraînement. A condition bien entendu que vous donniez le meilleur de vous-même.
Eh, alors, Monsieur ! s'écria Claire, faussement indignée. Vous m'appelez déjà par mon prénom ? »

Sous l’œil lointain de Benedict, l'entraînement reprit. Sans doute moins intensif que les passes précédentes, mais toujours aussi digne d'un guerrier et propice à l'enseignement. Les deux échangèrent coups et mots, passes et conseils. Cela dura un certain temps où Claire faisait de grands efforts pour rester attentive et concentrée. Avec une journée aussi remplie, elle laisserait bien sa pensée vagabonder loin dans la prairie, mais elle ne se le permettrait pas.

D'abord, parce que ça aurait été un manque de respect et d'autre part, parce que cela l'intéressait de découvrir le monde, à travers les histoires de Gorder. Et puis, ça n'était pas un mal qu'elle subissait, cela lui rappelait ses plus jeunes années où elle était tutorée par Alexei. La chose était bien différente, il était vrai ; évidemment, parce que Alexei n'était pas ce qu'on pouvait appeler un professeur orthodoxe, très loin de là : il serait le premier à rire, si on lui faisait la remarque. C'était comme cela qu'on distinguait le génie.

Bah, elle voulait découvrir le monde. Les contes qu'on lui faisait des cimes elfiques la transcendaient et la fille voulait voir ces merveilles naturelles de ses propres yeux. Elle mit d'autant de détermination dans son entraînement qu'elle avait de l'envie dans les beautés de la nature. Claire faisait son maximum pour satisfaire les exigences de son maître, ce qu'elle faisait avec plus ou moins bien de qualité (ce qui satisfaisait déjà bien la fille ; elle considérait qu'on avait bien plus de maîtrise dans la sphère intellectuelle et de la psychologie que dans le développement physique, vision qui était bien sûr controversée).

A mesure que les conseils s'enchaînaient, le soleil déclinait dans le ciel. Il devint un peu plus orangé et donnait une teinte légèrement mielleuse à la végétation. Les réflexions embrouillaient l'esprit de Claire qui se laissait aller à la Rêverie. Ses pensées coulaient les unes après les autres, dans une plénitude de l'âme. Elle finit par s'arrêter, de fatigue et de bonheur sans fin.

« Monsieur, je crois que la fatigue me guette, souffla-t-elle. Il vaudrait mieux arrêter ici. »

Elle se tourna alors en direction du soleil et écarta les bras. Les rayons chauffaient sa peau blanche et la faisaient paraître blonde avec les jeux de lumières. Elle était alors debout, comme elle l'était petite. Si ce n'était qu'elle était devenue plus grande, on aurait pu croire que le manoir des Lunovel était plongé dans le passé.

« Alors, ai-je mérité mes histoires ? » demanda-t-elle en se retournant lentement.




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MessageSujet: Re: La danse des lames (Pv Claire) Ven 2 Sep 2016 - 21:26

Alford fut un instant gêné quand il se rendit compte qu'en faîte il avait appelé la jeune demoiselle par son prénom, mais se détendit peu après quand il comprit que la jeune femme plaisantait lorsqu'elle mit en avant ce fait. Par son ours il avait été d'un maladroit ! Mais bon au moins c'était une jeune femme compréhensive, et de caractère gentil donc il n'avait rien eu à craindre, mais il ferait sans doute mieux pensa t-il de ne pas trop réitérer ce genre de bourdes à l'avenir. Car avec d'autres nobles disons que cela passerait certainement moins aisément… Il se contenta donc de rire un peu puis se concentra sur l'entraînement.

Et la jeune femme fit en effet une performance plutôt satisfaisante à ses yeux, bon elle n'avait pas le niveau d'un guerrier professionnel, mais c'était tout à fait honorable par rapport à la moyenne. Et comme elle était jeune cela voulait dire qu'elle aurait tout à fait le temps de progresser à l'avenir heureusement. Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, il semblerait assez vite que son élève soit arrivé à faire son maximum, et qu'elle ne puisse plus continuer sans risquer de s'évanouir de fatigue...

« Ma foi pour une première séance cela est tout à fait satisfaisant. Je pense donc qu'on peut en effet arrêter. » Dit-il donc calme alors qu'ils décidaient d'un commun accord de conclure l'entraînement ici… Et visiblement la dame semblait se rappeler de sa promesse car cette dernière demanda rapidement si elle avait mérité ses histoires. Et en réponse à cela Gorder se contenta donc de sourire, et s'assit non loin d'elle avant de dire aimable.

« Bien entendu. Je pense que nous avons un peu de temps pour cela après tout. »

Et sur ce Alford prit donc le temps de parler à la jeune dame des contrées Armandéenne qu'il avait pu visiter que ce soit l'empire glorien, ses vastes plaines immenses, et ses bois touffus. Que ce soit les souterrains de l'ancien royaume vampirique, ou les plaines sauvages et indomptés de l'Est. Il parla aussi du vaste, et aride désert d'Estfalia, ainsi que des merveilles des autres villes du passé qui n'existaient plus du tout pour certaines suite aux dernières guerres. Que ce soit la très militaire cité d'Eleina, Lyssa la vagabonde, ou Althaïa la magnifique, cité des arts dorénavant disparue. Sans oublier bien entendu de parler de Sandur l'ancien baston du protectorat qui se tenait droit il y a quelques années face au règne tyrannique de la théocratie de Vraorg le blanc. Il parla de cela, et de bien plus pour que la dame puisse ainsi se faire une idée des contrées d'Armanda en dehors de l'empire Aldarien, et de la cité magnifique dans laquelle elle vivait. Et ainsi peut-être aussi lui communiquait d'une certaine manière ce désir d'aventure qui le passionnait tant...






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